Entreprenariat 101

$1,000 subventionné à 100% par l’ensemble des contribuables a-t-il la même valeur que $1,000 investit personnellement par le même contribuable ayant déjà payé son 48% d’impôt?

Le jour où vous êtes pris d’un fou-rire  en lisant cette question est le jour où vous devenez un véritable entrepreneur.

Pour paraphraser Simone  « On ne nait pas entrepreneur, on le devient ».

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Et pendant ce temps sur Cyberpresse

Y’a Patrick Lagacé qui change les piles et qui fait la vaisselle…

Dis donc, Patrick, tu voudrais pas venir faire la vaisselle chez nous aussi pendant que tu y es?

On mange du poulet rôti, des patates pilés et de la crème au chocolat.

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La femme est un homme comme les autres

Cette semaine, on apprenait qu’il n’y aurait pas de femmes réalisatrices derrière les décisions de la Sodec et Téléfilm Canada.

Pointu le sujet pour un 8 mars?

Pas vraiment. Je dirais même plutôt banal et platement représentatif du reste de la vie professionnelle, celle des femmes, celle des hommes.  Remplacez « cinéma » par « banque » – « information » – « recherche scientifique » et dans l’essence, c’est pareil.

Suite à la publication des décisions de Téléfilm et de la Sodec, les réalisatrices équitables – un regroupement de femmes cinéastes – ont protesté. Elles ont envoyé une lettre à Christine St-Pierre. Une table ronde a eu lieu dans le cadre des Rendez-Vous du Cinéma Québécois, des questions ont été posées « la caméra a-t-elle un sexe »? « Où sont les femmes en fiction »?

Marc Cassivi et Marc André Lussier ont écrit des chroniques, intelligentes sur la forme, mais un peu courtes sur la réflexion de fond  « Oui aux femmes réalisatrices. Non aux quotas ».

Le constat général – et d’un convenu désopilant – a donc été d’en tirer la conclusion « qu’un film ne devrait pas être financé en privilégiant un sexe (quoique … ça se discute hein, vous avez revu « Valérie » dernièrement? ), qu’il ne devrait pas y avoir de discrimination positive, qu’un bon projet est un bon projet et que les meilleurs gagnent ».

Que les meilleurs gagnent.

C’est fou, mais vite vite, comme ça, on the top of my head, je pense à au moins cinq merdes qui sont sorties cette année et je me dis: « Ah? C’était ça la victoire du meilleur? Vraiment? »!

Ben cou’donc.

L’an dernier aussi, il s’est produit des merdes. Et l’année d’avant donc! On peut remonter jusqu’à l’année de votre choix, et comme un magicien tirant un lapin de son chapeau, allez hop! Une merde!  Certaines très très chères. Tellement chères qu’on s’en est glorifié. « La comédie la plus chère du cinéma québécois »! « La plus grosse co-production France-Québec à ce jour »!

C’était avant les critiques et le four au box office évidemment.

Est-ce que ça empêche les auteurs – eh oui, masculins – de ces galettes de continuer à tourner?  Pas. Du. Tout.  Je dirais même plus qu’ils récidivent dans la Bouse avec un grand B.

Et c’est bien là le principal problème des femmes cinéastes. Elles -  nous – sommes tellement terrorisées à l’idée de payer le prix d’une « erreur » qu’on ne se permet aucune audace. Résultat, on fait des films au mieux « sensibles », au pire absolument invisibles. Or, un cinéma qui n’est pas VU n’existe pas.

Ce n’est pas dans le fait de chercher frénétiquement des poux au cinéma (insérer ici n’importe quel autre domaine) fait par les hommes que se trouve la solution. Les hommes font ce qu’ils ont à faire et ils font bien!

Ce sont les femmes qui n’osent pas encore faire ce qu’elles ont à faire.  Alors elles font des comités, des réunions, ce qui leur donne l’illusion d’être dans l’action. Pendant ce temps là, les gars s’occupent de faire des films. À ce que je sache, personne n’a reçu le César/Oscar/Génie de la meilleure lettre ouverte, encore moins le Billet d’Or du plus grand nombre de réunions.

