D’emblée, non seulement je n’ai pas été choquée de l’article de Stéphane Baillargeon dans le Devoir sur la « madamisation » (!) des médias, mais il m’a beaucoup fait rire.
Comme dirait mon ami Normand, « si on ne vaut pas une risée, on ne vaut rien ».
Matante? Mais avec joie! Matante Tantine d’un Alexis de 11 ans dont l’impertinence et l’obstination frondeuse font mes délices. Matante à fond, même pas « cool », même pas rockeuse, Matante country, Matante de bon coeur.
D’ailleurs, la matante ultime, se reconnait au fait qu’elle cherche frénétiquement à fuir son statut en organisant des échanges de couples (le mari de sa copine est plus hot que le sien…) dans sa piscine hors terre et en se faisant tatouer un signe chinois sur le haut de sa fesse hot yogatée (tatouage qui, si elle savait le déchiffrer, se lirait comme suit; « je suis pathétique, un milliard de chinois sont désormais au courant »). Si vous voulez mon avis, y’a que celle-là qui soit à plaindre, elle est désespérée.
Madame? Hey, j’ai collectionné les mariages, divorcé ces messieurs, élevé un fils à l’abri de toute pension alimentaire, tenu un bordel en Oklahoma et j’écris (entre autres choses hors de la cuisine) un courrier du coeur où l’on mange. Madame it is! Et comme pour nombre d’autres femmes que je connais, toutes plus exaltées et marrantes les unes que les autres, la Madame a sa place au milieu de nos (nombreuses) personnalités. Si on ne peut pas en rire, de cette Madame, où allons nous je vous le demande?
Ich bin ein Fraulein.
Ça n’empêche pas d’aller voter, de savoir lire entre les lignes (dont celles des communiqués de presse), de consommer avec fantaisie et frugalité, de ne pas être dupe du dernier « vedettariat génétiquement modifié » et d’être au courant qu’un seul missile envoyé sur la tête de Kadhafi coûte $560,000.
Contrairement à Gerald Ford, on PEUT savoir marcher et mâcher de la gomme en même temps.
Le texte de Baillargeon? Ohhhh, acide juste ce qu’il faut! Il soulève des tas de questions pertinentes. Qui n’ont rien à voir avec les « madames » et bien plus avec une sorte d’esprit bourgeois qui a complètement oublié que le reste du monde ne mange pas forcément ses nouilles avec de l’huile de truffes…
Est-ce que cet esprit bourgeois (et étriqué, hélas, ce qui est pire que bourgeois) a envahit l’espace médiatique? You bet! Jusqu’au ridicule consommé? Rarement égalé sauf par certaines lignes ouvertes sur le gigantesque soap qu’est le hockey? – You bet again!
Il y avait les mononcles paternalistes condescendants. Il y a désormais les « Matantemadames » tout aussi condescendantes. Nous pouvons être fières de nous, les filles. On a enfin atteint l’équité parfaite! Les deux partagent la même inconscience crasse de tout ce qui n’est pas l’absolue perfection de leur nombril délétère (je voulais le placer celui-là, 69 points au Scrabbles).
On ne va quand même pas se laisser emmerder par eux, non?
*titre inspiré de la célèbre pièce « Je suis une mouette, non ce n’est pas ça », mise en scène par Serge Denoncourt.
AJOUT: Et mon frère d’armes – nous avons blogué simultanément, c’est pas beau, ça? Si c’est beau – en rajoute dans l’allégorie de la mouette! Go, Martin, go!











Comments 8
Aaaah. Contente de lire quelqu’un qui partage mon avis. J’ai aussi beaucoup ri en lisant le texte de Baillargeon et je crois également qu’il soulève tout plein de questions pertinentes, dont l’embourgeoisement des médias. « ‘Une perspective faisant envisager tous les problèmes du monde à partir du point de vue d’une certaine madame choyée » : c’est tellement ça. Sauf que pour éviter de faire dévier le débat, j’aurais ajouté « un monsieur choyé » aussi… Quand même, je comprends mal qu’on puisse s’arrêter au terme « madame », quand l’auteur lui-même prend la peine de préciser que ce n’est qu’une expression empruntée à une collègue…
Posted 22 mar 2011 at 13:16 ¶C’est ça, Johanne! Les « petits messieurs dames choyés »… Ça finit par donner ce ton « au dessus de la mêlée, je fais du jogging, je lis branché, je mange bio et toi, la plèbe, t’as pas assez de volonté pour faire comme moi, alors je t’ignore ».
Ils ont leur place, hein, des fois, c’est très drôle une entrevue sur « la meilleure gourde (sic) pour la randonnée, ou les amours de Carla Bruni (pas de rapport avec la gourde, quoique… ). Ce serait juste bien d’équilibrer un brin…
Posted 22 mar 2011 at 13:32 ¶une sorte d’esprit bourgeois qui a complètement oublié que le reste du monde ne mange pas forcément ses nouilles avec de l’huile de truffes…
Right on !
Posted 22 mar 2011 at 14:56 ¶Triple , que dis-je, quadruple fou rire !!! 1-L’article du Devoir qui m’a rempli de joie, moi qui me croyais seule et pleine de préjugés devant ce nouveau lectorat qui s’affiche gros comme un nez dans’face avec son snobisme un brin gênant.2-BlondissimeBomba qui en rajoute tout ce qu’il y a de plus TO-THE-POINT.3-Les soeurs à 4 mains dans un autre ordre d’idée mais sur le même sujet qu’est la matantification et le mononcquisme qui m’ont fait brailler de rire et 4-Mr Petit qui en dit long en usant ce qui me reste d’abdos pour hurler de rire …
Posted 22 mar 2011 at 18:14 ¶Non mais vraiment, y’avait matiere à reflexion pis c’est vrai ! Merci !!!!
Moi qui commençait à trouver que la vision de la « classe moyenne » reflétée par nos chers médias ressemble plutôt à des « foutus parvenus »… pâtes à l’huile de truffe… oui, tout à fait!
J’ai d’la misère avec le terme « Madame » dans cette histoire, mais « Mononcle » rachète tout! :p
Avec l’allégorie de la Mouette, Martin Petit met le doigt dessus. Faut désormais fouiller la montagne de vidanges pour trouver des bribes de vraies infos. Fukushima? Who cares?
Posted 22 mar 2011 at 21:07 ¶Chroniques, des fois, faute de savoir traduire la jubilation qui me saisit à te lire, j’ai ksa à dire : Chroniques, je t’aime.
Posted 24 mar 2011 at 13:55 ¶Qu’est-ce que c’est dommage qu’il n’y ait pas de pont entre Quimper (fr) et Montréal! On aurait pris des cafés de Madames avec des crêpes de Matantes et tu m’aurais raconté le bordel Oklahomien pendant que je t’aurais raconté comment j’ai torpillé un happening sculptural dans un vignoble aixois…
Anitaaaaa! Mon adorée d’Outre Mer! Comment ça va par chez vous?
Posted 28 mar 2011 at 16:35 ¶Ça va qu’on t’attends , belle dame!
Posted 05 avr 2011 at 15:16 ¶Sinon, ça va qu’on endure la plus belle bande de branquignols méchants depuis… depuis jamais. Et qu’on s’enkyste en attendant de réinventer le plaisir de vivre ensemble et de faire des projets sans écraser la gueule de celui du dessous.