Nadia, qui a le don de poser des questions qui dérangent, en pose plusieurs… Je vous invite à lire d’abord son billet chez elle. Et je vais tenter de répondre, en faisant de mon mieux. Comme dirait Matthew Coon Come : « je ne peux pas jurer de dire la vérité, mais je peux jurer de dire ce que je sais ».
1) Quelle résonance a le mot féminisme pour moi?
Aucune. Le féminisme, ce n’est ni un statut, ni un état, c’est une vie en action qui se vit sur le thème de la République: « liberté, égalité, fraternité ».
Une fille qui se dit « féministe » mais qui manipule, ment, s’arroge des crédits qui ne sont pas les siens ou trahi celle qui l’a aidée, n’a aucune crédibilité.
If you talk the talk, you gotta walk the walk.
2) En 2010, est-il toujours pertinent de parler d’égalité? Faut-il aborder la question autrement?
Trop de questions, pas assez d’actions.
3) Nomme trois personnalités féminines qui t’inspirent… et trois femmes autour de toi que tu admires.
Louise Arbour, ex procureur en chef au TPI. Brave, tenace, justicière.
Mae West, qui a écrit, réalisé, joué, aimé les hommes, le sexe, la fête, et qui nous a laissé le classique « is that a gun in your pocket or are you just happy to see me »?
Lina Wertmuller, qui a si bien compris – et tourné – la formidable force qui anime les hommes et les femmes, sans glorifier les uns, ni sanctifier les autres. Ses femmes sont aussi exécrables qu’elles sont divines. Pas de traitement de faveur. Yo, Lina!
Autour de moi? Ma grand-mère, une espagnole grand cru qui me disait « les hommes et les femmes, on n’est pas fait pour se comprendre, on est fait pour s’aimer ». Elle m’a appris à la fois l’indulgence infinie et la nécessité de couper les ponts quand le bois est pourri.
La gang de filles de « Chez Jules » qui font mentir l’adage qu’une bande de filles n’est pas capable de travailler ensemble. Non seulement on le fait, mais so far, on n’a traumatisé aucun des hommes qui a osé s’aventurer dans cet océan de féminité.
4) Crois-tu que les questions féministes (sur le travail, les rôles dans le couple etc.) doivent évoluer?
L’égalité passe par une seule chose, l’indépendance financière. Pour le reste, tout ce qui relève des étiquettes et de la comptabilité du « qui fait quoi », ça m’ennuie.
5) Comment les hommes (ou toi si tu es un homme) participent à une plus grande égalité entre hommes et femmes?
En aimant la femme de leur vie comme elle est. C’est immense et c’est assez.
6) Comment vois-tu l’équilibre entre le rôle de femme, la carrière et tout le reste?
Je ne le vois pas. Il faut faire des choix et les assumer. On ne peut pas, on ne doit pas, tout avoir.
7) Est-ce que pour une mère la décision de se consacrer entièrement son rôle de mère, en mettant parfois le concept de carrière en attente, est en contradiction avec le féminisme?
Pour moi, oui. Pour les autres, c’est elles que ça regarde et je supporte leurs convictions car ce sont les leurs.
As-tu l’impression que le femmes sont encore cantonnées dans des rôles socialement acceptables?
Je dirais plus « des rôles culturellement acceptables ». La bitcherie féminine, que ce soit envers les femmes qui ont eu de la chirurgie plastique (et alors?!), envers celles qui n’allaitent pas (et alors?!), envers celles qui décident de ne pas avoir d’enfant (et alors?!), cette obsession de scruter à la loupe les comportements des autres femmes doit cesser.
Les hommes ne perdent pas ce temps précieux à se guetter les uns les autres. Imitons les.
9) Si oui, que ferais-tu pour changer cela?
Rien. À chacun de prendre ses responsabilités.
10) Le droit de choisir pour une femme, ça représente quoi pour toi?
Une baisse de salaire.
***
AJOUT. Excellent billet au sujet de la « guéguerre » de l’allaitement chez Grenouille & Lardon. Je n’aurais pas dit mieux et ça s’applique à toutes les sphères de la vie d’une femme. Foutons-nous la paix les unes les autres!
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