Un désordre. Un laisser aller. Une jungle. Un abandon.
Comme pour le jardin, il est totalement inutile de demander à l’écriture « comment elle va », elle n’en a pas la moindre idée. Plus vous la gossez, plus elle vous résiste. Elle exige de la rigueur, mais bizarrement, ne voit le jour que lorsqu’on slaque sur le contrôle…
Le jardinier avisé sait que sa rigueur doit s’exercer lors des semailles. Planter les bonnes graines dans la terre qui lui convient. Après, il faut lâcher prise et laisser l’écriture tranquille jusqu’aux moissons.
L’auteur aussi, il faut le laisser tranquille. Même pas l’inviter à manger? Non, même pas… Sa tête est prise, il ne sera pas d’agréable compagnie et franchement, il préfère manger seul avec ses personnages. Comme la mauvaise herbe (ou la rose trémière, chacun son style) il fleurira quand il sera prêt. Certaines floraisons seront plus abondantes que d’autres. L’auteur, comme le jardinier, ne ne le sait jamais d’avance. Il ne peut, comme le jardinier, que constater le résultat une fois que c’est sorti.
Ah ben, c’est laitte! Ou alors, « oh, ah, wow ». La plupart du temps, les avis divergent.
C’est ben pour dire qu’on sait rien…
Le jardinier avisé sait qu’un bon sarclage vaut deux arrosages. Qu’il ne sert à rien de tirer sur les pousses, d’inonder le plant d’engrais et de rester planté là à demander « Alors, ça vient? C’est quoi qui va pousser »?
Sais pas ce qui va pousser… Ça disait quoi sur le sachet? Carotte? Radis? Gardenia? … Bon. Alors ça devrait être quelque chose qui ressemble à un genre de légume avec des pétales…
Comme disait Stephen King « le plus dur de l’écriture, c’est de convaincre ma femme que je suis en train de travailler quand elle me trouve en train de regarder par la fenêtre ».
Si ça se trouve, c’est en regardant ses concombres pousser qu’il a écrit Duma Key… ?

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