Ce matin, monsieur Lussier me rappelle dans son blogue qu’il y a vingt-cinq ans, mourrait François Truffaut.
Truffaut, homme enfant, fou de cinéma encore plus que des films, aimait comme personne l’acte de tourner, le « faire » du cinéma… À ce jour, « la nuit américaine » est un des films les plus vrais sur les réalités d’un tournage, ses difficultés, ses exaltations, ses histoires de chagrin et d’amour.
L’autre jour, une actrice de théâtre me disait qu’elle aimait le théâtre « à cause de la bière qu’on va prendre après ». Comme si tout ce travail en répétition, le trac, les minuscules salaires du théâtre se trouvaient pleinement récompensé par le plaisir de partager une bière avec les autres alors que la plupart des gens sont déjà couchés. On donne souvent le meilleur de soi quand on le fait pour les raisons les plus simples.
L’ineffable Marcello Mastroianni disait qu’il n’aimait pas travailler avec des acteurs américains. Il trouvait que ceux-ci compliquaient inutilement le pur plaisir de jouer. Il aimait tourner parce que « on vient me chercher en voiture, on me demande si j’ai bien dormi, bien chié, je dis mes lignes, je fais les gestes et ensuite, on mange des pâtes et on boit du vin ».
Au milieu de l’indécence précarité de notre métier, il y a des moments sacrés, magiques, heureux. S’embrasser le matin, les essayages de costumes où tout à coup, pouf, le personnage apparait devant vos yeux à cause d’une paire de « fuck me boots » ou d’un haut de forme, dire « couper » quand on sait qu’on tient la bonne prise. Pas la grande qui passera à l’histoire, non, non, juste la « bonne ».
C’est un métier complexe qui gagne à être fait simplement.












Comments 11
J’aime bien Truffaut, je connais assez bien le monde du cinéma et de la télé (mes 3 enfants y travaillent).
Posted 21 oct 2009 at 9:55 ¶Ce que je reproche à ce milieu, ce sont les egos trips, les pertes de temps sur le plateau, les metteurs en scène qui s’ostinent à nous faire une 459e version des Femmes Savantes, etc…
Dire, qu’après ça, ils ont inventé les «making off»…
Posted 21 oct 2009 at 10:44 ¶Je revois souvent les films de Truffaut, et j’aime particulièrement la série d’Antoine Doinel. Pourtant, je trouve que ces films sont truffés (!) de longueurs, voire d’erreur de ton, mais je les aime quand même, probablement parce que l’objectif du cinéaste n’était pas de faire un film tout propre et lisse comme ça se fait aujourd’hui. On ne peut pas non plus qualifier le jeu de Jean-Pierre Léaud de «simple», mais on sent le plaisir de jouer et de filmer de ces deux-là…
Posted 21 oct 2009 at 11:27 ¶Valérie, je suis bien d’accord avec vous… je préfère souvent les défauts des oeuvres à leur « perfection »…
Posted 21 oct 2009 at 11:32 ¶J’adore la citation de Marcello!
Posted 21 oct 2009 at 12:29 ¶Nat, ouais, un petit comique Marcello! Et un grand acteur, peut-être ben parce qu’il essayait pas trop?
Posted 21 oct 2009 at 14:44 ¶Les vrais, c’est quand ils essaient le moins qu’ils sont sublimes. Quand ils se mettent à trop se croire, ça se gâche, je trouve. Pis là, on ne nommera personne, ici ou ailleurs, mais on n’en pensera pas moins.
Posted 21 oct 2009 at 16:46 ¶Nat… je me dis souvent qu’on devrait arrêter d’essayer…
Posted 22 oct 2009 at 8:52 ¶Magnifique texte. Et vrai! Y’a juste toi pour écrire ça ! xx
Posted 23 oct 2009 at 17:27 ¶Ouvrez donc votre école du savoir vivre et de l’altruisme vous ! Que j’en inscrive quelques uns !
Posted 26 oct 2009 at 1:09 ¶Quel joli texte plein de belles véritées …
Sauf que Mastroiani, il ne se lavait pas le visage avec des serviettes tachées et on l’a su assez rapidement …
Chère Blonde,
Posted 27 oct 2009 at 20:46 ¶Quand vous parlez de votre métier malgré toute la difficulté qu’on sent , on aurait envie de le faire…avec vous.
Ce doit être ca la passion , ne pas essayer.