*Chronique publiée dans le J de M ce matin même. Elle est fraiche comme un petit pain qui sort du four…
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L’immense amphithéâtre est plein à craquer. Ils sont tous là, un « I Phone » dans une main, un ordinateur poids plume dans l’autre. Ce sont les principaux joueurs de l’industrie du nouveau Web et ils sont réunis pour se rencontrer les uns les autres et assister aux conférences des meilleurs d’entre eux. France Télécom, Microsoft, Lockheed Martin, Canoë, Transcontinental, Google, les multinationales se mêlent harmonieusement aux compagnies émergentes.
La première chose qui frappe, c’est l’absence totale des grands médias « traditionnels ». Les nouveaux médias sont en train de révolutionner nos vies, le monde du travail et la façon de faire du commerce. Ils sont au cœur des nouveaux enjeux socio-économiques qui bouleversent la vie de millions de travailleurs. Et où étaient les gens des salles de nouvelles? Nulle part!
Ça en dit long sur la distance qui sépare les deux mondes… Pour que l’ensemble de la population comprenne bien les conséquences des profonds changements qui nous attendent, il faudrait pourtant que la question de la révolution numérique sorte de la presse spécialisée!
Marc Prensky, le créateur d’une cinquantaine de logiciels d’apprentissage, parle de ces jeunes travailleurs « natifs du Web » dont la principale revendication face à leurs employeurs est : « exploitez ma créativité sinon j’irai la faire valoir ailleurs ». En un siècle, on est passés d’une classe ouvrière en état de siège à une force créative qui exige d’être exploitée!
Wanda Yu de Microsoft est venue parler de l’intégration des médias sociaux en entreprise, une révolution des codes hiérarchiques. Pendant sa conférence, une image s’impose. Sur l’ensemble des participants, nous sommes deux – datant probablement de l’ère paléolithique – à prendre des notes avec du papier et un crayon. Tous les autres utilisent des outils électroniques.
Le papier ne disparaîtra pas. Mais sa consommation risque de diminuer radicalement dans les années qui viennent.
J’ai eu l’occasion de discuter avec Isabelle Juppé, auteur et journaliste, qui était venu présenter « la femme digitale », un livre passionnant sur l’utilisation que les femmes font du Web. Isabelle Juppé m’apprend qu’elle vient de prendre la direction du volet « développement durable » au sein du groupe Lagardère, un joueur « média » colossal en France.
Ce n’est pas que pour les beaux yeux de l’écologie que la notion de développement durable s’impose en édition. C’est maintenant une nécessité économique. Qui dit « nouvelle économie » dit forte diminution de la publicité imprimée et donc baisse de revenus pour les grands quotidiens, fermetures d’imprimeries, de papetières. Il faudra innover et vite.
Quand je demande à Claude Malaison, directeur de la programmation du Webcom, où en est le Québec sur le plan numérique, il laisse tomber un retentissant : « en retard »!
Que fait notre gouvernement? Rien!
Patricia Tessier, expert-conseil en stratégie marketing et Internet, est l’auteur de la lettre ouverte à Jean Charest « un plan numérique pour le Québec ». Claire, limpide et compréhensible pour le plus obtus des béotiens face au Web, la lettre a reçu l’appui de la majorité des spécialistes concernés par le sujet. À ce jour, le Parti Libéral n’a toujours pas daigné répondre.
Il n’y a pas de morale à cette histoire. Cette nouvelle ère qui s’annonce n’est ni démoniaque, ni merveilleuse. Mais elle est là, indéniable, incontournable. Reste à savoir si on saura se défaire des vieux modèles pour en sortir vainqueurs…
www.unplannumeriquepourlequebec.com












Comments 8
Blonde Chroniqueuse, je crois qu’adresser ce message au PLQ n’est pas le meilleur moyen de voir quelque chose aboutir. Il faudrait que l’ADQ soutienne cette idée, pour que quelques mois plus tard les libéraux l’adoptent à leur tour…
C’est ainsi que ça fonctionne ces temps-ci… héhéhé
P.S.: Je ne suis pas particulièrement adéquiste, mais quand c’en est drôle…
Posted 18 nov 2008 at 12:31 ¶Sylvaina@ ben oui, on a vu ça avec la fécondation in vitro! Pauvre Mario! C’était SA cause! Et Jean est parti avec devant son nez!
