Déjà, en deux heures, le livre de Geneviève St-Germain est annoté, souligné, corné, écartelé. Déjà, il est mien, tant ses propos font écho à tant de choses connues.
Pourtant, depuis mes six ans, devant la caméra de Claude Fournier dans un « commercial » de soupe au poulet, je sais que le « devant » de la caméra m’attire autant que la perpective du dentiste. Je vis derrière la caméra, c’est une drogue tout aussi puissante, la version « coulisses » du spotlight et la réalité qu’elle décrit y est exactement la même.
Exactement…
En la lisant, on constate que de ne pas être à la télévision n’est pas une démotion, au contraire. La preuve en est qu’il y a plus de contenu dans ces 123 pages que dans bien des émissions de télé… Vive l’écrit.
Son livre est une crow-bar. Il ouvre, de gré ou de force, les lourdes portes qui protègent les acquis, les pouvoirs, le royaume des apparences.
À mille lieues d’un livre « règlement de compte », sa parole oblige à examiner tout ce que les femmes se taisent à elles-mêmes tant nous avons été élevées dans une culture du « sois gentille ». Si empêtrées sommes-nous dans cette obligation « d’être fines » que trop souvent, on n’ose même pas se défendre des attaques, ouvertes ou sournoises, de peur de passer pour « une bitch ».
Ses propos, libérateurs d’exactitude, renvoient à l’examen de soi, dans ce qu’il y a de plus beau et de plus laid. »Il est exigeant d’être responsable de soi, de ce que l’on vit, ou de ce qu’on refuse de vivre » écrit-elle.
C’est vrai.
« Behave », disent les Anglais… Well, she doesn’t.
Tant mieux pour elle. Tant mieux pour moi. Tant mieux pour toutes les femmes qui la liront. Et tant mieux pour tous les hommes qui aiment ces femmes-là…
ADD. Ici, le lien vers la chronique de Suzanne Aubry, auteur des romans « Fanette », sur le même sujet.











Comments 2
miam, ça donne le goût de le lire
Posted 17 avr 2011 at 13:53 ¶« Son livre est une crow-bar. »
J’adore vos images.
Posted 17 avr 2011 at 15:31 ¶