Je vous néglige. Je sais…
La vie qui bouscule, qui rentre dedans, qui garroche son lot d’émotions contraires dans un jet incohérent qui amalgame le laid et le beau…
Et puis quoi? Et puis hier, il y a eu l’appel attendu: « il est en train de partir, il ne se réveillera plus ».
Il meurt trop vite, surpris par l’imprévisibilité de la mort alors que comme tant d’entre nous, il la croyait réservée aux autres, à ceux qui ont « bien vécu ».
Certains, comme Boris Vian qui se savait fragile, ont vécu en double, en triple, en quadruple. « Ce n’est pas le nombre des années dans une vie, c’est la vie qu’il y a dans chacune de ces années ». C’est sur une carte postale à la Maison de la Presse. Me souviens pas qui en est l’auteur…
Il laisse une petite fille de dix ans. Qui tourne comme une toupie révoltée et dont il faut prendre soin tout en lui laissant tout l’espace dont elle a besoin pour « kicker ». Délicatesse, délicatesse.
Il est jeune, plus jeune que moi. Même pas quarante ans… Il meurt, juste avant d’atteindre la décennie fabuleuse, celle de la deuxième chance pour tous ceux qui veulent s’en saisir.
Qu’en aurait-il fait? Impossible de répondre à cette question. Mais ce matin, je me disais que j’avais accompli plus dans ces six dernières années que dans les trente-neuf précédentes.
Forcément la question se pose: « Et si je ne les avais pas eues ces années là »?
Amis lecteurs, je vous espère heureux et fiers propriétaires d’une vie bien pleine.












Comments 14
La décennie fabuleuse »
Posted 26 juin 2009 at 10:02 ¶(Mon post s’est coupé en deux…)
Posted 26 juin 2009 at 10:05 ¶T’as raison, c’est la décennie de l’ultime chance je trouve.
Tu m’as fait pleurer. Et c’est très bien ainsi. Faut s’arrêter, compatir, ressentir, pleurer et s’enrager. Pour mieux continuer, en mémoire de ceux et celles qui se font mettre le holà trop tôt.
Immense tendresse à sa fille. À toi. À tous ceux qui l’aime.
Nathaly, merci… On reçoit le paquet cadeau de la vie en présumant que ce sera long. J’imagine que c’est notre première erreur…
Posted 26 juin 2009 at 10:14 ¶Je ne le fait jamais (du référencement direct sur d’autres blogues) – mais je t’invite à aller lire le billet sur notre blogue… il est dans la continuité du tien…
Posted 26 juin 2009 at 10:17 ¶Merci Sarbour…
Posted 26 juin 2009 at 10:21 ¶Je vous embrasse, de loin mais très près, parce qu’à part se tenir chaud…
Posted 26 juin 2009 at 11:23 ¶(surtout quand on a pas de bon Dieu à engueuler, mais juste la vie qui s’est toujours foutue d’être juste.)
En décembre, il n’allait pas bien.
En janvier il a consulté. Aux soins palliatifs directement.
En avril il était mort d’un cancer foudroyant.
N’avait jamais été malade de sa vie.
Sa conjointe n’a pas eu assez de temps pour lui parler. Il a trop souffert et pour le soulager… bref il n’était plus là que par bribes.
Depuis ce temps, elle lui écrit. Poste restante.
***
Bref, je vous comprends et j’ai une pensée humaine pour vous.
Posted 26 juin 2009 at 15:05 ¶Ah, je suis désolée Denis!
Posted 26 juin 2009 at 18:27 ¶La mort prématurée d’un ami a cet effet de nous plonger dans des réflexions profondément existentielles. Comme si celui qui part nous faisait un dernier cadeau.
C’est étourdissant de penser qu’on peut partir sans s’être réalisé. C’est étourdissant de penser à cette chance, immense, d’en avoir eu une deuxième.
Posted 26 juin 2009 at 18:55 ¶Ah, belle blonde, que dire, que dire…. que je vous envoie une pensée de réconfort. Et que je pense à cette petite qui n’a sans doute pas encore tout compris.
Posted 26 juin 2009 at 19:22 ¶“Et si je ne les avais pas eues ces années là”?
La question que tu poses est une question qui m’obsède, surtout depuis la mort de mes parents. On en vient à s’en vouloir de tout ce temps « perdu » mais en même temps, l’obsession ne permet pas de profiter pleinement de la vie. Trouver l’équilibre entre le temps que l’on prend (ou perd) à se « former » et le temps que l’on prend à « faire »… Tout un art!
Mes pensées sont avec vous.
Posted 28 juin 2009 at 12:05 ¶Je n’ai compris ce post qu’après avoir reçu l’appel de Denis… Je n’ai pu faire autre chose que penser « encore… ». Le cancer est une maladie horrible. Demain sera une longue journée, je penserai à vous.
Posted 02 juil 2009 at 1:12 ¶C’est toujours trop tôt, c’est toujours très dur. Courage à la petite de 10 ans qui aura à grandir vite bien malgré elle. Courage à vous qui êtes au coeur de la tempête. Des bises.
Posted 05 juil 2009 at 21:41 ¶Je ne sais pas ce que tu vis.
Mais je suis émue. Et c’est pas juste la vodka en moi qui écrit.
Je suis vraiment émue. Et je veux que toutes les décennies soient fabuleuses, et je veux que personne meurt, et je veux que tout le monde soit heureux, et je veux croire, je veux crois, mais c’est difficile, han.
Je suis là. Pour vrai. Je te souhaite beaucoup de courage..
Moi je trouve beau tout le monde, même les mourants, depuis que j’en ai vu un, l’an dernier, mais je préfère oublier, et juste me verser un verre, encore.
Bisous.
Posted 10 juil 2009 at 1:07 ¶