The curious case of Lori Gottlieb

Une longue chronique de Lori Gottlieb – l’auteur du livre « Marry him » dont je vous ai parlé dans non billet précédent – publiée dans la revue « The Atlantic ». Elle y défend avec beaucoup de vigueur, et une certaine mélancolie, le choix d’un partenaire de vie qui n’est peut-être pas l’homme (ou la femme…) de nos rêves (qui par définition n’existe pas puisque c’est un rêve), mais qui a le mérite d’avoir envie de partager notre vie.

Une chronique et une entrevue qui risquent de provoquer de passionnantes discussions…

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Quand je vais être avec un bon gars

Deux filles et un comptoir en stainless.

- Mais heu, Christian, tu le trouvais pas bien?

- Oui, oui. Mais j’ai pas eu de coup de foudre. C’est sûrement un super bon gars, mais je sais pas, il est pas assez… Il est trop…

- Pas assez?… Trop?…

- Il était au restaurant à l’heure. Il a une bonne job. Il m’a dit à quelle âge il voulait prendre sa retraite.

- Ouais. Pis?

- Ben. C’est pas un gars excitant.

- Ah. Okay.

- Quoi, quoi?

- Rien.

- Dis-le!

- No way.

- Dis-le, dis-le, dis-le sinon je dis à tout le monde que t’es déjà sortie avec un humoriste.

- Tu ne diras rien du tout!

- Alors crache.

- Tu me fais chier, tu sais ça? Tu me fais chier. On s’en fout des gars excitants!

- On s’en fout?!?

- Totalement! C’est la relation qui est excitante! Et si tu veux que ce soit une relation excitante, c’est à toi d’amener la moitié de l’excitation. Pis m’a te dire une affaire, c’est vraiment chiant le monde qui attendent après les autres pour leur fournir l’entertainment.

- … (gloups)…

- … (gloups)…

-  Donc heu… tu penses que je devrais lui donner une deuxième chance? …

***

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Plus fort que du Roquefort

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Che

Il faut absolument que vous alliez voir « au sud du sud » ( – 40 à Montréal ce matin en sortant le chien… ) le blogue de la belle Anne qui est en Argentine, pays que j’aime avec un absolu ridicule. De l’Argentine, où j’ai passé six mois il y a déjà trop longtemps,  j’ai tout aimé.

Et chaque fois je vais voir le blogue d’Anne, je retombe en amour ben raide. Ben raide.

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Apparté d’une fille vendue d’avance

Ce matin, sur le site de cyberpresse, un gros dossier de Silvia Galipeau sur les blogues de mamans et en particulier sur leurs relations avec les compagnies qui veulent leur fourguer leur marchandise pour qu’elles en parlent dans leurs blogues. La futée Martine Gingras (que j’adore malgré – ou parce que – nous avons des univers radicalement opposés) a d’ailleurs répondu avec toute la dignité qu’on lui connait.

Soyons sincère quelques instants (n’ayez pas peur, ça n’arrive pas souvent). Si on voulait m’envoyer des couches, du lait maternisé, des yaourts qui bouillonnent dans le ventre et des tétines en caoutchouc, c’est sûr que moi aussi je refuserai. Catégorique. Non, mais vous me prenez pour qui vouloir m’acheter avec une suce?!?

Sérieux. Ils prennent vraiment les mères pour des tartes…

Par contre, si Côte d’Or, Valhrona, Smith Haut Lafitte, la chaîne d’hôtels Barcelo, la maison de thé Mariage, les pianos Steinway, les lits Flou, les bonbons Rocket, les pâtes Barilla, Mont-Blanc, Waterman, Moleskine, Mac et Gary Fisher veulent bien m’envoyer quelques uns de leurs magnifiques produits – tous essentiels au travail ardu d’un auteur – je m’engage formellement à mettre les mots « Steinway, Mariage & Gary Fisher » dans la même phrase chaque fois que c’est possible.

Comme dans « en sortant d’un mariage émouvant, j’ai enfourché mon Gary Fisher et je pédalais bon train jusqu’à ce que je fonce dans un Steinway ».  Voyez?

C’est juré, craché, la transparence n’aura jamais eu meilleur goût.

AJOUT BRETON POUR ANITA. Traou Mad live forever! Gast alors!

