Gone fishing…

Ben non, c’est même pas vrai! Je vais pas à la pêche, je vais ici,  dans la mer des Caraïbes, pour tourner des épisodes de Jules avec trois de nos filles et trois nouveaux personnages… Je sais, ce sont des conditions de travail épouvantables et l’endroit est infesté de pirates.

Je serai loin de ce blogue jusqu’au 18 juillet. Si vous prenez des vacances, je vous en souhaite des belles et bonnes!

Si vous prenez pas de vacances, la ville n’est jamais aussi douce qu’en été…  Vous n’habitez pas en ville et vous travaillez quand même? Alors c’est que le lac n’est pas loin…

Finalement, profitez de tout ce qui passe, que ce soit la pédale dans le plancher ou dolce dolce! À chacun son rythme et les coccinelles seront bien gardées.

Bon été!

Clear eyes, full hearts, can’t loose

C’est le cri de ralliement de l’équipe de football junior de l’excellente série “Friday night lights”.

Le football, sport de l’intellect autant que du muscle et de la vélocité est aussi celui du coeur… Il y en tout plein sur le blogue de ce père et ce fils, amateurs de football et d’histoires de foot…

Allez les bleus!

Amis lecteurs

Je vous néglige. Je sais…

La vie qui bouscule, qui rentre dedans, qui garroche son lot d’émotions contraires dans un jet incohérent qui amalgame le laid et le beau…

Et puis quoi? Et puis hier, il y a eu l’appel attendu: “il est en train de partir, il ne se réveillera plus”.

Il meurt trop vite, surpris par l’imprévisibilité de la mort alors que comme tant d’entre nous, il la croyait réservée aux autres, à ceux qui ont “bien vécu”.

Certains, comme Boris Vian qui se savait fragile, ont vécu en double, en triple, en quadruple. “Ce n’est pas le nombre des années dans une vie, c’est la vie qu’il y a dans chacune de ces années”. C’est sur une carte postale à la Maison de la Presse. Me souviens pas qui en est l’auteur…

Il laisse une petite fille de dix ans. Qui tourne comme une toupie révoltée et dont il faut prendre soin tout en lui laissant tout l’espace dont elle a besoin pour “kicker”. Délicatesse, délicatesse.

Il est jeune, plus jeune que moi. Même pas quarante ans…  Il meurt, juste avant d’atteindre la décennie fabuleuse, celle de la deuxième chance pour tous ceux qui veulent s’en saisir.

Qu’en aurait-il fait? Impossible de répondre à cette question. Mais ce matin, je me disais que j’avais accompli plus dans ces six dernières années que dans les trente-neuf précédentes.

Forcément la question se pose:  “Et si je ne les avais pas eues ces années là”?

Amis lecteurs, je vous espère heureux et fiers propriétaires d’une vie bien pleine.

Si tous les écrans du monde…

“Jules”, notre “Jules” – le vôtre, le mien, celui de l’équipe – est invité à un super festival à Genève en novembre.

Le Festival Tous Écrans revendique une absence de hiérarchie entre les écrans de cinéma, de télévision et du Web…

Sans nier les différences entre les médiums, et en reconnaissant avec joie leur spécificité et leur unicité, je trouve superbe qu’un festival considère la création comme de la création, peu importe son support et l’écran sur lequel ces images sont vues…

Je commence à me sentir l’âme suisse, tiens…  Il y a pas du chocolat en Suisse?

Québec Time Warp

Il y a quatre Québec, le Plateau Mont-Royal, Montréal, la banlieue et la région.

Bon, maudite affaire, le but de ce billet n’est pas de se battre tout nus dans la bouette, ni dans le Jello – (hin, hin, hin, déçus?). C’est pas un concours hiérarchique de “c’est moi qui a le plus bel abri tempo, vas chier, c’est moi qui a la plus belle qualité de vie”. Non, messieurs, dames, c’est un constat des différences. Une étude de moeurs. Une démarche anthropologique.

