Jane Fonda tient un blogue. À la fois journal d’une actrice, opinions d’une femme engagée, souvenirs d’une américaine au sens le plus « pionnier » du terme…
J’aime. Beaucoup.
Envoyer
Jane Fonda tient un blogue. À la fois journal d’une actrice, opinions d’une femme engagée, souvenirs d’une américaine au sens le plus « pionnier » du terme…
J’aime. Beaucoup.
Envoyer
1. La grossesse… Parlons en. Le pipi sur le bâtonnet, les jambes dans les étriers, les tutoiements intempestifs, l’infantilisation dans un bel ensemble choral de tout le corps médical (y compris les sages femmes), les gros mononc’ et les sèches matantes qui te touchent le ventre comme si c’était une propriété publique. Petit, que d’indignités j’aurai endurées pendant ces neufs mois, t’as pas idée. Et entre les futurs pères qui n’osent pas faire l’amour « de peur de venir dans la face du bébé » (!) et ceux qui bandent sur les filles enceintes et vaselinent les objectifs de toutes les caméras de la maison « tu es tellement, merveilleusement, érotiquement belle, un vrai fruit mûr mon amour » comment dire? Finalement, n’en parlons pas, ça vaut mieux.
2. L’accouchement. Encore un truc largement surestimé. D’abord y’a pas de champagne, alors que franchement, à part la vodka pure, je ne vois pas ce qui peut réellement t’aider à passer à travers une séance de torture digne de Guantanamo. Ça pue. C’est beaucoup trop éclairé compte tenu de la surface de peau exposée aux regards de la cohorte d’étudiants qui te matent « l’origine du monde » avec intérêt. Non seulement, ils veulent pas te donner du Crystal à la paille, ou de la vodka en shooter, cibole, ils veulent même pas te donner un minable jus d’orange tiédasse.
Déjà que tout le monde te fait chier avec le fait que tu accouches sous péridurale. Ou sans. À l’hôpital. Ou à la maison. Femme qui accouche, tu as tort, tu es coupable et il n’y a pas de libération conditionnelle avant au moins 25 ans. Peut-être même plus. C’est comme ça, fallait y penser avant.
3. Petit, si je veux être franche j’ai mal choisit ton père. Et si je veux être encore plus franche, ton père se dit exactement la même chose. Parait qu’il y en a pour qui c’est mieux. Anyway. « Could have, would have, should have », ça fait pas des enfants forts. Il va falloir faire avec. Ça aussi fallait y penser avant.
3 bis. La première rencontre avec l’Aimé, ce petit être vulnérable, ce grand miracle de la vie. Ils vous mettent un truc gluant dans les bras alors que vous tremblez encore de tout le corps. Et puis? Ben rien… Pas de révélation. Pas d’apothéose. Deux cons sur un blind date devant un paquet de monde qui se mêlent déjà de votre relation. En sang, en sueur, en larmes, vous êtes timides tous les deux. Quelqu’un s’exclame: « Comme il est beau! » Ah. Bon.
4. Après la naissance, quand tout le monde est enfin allé se coucher (non, non, inutile de m’aider à faire le ménage, je le ferai demain matin, c’est ça, au revoir), vous rencontrez enfin l’Autre. « Hello Stranger »… Il vous regarde, curieux, un peu inquiet « c’est tout ce qui restait comme mère »?! Ben oui, pauvre chou, c’est une fin de série. Petit, là encore, va falloir faire avec. Vous signez le pacte en posant votre gros index de géante dans sa minuscule paume. Il vous serre la patte. Là. Juste à ce moment là, ça y est, c’est bon. It’s a deal, Baby? It’s a deal, Mom.
D’ailleurs, puisqu’on est dans le sujet des visites au nouveau né… Franchement, rien ne presse. On pourrait même tous se voir à Noël. Dans huit mois. Si vous voulez vraiment venir, ne soyez pas d’ouvrage, ok? Faites comme si vous alliez au Vieux Duluth, apportez votre vin, mangez vite et rentrez tôt.
