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André Desjardins ou l’espoir d’Ovide Plouffe

Régulièrement je recevais des invitations de mon ami Pierre Bernard qui l’avait pris sous son aile… Il est comme ça le beau Pierre, quand il aime, que ce soit au théâtre ou dans la vie, c’est pour toujours. Il a un don pour sentir le talent comme un animal doué d’un septième sens…

J’ouvrais le document et je recevais de la beauté. Celle des toiles d’André Desjardins.

Longtemps, je me suis demandé combien de temps il tiendrait dans cette intimité forcée par l’indifférence des médias et du public face à la peinture. Je dis la peinture, mais en fait, je pourrais dire face à tout ce qui n’est pas clinquant, immédiatement facile, obligatoirement « connu ».

Et puis ce matin j’ai lu ce lumineux papier de Nathalie Petrowski dans la Presse toujours publiée et ça m’a fait chaud au coeur…

Il a été reconnu ailleurs, il est parti… Pour cet artiste qui a pris tous les risques, c’est magnifique.

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Salon du livre

Oui mes amis, malgré le virus, le béton et la foule, j’y serai!

Pour rencontrer Tonino, l’auteur de « Saga », le premier livre où je reconnaissais « pour vrai » mon métier de scénariste.

Pour admirer les nouveaux cheveux de Nathaly Dufour – « Sous la toge » – et prendre racine à la buvette de Pierre Szalowski, « Le froid modifie la trajectoire des poissons » et rigoler avec les deux.

Pour voir enfin Marie-Julie Gagnon, grande nomade et disciple du dulce de leche, que je ne connais que virtuellement. Pour vérifier si Cécile Gladel donne des caramels pour aller avec son pirate…

Pour constater une fois de plus l’élégance de ma belle Mireille Deyglun, présidente d’honneur, lectrice passionnée et une comédienne avec qui c’est une joie de travailler.

Pour acheter les livres de tous ceux que je ne connais pas encore « en vrai » et dont la bouille ou la couverture me plaira! Pour voir mon papa aussi, que je ne vois jamais, mais qui ne manque pas un salon du livre.

Et pour vous voir, vous! Ceux qui fréquentent ce blogue,  les nouveaux, les inconnus, ceux qui cherchent les toilettes…

J’y serai en séance de signature de mon roman « Je compte les morts » ce soir de 18H00 à 20H30 et samedi de 11H00 jusqu’à … le plus tard possible!  J’aurai avec moi des arguments délicieux qui vont très bien avec la lecture… Et je compte bien vous faire découvrir tous les livres et leurs auteurs dont j’aurai fait la connaissance.

***

MAJ – Je peux déjà vous dire que j’achèterai le livre de René Daniel Dubois

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Si la Presse n’existait pas…

INT. JOUR – BUREAU

L’HOMME

T’as vu le clip de la Presse sur l’air de « et si tu n’existais pas »?

LA FEMME

Oui, chéri.

L’HOMME, excité.

C’est hot.

LA FEMME, sobre.

Oui, chéri.

L’HOMME, qui allume sur le fait que tout n’est pas pinky pink au Royaume du Danemark.

T’as pas l’air excitée.

LA FEMME, qui tente d’amortir le choc en douceur.

Ben… je me suis mariée sur la même toune de Joe Dassin… Et tu vois, c’est plus avec lui que je suis, c’est avec toi.

L’HOMME

C’est une métaphore?

LA FEMME

Sometimes a cigar is just a cigar.

***

MAJ: Je vous envoie lire le billet de CFD sur son blogue…  Oui à l’information, non aux infrastructures trop lourdes… qui déservent l’information! Paradoxe? Je ne crois pas…

Et ça n’enlève certainement pas la nécessaire empathie pour l’inquiétude de ceux qui aiment faire leur métier et qui ont envie de pouvoir continuer de bien le faire…

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Des lieux et des fictions

L’équipe de « Chez Jules » on est une minuscule équipe. Et pourtant quand on débarque dans un lieu pour tourner, on est quand même une gang, des kilomètres de filage, des lumières, des acteurs, alouette. Même si on fait tout ce qu’il faut pour être respectueux des gens chez qui on va, on est quand même impossible à manquer.

On ri, on fait des blagues atrocement grivoises, mais on a aussi un horaire serré et un « tic, tac, tic, tac » à la mode « 24″ dans la tête tout le temps. On sait qu’il faut tourner trois, quatre épisodes dans la même journée et que même si ça se passe dans la joie et la bonne humeur, on a zéro temps à perdre. Pas. De. Lousse.

