Déposition 101

INT. JOUR – SALLE À MANGER

L’enquêteur sort ses feuilles.

- Je vais prendre votre déposition.

- D’accord.

Un temps. Il hésite. Gosse. Branle dans le manche.

- Je peux aussi vous donner les feuilles et vous la remplissez vous même.

- Pas de problème.

L’enquêteur respire, soulagé. Il va pouvoir aller en griller une dehors.

- Ok, alors vous écrivez les évènements dans l’ordre chronologique, avec le plus de détails possibles.

- Oui, oui. C’est beau.

L’enquêteur sort. La scénariste écrit. Dans l’ordre chronologique. Avec le plus de détails possible. Cinq feuilles, simple interligne. Elle se lève, va chercher l’enquêteur.

- J’ai fini.

- Déjà?

Il entre. Commence à lire. Tout y est. Clair, net, précis, imagé, sans ratures. Il regarde la scénariste, stupéfait.

- Vous avez déjà été dans la police?

- Non, je suis scénariste.

***

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La vie privée de Patrick Bouchitey

Un extrait de l’hilarante série « la vie privée des animaux » – de Patrick Bouchitey.

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Des premiers films et puis c’est tout!

Ahhhh, Katia Chapoutier signe un billet redoutable sur Isabelle Huppert, actrice et présidente du jury à Cannes cette année…

Il semble qu’il arrive à Isabelle Huppert le pire des destins: celui de se promener avec une aura « actrice chiante » en forme de néon au dessus de la tête, ce qui expliquerait pourquoi elle fait beaucoup de premiers films, mais qu’on ne lui demande jamais pour les seconds…

Ce qui revient exactement au propos de Yves Simoneau dans le billet précédent. Ce n’est pas la « grosseur » d’un acteur qui fait qu’il est bon, c’est la qualité de sa collaboration avec le réalisateur.

Et ça, comme dirait l’adage: « it takes two to tango ».

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Yves sur le travail avec les acteurs…

Je le suis tout à fait sur la pensée de « trouver un langage commun » et sur le fait que de bien travailler avec un acteur, c’est plus important que sa « notoriété ».

J’ajouterais que la compréhension mutuelle de nos humours respectifs, c’est assez puissant…

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Comic relief

EXT. NUIT – LES URGENCES

Deux ambulanciers poussent une civière avec une fille « strappée » dessus.  Ça va vite, l’ambulance est déjà là, portes ouvertes. L’un des deux ambulanciers est jeune, plutôt mignon et fort des biceps.  Au moment de soulever la civière pour la glisser dans l’ambulance, il se tourne vers la fille.

L’AMBULANCIER : Et allez hop, dans le ventre du dragon!

La fille a un sourire weird.

LA FILLE: Hey, c’est mon mari qui a écrit ce film là.

L’AMBULANCIER:  Pour vrai? C’est mon film préféré! Je l’ai vu au moins sept fois.

Clac, les portes claquent. L’ambulance se met en branle, vitesse grand « v ». L’ambulancier est juste au dessus du visage de la fille. Elle peut voir qu’il a oublié un coin de menton en se rasant.  Il pose sa main sur la sienne.

L’AMBULANCIER: C’était quoi déjà la chanson?

LA FILLE: Steve et Bozzo qui dansent?

L’AMBULANCIER:  Ouais!

Et la fille de se mettre à chanter avec l’ambulancier, accompagnés par la sirène qui donne tout ce qu’elle a: « Pepito mi corazon, Pepito, Pepito ».

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Une femme et son péché

INT. AUBE – CUISINE

La scène va comme suit.

- Qu’est-ce tu fais?