Je veux savoir où, au Québec, vous vous êtes le plus sentis dans une bulle “hors du temps”?

Par exemple, aller à Belleterre, Abitibi, c’est débarquer dans un film de Gilles Carle des années 1970. Oui, encore aujourd’hui. Y’a juste les modèles de 4 x 4 qui ont changés. Pour le reste, c’est pareil.

Je dis ça parce que dernièrement, j’ai écrit un billet sur la musique pour le magazine Clin d’Oeil et je me suis rendue compte que le fait d’avoir été élevée en campagne m’avait forcément donné une toute autre culture musicale et populaire…

Il y a plusieurs coins du Québec, par exemple, où ça ressemble encore à un show de Nazareth. Y compris les coupes de cheveux.

Alors pour vous, c’est où le plus beau “time warp” de notre Belle Province?

Et Dylan en bande sonore

Il était tout jeune, Dylan. Tout jeune. Lisse comme un ange et moqueur comme le démon, preuve que l’intuition féminine n’attend pas le nombre des années: “she’s got everything she needs, she’s an artist, she don’t look back”.

Deux ou trois choses que je sais d’elle…

Vous la voyez sur photo et vous haussez les épaules: “ouain, pis”?

Une fille “ordinaire”.  Même son prénom – Lise – est ordinaire. Lise… non mais, y’a pas de romans épiques et romantiques qui s’écrivent sur des Lise. C’est comme Ginette ou Suzanne, rien pour écrire à sa mère. Alors un roman, pensez-donc!

Elle lui a donné deux enfants, son ventre est un peu mou, elle a des vergetures… Ses seins sont encore beaux mais bon, elle lui a donné deux enfants, ça laisse des traces… Entre sa job qui paye, celle qui paye pas, les enfants, ses amies qu’elle ne néglige pas et son homme qu’elle aime, elle n’a pas trop le temps d’aller chez le coiffeur non plus. Bof.

Ses vêtements? La dernière fois que je l’ai vue, elle portait le jean de son fils de quatorze ans, un t-shirt déglingué aux armoiries d’un garage du coin et des runnings plein de terre parce qu’elle était debout à l’aube pour défricher son jardin.  Je ne vous raconte pas l’état de ses mains… Que voulez-vous, Lise aime sentir la terre direct sur sa peau. Ça contrarie la manucure, c’est sûr.

C’est pas qu’elle soit “moche”, c’est plutôt que ça l’intéresse moyen, voir même pas du tout de se “poupouner”. Elle préfère son atelier où elle peint des tableaux “étranges et pénétrants” comme dit son homme.  Je crois que je l’ai vue une fois en robe et en talons hauts. Ça lui allait merveilleusement bien, tout le monde lui a dit, elle a reçu gracieusement tous les compliments… et elle a tout remis dans le garde-robe en jurant: “oui, oui, je promet de m’habiller plus souvent” comme on promet d’aller au gym plus souvent. Elle ne l’a jamais fait.

Son mec est beau. En termes “esthétiquement acceptables”, on pourrait dire qu’il est plus beau que Lise. Ça m’est arrivé d’entendre “mais qu’est-ce qu’il fout avec elle, il pourrait faire mieux”.

Par “mieux” on veut évidemment dire “il pourrait sortir avec une fille plus belle”.

Ce commentaire vient des autres filles. Les hommes, eux, se foutent de l’apparence de Lise. Comme son mec, ils ont reconnu “la fille qui fait pas chier”.  Celle chez qui ils peuvent s’évacher en prenant une bière et en disant des énormités.  Celle qui rira de leurs énormités en disant: “Vraiment les garçons, vous dites n’importe quoi”. Celle chez qui ils pourront s’inviter à souper, impromptu, sur le coin de la table pour jaser “bébelles mécaniques” avec son chum, mais aussi “engagement amoureux” et autres complications du coeur.  Un des gars lui dira “hey, sexy” ce qui la fera beaucoup rire, vu qu’elle a encore de la terre dans la face et un petit bout de bide qui dépasse de son pantalon… Le plus drôle, c’est que dans la pièce, pas un des gars ne pensera le contraire…