Ce n’est pas une affaire de quotas, mais de guts.  Le guts de déranger en prenant de la place. Celui d’assumer « son » style de leadership. Fine, pas fine, on s’en sacre! Des styles de réalisateurs, il y a pour tous les goûts, du plus doux au plus caractériel. Ils font leur films pareils.

Le guts de dire « mon film est pas parfait?! Ouain, pis »?!  Un créateur, c’est pas une machine à boule qui fait de la peinture à numéro. Des fois c’est sublime, des fois c’est raté. Pourquoi les filles se sentent-elles obligées d’expier leurs « fautes » plus durement? C’est de la création, bâtard! On a le droit et le devoir de se la péter d’aplomb!

Et puis, il y a la Grande Illusion de la différence féminine dans laquelle s’empêtrent trop de filles douées.  Je vais vous dire, je n’ai jamais crû une seule seconde que les femmes étaient plus fines, plus douces ou plus belles. Elles ne sont certainement pas plus solidaires.

Ça, la solidarité des femmes, c’est un truc inventé pour se donner bonne conscience avant que les enjeux ne deviennent importants. Une déclaration enflammée qui ne va nulle part. Une illusion de vertu qui ne passe jamais à l’acte. Bref, une chanson de Dalida. « Paroles, paroles, paroles ».

Comme dirait l’autre: « Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour ».

C’est une fois entré dans la sphère du pouvoir, ce spot-light qui montre notre essence en HD, qu’on prend la mesure de la solidarité féminine.

Et la mesure, c’est dans les actes que ça se vérifie.  Pour l’instant,  je ne l’ai pas vue souvent…

Les filles, cessez d’écrire à des ministres impuissantes, cessez d’attendre qu’on découvre votre talent caché et allez tourner!   Montrez vos images!  On est à l’ère des caméras numériques pas chères, à l’ère de « Youtube ». À l’ère où le clip de « culture en péril » (oui, oui, tourné par des gars) a trouvé son public, a fait parler de lui partout. Cessez d’attendre des mesures qui ne viendront jamais ou alors trop tard.

Le pouvoir ça ne se donne pas, ça se prend. En cow-boy. De même. Pas d’excuses, pas de permission. The « fuck it » way.

Oui, je sais, c’est pas élégant. C’est pas « féminin ». Pas joli.  Ça donne l’impression qu’on a – ô horreur – de l’AMBITION.

Gros mot, ça, l’ambition. Justement, c’est juste un mot. Get over it!

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El Amor

Ma grand-mère s’appelait Cristina Amalia de Sanchez.

Par les tumultes d’un curieux destin, cette fille d’un comte sévillan épousa un instituteur pauvre comme la gale, mon grand-père. Je crois qu’ils se sont aimés toujours. De la façon dont les gens de cette époque s’aimaient, avec pudeur. Je ne me souviens pas avoir entendu ma grand-mère se plaindre de la vie rugueuse et modeste qu’ils avaient eu ensemble.

De son Espagne natale, il ne lui restait que quelques 78 tours égratignés, des classiques de l’opérette espagnole, des flamencos, quelques airs populaires. C’était avant I Tune et les importations privées.  C’était un Québec que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre.

Et puis, Julio est arrivé…  Et ma grand-mère a adoré Julio. Sans restriction.

Vous ne pouviez pas dire que Julio était kitsh, quétaine, cucul. No way.

Julio se pâmait, Julio ondulait, Julio tenait le coeur de ma grand-mère entre ses mains bronzées.  Avec lui, elle retrouvait cette vibration passionnelle, charnelle et exubérante que les québécois ne se permettent pas.

À quatorze ans, obsédée par Keith Richards, Nick Cave et Iggy, je trouvais qu’elle faisait un peu pitié ma mémé. Julio Essuis-Glace, non mais. N’importe quoi.

Aujourd’hui – ah! ah! ça s’appelle « la vie qui passe » – je le trouve sublime Julio.