Depuis le début de la série, on a tourné à différents endroits, tous publiques, tous à vocation « de service ». Restaurants, lieux de villégiature, studio de musique, salle de spectacle.  C’est un échange tout à fait civilisé. Ils ont de la pub gratuite, nous payons l’addition de tout ce qu’une équipe consomme et nous bénéficions de lieux nouveaux, qui ajoutent de la plus value à la production. Win-win…

Il reste qu’une équipe qui débarque, même respectueuse, c’est un dérangement. C’est ici que le simple client – vous – a quelque chose à apprendre en lisant ce billet.

Quand une minuscule et bien humble équipe comme celle de « Jules » – qui n’est ni les Rolling Stones, ni Paramount Pictures – est traitée au petits oignons par des équipes aussi accueillantes et chaleureuses que celle de l’Hôtel St-Sulpice, du Club Med de Turquoise et de l’Espace Dell’Arte, c’est signe qu’ils traitent bien TOUS leurs clients. Et pas juste « les gros noms ».

Au St-Sulpice, ils ont mis une suite à notre disposition pour que notre maquilleur puisse travailler. Ils nous ont monté une petite table avec des pots de café. Ils nous ont remercié de prendre leur clientèle en considération (la moindre des choses de notre part, une attention délicate de penser à le souligner de leur part).

Au Club Med, tous les G.O. se sont donnés à fond pour nous montrer tout ce qu’il y avait à voir, pour nous prêter des seaux à glace, des parasols, pour abriter nos précieuses cassettes dans leur coffre fort, pour remplacer la clé de Max, pour nous accommoder chaque fois qu’ils le pouvaient. Sans compter une gentillesse de tous les instants. On a beau dire qu’ils sont « obligés » je connais certains restaurants où en principe, ils devraient l’être et ils sont bêtes comme leurs pieds!

Et au Dell’Arte, l’espace de Rick Allison, alors là, c’est la totale. Ils nous ont ouvert leur lieu, mais aussi leur collaboration, leurs idées, leur monde. Geneviève Gallazzo fait un travail formidable à la coordination et j’envie les musiciens qui travaillent là. Ils sont choyés, aimés. Rick aime les artistes, ça se sent, ça se voit et chaque fois qu’on y est, je nous trouve privilégiés de tourner dans un lieu si riche en créations de toutes sortes.

J’écris ce billet en toute liberté. Pas parce qu’il est « dû ».

Oui, certainement, ces gens-là n’ont « fait que leur job ». Oui, certainement, les airs bêtes et les divas, c’est du « bad business ».

Mais justement. On écrit trop souvent pour se plaindre et trop rarement pour dire « belle job »…  Alors à tous, belle job! Et merci.

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La vie heureuse de Gilles Carle

Peintre, parolier, cinéaste, homme de curiosité d’abord et avant tout…

J’ai connu Gilles toute petite. Je l’ai connu avec Suzelle, sa première femme, une rousse à la voix rauque que je trouvais tellement belle. Je l’ai connu avec Ariane, sa belle fille si semblable à sa mère, si douée. Je l’ai connu avec Sylvain, son fils trisomique qui voulait toujours faire des tours de « bateau à moteur » chez mon oncle Adrien.

J’ai revu Gilles souvent. Au Carré St-Louis, le soir au Witloof, à la terrasse du Café Cherrier, au Cabaret de la dernière chance à Rouyn. Toujours en train de raconter une histoire incroyable, de vanter un artiste qu’il venait de découvrir, de fabuler fabuleusement sur la vie, l’amour, la couleur et le temps.  Le cinéma, oui. Mais aussi les êtres, les paysages, la musique, les arts et surtout les artistes.  Rarement, il vous laissait en placer une. Mais ses histoires étaient tellement extravagantes qu’on avait juste envie d’écouter, anyway.

Gilles…

Jamais condescendant, une rareté que je n’ai retrouvé qu’avec cette autre tête de cochon qu’était Francis Mankiewitz.  Des doux, malgré le dur métier de réalisateur qui est le leur.  Gilles a une sorte de désinvolture scintillante, naviguant moins en eaux profondes que Francis, mais leur intérêt pour l’humanité relève de la même curiosité chaleureuse.

« Mort d’un cinéaste » avait titré le Devoir (je crois…) au lendemain de la projection de la « Guêpe », un film jugé navrant par la critique. Ouais. Raté, c’est sûr… Mais sur la perspective d’une vie, il en faut des « ratés »…  Et puis, même descendu en flamme, même les deux pieds dans la bouette de l’échec, sa vitalité narquoise reprenait le dessus…

Une image, gravée dans ma mémoire. Je crois que c’était en 1995… Gilles venait de recevoir la Légion d’Honneur et la SACD lui avait organisé une réception pour souligner l’évènement. Il portait une cravate surréaliste aux couleurs survoltées. Les gens ont parlé, ils ont fait des discours. Gilles a reçu les fleurs, les compliments, les accolades.