Ils videront le grand Creuset dans lequel elle fait l’essentiel de sa cuisine – ah, son boeuf bourguignon! – et ils videront probablement aussi la bouteille de scotch et les dernières bières au fond du frigo.  Est-ce que les gars feront la vaisselle? Probablement pas. Mais Lise non plus ne la fera pas. On verra demain…

Bonne pâte? Pas vraiment. Faut la voir les engueuler comme du poisson pourri quand ils osent “butcher” leurs mégots de cigarette dans ses fines herbes ou mettre le blâme d’une rupture sur les seules épaules de la fille. Faut pas charrier, quoi.

Elle les quittera en embrassant son homme, sans gêne et sans spectacle. Quelque chose d’autre l’appelle. Un de ses enfants, un livre, son atelier, son lit, sa vie.

Est-ce que son homme souhaiterait que sa femme soit plus “poupoune”?  Je ne sais pas. Mais à voir comme il la regarde, je n’ai pas l’impression qu’il en veuille une autre…

Cataliiiiina, ô toi Cataliiiiiina

Je parle de Catalina Briceno, la seule et unique Catalina que je connaisse et qui, anyway, est impérativement inoubliable! La rencontrer une fois, c’est s’en rappeler toujours!

Catalina est productrice pour “Les têtes à claques”, c’est aussi une fille impliquée dans la création et dans le rassemblement des forces et autres talents. Une organisatrice de première, doublée d’une fille allumée qui n’a pas la langue dans sa poche. Elle était, avec Catherine Beauchamp cette semaine, l’invitée de Dominique Poirier à la première chaine.

Elle a aussi écrit un billet fort intéressant sur le blogue “les siffleux peuvent siffler”.

Je l’ai dit souvent, je le répète. Moi, c’est la création qui m’intéresse. Le web n’est qu’une des multiples avenues de sa diffusion. Pas une fin en soi.  Ce qui est une excellente raison de ne pas se laisser intimider par tous ces gourous qui vous sortent des mots et concepts certes brillants, mais absolument incompréhensibles pour 99% de la population.

Ce qui n’est pas du tout le cas de Catalina Briceno!

Les filles de la Presse

Pour fin de transparence (c’est beau la transparence, surtout quand c’est signé Galliano), je ne les ai jamais rencontrées “en vrai”! Mais je tiens à  remercier Nathaëlle Morissette et Chantal Guy pour leur dossier sur les séries Web.

Elles m’ont posé les bonnes questions et j’ai été “bien citée”.

En dehors du dossier spécifique de Chez Jules, qui me tient évidemment à coeur, c’est tout le dossier de la liberté de création et de l’accès à un mode de diffusion universel et démocratique qui est franchement novateur.

Et ça, c’est très cool qu’on en parle.

Déposition 101

INT. JOUR – SALLE À MANGER

L’enquêteur sort ses feuilles.

- Je vais prendre votre déposition.

- D’accord.

Un temps. Il hésite. Gosse. Branle dans le manche.

- Je peux aussi vous donner les feuilles et vous la remplissez vous même.

- Pas de problème.

L’enquêteur respire, soulagé. Il va pouvoir aller en griller une dehors.

- Ok, alors vous écrivez les évènements dans l’ordre chronologique, avec le plus de détails possibles.

- Oui, oui. C’est beau.

L’enquêteur sort. La scénariste écrit. Dans l’ordre chronologique. Avec le plus de détails possible. Cinq feuilles, simple interligne. Elle se lève, va chercher l’enquêteur.

- J’ai fini.

- Déjà?

Il entre. Commence à lire. Tout y est. Clair, net, précis, imagé, sans ratures. Il regarde la scénariste, stupéfait.

- Vous avez déjà été dans la police?

- Non, je suis scénariste.

***