On a dit de Pinochet au moment de son procès qu’il n’était, après tout, qu’un pauvre vieillard et qu’à ce titre il fallait se montrer clément… On a laissé échapper Dorothea Puente qui tuait ses pensionnaires pour encaisser leurs chèques d’assistance sociale parce qu’elle ressemblait à « une petite grand-mère innocente »… Et on a célébré la grande humanité de Genene Jones avant de découvrir que cette infirmière au visage d’ange avait assassiné une quarantaine (!) de patients dans un hôpital du Texas…
Dernièrement, la mère des deux enfants assassinés par leur père médecin, a bravé le fort courant actuel qui incite « à se libérer par le pardon » en déclarant qu’il était hors de question qu’elle pardonne au meurtrier de ses enfants. J’ai trouvé sa déclaration courageuse. Difficile à assumer, mais authentique.
Pardonner… Vaste et complexe question.












Comments 7
Il n’y aurait que la rage pour me tenir en vie dans une telle situation, pas le pardon …
Posted 28 fév 2010 at 14:46 ¶Pardonner… pas sur commande, en tous cas. Toujours au terme d’un processus parfaitement intime.
Posted 28 fév 2010 at 16:53 ¶C’est ce qu’on peut souhaiter de mieux à quelqu’un que la tragédie fend ainsi. Un souhait, pas plus.
faut SE pardonner de ne pas essayer l’impossible
Posted 28 fév 2010 at 20:33 ¶Martin@ ce serait déjà un début…
Posted 01 mar 2010 at 9:56 ¶pardonner l’impardonnable ???
Posted 01 mar 2010 at 11:53 ¶On ne pardonne qu’à soi-même de toute façon. Et c’est souvent le travail d’une vie.
En attendant, heureusement, il y a la justice qui doit faire son travail et qui, même si elle ne ramène pas les morts, peut-être une sorte de processus de réparation. Le pardon, oui, mais après la justice.
Posted 01 mar 2010 at 22:13 ¶Ce billet est dans la suite des commentaires du précédant.
Je me répète. Je dis que cette question [du pardon] ne se pose pas tant et aussi longtemps que la question n’est pas posée par le demandeur de pardon.
Comme on ne peut pas s’excuser soi-même, le pardon ne peut être donné que s’il est demandé d’abord.
Qu’est-ce que ça veut dire pardonner au juste? En tout cas, ce n’est certainement pas de passer l’éponge sur des crimes [...]
On peut ne pas sortir indemne d’un pardon accordé prématurément, sans avoir traversé tout le processus de réparation au terme duquel, ‘normalement, il devrait se retrouver.
Voilà pourquoi, entre autre, je suis contre la peine de mort et que je crois en la réhabilitation. Attention, je ne dis pas que tous peuvent être réhabilités. ‘Y en a qui vont rester des écoeurants toute leur vie et il ne faut PAS les remettre en circulation.
Mais les autres?
J’ai écouté quelques émissions. «On prend un train», quelque chose comme ça.
Qu’est-ce que j’ai constaté? Ce n’est pas donné à tous de demander pardon, encore moins de l’accorder. Ce que je crois, c’est que ceux qui l’accorde se libère intimement.
De quoi? de la rage, de la peur, de tout ce qui empêche en somme la vie de redémarrer.
Sur le coup, je sais, c’est impossible et c’est pas ‘humain’ de le demander. Je veux dire, on ne cautérise pas une plaie avec des gants de hockey…
Posted 07 mar 2010 at 14:26 ¶