Posted 18 nov 2008 at 12:49 ¶Ah ben tiens! Les grands esprits se rencontrent!
Je venais de bloguer sur un thème apparenté (le retard des médias « traditionnels ») ce matin même. Mais tu as bien plus de mordant!
http://zeroseconde.blogspot.com/2008/11/support-physique-fin-annoncee.html
Pour ce qui est du « plan numérique », je suis assez cynique pour penser qu’au niveau politique les choses bougeront qu’avec du lobbying (ce qui manque) et non des bonnes idées (ce qui abondent)…
Posted 18 nov 2008 at 14:22 ¶Salut Martin! Ben oui, je t’ai lu, et c’était complémentaire!
Les « politiques » vont bouger quand les gens vont comprendre le numérique. Les gens vont comprendre quand le numérique va sortir des pages « technos » pour faire leur entrée dans les pages socio, écono, écolo, culturelles, alouette.
Quand le Webcom sera à la Une d’un grand quotidien, les « politiques » vont s’y pencher sérieusement.
Simple as that.
Posted 18 nov 2008 at 14:34 ¶Quoi ! c’est la révolution et on n’a pas avisé le peuple ? Ma vie est bouleversée et je ne le sais pas !!!
OK il y a des changements mais il faudrait éviter de crier au loup. Le gouvernement avance au rythme du peuple dans ce cas-ci et peut même le devancer. Quand j’ai besoin des services gouvernementaux je vais d’abord voir le web et c’est généralement là. Pour ce qui est du commerce, acheter un livre sur le web ou en librairie, on tirera pas des pavés pour ça…
Posted 18 nov 2008 at 17:30 ¶Benoît, je comprends bien, mais c’est bien plus que d’acheter des livres. Il faut voir plus loin, quand tout sera numérique:
C’est comme la nationalisation de l’électricité : on avait le choix entre le pétrole ou l’hydroélectricité. Il fallait toute une vision pour imaginer le monde dans lequel on vit aujourd’hui –un monde de iPod, de métro, de peek oil, d’ordinateur, de cellulaire– qui carbure à l’énergie.
Si on dit que le dsavoir est le pétrole du 21e siècle et que le savoir passe par les réseaux, il faut bien se doter d’une vision, non?
le haut-débit, c,est pas juste pour s’acheter un livre…
Si tout passe au mains des aure
Posted 18 nov 2008 at 21:42 ¶(oups je reprends ma dernière phrase qui est mal sortie et je poursuis ma conclusion)
Si tout se passe dans les mains des autres, comment avoir un contrôle sur notre destiné? Internet va changer dans les 20 prochaines autant sinon plus que dans les dernières 20 années.
Permettre l’accès aux réseaux numériques, est-ce une affaire pour urbains ou pour tous les Québécois (y compris en région).
La production et l’offre de contenus numériques, est-ce selon des règles dictées ailleurs ou aurons-nous un mot à dire?
Les usages et les services numériques, est-ce les firmes étrangères qui auront le dessus et dicteront les règles sous prétexte du « marché libre » (qui favorise de toute façon et depuis toujours les gros)? Un pays de PME doit-il donc juste se fermer la gueule?
Quand l’écosystème de l’économie numérique se mettra en place , avec les nouveaux verrous et les nouveaux dominants, de quel bord serons-nous?
On ne parle pas de contrôle à la Big Brother, ici. Seulement une vision, comme pour l’indépendance hydroélectrique que l’on s’est donnée (et est finalement très utile aujourd’hui), pour le monde de demain monde où le numérique sera omniprésent…
Posted 19 nov 2008 at 1:31 ¶Martin! Merci… Comme consommateur, on se rend difficilement compte des bouleversements. Mais tous ceux qui vivent ces changements de l’intérieur le constatent, tous les jours!
Posted 19 nov 2008 at 9:22 ¶