Un désordre. Un laisser aller. Une jungle. Un abandon.
Comme pour le jardin, il est totalement inutile de demander à l’écriture « comment elle va », elle n’en a pas la moindre idée. Plus vous la gossez, plus elle vous résiste. Elle exige de la rigueur, mais bizarrement, ne voit le jour que lorsqu’on slaque sur le contrôle…
Le jardinier avisé sait que sa rigueur doit s’exercer lors des semailles. Planter les bonnes graines dans la terre qui lui convient. Après, il faut lâcher prise et laisser l’écriture tranquille jusqu’aux moissons.
L’auteur aussi, il faut le laisser tranquille. Même pas l’inviter à manger? Non, même pas… Sa tête est prise, il ne sera pas d’agréable compagnie et franchement, il préfère manger seul avec ses personnages. Comme la mauvaise herbe (ou la rose trémière, chacun son style) il fleurira quand il sera prêt. Certaines floraisons seront plus abondantes que d’autres. L’auteur, comme le jardinier, ne ne le sait jamais d’avance. Il ne peut, comme le jardinier, que constater le résultat une fois que c’est sorti.
Ah ben, c’est laitte! Ou alors, « oh, ah, wow ». La plupart du temps, les avis divergent.
C’est ben pour dire qu’on sait rien…
Le jardinier avisé sait qu’un bon sarclage vaut deux arrosages. Qu’il ne sert à rien de tirer sur les pousses, d’inonder le plant d’engrais et de rester planté là à demander « Alors, ça vient? C’est quoi qui va pousser »?
Sais pas ce qui va pousser… Ça disait quoi sur le sachet? Carotte? Radis? Gardenia? … Bon. Alors ça devrait être quelque chose qui ressemble à un genre de légume avec des pétales…
Comme disait Stephen King « le plus dur de l’écriture, c’est de convaincre ma femme que je suis en train de travailler quand elle me trouve en train de regarder par la fenêtre ».
Si ça se trouve, c’est en regardant ses concombres pousser qu’il a écrit Duma Key… ?













Comments 21
Oh! Que je t’aime toi!
Posted 28 juil 2009 at 12:16 ¶Et j’ai toujours préféré les jardins anglais et leur démesure déstructurée aux jardins français taillés et organisés.
Là-dessous, vais aller voir comment se portent mes carottes…
Nat, « démesure déstructurée » est un terme qui convient très bien!
Posted 28 juil 2009 at 13:03 ¶Je viens de lire de Germaine Beaumont
..Femme de caractère, Germaine Beaumont dessine très vite son propre chemin, en quittant mari et enfants pour s’exiler en Angleterre où elle se nourrit de littérature pendant dix ans ….
Il faut seulement changer le nom et ça convient à toutes et à tous ces écrivains. <3
Posted 28 juil 2009 at 13:07 ¶Aaaaaaaaaaaaaaaaaaahhhhh te revoilà …
Posted 28 juil 2009 at 13:22 ¶Fiou ! Beau fourbi poétique en tout cas ! La chlorophylle comme la pêche te font grand bien parait-il !
Matante Shirley, comment ça va? C’est le fun de te retrouver!
Francine@ « mari et enfants » hein? Oh oh oh… (rires)!
Posted 28 juil 2009 at 14:38 ¶Tout à fait d’accord!
Posted 28 juil 2009 at 14:55 ¶Et l’auteur à besoin de soleil aussi, pour sa textosynthèse!
je suis justement à lire Duma Keys…
Posted 28 juil 2009 at 15:42 ¶Textosynthèse is the way to go!
Brem… et ?
Posted 28 juil 2009 at 17:48 ¶Dans mon premier roman pour ados, j’ai comparé l’écriture à un jardin, mais un jardin anglais, je trouve ça encore mieux! C’est tellement vrai! Et la citation de Stephen King, je l’adore! Faut que je m’en souvienne pour la dire à mon chum!
