T’as de la chance, qu’elle dit.
De la chance? Mais de quoi tu parles?
De ta vie. Tu fais ce que tu aimes, t’as un homme super à tes côtés, tu…
Non mais ta gueule, fille, ta gueule. De la chance? Faut pas rêver, cocotte. Allume la lumière, quoi. T’as qu’à y aller, si tu la veux ta chance.
Y aller? Mais aller où? Qu’est-ce tu veux dire?
Ben y aller, quoi! Y’a des occasions pour tout le monde. Au moins une fois dans ta vie. Y’a ceux qui y vont. Y’a ceux qui y vont pas.
Oui, mais c’est facile pour toi de…
T’as gueule, fille, ta gueule. C’est facile pour personne. Sauf les fils à papa et les filles à maman. Et encore, c’est parce qu’ils sont sur la dope mur à mur, héroïne, Mastercard ou Prozac.
Go west, young man, a dit le cow-boy. C’est ça, fille. Go west.
Prendre une chance au lieu d’attendre qu’elle apparaisse au détour d’un grateux.
Prendre une chance avec ce mec sans le sou et en qui personne ne croit, même la plus désespérée des filles.
Prendre une chance en quittant ta job sans envergure pour un grand vide qui donne le vertige.
Prendre une chance en tournant à droite au lieu de suivre la ligne droite.
Prendre une chance sur un projet périlleux, une amitié incongrue, une offre qui se refuse.
Prendre une chance en quittant la Germaine qui s’accroche à toi depuis dix ans pour celle-là oui, intempestive et libre, mais que tu aimes déjà comme un fou. Tu voudrais pas passer à côté quand même? Si?! Pas de chance!
La chance, c’est pas dans le divan qu’elle est. C’est dehors. À la pluie. Sous les orages et le tonnerre. T’as peur? Tout le monde a peur.
Il y a qui « y vont ». Il y en a qui n’y vont jamais…
« Quand tu aimes, il faut partir. Quitte ta femme, quitte ton pays, quitte tes amis. Quand tu aimes, il faut partir ».
Blaise Cendrars.












Comments 34
Merci! Je pense que t’es le signe que j’attendais.
Posted 16 mai 2009 at 16:39 ¶Wow …
Posted 16 mai 2009 at 17:47 ¶Comme je dis toujours, le bonheur c’est comme les brownies,quand tu en veux,tu t’en fais !
La vérité, sur un plateau ardent.
Posted 16 mai 2009 at 18:15 ¶Quand on est devant le vide, c’est que tout est possible, faut juste aménager un peu… Pis ça, c’est plus stimulant que de savoir de quoi demain et après-demain sera fait, pis que ça sera plate
Posted 16 mai 2009 at 19:48 ¶Mais …
Posted 16 mai 2009 at 19:56 ¶Plonger tel Icare de ses ailes assemblées à la sueur de son front ; plonger et faire face au soleil. Le regarder et contempler l’abysse. Maintenant quoi faire ? Atteindre le sommet et ne voir que des lambeaux de rêves qui n’ont jamais été que chimères. Now what ?
Amen, sistah!
C’est ce que j’appelle avoir des ornières en dentelle: garder en tête ses objectifs, oui, mais glisser parfois un oeil de côté. Si tu as de la chance, c’est souvent là qu’elle est!
Posted 17 mai 2009 at 9:04 ¶Sooooo goooood!
Posted 17 mai 2009 at 9:49 ¶Violaine@ j’aime ça les « ornières en dentelles »!
L@ les lambeaux de rêves c’est quand même mieux que d’être resté assis sur son steak!
Nadia@ … sans compter les pauses cocktails.
am@ bah, tu l’as en toi!
Matante@ c’est bon les brownies, avec des pacanes et de la crème glacée à la vanille.
Suzanne@ ardent!
Posted 17 mai 2009 at 9:52 ¶« Y’a des occasions pour tout le monde. Au moins une fois dans ta vie. Y’a ceux qui y vont. Y’a ceux qui y vont pas. »
WORD.
Tellement, tellement word.
Posted 17 mai 2009 at 13:15 ¶Une réplique.
Posted 17 mai 2009 at 15:06 ¶http://barliche.blogspot.com/
« Tout le monde a peur. Il y a qui “y vont”. Il y en a qui n’y vont jamais… »
Tout est dit…
Posted 17 mai 2009 at 16:40 ¶Tant de sagesse… Pis comme disait l’ancêtre de la famille: vaut mieux regretter qu’en avoir toujours envie.
