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Je compte les morts

Je compte les morts - disponible chez Amazone

Bon, et bien voilà, c’est mon premier et il sera en librairie le 16 (correctif de Libre Expression en date d’aujourd’hui) … 23 septembre qui vient.

La couverture a été conçue par une jeune fille bourrée de talent qui s’appelle Marike Paradis.

Ma merveilleuse éditrice (non, le métier d’éditeur n’est pas mort avec le Web, il est plus vivant que jamais dans la mesure où il aide un auteur à écrire le livre qu’il doit écrire) est Monique H. Messier chez Libre Expression et c’est dans la collection Expression Noire.

J’espère rencontrer chacun de mes lecteurs, en virtuel, en courriel, ou en vrai devant un cocktail. C’est pour ça que j’écris. Pour aller à la rencontre des autres.

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Les filles et leur cul

Même avec un mile de jambes parfaites, ce n’est pas moi que vous verriez en bobettes sur un cover de magazine. Non, m’sieurs, dames.

Ce qui ne m’empêche pas une seconde d’adorer voir Sharon en couverture de Paris-Match dans son corset de vinyle et son sourire de tigresse mangeuse d’hommes.

- Non, mais t’es pas sérieuse quand tu dis ça, c’est une pétasse toute refaite!

- Et alors?

- C’est une objectification du corps des femmes.

- Ne soyons pas dramatique, ma puce.  Si Sharon Stone est un objet, moi je suis Groucho Marx.

Sans blague, les amis, on ne va pas en faire un fromage du cul des filles…

Avant, on dénonçait les filles qui « avaient vieilli » et on les balançait au dépotoir.  Aujourd’hui, il y a une nouvelle race de juges sur le marché, les zélotes de la dénonciation de l’artifice.

Les filles qui étaient terrorisées à l’idée de se faire tasser pour crime de vieillissement se font maintenant accusées pour crime de guerre au vieillissement. On vit vraiment une époque formidable!

Doigt accusateur pointé sur le remonté de la face de Chose, les Zélotes ont le petit ton de voix ulcéré de celles qui détestent leur nez (fesses, menton, ventre, joues, cheveux, name it, you’ve got it), sans jamais oser aller du côté de ce qui leur ferait du bien.

Ben oui, du bien. La première qui me dit que son moral ne va pas mieux le jour où elle se sent particulièrement belle me ment. C’est pas pour rien que les coiffeurs hétéros ne sont jamais (et je pèse mes mots, ja-mais) en manque de conquêtes. Of course, on pourrait « tout simplement assumer ».  Tu parles, Charles.

Franchement, des fois c’est juste plus simple de la faire enlever la maudite bosse sur le nez. Comment ça, c’est mal? Mais non c’est pas mal! Si ça fait du bien, ça ne peut pas être mal.

Je vous arrête tout de suite sur les « excès » et autres abus. Pour une cinglée aussi névrosée qu’un lévrier qui passe plus de temps avec son chirurgien esthétique qu’avec son chum, il y a toutes les autres dont vous ne vous doutez même pas qu’elles y sont allées et qui vont très bien, merci.

Si si. Y compris ces fameuses « beautés naturelles » que certifient n’avoir jamais approché l’ombre d’une seringue de Botox.

La beauté toute seule comme une chèvre sur une île déserte, c’est con comme la lune. C’est pas de ça dont on cause ici, mais de la liberté que les femmes ne s’accordent encore que trop rarement en ce qui a trait à leur corps.  Moi, je dis cessons de juger les filles qui se rasent pas sous l’aisselle et cessons de juger celles qui se font refaire les seins après trois grossesses.

Comme dirait l’autre « who’s life is it anyway »?

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D’autres vies que la nôtre…

Trois écoles, celle qui parle de soi pour rejoindre les autres, celle qui fait semblant de parler des autres pour ne parler que de soi et celle qui observe, avec le souci de transmettre ce qui est devant soi.

Je vous laisse vous faire une idée de la catégorie dans laquelle se situe Emmanuel Carrère dans son roman « d’autres vies que la mienne ».
Voici ce que Pierre Assouline, à qui je pardonne son influence néfaste sur mon compte de banque, en dit dans son blogue

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Pour Virginie…

Elle est arrivée avec ses pinceaux et ses couleurs, toute petite, toute menue, la voix douce et l’oeil allumé.

Elle a dit « bonjour, je suis Virginie » avec un grand sourire sous sa frange blonde de Twitty Bird. Elle a posé ses affaires, elle s’est installée, discrète et efficace. Elle a sorti ses éponges, ses crèmes et puis, par petites touches aussi légères que sa présence, elle a effacé une rupture, allongé un regard, illuminé un sourire.

Certains disent que les fards sont futiles et que ça n’est jamais que vanité. Moi je dis que quand le futile redresse les épaules et rallume l’étincelle, il fait oeuvre utile.

