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Tout ce qui dure…

La peau des vieux c’est doux comme de la flanalette usée. Ça été lavé, relavé, séché au soleil, usé par le vent, le chlore, le détergent, tâché par la sauce tomate et la graisse de la chaine du vélo…

Il y a un vieux dicton qui dit « tout ce qui traine se salit »…Quand on est vieux, c’est qu’on s’est forcément un peu sali en chemin. On a trahi, oublié, abimé. On a pris des arrangements avec nos petites lâchetés, et parfois avec les grandes aussi. On a déserté des gens qu’on aimait, quitté le navire avec les rats, fait des tas de compromis avec nos rêves et nos promesses de jeunesse… On a payé le prix. On ne fait plus de grandes déclarations à l’emporte-pièce. Parfois on se pardonne d’avoir été imparfaits. Parfois pas…

On ne peut pas comparer ce qui n’a pas eu le temps de s’abimer avec ce qui dure… C’est impossible. Peut-être que si James Dean ne s’était pas pété la gueule en voiture, il aurait fini par tourner dans des films de merde. Peut-être même qu’il serait devenu vendeur de voitures. Ça n’aurait pas diminué ce qu’il était dans la « fureur de vivre »…

Une amitié, un amour qui dure connaitra des déceptions, des tourments, des trahisons.  Parfois le tissu ne résiste pas. C’est la vie, bouffi. Mais qu’il résiste aux intempéries et il devient doux comme de la peau de vieux, d’une indulgence soyeuse et réconfortante aux coeurs encore purs et durs.

Tout ce qui dure rend humble.

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L’écriture est un jardin anglais

Un désordre. Un laisser aller. Une jungle. Un abandon.

Comme pour le jardin, il est totalement inutile de demander à l’écriture « comment elle va », elle n’en a pas la moindre idée. Plus vous la gossez, plus elle vous résiste. Elle exige de la rigueur, mais bizarrement, ne voit le jour que lorsqu’on slaque sur  le contrôle…

Le jardinier avisé sait que sa rigueur doit s’exercer lors des semailles. Planter les bonnes graines dans la terre qui lui convient. Après, il faut lâcher prise et laisser l’écriture tranquille jusqu’aux moissons.

L’auteur aussi, il faut le laisser tranquille. Même pas l’inviter à manger? Non, même pas… Sa tête est prise, il ne sera pas d’agréable compagnie et franchement, il préfère manger seul avec ses personnages. Comme la mauvaise herbe (ou la rose trémière, chacun son style) il fleurira quand il sera prêt. Certaines floraisons seront plus abondantes que d’autres. L’auteur, comme le jardinier, ne ne le sait jamais d’avance. Il ne peut, comme le jardinier, que constater le résultat une fois que c’est sorti.

Ah ben, c’est laitte! Ou alors, « oh, ah, wow ».  La plupart du temps, les avis divergent.

C’est ben pour dire qu’on sait rien…

Le jardinier avisé sait qu’un bon sarclage vaut deux arrosages. Qu’il ne sert à rien de tirer sur les pousses, d’inonder le plant d’engrais et de rester planté là à demander « Alors, ça vient? C’est quoi qui va pousser »?

Sais pas ce qui va pousser… Ça disait quoi sur le sachet? Carotte? Radis? Gardenia? … Bon. Alors ça devrait être quelque chose qui ressemble à un genre de légume avec des pétales…

Comme disait Stephen King « le plus dur de l’écriture, c’est de convaincre ma femme que je suis en train de travailler quand elle me trouve en train de regarder par la fenêtre ».

Si ça se trouve, c’est en regardant ses concombres pousser qu’il a écrit Duma Key… ?