Y’a qu’à fermer les yeux et à laisser sa main se faire gracieuse comme un colibri… « El ammm…or »…

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Némésis, la vengeance according to Forcier

Me souviens plus de la première fois où on s’est rencontrés. Je crois que c’était au Café Cherrier et que j’étais avec un autre réalisateur qu’il ne tenait pas en haute estime. Ils se sont salués froidement. Je l’ai regardé de loin, comme on se tient à distance d’un animal dont on ne sait rien.

On s’est revus à Rouyn, au Festival. J’y présentais un court métrage. Après la projection, il avait traversé la salle pour venir me voir et il avait trouvé tous les mots justes pour me parler du film. Il y avait vu l’essentiel et ses compliments étaient du même ordre: brefs, sans fioritures.

J’étais jeune, je ne l’ai pas cru.

Et puis, je l’ai revu dans les bureaux de Max Films. Il préparait « La Comtesse de Bâton Rouge ». Ce jour là, il était avec son fils de six ans, la copie conforme de son père, version lutin.  Forcier se préparait à tourner, il était heureux. On s’était serré la main, il se souvenait très bien de Rouyn, il s’était informé: « Quand est-ce que tu fais un film »?

Qui ça, moi?! Ben non, voyons.

Au premier lancement du projet Éléphant, avant même que les films de nos archives soient numérisés pour la postérité, Forcier s’était levé et avait demandé si des redevances seraient payées aux cinéastes de ces films? Je me souviens, il avait parlé « du cinéma fait avec le sang des créateurs ».

C’était en juin, il faisait beau. Je l’avais trouvé dramatique, exagéré. Comme Pol Pelletier quand elle dit qu’une femme ne vient vraiment au monde que le jour où sa mère meurt.

Je ne sais pas pourquoi on trouve toujours que la vérité exagère?

Forcier avait évidemment raison. Le sang des créateurs… C’est exactement ça.

L’an dernier, nous avons travaillé ensemble pendant deux mois. C’était une mauvaise période. C’était janvier, il faisait froid. Partout.

On avait intitulé notre film « Tabula Rasa ».

On a mangé de la soupe. J’ai quitté « Forcier » pour aller vers  « Marc-André » et puis « André » tout court.

Des fois, il venait me chercher et on traversait le pont pour aller travailler dans son sous-sol à Longueuil… Ou alors on travaillait dans mon salon et il feuilletait les vieux catalogues Vespa de l’Ingénieux. Il voulait qu’on mette un Ingénieux en Vespa dans le film. On s’est conté nos vies. Il disait « je suis la belle, tu es la bête ».

Ça ne se voit pas à l’oeil nu. Mais il n’a pas tort…

Je savais que le projet n’irait nulle part. Je m’en foutais complètement. Je voulais juste arrêter d’avoir peur de la bête. Apprivoiser – un peu – cette vérité qui exagère.

Ce que lui a tiré de notre rencontre? Je ne sais pas. Je pense qu’il savait lui aussi que ça n’irait nulle part. Peut-être qu’il s’en foutait aussi.

Tout n’a pas toujours besoin d’une justification.

Et puis, il est parti tourner « Némésis » – qui est devenu « Je me souviens ».

Le film semble magnifique.  Juste la bande annonce, ça se voit. C’est du cinéma. Du vrai qui bouge, qui transpire, qui évoque.

Fluide…

Comme le sang du créateur.

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Le mois de l’Amour continue!

Je ne dirai jamais assez à quel point ces deux-là font de l’excellent boulot.

Direct, chaleureux, jamais complaisants et pourtant, toujours, on sent leur parti pris pour la culture, celle des grands jours autant que celle du quotidien.

Ils font simple, ils font pointu, ils aiment, ils osent.  Bref, chaque fois que j’y retourne, j’y trouve à boire et à manger… et ça me coûte cher!

Tant pis, l’amour, ça n’a pas de prix!

MAJ… Et pour bien rester dans les tales de mes tourtereaux de Québec, je vous envoie sur la page My Space du groupe « Bernadette« !