Ce point inclus les mères (ma petite fiiiiiille qui vient d’accoucher, je ne te laisserai pas seuuuuuule. Maman, Maman, écoute-moi, je n’ai pas besoin que tu sois là tout le… Awwww. Shit. Non, je ne donne pas le sein comme toi. Merci de garder tes remarques à l’intérieur de ta bouche. Où sont mes bouchons de cire?!). Pour les belles-mères, lisez le point « mère de la nouvelle maman » et multipliez par 10. He oui, c’est injuste. Who said life was fair?
Oui, on va vous laisser développer une merveilleuse complicité pépé-mémé-bébé. Plus tard.
5. Une mère ça n’a pas à vouloir que le père prenne sa place ou pas. C’est à lui de la prendre (ad. que ça plaise ou pas, s’il la veut, qu’il la prenne bon dieu, sans permission, à l’arrachée). Et s’il ne veut pas le faire avec constance, dignité et affection, c’est pas la fin du monde, qu’il se pointe au boulot quand même. Un père imparfait et présent, c’est encore 1,000 fois mieux qu’un idéal absent.
6. Sur le même sujet et pendant qu’on y est… Sauf si c’est un sociopathe à tendance film d’horreur, une fille qui prive un enfant de son père, c’est pas une mère. C’est une fille qui se venge.
7. Et toi? Tu as fait des crevasses en allaitant? Bon. C’est pas parce qu’on est mères toutes les deux qu’on sera forcément des amies. D’ailleurs, quinze minutes de conversation de couches, c’est amplement suffisant dans un souper mondain. La 16ème minute est de trop.
8. Ton ami, là. Oui, Sébast’ que tu veux toujours inviter à coucher. Celui qui ne regarde jamais dans les yeux, qui trouve le moyen de rentrer son compas dans l’oreille du chat et qui s’arrange pour que ce soit toujours les autres qui soient punis à sa place. Je ne te le dirai pas, mais je ne l’aime pas. Ça y est. Je te l’ai dit.
9. Petit, j’ai aimé tous les film que j’ai vus avec toi au cinéma. Tous. Des plus débiles aux plus touchants. Le rituel des lumières qui s’éteignent, toi qui prend ma main « ça commence, ça commence », ta bouche ouverte devant Shrek ou Whoopi Goldberg qui se déguise en bonne soeur, ta compréhension, à six ans, du malheur de Cyrano; « pauvre lui, tout seul avec son gros coeur et son grand nez ». Et à la fin de l’envoi, tu touches…
10. Chaque fois que j’ai été convoquée par un de tes profs, que ce soit pour te gronder ou pour te complimenter, j’avais instantanément ton âge. Pareil.
11. Et quand finalement tu as gradué, sans avoir décroché (ô hantise des parents qui ont des garçons), j’ai tout à coup été très vieille. Et tellement soulagée que j’ai complètement oublié de t’asticoter sur tes études universitaires. C’était une stratégie? Ah. Ça a très bien marché.
12. Je ne suis pas fière « d’être » une mère. J’ai pas honte non plus remarque. Mais fière? Non. Je suis fière d’avoir travaillé assez fort pour te nourrir, t’habiller, t’envoyer au camp pour « développer ton sens de l’orientation dans le bois et ta solidarité envers le groupe ». Je suis fière d’avoir trouvé la minuscule réserve d’énergie qu’il me fallait pour te lire une histoire alors que j’avais envie de m’écrouler dans mon lit, de t’avoir tenu la main quand elle était moite, collante de sucre à la Ronde et de l’avoir lâchée quand tu n’as plus voulu parce que « Mom, tout le monde nous regarde ».