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Mexique – espèces et autres tribus

Ellipse. Un autre hôtel. Je profite d’un rare moment de soleil pour pratiquer mon activité favorite, faire semblant de nager.  Je flotte avec mon masque, à l’aise Blaise, tranquille Émile, à quelques dizaines de mètres de la plage. Il y a des tonnes de poissons. Ils sont nonos, mais ils sont beaux.

Tout à coup, un gars pédale paresseusement vers moi, appuyé sur le flotteur rose de sa fille.

Crâne rasé, bagues, tatouages. Forcément, en  maillot on voit tout. Malgré le charme suave du combo « killer sur bouée rose fluo » je dirais que dans son cas, j’ai trouvé que la lecture de ses exploits sur son corps nu (et musclé, faut pas croire) c’était way too much information. Monsieur le motard, je suis en vacances là. Et j’aimerais bien si c’était pas trop vous demander de…

Ce con, il s’arrête de nager juste à côté de moi.

Et il entreprend de me faire la conversation. J’apprends qu’il est de Toronto, qu’il adore Montréal (ah, le charme français) où il est souvent appelé pour « la business ». Qu’il est dans la section « VIP » de l’hôtel avec toute sa famille (c’est sûr que dans sa ligne, il a forcément besoin de vacances souvent), mais qu’il préfère la République Dominicaine au Mexique. Parait que les « natives » sont plus accueillants. C’est noté. Il me dit aussi, tout fier, qu’il se fait un devoir de fournir l’école du village où il va en crayons et en cahiers « for the kids you know ».

Me voici donc à barboter avec un motard humanitaire. Qui se décide à mettre son masque et à regarder sous l’eau. Oh. Ah. Émerveillé comme un gamin à Disney devant le banc de poissons qui nage autour de nous. Si ça n’avait été du tatouage sur son bras gonflé comme celui de Popeye, je l’aurais trouvé attendrissant.

- What are these? Groopers? Snappers?

- Mmmmm, no… Those are Angels.

***

Sur la plage, l’Ingénieux est mort de rire. « Mais comment ça se fait que tu les attires de même?!  T’es un aimant à trou de cul ou quoi »?

Chéri, j’ai vraiment de la chance d’être tombée sur toi.

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Mexique – Chicos Bonitos*

Au centre de plongée, un américain. Grand, baraqué comme un joueur de foot. La mâchoire au carré, des grosses rides de gars de mer. Prenez Harrisson Ford, faites le vivre sur le bord d’une plage, avec le même short pendant six mois. There you go.

Le gars est pas en vacance. Trop cool pour être en vacances. Trop à l’aise, débonnaire, un gars sûr de ses arrières.

- Hey, fuck, I fucking own this place!

On jase. C’est à dire que je lui sors la version scénariste de « on jase ». Je pose les questions, l’air d’une blonde innocente, il parle. Faune sous-marine, requins, pêche au gros. Quelque chose dans son accent. Mais quoi?

- Where did you learn to dive?

- Las Vegas. You can dive in Vegas you knaaaw.

Oh I know mon homme. You can do anything in Vegas. J’ai déjà passé trois heures dans cette shop-là avec l’Ingénieux qui y a trouvé tout ce qu’il cherchait pour faire des effets spéciaux sur « Love ».  On y avait rencontré un gars, ça devait être le cousin de l’Américain du Mexique, il avait lui aussi  une bonne grosse face pleine de rides de marins, et sa job – je vous le donne en mille – chercheur de trésors. Only in America.

Cut to:

« Extérieur fin jour, dive shop de l’hôtel X ».

On jase. Son accent encore. Ça me fatigue.

- You’re accent. It’s not from Vegas.

- Niouuuu Djoyzee Baby.

New-Jersey. Vegas. Mexico. Yup. Somethin’s clickin’ here. Il me tend sa grosse main. Et avec la grosse main vient un beau nom italien. Como se dice « good fellows » aqui? Nah… Vaut mieux ne pas poser la question.

- You like living in here?

Il me regarde. Plisse ses yeux. Me regarde en face. Derrière le mur de virilité, il y a, l’espace d’un éclair, une méfiance qui n’était pas là cinq secondes plus tôt. Puis, il se détend, comme un gars qui vient de décider qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. C’est de toute beauté. Clint Eastwood serait parfait pour réaliser la scène.

- Yeah, it’s great. The open air, the ocean. Better for my health.

Le nom de sa shop de plongée? Je vous le donne en mille « Underwater ».

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