Pensées humides

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L’été…

C’est pas fait pour écrire! C’est fait pour vivre! Qu’il pleuve, qu’il vente, que le grand jaune « shine » sur nos têtes ou pas, l’été incite à la sensation plus qu’à la réflexion…

Après deux semaines sur la mer, dans la mer, sous la mer, je n’ai toujours pas retrouvé mon cerveau (pas lu les journaux, pas écouté les nouvelles…). Je vous envoie lire celui de trois autres cerveaux sous-marins… Ce sont trois biologistes de la mer qui font du « salty blogging » (!!!) et si la mer vous intéresse, le Deep Sea News, c’est par là!

Tiens, l’Ingénieux dans son élément – une photo océanique prise par son « diver buddy » Jason Roy Léveillé.

JM Dive 1

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Gone fishing…

Ben non, c’est même pas vrai! Je vais pas à la pêche, je vais ici,  dans la mer des Caraïbes, pour tourner des épisodes de Jules avec trois de nos filles et trois nouveaux personnages… Je sais, ce sont des conditions de travail épouvantables et l’endroit est infesté de pirates.

Je serai loin de ce blogue jusqu’au 18 juillet. Si vous prenez des vacances, je vous en souhaite des belles et bonnes!

Si vous prenez pas de vacances, la ville n’est jamais aussi douce qu’en été…  Vous n’habitez pas en ville et vous travaillez quand même? Alors c’est que le lac n’est pas loin…

Finalement, profitez de tout ce qui passe, que ce soit la pédale dans le plancher ou dolce dolce! À chacun son rythme et les coccinelles seront bien gardées.

Bon été!

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Clear eyes, full hearts, can’t loose

C’est le cri de ralliement de l’équipe de football junior de l’excellente série « Friday Night Lights ».

Le football, sport de l’intellect autant que du muscle et de la vélocité est aussi celui du coeur… Il y en tout plein sur le blogue de ce père et ce fils, amateurs de football et d’histoires de foot…

Allez les bleus!

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Amis lecteurs

Je vous néglige. Je sais…

La vie qui bouscule, qui rentre dedans, qui garroche son lot d’émotions contraires dans un jet incohérent qui amalgame le laid et le beau…

Et puis quoi? Et puis hier, il y a eu l’appel attendu: « il est en train de partir, il ne se réveillera plus ».

Il meurt trop vite, surpris par l’imprévisibilité de la mort alors que comme tant d’entre nous, il la croyait réservée aux autres, à ceux qui ont « bien vécu ».

Certains, comme Boris Vian qui se savait fragile, ont vécu en double, en triple, en quadruple. « Ce n’est pas le nombre des années dans une vie, c’est la vie qu’il y a dans chacune de ces années ». C’est sur une carte postale à la Maison de la Presse. Me souviens pas qui en est l’auteur…

Il laisse une petite fille de dix ans. Qui tourne comme une toupie révoltée et dont il faut prendre soin tout en lui laissant tout l’espace dont elle a besoin pour « kicker ». Délicatesse, délicatesse.

Il est jeune, plus jeune que moi. Même pas quarante ans…  Il meurt, juste avant d’atteindre la décennie fabuleuse, celle de la deuxième chance pour tous ceux qui veulent s’en saisir.

Qu’en aurait-il fait? Impossible de répondre à cette question. Mais ce matin, je me disais que j’avais accompli plus dans ces six dernières années que dans les trente-neuf précédentes.

Forcément la question se pose:  « Et si je ne les avais pas eues ces années là »?

Amis lecteurs, je vous espère heureux et fiers propriétaires d’une vie bien pleine.

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Si tous les écrans du monde…

« Jules », notre « Jules » – le vôtre, le mien, celui de l’équipe – est invité à un super festival à Genève en novembre.

Le Festival Tous Écrans revendique une absence de hiérarchie entre les écrans de cinéma, de télévision et du Web…

Sans nier les différences entre les médiums, et en reconnaissant avec joie leur spécificité et leur unicité, je trouve superbe qu’un festival considère la création comme de la création, peu importe son support et l’écran sur lequel ces images sont vues…

Je commence à me sentir l’âme suisse, tiens…  Il y a pas du chocolat en Suisse?

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