Maquilleuse, on dit.

Mais pour Virginie, il faut ajouter « et un peu fée aussi »…

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Chiens finis et beaux restants

« C’est un beau niaiseux, dit-elle, rêveuse, tout pour m’attirer ».

Le plus drôle, c’est que j’ai tout de suite compris ce qu’elle voulait dire…  Un beau niaiseux, c’est toujours attirant. Un beau grand niaiseux, alors là, c’est la totale.

On dira ce qu’on voudra, un homme qui est capable de rire de lui et de se rouler dans le ridicule pour faire rire une fille du ventre, c’est « winner ».

Certes, me direz-vous, mais le titre du billet, c’est « chiens finis et  beaux restants » pas « les grands niaiseux ».

Ben… c’est parce que des fois, c’est un peu pareil.  Avant d’avoir du vrai potentiel de « grand niaiseux » on passe forcément par l’étape « attendrissement de la viande à grands coups de masse ».

En amour, on est tous le « restant » de quelqu’un d’autre. J’ajouterais même qu’on s’est tous conduit « en trou de cul » envers quelqu’un. Du moins dans sa version de votre rupture…

Mettons que vous ayez passé 23 ans. Capotez pas, ça arrive à tout le monde.

Mettons.

Bon. Ça veut dire que vous avez déjà été plate de chez plate avec quelqu’un au moins une fois en amour. Ça veut dire qu’un (ou plusieurs… certains sont très généreux de leur personne) de vos ex vous a probablement trainé dans la boue, la fange, voir même le purin de porc.  Ou qu’une âme bien intentionnée (hum, hum, raclement de gorge, le meilleur ami de votre ex ou pire LA meilleure amie, elles sont terribles) a déjà dit des horreurs à votre sujet à quelqu’un qui s’intéressait (peut-être… ) à vous.

P’t'êt même que quelqu’un raconte partout vous avoir quitté sous prétexte que a) vous faites mal l’amour b) vous faites trop l’amour c) vous ne savez pas ce que « faire l’amour » signifie.

La question qui règle toutes les questions maintenant… En amour, faut-il s’informer à tous vents sur quelqu’un qui pourrait nous intéresser?…

… ou rester vierge et aller se faire une idée tout seul?…

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La vision en cadeau

Je vous en ai déjà parlé, je vous en reparle, allez voir le blogue d’Eric Demay…  Et en particulier une photo sur un billet intitulé « the sun walked me home on a saturday morning »…

Je pourrais trouver plein de mots « fancy ». Ça ne lui rendrait pas justice.

Une photo, c’est la rencontre entre le « timing »,  l’esthétisme et le pouvoir d’évocation. Les photos d’Eric ont tout ça et plus.

J’ai beaucoup de chance de travailler avec lui.

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Transhumance

Ils débarquent au Terminus Voyageur, se perdent Place Emilie Gamelin et le soir, l’hiver, ils montent la côte pour aller reprendre des forces au Refuge des jeunes. Au petit matin, dehors. Va vivre ta vie petit.

De la fenêtre de mon bureau, de ma rue, de ma vie, je les vois passer depuis treize ans. Monte la côte, descend la côte. Comme des bêtes qui passent de la montagne à la plaine et de la plaine à la montagne.  Le corps contracté, le dos courbé et le capuchon slack.

Leur périple ne fait même pas un kilomètre. Pas sûre qu’ils soient capables de plus… C’est des petits loups fragiles sous leurs « spikes » et leurs tatouages. Suffit de les voir trépigner de froid devant la porte de la rue Berri quand l’hiver est chien. Sont pas si « tough » que ça.  Pis ils travaillent fort fort pour ne pas voir les enfants de la garderie juste en face.

Des fois on se dit bonjour, des fois pas.

Ils ont l’âge de mon fils. Forcément, des fois j’ai envie de leur fermer le manteau ou de leur enrouler un foulard chaud autour du cou  en bougonnant: « met ça, t’as la phale à l’air, tu vas attraper la crève ». Je me retiens. Les garçons aiment pas ça que les mères les fatiguent avec leurs inquiétudes.

La cohabitation avec la faune du centre sud ne m’a jamais dérangée. Ce n’est ni mieux, ni pire. C’est. Tout court. J’y ai élevé mon fils, ( qui depuis a choisit d’habiter un coin de la ville encore pire) contente qu’il connaisse assez la désespérance des autres pour ne jamais se comporter en adepte de la doctrine « quand tu veux, tu peux » ou encore plus détestable, en missionnaire de bonnes oeuvres.

Pour cause de « débranchitude » estivale, j’avais raté la nouvelle de la vente de l’église St-Louis de France qui abrite le Refuge.

Dans l’air humide et enfin chaud de l’été, il y a eu un coup de froid. Si l’église est vendue, bien sûr, ils vont aller ailleurs. Bien sûr.

Mais ils vont me manquer.

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