Plus fort que du Roquefort

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Che

Il faut absolument que vous alliez voir « au sud du sud » ( – 40 à Montréal ce matin en sortant le chien… ) le blogue de la belle Anne qui est en Argentine, pays que j’aime avec un absolu ridicule. De l’Argentine, où j’ai passé six mois il y a déjà trop longtemps,  j’ai tout aimé.

Et chaque fois je vais voir le blogue d’Anne, je retombe en amour ben raide. Ben raide.

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Apparté d’une fille vendue d’avance

Ce matin, sur le site de cyberpresse, un gros dossier de Silvia Galipeau sur les blogues de mamans et en particulier sur leurs relations avec les compagnies qui veulent leur fourguer leur marchandise pour qu’elles en parlent dans leurs blogues. La futée Martine Gingras (que j’adore malgré – ou parce que – nous avons des univers radicalement opposés) a d’ailleurs répondu avec toute la dignité qu’on lui connait.

Soyons sincère quelques instants (n’ayez pas peur, ça n’arrive pas souvent). Si on voulait m’envoyer des couches, du lait maternisé, des yaourts qui bouillonnent dans le ventre et des tétines en caoutchouc, c’est sûr que moi aussi je refuserai. Catégorique. Non, mais vous me prenez pour qui vouloir m’acheter avec une suce?!?

Sérieux. Ils prennent vraiment les mères pour des tartes…

Par contre, si Côte d’Or, Valhrona, Smith Haut Lafitte, la chaîne d’hôtels Barcelo, la maison de thé Mariage, les pianos Steinway, les lits Flou, les bonbons Rocket, les pâtes Barilla, Mont-Blanc, Waterman, Moleskine, Mac et Gary Fisher veulent bien m’envoyer quelques uns de leurs magnifiques produits – tous essentiels au travail ardu d’un auteur – je m’engage formellement à mettre les mots « Steinway, Mariage & Gary Fisher » dans la même phrase chaque fois que c’est possible.

Comme dans « en sortant d’un mariage émouvant, j’ai enfourché mon Gary Fisher et je pédalais bon train jusqu’à ce que je fonce dans un Steinway ».  Voyez?

C’est juré, craché, la transparence n’aura jamais eu meilleur goût.

AJOUT BRETON POUR ANITA. Traou Mad live forever! Gast alors!

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Mexique – espèces et autres tribus

Ellipse. Un autre hôtel. Je profite d’un rare moment de soleil pour pratiquer mon activité favorite, faire semblant de nager.  Je flotte avec mon masque, à l’aise Blaise, tranquille Émile, à quelques dizaines de mètres de la plage. Il y a des tonnes de poissons. Ils sont nonos, mais ils sont beaux.

Tout à coup, un gars pédale paresseusement vers moi, appuyé sur le flotteur rose de sa fille.

Crâne rasé, bagues, tatouages. Forcément, en  maillot on voit tout. Malgré le charme suave du combo « killer sur bouée rose fluo » je dirais que dans son cas, j’ai trouvé que la lecture de ses exploits sur son corps nu (et musclé, faut pas croire) c’était way too much information. Monsieur le motard, je suis en vacances là. Et j’aimerais bien si c’était pas trop vous demander de…

Ce con, il s’arrête de nager juste à côté de moi.

Et il entreprend de me faire la conversation. J’apprends qu’il est de Toronto, qu’il adore Montréal (ah, le charme français) où il est souvent appelé pour « la business ». Qu’il est dans la section « VIP » de l’hôtel avec toute sa famille (c’est sûr que dans sa ligne, il a forcément besoin de vacances souvent), mais qu’il préfère la République Dominicaine au Mexique. Parait que les « natives » sont plus accueillants. C’est noté. Il me dit aussi, tout fier, qu’il se fait un devoir de fournir l’école du village où il va en crayons et en cahiers « for the kids you know ».

Me voici donc à barboter avec un motard humanitaire. Qui se décide à mettre son masque et à regarder sous l’eau. Oh. Ah. Émerveillé comme un gamin à Disney devant le banc de poissons qui nage autour de nous. Si ça n’avait été du tatouage sur son bras gonflé comme celui de Popeye, je l’aurais trouvé attendrissant.

