Elle court avec son chien, un berger allemand, d’une foulée un peu lente, régulière, solide.
Sous leurs pas conjugués au même temps, la fine couche de neige sur boue glacée, craque, rigide comme le sourire de quelqu’un qui ne rit pas souvent.
Elle porte un bonnet bleu ciel. De derrière, je vois le pompon qui suit la cadence.
Rien ne la différencie d’une autre coureuse accompagnée de son chien. Ah si. Une chose. Le harnais rigide qui la relie au berger allemand et le foulard Mira qu’il porte au cou.
Pendant quelques minutes, nous courrons, côte à côte. Elle ne connait rien de moi sauf mon souffle que j’accorde à ses pas.
Feu rouge. Le berger fait bien son boulot. Sérieux.
Dans mes écouteurs, un vieux Madonna: « Hey girl, you believe in love? Cause I got something to say about it ».
C’est plus fort que moi, je chante. Et la fille, reprenant sa foulée alors que la lumière passe au vert, me répond: « And it goes something like this ».
Et le temps d’une traverse, on a fait un sacré beau duo.
« Don’t go for second best, baby, put you lovin’ to the test, you know you got to ».
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