Et puis, il a quitté l’estrade et on s’est croisés. Je l’ai félicité pendant qu’on s’embrassait et il m’a dit; « tu sais, je donnerais toutes les légions d’honneur du monde pour avoir à nouveau ton âge et avoir encore la vie devant moi ».

Bien au delà de la maison d’hébergement, le leg de Gilles Carle, c’est sa vitalité, son affranchissement des étiquettes et son refus catégorique de se laisser emmerder par les emmerdeurs!

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This is it!

Après des mois en tournage, j’ai enfin eu un dimanche. Un vrai dimanche…

Au centre ville, il y avait foule, H1N1 je t’emmerde. Et au cinéma, il y avait le documentaire sur ce qui aurait pu être le dernier show de Michael Jackson… The King of Pop.

« MJ » en répétition, en scène, en musique est absolument fascinant à regarder.  Même quand il ne bouge pas, tout son corps vibre. Ce n’est pas un homme, c’est une pulsation. Une bête étrange et pénétrante qui aime et comprend la musique, le show, la scène. Il y a des moments dans le film où il est en telle osmose avec sa création qu’on dirait qu’il flotte alors que, ô paradoxe, il est en parfait contrôle de tout ce qui sort de lui.

Mais ce qu’il y a de vraiment très émouvant, ce sont ses danseurs, ses musiciens, ses choristes, ses éclairagistes, ses techniciens de scène.

Ils sont, il n’y a pas d’autres mots, prodigieux…  Les meilleurs. Dans chacun d’eux, il y a des années de travail mis au service de leur art, leur talent, leur passion. Des années consacrées à l’excellence, au travail, à la rigueur pour qu’un soir, sur scène, ça ait l’air fluide, facile, magique…

Allez voir le film avant qu’il ne quitte le grand écran (il n’y avait déjà plus grand monde dans la salle), ça donne de l’énergie, ça donne des idées, ça aide à ouvrir les tiroirs.

Et surtout, ça donne envie de travailler!

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La grippe ou la vie?

Ah,  je m’ennuie souvent de votre présence et j’ai toujours hâte que le temps me laisse quelques minutes en tête à tête avec vous…

Ces jours ci, on me rappelle de penser à votre santé. À la mienne. À cette fameuse grippe.

J’y pense.

Mais pas tant que ça.

J’y pense parce que pas un bulletin de nouvelle n’y échappe. Mais dans la vie de tous les jours? Pas. Du. Tout!

Je pense au texte que je suis en train d’écrire pour Martin et qui se révèle plus mélancolique que comique, je pense à la France qui célèbre ses écrivains (et les nôtres…), pas seulement ceux qui font des livres de cuisine, je pense à l’héritage de Claude Lévi-Strauss, à l’itinérant qui dort sur son carton derrière chez moi, à « Beast » que j’écoute en boucle, à la bière ouverte dans le « Winni » à la fin d’une journée de travail bien remplie, aux fous rires qu’on se paye, collés les uns sur les autres, parce que la vie est courte et que rire est l’ultime luxe des bohémiens… Je pense au temps qui passe, beaucoup plus redoutable que n’importe quel virus…

Et je pense à Martine qui vaccine 300 enfants par jour…

Un jour je vous parlerai de Martine. Elle mériterait la couverture d’un de ces magazines qui célèbrent les « femmes d’influence »…  De l’urgence d’un grand hôpital d’ici à celui d’un dispensaire au pied de l’Himmalaya, en passant par la santé des autochtones du Grand Nord à la formation d’infirmières en Afrique de l’ouest en pleine épidémie de choléra, elle en a beaucoup vu. Et surtout, elle a beaucoup agit.

Elle sait, d’expérience, que quand faut y aller, faut y aller. Plus l’infirmière est efficace, moins l’enfant a peur d’avoir peur. Un, deux, pas besoin de se rendre à trois, hop, c’est fini! T’as eu le temps de pleurer, petit? Ben non!

Je vous ai déjà dit à quel point j’aime les gens qui agissent? Je les aime. Ils sont « dans » la vie, ils sautent à l’eau, ils nagent. En temps de crise, ils ne s’effondrent pas, en larmes, devant le lit de celui qui agonise. Ils ne font pas dans le sentiment et encore moins dans la sensiblerie. Non. Ils changent les draps souillés. Ils font le lavage. Il y a une job à faire? Ils la font. On pleurera plus tard. Ou pas du tout. Ils ne sont pas moins « sensibles » pour autant.

En bon pragmatiques, ils se font vacciner et ils se lavent les mains. Mais  s’arrêter d’aller au restaurant, au cinéma, dans la rue, au travail, de voir des gens qu’on aime, bref, arrêter de vivre!?!

Jamais de la vie!

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