- What are these? Groopers? Snappers?

- Mmmmm, no… Those are Angels.

***

Sur la plage, l’Ingénieux est mort de rire. « Mais comment ça se fait que tu les attires de même?!  T’es un aimant à trou de cul ou quoi »?

Chéri, j’ai vraiment de la chance d’être tombée sur toi.

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Mexique – Chicos Bonitos*

Au centre de plongée, un américain. Grand, baraqué comme un joueur de foot. La mâchoire au carré, des grosses rides de gars de mer. Prenez Harrisson Ford, faites le vivre sur le bord d’une plage, avec le même short pendant six mois. There you go.

Le gars est pas en vacance. Trop cool pour être en vacances. Trop à l’aise, débonnaire, un gars sûr de ses arrières.

- Hey, fuck, I fucking own this place!

On jase. C’est à dire que je lui sors la version scénariste de « on jase ». Je pose les questions, l’air d’une blonde innocente, il parle. Faune sous-marine, requins, pêche au gros. Quelque chose dans son accent. Mais quoi?

- Where did you learn to dive?

- Las Vegas. You can dive in Vegas you knaaaw.

Oh I know mon homme. You can do anything in Vegas. J’ai déjà passé trois heures dans cette shop-là avec l’Ingénieux qui y a trouvé tout ce qu’il cherchait pour faire des effets spéciaux sur « Love ».  On y avait rencontré un gars, ça devait être le cousin de l’Américain du Mexique, il avait lui aussi  une bonne grosse face pleine de rides de marins, et sa job – je vous le donne en mille – chercheur de trésors. Only in America.

Cut to:

« Extérieur fin jour, dive shop de l’hôtel X ».

On jase. Son accent encore. Ça me fatigue.

- You’re accent. It’s not from Vegas.

- Niouuuu Djoyzee Baby.

New-Jersey. Vegas. Mexico. Yup. Somethin’s clickin’ here. Il me tend sa grosse main. Et avec la grosse main vient un beau nom italien. Como se dice « good fellows » aqui? Nah… Vaut mieux ne pas poser la question.

- You like living in here?

Il me regarde. Plisse ses yeux. Me regarde en face. Derrière le mur de virilité, il y a, l’espace d’un éclair, une méfiance qui n’était pas là cinq secondes plus tôt. Puis, il se détend, comme un gars qui vient de décider qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. C’est de toute beauté. Clint Eastwood serait parfait pour réaliser la scène.

- Yeah, it’s great. The open air, the ocean. Better for my health.

Le nom de sa shop de plongée? Je vous le donne en mille « Underwater ».

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Mexique – Enfin seuls

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Douanes, sécurité & privilèges

Ils vous déshabillent, vous tâtent, vous palpent. Hummmmmm. Cinq minutes de plus et vous pouvez demander un reçu de massage pour vos assurances.

- Je vais vérifier votre soutien-gorge, dit la douanière, sérieuse comme un jour sans cocktail.

Ah? Oui. Parait qu’il y aurait des terroristes qui se mettrait des explosifs dans le balconnet… Ah. Moi qui croyait qu’il n’y avait que Lejaby pour faire des trucs pareils.

- Allez y, j’en porte pas.

Flottement. Trouble. Hésitation. Va-t-elle tout de même tâter pour vérifier que je dis vrai? Ouiiiiiii! Mais du bout des doigts. À la va comme je te pousse, j’ai même pas eu le temps de sentir quelque chose. Elle n’aura pas de pourboire. Ça lui apprendra à bâcler ses massages.

***

La machine à nous voir tout nus. Je sais, je sais, libertés individuelles, intrusion de la vie privée, Halle Berry, que tout le monde veut voir toute nue, et allez donc que je me réclame une charte de mes droits.