- Tu vois, je paye le compte de taxes municipales, Amour. Celui qui servira à payer 350 millions pour compter le débit de l’eau alors qu’on sait déjà que nos aqueducs caduques (admirez la rime facile de 05H13 du matin) laissent fuir le tiers de l’eau qui circule. Si tu veux mon avis, et même si tu ne le veux pas je vais quand même te le dire parce que je suis en train de signer ce putain de chèque sur lequel on retrouve ma signature et quatre chiffres indécents, c’est pas de COMPTER  le débit de l’eau qui est essentiel, c’est de remplacer ces foutus tuyaux de cul.

- Je voulais dire, c’est quoi, ça, là, là… le joli papier rose que tu mets avec? T’as un amant col blanc dans l’administration municipale?

- Tu dis n’importe quoi, Amour. Un col blanc! Alors que je t’ai, toi, si poilu et embaumant l’homme de chantier!

- Mais le papier rose, alors?

- C’est un petit mot gentil à l’intention de Gérald, au cas où il voudrait m’envoyer des fleurs, voir même m’accorder une généreuse subvention pour remplacer le balcon qui tombe en ruines. Tiens, lis si tu ne me crois pas.

« Meilleures salutations à Frank Zampino ».

- Bébé.

- Oui?

- Pardonne-moi car j’ai douté de toi.

- Tu crois qu’il va nous remplacer le balcon, Gérald?

- Chais pas. Lui, tu vois, j’ai encore un doute.

- Je pourrais rajouter « on se voit toujours en novembre comme prévu »?

- Ah oui. Tu pourrais.

***

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Solo de drum

- Tu vas partir toute seule en voyage!?

- Tu vois un homme dans ma vie? Moi non plus.

- Tu veux pas au moins partir avec une amie?

- Pour qu’elle me fasse chier à vouloir faire toutes les activités à deux? Non merci.

***

Bon les filles. On est entre nous, on va se dire les vraies affaires.

C’est quoi le maudit problème avec le fait de faire des affaires toutes seules?

Pourquoi toutes ces filles au demeurant intelligentes se transforment-elles trop souvent en « fleur alanguie dans son vase attendant qu’on la cueille, qu’on l’arrose, qu’on l’entretienne » dès qu’il est question de faire quelque chose en solo? Quel est ce syndrôme de la Rose St-Exupérienne, chiante, épineuse et complètement sotte sans son globe?!

Veulent pas aller au cinéma toutes seules… « Je sais paaaaaas, j’aime pas çaaaaaaaa, je pourrai pas parler du fiiiiiilm ».   Justement. C’est ultra chiant quelqu’un qui parle pendant le film. Je m’en fout que Julia Roberts se soit fait refaire le nez et que Nicole se botoxe jusqu’au nombril, je regarde le film.

Veulent pas aller au restaurant non plus « je vais être toute seule et tout le monde va le savoiiiirr ». Sure. Y compris les deux gars de la table d’à côté qui, du coup, voudront bien partager un petit calvados, c’est pas gentil, ça? Si c’est gentil. Et nooooon, vous ne les laissez pas payer! Un homme, dans un restaurant, c’est PAS un porte-feuille. C’est un être humain qui se fait chier au même titre que nous pour gagner son fric. Étonnant, je sais. Vrai, pourtant.

Vont pas au chalet toute seule « j’ai peuuuuuuuuur »!…   Bon, y’a qu’à pas regarder « Freddy » quoi! Ou à amener un chien, c’est très bon un chien, ça jappe et ça fait caca devant la porte, le tueur glisse dedans et hop, il portait pas de casque dis donc, traumatisme crânien, on sait pas s’il sortira de son état végétatif un jour.

Pour faire du feu dans la cheminée, on prend du papier journal (on a tous notre section chouchou pour le feu, comme pour la litière des chats, moi c’est… nahhh) bref, on le taponne en boule, on met des bûches par dessus, on craque une allumette, sprouuuuf. Un feu!

Veulent pas partir en voyage toutes seules « voir Venise sans amoureux? Mais t’es foooooolle, Venise c’est avec un amoureux ou rien »!  Ben c’est ça, risque de ne jamais voir Venise, Fille.