Posted 29 juil 2009 at 7:24 ¶Celles et ceux qui n’ont jamais écrit ne peuvent sans doute pas comprendre ce billet….
Posted 29 juil 2009 at 7:59 ¶Moi? si….
Coucou Garamond, bonjour!
Sophie@ tous les auteurs l’aiment la citation de Stephen King! On se demande pourquoi?! …
Posted 29 juil 2009 at 9:36 ¶Il y a aussi le genre qu’on choisit…
http://ysengrimus.wordpress.com/2009/05/15/poesie-d%E2%80%99outre-ville/
Qui fait parfois de ce jardin anglais un jardin anglais moderniste ou archaïque ou les deux à la fois…
Posted 29 juil 2009 at 13:29 ¶Je découvre et on dirait bien que le jardinage est fructueux par ici.
Je ne crois pas que le jardinier connaisse l’angoisse de la page blanche. La terre est toujours fertile même si elle ne la travaille pas. Bien sur, la récolte sera maigre mais pour le moins authentique.
Je reviendrai faire un tour dans le jardin, tiens.
Bonne soirée.
Posted 29 juil 2009 at 15:51 ¶Cher Arf, l’important, c’est de planter (rires)! Bonne soirée à vous aussi…
Posted 30 juil 2009 at 10:19 ¶Elle partait encore le lendemain prendre soin le mieux possible du vieillard, son père. Sur la table de sa maison, un immense bouquet de pivoines fushia commençait à défraîchir. Elle a pris toutes les fleurs dans ses bras, a marché jusqu’au bord de la rivière. Les pétales tombaient sur elle, dans sa robe, dans ses cheveux, ses sandales. Elle a enlevé sa robe, s’est glissée dans l’eau avec les pivoines autour. Pour prendre des forces. Je connais un cimetière, plein d’écossais et d’anglais naufragés, aussi beau qu’un jardin. Certaines floraisons, vous le dites, sont plus abondantes que d’autres.
Posted 30 juil 2009 at 14:47 ¶Belle métaphore
Posted 02 août 2009 at 16:02 ¶La création est un fantastique phénomène, merveille que produit le cerveau, même parfois malgré nous.
Quelqu’un ( j’ai oublié qui !!) disait hésiter à se dire l’auteur de son propre roman.
Oui, oui, on voit ça que l’écriture « est un jardin anglais », le blog aussi; on laisse ça en friche, hein, même lorsque l’on écrit plus vite que son ombre… Mais, revenez mettre un peu de soleil ici plus souvent, je me suis ennuyée de la jardinière moi…
Posted 07 août 2009 at 10:48 ¶Ratata… c’est bon de laisser un peu en friche, ça permet à la nature de faire le tri et au jardinier de refaire le plein d’histoires (rires)!
Posted 07 août 2009 at 10:58 ¶Je n’ai pas trop la main verte, mais je me retrouve quand même dans cette comparaison.
Posted 10 août 2009 at 11:33 ¶Et Stephen King a bien raison, difficile d’être crédible quand on écrit
Un gros Youppi! tout d’abord pour le retour de la jardinière Geneviève. Malgré le délai entre votre retour et ma lecture, je suis très contente de vous lire à nouveau et me sens particulièrement interpellée par ce billet avec en prime la citation de S.King car, …Après une robe dans une arbre ( voir dans vos commentaires de Chez Jules l’été dernier) me voici à préparer une expo « dans les grandes ligues » et je vis exactement les mêmes mouvements que ce qui est décrit dans ce texte…Me sens moins seule dans mon processus…à regarder par la fenêtre pendant que mon cerveau créateur s’agite pour trouver ce qui manque encore à mes créations pour bien passer les portes du lieu où j’exposerai…et que j’ai l’air de rien faire
Posted 14 août 2009 at 11:34 ¶merci
Mö
Salut Mö la créative! Bonne nouvelle que ces robes et cette exposition! J,espère que vous nous tiendrez au courant?
Posted 14 août 2009 at 15:13 ¶