Dans les brumes du sommeil, j’ai entendu un monsieur à la radio qui disait que c’était un roman « duuuur ».
Dur?!
N’en croyez rien. C’est, au contraire, un roman d’une grande tendresse. Une tendresse qui coule sur Marie, Sarah, Catherine, Maryse comme une pluie fraîche sur la poussière d’une canicule polluée. Une tendresse qui reconnait la dureté de certaines vies et qui se met à l’écoute, attentive.
La vraie violence est dans le mensonge, et il n’y a pas l’ombre d’un artifice, ni littéraire, ni émotif, dans « La réparation »… Tout y est juste, d’une exactitude qui ne doit rien à la « véracité des faits » et tout au soucis de rendre justice à ce qui a été « vu » par un regard qui a su regarder au bon endroit.
On a dit quelque part que « ça se lisait comme un polar ».
Ça m’a un peu emmerdée qu’on dise ça. C’est un artifice inutile pour un roman qui n’a rien d’artificiel. C’est sans doute pour ne pas effrayer le lecteur un peu craintif des « sujets lourds », pour faire croire aux vertus d’un roman « page turner ».
Ce serait justement dommage de les tourner trop vite, ces pages. La justesse émotive est rare, et s’apprécie lentement. Comme dit le quatrième de couverture: « La réparation est un hommage à ceux qui survivent et à ceux qui leur permettent de le faire ». Voilà. C’est un roman danse, un roman valse, un pas de deux. N’allez pas faire la bêtise de le « dévorer ».
Dans un joli portrait de « Katia Gagnon, romancière », on fait une large place à la journaliste des grands dossiers sociaux, celle dont le regard si juste a bouleversé tant de fois ses lecteurs.
Mais est-ce la couverture de ces grands dossiers qui a rendu son regard si juste, ou est-ce la justesse intrépide de ce regard qui nous a si souvent permis d’entrer avec elle au delà des idées reçues?
Beauty is in the eye of the beholder, qu’ils disent…
L’une des beautés singulières du roman de Katia Gagnon réside justement dans ces échappées de l’enclos des impératifs journalistiques. Il existe une force d’attraction vers ce mystérieux pays de la fiction qui permet à ceux qui savent s’y abandonner d’y trouver une vérité inaccessible autrement. Une voix encore un peu timide chez elle, mais dont on sent toute la vigoureuse pulsion…
Sur sa photo, Katia Gagnon ressemble à Kate Winslet. Même beauté, toute entière contenue dans les larges horizons que semblent promettre son sourire.
Beauty is – indeed – in the eye of the beholder…
« La réparation » – un roman de Katia Gagnon chez Boréal. En librairie.











Comments 3
Tu es une excellente vendeuse!
Posted 19 avr 2011 at 20:58 ¶Mj@ tu peux ben parler! Chaque fois que je te lis je cherche mon passeport.
Posted 19 avr 2011 at 21:58 ¶Le genre de roman que j’ai fini d’une traite, trop attachée aux personnages, incapable de les laisser aller sur ma table de chevet …
Posted 04 mai 2011 at 18:57 ¶9.5 sur 10 !