Maintenant, si tu me demande si je suis fière d’être la mère de ce que tu es devenu avec moi, malgré moi et sans moi, t’en trouveras pas de plus fière…;-)
Envoyer
La musique, presque toujours de la musak, est américaine. La bouffe, deep fried jusqu’à la mort, est américaine. Sur les vitrines des boutiques qui vendent sombreros, robes « traditionnelles » et autres argenteries, les prix sont affichés bien gros en US dollars. Todo aqui, est fait pour rassurer l’américain moyen. Todo aqui est fait pour le confort du gros qu’ils haïssent avec la férocité de l’humilié. Welcome to America!
Playa del Carmen est un décor d’opérette, un Mexique aussi authentique que la Venise de Las Vegas, un cul qui s’offre sans vaseline au touriste américain – aussi abondant que bruyant – surexcité d’être sorti de son « resort » et persuadé qu’il est au coeur du Mexique authentique.
Carajo.
Le touriste américain (et canadien anglais…) se reconnait à sa façon compulsive de s’agripper à son sac à main et à son fanny pack. Ils se promènent en hordes, entre Playacar, la Quinta Avenida et la zone « plage », alors qu’à un coin de rue derrière la Quinta, Playa del Carmen révèle sans pudeur un autre visage, celui pris d’assaut par les gangs de rue qui vendent leur cocaïne, celui où des gamines de douze ans sont enceintes de leur deuxième, une sorte de village de Nathalie chaotique et hors la loi où ceux qui possèdent une maison, délabrée et peinte en rose, la hérissent de barbelés et de verre brisé comme une femme laide qu’on couvrirait de bijoux malgré tout.
Là, vous pouvez tout acheter et tout est à vendre. Peut-être même la petite dernière.
On dit des Mayas qu’ils se faisaient affuter les dents pour mieux dévorer leurs victimes vivantes. Une tradition toujours à l’honneur à Playa del Carmen. Passer de la Quinta Avenida au ferry qui va à Cozumel, est un parcours qui vise un seul but, plumer l’étranger jusqu’à la moëlle. Ce sera fait avec le sourire, la « proverbiale » gentillesse des mexicains à qui l’office de tourisme a bien fait comprendre qu’il était mauvais pour l’image du pays de braquer les étrangers à la pointe du couteau.
Alors ils vous braquent à la pointe du sourire.
Envoyer
- Oh. My. God (moue dédaigneuse, regard envieux) as tu vu Demi Moore?!
- Mmmm. Belle fille.
- Complètement refaite tu veux dire.
- Belle pareil.
- Ça te dérange pas, toute cette chirurgie?
- Nope.
- Toutes ces injections?
- Nope.
- Les régimes draconiens? Les jeûnes?
- Nope.
- T’as pas peur que ça influence ta fille adolescente?
- Ma fille trouve que Ashton Kutcher est un vieillard. Je te laisse imaginer l’influence que Demi peut avoir sur elle…
- Mais quand même, ça te choque pas la représentation irréaliste du corps de la femme dans les médias?
- J’aime quand tu te transforme en présidente du club de chasse aux sorcières. Ça te fait un gros pli entre les deux yeux.
- Hein, où ça?!? Nooooooooooooooooooooooooooooooooooooon!
***
Envoyer
Et pour poursuivre dans la catégorie « jeune auteur », en voici un qui fait son « jeune réalisateur » avec toute la fraîcheur du monde pour un premier film intitulé « Cavaliers seuls ».
Envoyer
Ils ont fait 25 portraits de blogueuses, et ce, de tous les horizons…
Allez y découvrir les 24 autres. J’en connais plusieurs, elles ont toutes quelque chose d’intéressant à dire.
*Au moment d’écrire ces lignes, René « comme disent les chinois » Homier Roy est en train de dire à Martin Petit, lui-même blogueur, qu’on trouve un nombre « effroyable » de niaiseries sur les blogues.
C’est vrai.
C’est vrai aussi qu’on trouve un nombre « effroyable » de niaiseries dans nos écoles, bibliothèques, médias, espaces publics et autres scènes, petites et grandes.
La niaiserie, elle est partout. Moins on en parle, mieux on se porte.
Envoyer