Posted 17 mai 2009 at 21:43 ¶C’est ça. Drette ça! La prochaine fois qu’on me sert un «t’as de la chance», plutôt que radoter, je l’envoie lire ce billet!
Posted 18 mai 2009 at 8:05 ¶T’as tellement tellement raison… et à chaque personne qui me demande constamment:«T’as pas peur…?» ou «Tu te sentirais pas mieux avec une VRAIE job…?» je réponds que ça fait 40 ans que je vis comme ça et que je ne suis pas mort et qu’il me semble que j’ai en général pas mal plus de fun que beaucoup de mes congénères.
Par contre, la clé est là… Je n’ai jamais fait que ça, depuis que j’ai 14 ou 15 ans, prendre tous les risques possibles, même celui, toujours plus épeurant, de couper régulièrement les ponts. Je pense que ça s’apprend jeune ça, au moment où on a toutes les certitudes et tous les doutes en même temps… À 40 ans, je ne suis pas certain que la force d’inertie, le confort du statu quo ne soient pas trop forts.
Alors, je crois qu’il faut absolument apprendre à nos enfants la beauté du risque et l’importance d’y aller plutôt que de ne pas y aller. Si on leur montre presque au berceau le plaisir d’y aller et l’ennui de ne pas y aller, il y a plus de chances qu’ils continuent de le faire toute leur vie.
J’aime bien aujourd’hui quand ma fille de 29 ans me lance de temps en temps: «Attention pops… tu commences à t’encroûter… plonge!»
Posted 18 mai 2009 at 9:26 ¶Nath, il a l’air très bien cet ancêtre.
Marie-Julie@ c’est chiant radoter en plus! Comme disait ma première belle-mère « y’a des coups de pieds au cul qui se perdent »!
Épicure@ … y’a même ceux qui « y sont » jamais allés qui vous font le coup de la nostalgie éternelle…
Audrey@ avec plaisir cette réplique!
Phil A@ une fraction de seconde des fois…
Posted 18 mai 2009 at 13:17 ¶J’irais bien, mais j’ai une sacrée trouille ! Je cherche mon courage, mais il semble s’être volatilisé, comme les bas dans la sécheuse, tsé ? …
Posted 18 mai 2009 at 19:40 ¶Une vraie histoire de nomade.;)
Posted 18 mai 2009 at 20:45 ¶Prendre sa chance, oui, ne pas avoir peur de l’inconnu (si si on a peur, mais on fait comme si…), vivre et réaliser ses rêves, ne pas avoir peur de tout remettre en question.
En fait, ça mène loin de donner une chance à la chance – on peut se retrouver, ô bonheur, sur une petite ile au large des côtes du Yucatan …
Lyne, faut apprivoiser par petits coups… les grands viendront bien!
Renée@ coucou belle Renée! Oui, c’est ça! Donner une chance à la chance!
Posted 19 mai 2009 at 8:18 ¶ahhhhhh c’est donc le fun , lorsque l’on a sauté et réussi de regarder les frileux et de leur dire vas-y saute (tout en détournant la tête de ceux qui ce sont écrasé)
Posted 19 mai 2009 at 13:41 ¶Brack@ ah? Pourquoi détourner la tête? S’écraser fait parti de la vie, non? D’ailleurs, dans chaque réussite, il y a, sauf exception, au moins cent écrapoutissages spectaculaires qui sont venus avant!
Posted 19 mai 2009 at 14:57 ¶Amen, sti. Amen.
M’purge, me faire dire que j’ai d’la chance d’avoir une maison à mon âge, un homme qui m’aime autant. Ah ouais. J’ai eu d’la chance en esti quand j’me suis fait mettre à la porte à 18 ans parce que mon chum était plus vieux que moi.
J’ai d’la chance? Nah. J’prends des risques. Et j’ai fait des sacrifices.
Posted 19 mai 2009 at 16:03 ¶«Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront.»
C’est René Char, poète qui nous rend chanceux à le lire.
Posted 19 mai 2009 at 20:25 ¶La peur c’est comme une bulle de savon, on s’y approche et on y vois des figures épouvantable jusqu’au moment ou notre nez s’y frôle et paf… plus rien elle a disparu.