Arrêt sur image. Regardez autour de vous dans la file des voyageurs. Vous voyez Halle Berry, vous?… Ah. Non. On est moches, on est blancs, on n’a pas d’entraineurs personnels et ça pendouille un peu, beaucoup, à la folie. Dites, monsieur l’agent de sécurité, moi, ça ne me dérange pas, mais vous, êtes-vous sûr que vous voulez nous voir tout nus?

C’est bien ce qui me semblait.

***

La douane américaine. La douane canadienne. Les agents se promènent et font passer des gens en premier. Des vieux. Mais surtout des jeunes, à bout de nerfs d’avoir dû négocier avec des terroristes de quatre ans pendant six heures dans un endroit où ils peuvent renverser leur jus d’orange sur une rangée complète et crier comme des perdus sans qu’on puisse les mettre dans un endroit propice à la réflexion.

- Vous, venez avec moi. Oui, les enfants aussi.

Et ils passent devant tout le monde. Devant tout le monde.

Privilège! Privilège! Les terroristes ont plus de droits que le pauvre citoyen ordinaire! Outrage! Indignation! Claude Dubois! Où sont les photographes!

Bon. On est sortis d’avion, alors on va se calmer le pompon, sinon, on va tous aller réfléchir dans notre chambre. La vérité, c’est que la plèbe des non privilégiés était vraiment soulagée de voir qu’on faisait passer les parents accompagnés d’enfants avant eux.

Vraiment. À l’unanimité. Zéro scandale.

La douane mexicaine? Non. Pas de privilèges. Pour personne.  Les privilèges sont réservés au crime organisé et autres narco trafiquants qui gèrent déjà l’aéroport, les douanes et la sécurité. C’est un système qui fonctionne à merveille. Rien à redire.

Ce qui n’a pas empêché la fille de la sécurité à Mexico de me piquer ma crème solaire Clinique – hors de prix, mais potentiellement destructrice pour la sécurité des autres passagers – et de me laisser, merci c’est trop aimable,  la cheap…

Pays pauvre, mais pas con.

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Charlotte USA – en route pour le Mexique

- Oh, regarde chéri, quel aéroport extraordinaire, ils ont installé des « love seat » pour les voyageurs amoureux!

Silence. L’Homme hésite. To pète or not to pète ze romantique baloune?

- Heu, non, c’est des bancs pour les gros.

Love is sometimes having to pet ze baloune.

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Il était une fois St-Sauveur

Pierre disait « Kate n’ Anna » comme on dit « bed n’ breakfast » ou « rock n’ roll ».

À cause de lui, je les ai mieux connues. Les filles, la maison, leur mère Gaby qui chantait des chansons grivoises, mais surtout une façon de faire de la musique qui, au risque de paraitre désordonnée n’ chaotique, laissait toute la place au plaisir. Il y avait toujours de la place pour l’improvisation, les invités surprises, les chansons dont on ne connaissait pas parfaitement les paroles. La vie, quoi.

Plus que tous ces shows « léchés » à la perfection, je les ai aimées, je les aime encore, pour la musique et pour cette inspiration à privilégier le « jouer ensemble ».

The McGarrigle’s, family n’ friends…

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Mexique – la haine

Il a peut-être cinq ans. Il traine un sac de plastique plus grand que lui. Quand il trouve une canette d’aluminium abandonnée par un touriste de Playa del Carmen, le St-Tropez wannabe de la Riviera Maya, il l’écrase de ses pieds nus et sales pour qu’elle prenne moins de place en allant rejoindre les autres dans son sac.

Son regard est un missile à tête chercheuse, en quête de canettes. Il ne voit rien d’autre, ne cherche rien d’autre. Il fouille les poubelles, laissant à terre tout ce qui n’est pas son butin. Méthodique.

Il trouve une canette de Coke, la jette à terre, la piétine d’un talon rageur pour l’aplatir au maximum.  Il a peut-être cinq ans. Il a le visage fermé, dur. Il bûche sur sa canette de Coke comme un homme qui bat sa femme parce que son boss l’écoeure. Vengeur.

J’ai vu milles images au Mexique. Presque toutes violentes. Celle-là est de celles que je n’oublierai pas.

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  • Bla-bla-bla

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