En plus, si je peux me permettre, Venise, c’est killer pour les amours. Trop de pression. Le nombre de couples qui s’engueulent comme du poisson pourri à Venise, vous pouvez pas imaginer!  Sur le Pont des Soupirs, une fois, j’ai vu une fille jeter, que dis-je « pitcher » son alliance dans le canal! Des Suédois, un peuple si pacifique, pensez donc!

Ou alors elles z’ont peuuuuur. Encore. « D’un coup qu’il m’arrive quelque chose et que personne ne sait qu’il faut chercher mon corps dans le garde robe du resort cinq étoiles »?  Fille, y’a cinq six places dans le monde où il vaut mieux ne pas s’aventurer. La Corée du Nord, par exemple, c’est fou, mais même en couple, c’est zéro désir.

Un des secrets les mieux gardés du monde, c’est que le voyage en solitaire pour une fille, c’est une des plus belles aventures qu’on puisse s’offrir dans une vie.  On y fait des rencontres qu’on ne ferait JAMAIS à deux.  En plus, le voyage en solitaire prépare au mariage. Si, si. Parfaitement. Une fois que t’as passé deux semaines sans te laver parce qu’il y avait des scorpions partout, c’est pas une pile de bas sales qui va te faire chialer contre ton homme. Non, madame.

Ce matin, sur Cyberpresse, un article s’émerveille du fait que « voilà, de plus en plus de filles accèdent à la propriété toutes seules ».

Sur l’accès à la propriété en solitaire, j’ai tout entendu! De « je serai jamais capable de payer » (woh, arrête de laisser ton hypothèque au rayon des vernis à ongles, tu vas y arriver), à « je saurai jamais quoi faire avec les rénovations » (si, si, ça s’apprend très vite, en fait du moment où tu réalises que les rénovations sont faites par des mecs et que parmi eux, il y a un FORT POURCENTAGE  de beaux jeunes hommes aux abdominaux impeccables, ça vient tout seul le goût des rénovations, je dirais même que le problème, c’est d’arrêter).

J’ai même entendu « ça fait peur aux gars, une fille qui a déjà sa maison ». Fille, ça fait peur aux moumounes. Aux demi-pointures. Aux freluquets. Aux impuissants complexés. Fille, ça devrait te réjouir de leur faire peur à ceux là.

Alors, c’est quoi, dites, ces craintes de petites vieilles? Ces « je peux pas, j’ai peur, j’ai pas envie »? Envie  ou pas, la personne avec qui on passera – de toute façon – le plus de temps en tête à tête dans notre vie, c’est nous même!  C’est pas une bonne nouvelle, ça? Ben oui, c’est une bonne nouvelle. Surtout après trois calvados.

Attention, faut pas confondre hein! Comme je le disais ce matin même à une amie très chère et qui a très envie de rencontrer l’Amour: « Ah ben, oui, l’Amour! Évidemment l’Amour! Alors là si c’est l’Amour, n’importe quand »!

Mais un homme-marteau parce qu’on sait pas planter un clou? Un homme prétexte parce qu’on sait pas être seule? Un homme banquier parce qu’on sait pas mettre un pied devant l’autre?

C’est pareil qu’un homme qui cherche une fille parce qu’il sait pas repasser son pantalon tout seul. À celui-là, on répondrait « hey, je suis pas ta bonne ».

Ben les filles, j’ai un scoop. Les gars, c’est pas nos bouncers, ni nos banquiers, encore moins des pushers de roses un soir de St-Valentin. D’ailleurs là dessus on est tous d’accord, célibataires et conjugaux regroupés, tout le monde se fait plus ou moins chier le soir de la St-Valentin.

Les hommes c’est… Ben, c’est des hommes, quoi.

Et faut pas le dire, mais j’en connais un, il regarde pas « Freddy » non plus quand il est tout seul…

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