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People do fall in love

Vu aujourd’hui, au sous-sol de chez Archambault.

Vingt personnes en manteau d’hiver, têtes levées devant trois écrans où l’on diffusait « Breakfast at Tiffany’s ».

Nous étions tous figés devant les images d’Audrey Hepburn cherchant son gros matou orange sous la pluie.

Et malgré le fait que nous connaissions tous la fin, il y a eu un soupir  collectif de soulagement – et d’émotion pure – quand Audrey entend le miaulement du chat, qu’elle le prend dans ses bras et qu’on comprend qu’elle laissera enfin l’amour entrer dans sa vie.

« People do fall in love. People do belong to each other ».

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L’amour à l’imparfait du subjonctif

Le Prince Charmant pue de la gueule. La Princesse Charmante a un grand nez.

Ils sont pourtant beaux comme des gens qui s’aiment.

« Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées; le monde n’est qu’un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange; mais s’il y a au monde une chose sainte et sublime, c’est l’union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux ».

Vous remercierez Alfred, qui l’a si bien dit dans « on ne badine pas avec l’amour ».

MAJ: Et Michelle, vêtue de Sarah Pacini ajoute quelques mots ici.

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Ah qu’il est doux le temps de la culpabilisation!

Pas celle de tous les chocolats que vous (pas moi, hein, je suis à l’eau et à l’extrait de celeri pur) avez mangé à la St-Valentin!

Mais non, ce doux temps de l’année où vous recevez un téléphone mielleux de votre institution financière préférée: « Avez-vous cotisé à votre REER cette année »?

Vous avez remarqué vous aussi comme ils vous rentrent bien ça dans le tordeur de la culpabilisation: « C’est maintenant M’sieur Chose qu’il faut cotiser pour votre retraite, parce que sinon…  » Ici, suit habituellement un silence lourd de prédictions malheureuses. Si vous ne cotisez pas, vous serez à la rue, ou pire, au Chez Nous des Artistes.

Ils n’ont jamais l’air de se rendre compte que pour plein – je répète PLEIN – de gens, la cotisation est impossible. Longtemps, ils ont même eu l’air HEUREUX de nous menacer de vieillesse précaire, ces sadiques.

- Hey, dites Monsieur le Banquier, si vous voulez que je cotise, il faudrait peut-être commencer par baisser un chouïa mes frais bancaires?!

L’an dernier encore, ils fanfaronnaient,  impudents,  avec leurs campagnes publicitaires sur ces « retraites bien préparées » et ces contributions grandioses qui vous font sauver tellement d’impôt et qui vous prépare des lendemains qui chantent (avec l’aide de voix de velours il va sans dire).

Cette année, quand ma conseillère financière m’a téléphoné,  elle avait une toute petite voix gênée quand elle a osé me parler de « REER ».

- Allez vous, cette année, contribuer à votre régime d’ép…

- Tiens, c’est drôle que vous me parliez de ça, j’ai justement sorti les miens pour les investir dans une jeune entreprise qui va très bien merci.  Juste avant qu’ils ne perdent 30% de leur valeur…  J’ai même une copine qui ne les a pas sortis, et qui a perdu la moitié de ses économies… Des années à se faire culpabiliser alors qu’elle était monoparentale avec deux enfants.

Silence.

J’ai tellement hâte à l’année prochaine!

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Attention, fragile…

C’est un des plus grand silence qui soit. Particulièrement au Québec où « la masse » déteste viscéralement ce qui dépasse, ce qui ne se normalise pas, ce qui ne sait pas entrer dans le moule.

J’ai lu Martin Comeau, comme je le lis régulièrement.

La grande douleur de l’enfant persécuté par les autres suintait à travers l’écran de mon Mac. Des mots qui font mal, encore et encore, des années plus tard.  Une colère perceptible et tout à fait justifiée face aux adultes qui ne sont pas intervenu.

Qu’est-ce qu’il disait déjà Einstein? Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les ont laissé faire.

Foglia disait ce matin que l’école se meurt de son incapacité à sanctionner. C’est vrai.

