C’est un univers parallèle. Un David Lynch. Ça s’explique, mais ça n’entre dans aucun espace de raison. C’est au delà des lois, des règles et de l’espérance du meilleur. C’est une ivresse, une toute puissance, une chute.
C’est une femme-enfant qui pour mieux faire la fête, invente une histoire rocambolesque et met sa fille de treize ans dans un Greyhound Vancouver/Montréal. Toute seule.
À l’autre bout du pays, à l’autre bout du spectre, c’est l’histoire de parents de Westmount qui ont cru à l’histoire rocambolesque de la meilleure amie de leur fille et qui l’ont invitée à venir passer Noël à New-York avec eux… Ils ont offert de payer pour tout. « Ils sont riches, ma fille, go and rake up the goods ».
C’est l’histoire d’une gamine qui au détour d’un arrêt de nuit dans un bled d’Alberta se fait voler son argent, ses affaires, son billet de retour. Trois jours et trois nuits de voyage. Il y a des changements de chauffeurs, des changements d’autobus. Encore heureux que personne n’ait remarqué une gamine toute seule au milieu de la nuit. Qui compte les passagers dans un autobus qui repars? Personne.
C’est une gamine qui débarque au terminus voyageur Berri. Qui s’invente une histoire d’amis venus la chercher. Qui traine avec tous les autres adolescents perdus du terminus, le temps de faire croire que. Et qui continue d’inventer du rocambolesque pour des parents qui ne s’imaginaient pas qu’une autre réalité que la leur puisse exister.
Et puis, quand le château de cartes des fabulations s’est effondré, ils ont mis la gamine au pied du mur et elle s’est poussée avec ses mensonges, incapable de faire face à la réalité.
Ils sont partis à New-York sans elle. Un peu penauds d’avoir été si naïfs. Un peu soulagés de l’avoir échappé belle.
La gamine trop maquillée? La la land. Elle a raconté un autre mensonge pour se faire inviter ailleurs. Et ailleurs encore quand un autre château de cartes s’est effondré. C’est un conte de Noël comme il ne s’en fait plus. Un Dickens spiké aux illusions d’une psyché en déroute.
Ça porte un nom. « Borderline personnality disorder ». Négation de la réalité. Dissociation. Révisionnisme. Distorsion. Refus de toute autorité. Parfois avec tendances schizoïdes, ça dépend de ce qu’il y a autour.
Ça tombe bien, autour y’a que du mensonge. Mais c’est pas grave, c’est cooooooool.
Six mois. Il aura fallu six mois pour ravager trois ans de constance, d’apprivoisement mutuel et d’efforts patients. Imparfaits certainement, mais patients.
Gone, baby, gone.











Comments 17
C’est « plate » encadrer, mais ce n’est jamais pour nous qu’on le fait.
Bonne chance à cette gamine, et à ceux qui vont essayer de remettre un peu d’ordre dans son univers. En espérant de tout cœur que ce soit possible et que la patience soit encore au rendez-vous.
Posted 30 déc 2009 at 19:29 ¶Drôle d’histoire Blonde Chroniqueuse, comme un bonbon qu’on se mets en bouche et qui laisse un goût désagréable, mais dont on ne doit rien laisser transparaître…
Posted 30 déc 2009 at 23:23 ¶Cibole que c’est dure cette histoire…
Posted 30 déc 2009 at 23:28 ¶On est tellement démuni face aux problèmes psychiques… Aimer pour le meilleur et pour le pire, c’est pas évident.
C’est bien encore d’elle qu’il s’agit, n’est-ce pas?
Posted 30 déc 2009 at 23:31 ¶Fuck. (soupir) Ces 3 années patientes devraient finir par servir par servir a quelque chose- si le diable et sa mère ne s’en melent pas. Mille bises.
Tassili… le diable, le diable.
Sarbour@ c’est un bonbon de Noël.
Anne@ il y a des limites à tout. Même à l’amour…
Posted 31 déc 2009 at 0:10 ¶Oh boy que tout ça sonne comme des histoires vécues …
Posted 31 déc 2009 at 0:26 ¶Oh boy que c’est toujours désespérant de voir de grands efforts d’amour débouler comme après un déluge …
Pffffffffffff …
Je sais pas de qui on parle mais je suis quand même partante pour une petite prière.
La Shirley@ ah, sont toutes pareilles les histoires de désespérance…
Posted 31 déc 2009 at 0:39 ¶Ca brise vraiment le coeur… Surtout quand tu sais à quel point la jeune fille est intelligente et a un grand potentiel…
Surtout quand tu as vu la même petite fille sur un « set » te dire, les yeux pleins d’espoir: Ah non, j’suis plus en visite, j’vais vivre avec mon papa, c’est mieux ».
Bon courage et beaucoup d’amour. Je sais que ton coeur en est plein.
Posted 31 déc 2009 at 3:18 ¶J’imagine que vous avez déjà pensé à demander de l’aide ? Parfois, on a juste pas les outils et ça prend un petit coup de pouce d’un spécialiste. 15 ans… Âge terrible.
Posted 31 déc 2009 at 9:41 ¶Et je suis bien d’accord avec toi Geneviève en ce qui concerne les limites à l’amour…
Posted 31 déc 2009 at 9:58 ¶Cependant, j’ai comme l’impression que dans ce cas-ci, le coeur est toujours là, même si les limites ont été mises.
Anne, Am @ « Faire » pour réconforter dans l’antagonisme, c’est encore défaire… Aimer, c’est parfois tenir son bout. Et se détacher.
Posted 31 déc 2009 at 10:45 ¶Se détacher…méchant macramé … Je vous envoie des biscuits avec du sucre à la crème dessus.
Posted 31 déc 2009 at 12:59 ¶Amarre, comment ça va par chez vous? Merci pour les biscuits!
Posted 31 déc 2009 at 14:28 ¶Pour l’impact, il est sûrement quelque part en elle. Ce n’est peut-être pas maintenant, mais un jour, plus tard, ce sera sur ce souvenir d’amour et de volonté qu’elle pourra revenir pour s’y accrocher. Elle pourra tenter à nouveau, d’elle-même. Peut-être une fois ou deux encore avant que ça fonctionne. Sûrement plus. Je suis pourtant persuadée du pouvoir de chaque personne qui tente… pcq sans chacun d’eux je ne serais pas ici.
Posted 31 déc 2009 at 15:17 ¶Geneviève: trop folle et trop dure, cette histoire… on la lit et on file cheap, tellement cheap…
Posted 01 jan 2010 at 0:07 ¶Mais c’est quoi cette histoire ? Un film, un conte une nouvelle, un scénario ?
Posted 10 jan 2010 at 8:03 ¶Dans cette histoire, il y a beaucoup de monde qui ont été abusés dans leur confiance, on dirait bien… car ils ont ‘cru’ à ce qu’on leur disait.
Comment revenir de ça après? comment refaire les ponts?
Posted 10 jan 2010 at 10:16 ¶