Posted 19 mai 2009 at 22:34 ¶La peur c’est comme une hyène qui se cache dans l’ombre dès qu’on l’éclaire elle fuit.
La peur c’est aussi le moyen le plus efficace de permettre la survie d’une espèce, mais si on n’est pas en mode survie…. elle ne sert plus à rien.
Martin@ c’est drôle que René Char soit encore perçu comme un poète « obscur » hein? Parce que là, c’est lumineux!
Regor@ chais pas si elle disparait la peur, mais c’est pas une raison pour la laisser gagner.
Posted 20 mai 2009 at 9:25 ¶Choco, t’es une des filles les plus authentique que je lise!
Posted 20 mai 2009 at 11:23 ¶Blondinette, authentique… Ouais. Justement, peut-être trop. C’pour ça que Choco n’est plus, d’ailleurs… Peut-être un jour, ailleurs, sous un autre nom.
Posted 20 mai 2009 at 12:43 ¶Chère Chronique que j’aime très beaucoup, comme je n’ai pas votre mail, je vous mets ici un lien vers un billet d’une autre dame que j’aime bien : il y est question de cinéma, de gens qui bossent à côté des paillettes et d’oser ou non.
Posted 21 mai 2009 at 5:10 ¶http://traou.net/blog/index.php?post/2009/05/21/Festival
Pis des bises
Anita, t’es un ange et je t’adore!
Posted 21 mai 2009 at 7:13 ¶Mais des fois, est-ce que « y aller » ne veut pas dire, justement, rester, continuer? Comme dans la chanson de Bélanger: « parce que je suis libre comme l’air, libre de faire demi-tour, je vais continuer, continuer ». Parfois, juste oser durer, oser attendre pour voir où ça mène, c’est surmonter une peur et ça nous mène là où on ne serait jamais allé si…
Posted 21 mai 2009 at 10:41 ¶Mawie @ vous avez dit « oser durer » !!! He he he!
Posted 21 mai 2009 at 11:54 ¶Finalement, ce n’est pas une question laissée au hasard… au petit bonheur la chance!
Se décider demande beaucoup de courage en fin de compte. Ou pas!
A-t-on vraiment le choix? je veux dire, de rester sur place quand la vie est si forte et qu’elle nous tire par en avant.
Reste la peur, évidemment… mais ça, comme vous dites, elle sera toujours là, à moins d’avoir été initié, comme le souligne Marc, à tolérer le ‘principe’ d’incertitude dans l’action.
Merci pour ce billet et pour la citation si…
Posted 21 mai 2009 at 13:52 ¶Wow! Aussi puissant que votre billet « Les initiatives même imparfaites… »…je le mets de ce pas dans mon carnet de bord de vie et l’envoie à mes amies, toujours en donnant la source bien entendu.
Posted 21 mai 2009 at 14:48 ¶Merci
Hum… peut-être que ça veut dire « t’as de la chance d’avoir autant de courage pour oser sortir des sentiers battus, pour oser prendre des risques, sortir du rang, pour oser aller au bout de ses rêves » En fait, la chance à mon avis on y a tous accès, le courage, lui, est peut-être moins équitablement réparti.
Posted 21 mai 2009 at 21:01 ¶Enfin!!! Quelle libération de lire ce billet. Toute ma vie, je me suis fait dire que je l’avais facile. Que j’étais douée. J’ai toujours eu l’impression que mes succès étaient toujours dilués parce que « pour moi, c’était facile ».
Mais merde, j’en ai pris des chances, j’en ai pris des risques. J’ai eu peur. Certaines fois, je me suis pété la gueule mais toujours, j’ai grandi et j’ai appris.
Les moments d’incertitudes, je connais. L’inquiétude aussi. Je m’en suis posé des questions mais j’ai suivi mon instint. Rarement, j’ai été déçue.
J’ai quitté la maison jeune pour aller étudier dans une autre langue. J’étais loin de ma mère alors je me suis débrouillée. J’ai « dealé » seule avec mes peurs pour ne pas l’inquiéter. Mais j’ai grandi et j’en suis fière.
J’ai sauté ou créé l’occasion ou ma chance mais je ne pense pas que le mot « facile » est celui que j’emploierais pour décrire mes choix de vie.
Posted 26 mai 2009 at 7:43 ¶Trackbacks & Pingbacks 1
[...] dernier billet m’a inspiré. Elle a tellement raison. La chance ça se fait, ça se construit. Souvent on [...]