Dans mon quartier, il y a une école « de la dernière chance ».  Une école secondaire que je ne nommerai pas et qui, en principe, doit aider des élèves à terminer leur secondaire.

Mais les profs tolèrent que des garçons de douze ans interpellent les filles à grands coups de « yo, cunt ». Qu’ils jettent leur détritus par terre. Qu’ils fument. Qu’ils se battent. Qu’ils affichent les emblèmes de la haine et du racisme.

L’autre jour, un kid a traité une des profs de « grosse truie ».

Le tutoiement est évidemment de rigueur: « toi, tu, vas chier grosse truie ».

Il y a des jours où je me demande si l’unique raison du succès scolaire de l’école privée ne vient pas uniquement du fait qu’ils imposent le vouvoiement?

« Allez chiez, grosse truie » ça se dit nettement moins bien.

Le texte de Martin dérange parce qu’il touche à l’enfant bête à qui on a tout permis, l’enfant méchant qui jouit de la souffrance qu’il inflige, l’enfant débile élevé par des parents tout aussi débiles. Il ne faut pas le dire. Il ne faut pas…

L’école est un lieu d’amour qui doit inclure tout le monde dans un cercle d’harmonie et de joie et où celui qui se fait blâmer est celui qui ose dire « toi, dehors ».

Ah, ça ne va pas plaire au milieu de l’éducation le texte de Martin! Ça ne va pas plaire à madame la ministre qui tient mordicus à ce que l’école soit un lieu d’amour.

Un lieu d’amour, l’école?

Parfois, la maison est un lieu d’amour. Dans le meilleur des cas. Parfois. Mais pas toujours. Oh non.

Alors si la maison n’y arrive pas, imaginez donc l’école…

Je suis allée à l’école à la campagne. Une polyvalente spécialisée dans la « mécanique-boucherie ». Un revival du film « délivrance ».  La violence, l’intimidation, des flos attachés sur la track de chemin de fer avec la menace de le laisser là jusqu’à ce que le train arrive. La cravache que le père des « frères Richard » utilisait sur eux et dont ils se servaient à leur tour sur les plus petits. Les roches tirées au sling shot, les cahiers déchirés, les menaces.

Et les profs qui disent rien. Et la direction qui regarde ailleurs tant que les cases ne sont pas incendiées. Et les parents, persuadés que « non, pas  mon fils, il ne ferait jamais ça ».

Un lieu d’amour, l’école… Sure.

Mais aussi l’autre violence, la menace permanente de l’exclusion totale et absolue si tu ne te conformais pas au groupe.  L’impossibilité d’être « bon à l’école » sans que ce soit une invitation à l’ostracisme.  Tu pouvais te faire prendre complètement frosté à l’acide, mais jamais avec un livre.

Jamais avec un livre…

J’ai supplié ma mère de m’envoyer dans un collège privé. Au nom du dogme ouvrier, elle a refusé. Le collège, c’était pour les « snobs » qui se prennent pour d’autres. Dans sa méfiance de l’élite, le Québec a pioché à grands coups de masse sur tous les Ovide Plouffe de la terre. C’est à eux qu’on a dit « dehors »!

Dans ma polyvalente, il avait Jean-Yves. Probablement gay. Il n’a pas eu le temps de s’en rendre compte tout seul, on le lui a garroché en pleine face. Tous les jour: « hey, le fif ».

Le fif a essayé de disparaitre dans « surtout ne pas se faire remarquer, surtout se fondre dans les murs, surtout ne pas chercher l’attention ».

Il a tenu un an.

En secondaire II,  après un exposé oral sur les poissons rouges – il y a quelque chose de plus neutre que des poissons rouges? – Jean-Yves s’est pendu dans le garage de la maison familiale. Pour être sûr de  ne pas se rater, il avait aussi laissé tourner le  moteur de la voiture de son père.

Ses tortionnaires sont venus à l’enterrement, avec le reste de l’école. Personne n’a rien dit.

D’un point de vue académique, je suis sortie de cette polyvalente complètement ignare.

Sur la nature humaine par contre…

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