Ils vous déshabillent, vous tâtent, vous palpent. Hummmmmm. Cinq minutes de plus et vous pouvez demander un reçu de massage pour vos assurances.
- Je vais vérifier votre soutien-gorge, dit la douanière, sérieuse comme un jour sans cocktail.
Ah? Oui. Parait qu’il y aurait des terroristes qui se mettrait des explosifs dans le balconnet… Ah. Moi qui croyait qu’il n’y avait que Lejaby pour faire des trucs pareils.
- Allez y, j’en porte pas.
Flottement. Trouble. Hésitation. Va-t-elle tout de même tâter pour vérifier que je dis vrai? Ouiiiiiii! Mais du bout des doigts. À la va comme je te pousse, j’ai même pas eu le temps de sentir quelque chose. Elle n’aura pas de pourboire. Ça lui apprendra à bâcler ses massages.
***
La machine à nous voir tout nus. Je sais, je sais, libertés individuelles, intrusion de la vie privée, Halle Berry, que tout le monde veut voir toute nue, et allez donc que je me réclame une charte de mes droits.
Arrêt sur image. Regardez autour de vous dans la file des voyageurs. Vous voyez Halle Berry, vous?… Ah. Non. On est moches, on est blancs, on n’a pas d’entraineurs personnels et ça pendouille un peu, beaucoup, à la folie. Dites, monsieur l’agent de sécurité, moi, ça ne me dérange pas, mais vous, êtes-vous sûr que vous voulez nous voir tout nus?
C’est bien ce qui me semblait.
***
La douane américaine. La douane canadienne. Les agents se promènent et font passer des gens en premier. Des vieux. Mais surtout des jeunes, à bout de nerfs d’avoir dû négocier avec des terroristes de quatre ans pendant six heures dans un endroit où ils peuvent renverser leur jus d’orange sur une rangée complète et crier comme des perdus sans qu’on puisse les mettre dans un endroit propice à la réflexion.
- Vous, venez avec moi. Oui, les enfants aussi.
Et ils passent devant tout le monde. Devant tout le monde.
Privilège! Privilège! Les terroristes ont plus de droits que le pauvre citoyen ordinaire! Outrage! Indignation! Claude Dubois! Où sont les photographes!
Bon. On est sortis d’avion, alors on va se calmer le pompon, sinon, on va tous aller réfléchir dans notre chambre. La vérité, c’est que la plèbe des non privilégiés était vraiment soulagée de voir qu’on faisait passer les parents accompagnés d’enfants avant eux.
Vraiment. À l’unanimité. Zéro scandale.
La douane mexicaine? Non. Pas de privilèges. Pour personne. Les privilèges sont réservés au crime organisé et autres narco trafiquants qui gèrent déjà l’aéroport, les douanes et la sécurité. C’est un système qui fonctionne à merveille. Rien à redire.
Ce qui n’a pas empêché la fille de la sécurité à Mexico de me piquer ma crème solaire Clinique – hors de prix, mais potentiellement destructrice pour la sécurité des autres passagers – et de me laisser, merci c’est trop aimable, la cheap…
Pays pauvre, mais pas con.
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