Il a peut-être cinq ans. Il traine un sac de plastique plus grand que lui. Quand il trouve une canette d’aluminium abandonnée par un touriste de Playa del Carmen, le St-Tropez wannabe de la Riviera Maya, il l’écrase de ses pieds nus et sales pour qu’elle prenne moins de place en allant rejoindre les autres dans son sac.
Son regard est un missile à tête chercheuse, en quête de canettes. Il ne voit rien d’autre, ne cherche rien d’autre. Il fouille les poubelles, laissant à terre tout ce qui n’est pas son butin. Méthodique.
Il trouve une canette de Coke, la jette à terre, la piétine d’un talon rageur pour l’aplatir au maximum. Il a peut-être cinq ans. Il a le visage fermé, dur. Il bûche sur sa canette de Coke comme un homme qui bat sa femme parce que son boss l’écoeure. Vengeur.
J’ai vu milles images au Mexique. Presque toutes violentes. Celle-là est de celles que je n’oublierai pas.












Comments 4
Comment on gage que, le soir venu, si son père trouve que le sac n’est pas assez rempli, il mange en plus une criss de volée…?
La pauvreté, l’injustice et la haine, les trois pointes du triangle de la violence…
Posted 18 jan 2010 at 19:24 ¶Tu as des yeux qui voient au-delà de l’image Geneviève et ta façon efficace de la raconter cette image fait que nous non plus nous n’oublierons pas ce pied vengeur.
Posted 18 jan 2010 at 23:51 ¶C’est triste…Vraiment triste… J’ai senti un peu de ça aussi chez les hommes russes…
Posted 19 jan 2010 at 6:03 ¶J’ai vu le même ti-gars à 5 heure am dans les rues d’Ho-Ma quand je tournais au Théâtre Denise Pelletier, la différence résidait dans la couleur de ses cheveux, blonds, sals, et dans la langue qu’il parlait mais promis juré, il écrasait les canettes avec la même rage que le petit Mexicain …
ps: je lui gardais toutes les canettes du plateau …
Posted 19 jan 2010 at 14:27 ¶