Qu’est-ce qu’un influenceur? Comment mesure-t-on la portée de l’influence de quelqu’un?
Est-ce le nombre « d’amis »? La célébrité?… Ou d’avoir l’oreille des rares individus qui ont le pouvoir de dire « oui »?
La destinée de Machiavel, celle de Florence, de l’Europe, de l’Amérique nouvelle et même de l’Orient sont intimement liées. Il a été un des plus puissants « influenceur » de son temps. Et pourtant, la vie de ce florentin qui servit la République à l’âge vénérable de 29 ans, fut remarquablement discrète de son vivant.
Si Twitter et Facebook avaient existé du temps de Laurent le Magnifique, Machiavel aurait été le premier à se servir des médias sociaux en faisant exactement le contraire de tout ce qui est recommandé par les « pros » du Web!
Il ne se serait pas fait remarquer…
Oh bien sûr, il aurait eu une présence partout. Il aurait « suivi » tous ceux qu’il fallait suivre. Il aurait eu des comptes ouverts là où ça compte. Il aurait été attentif à tout ce qui bouge.
Mais personne ne l’aurait « vu ». Il n’aurait pas commenté. Il aurait refusé d’être « suivi » et n’aurait pas laissé de traces…
Non.
Il aurait patiemment ramassé l’information pour la synthétiser au filtre de son intelligence prodigieuse et se serait contenté d’user de son influence sur une seule personne, le Prince…











Comments 17
Eille, pas fou comme analyse. Virtuellement au fil du temps, me sens parfois un petit coté machiavélique mais je me soigne (d’ailleurs je vais commenter là!
. C’est vrai qu’avec tous ces outils virtuels cela peut être si facile de surveiller ses contemporains, comme une petite souris qui regarde par le trou de la serrure…
Posted 12 mar 2009 at 10:43 ¶Il ne faut pas oublier que Machiavel était fier et imbu de lui-même, peut-être serait-il sorti de l’ombre s’il avait eu l’opportunité d’utiliser les médias sociaux…
Aurait-il résisté à la tentation de prendre le pouvoir (ou la célébrité) ou se serait-il contenté de soufflé des réponses au Prince et rester dans son ombre ?
Posted 12 mar 2009 at 10:44 ¶J’essaie d’imaginer le Machiavel du prince Obama…
Posted 12 mar 2009 at 10:45 ¶Sa blondeur @hum… David Axelrod? Non, trop « connu »!
Evelyn@ question passionnante! Son ego aurait-il été plus fort que la puissance de son influence? Mais le point essentiel de ce billet, c’est que l’influence ne se mesure pas seulement en terme de « célébrité »…
Etolane@ On a longtemps attribué le « mal » au terme « machiavélique »… Et pourtant!
Posted 12 mar 2009 at 10:49 ¶Je viens de comprendre pourquoi son éminence est très peu machiavélique. Contrairement au conseiller du Prince, il n’a rien de l’éminence grise. Sa manière se veut plutôt joyeuse.
Posted 12 mar 2009 at 11:07 ¶Vallier@ je cherche qui pourrait bien jouer le rôle de Laurent le Magnifique?…
Posted 12 mar 2009 at 11:13 ¶Bref Machiavel aurait inventé Google…
Posted 12 mar 2009 at 11:15 ¶Ton analyse est fort brillante! Il serait intéressant de rééditer «Que ferait Machiavel» de Stanley Bing pour l’adapter à l’ère numérique
Posted 12 mar 2009 at 11:24 ¶Ben… sais pas s’il l’aurait inventé, mais il l’aurait utilisé comme personne!
Natalie@ Machiavel à l’ère numérique! Bon sujet!
Posted 12 mar 2009 at 11:39 ¶Il est vrai que ma perception de machiavel est qu’il représente une certaine notion du mal (d’où le terme machiavélique). Je réalise mon ignorance à son sujet. Je n’en connais pas assez pour juger adéquatement la bête. Mais aujourd’hui tu piques ma curiosité…
Posted 12 mar 2009 at 11:55 ¶Désolé de revenir à la charge mais malheureusement, célébrité et influence vont de pairs.
Sans « le Prince » Machiavel ne serait pas passé à l’histoire. Mon humble opinion sur la question est que s’il avait eu la possibilité d’influencer à grande échelle sans intermédiaire, il l’aurait prise. S’il s’est contenté de d’un rôle d’ombre c’est qu’à son époque la célébrité/majesté était déterminée par la naissance.
(Je tient à préciser que j’aime beaucoup ton blogue, et que je ne joue pas les esprits critiques pour te contrarier)
Posted 12 mar 2009 at 16:39 ¶Evelyne… je nuancerais vos propos. Non, célébrité et influence ne vont pas toujours ensemble. Il y a qu’à regarder les plus beaux fleurons de « Québec Inc. » – pour se rendre compte qu’ils ont une influence déterminante sur notre société en se faisant le plus discret possible.
Surtout ces jours-ci…
Posted 12 mar 2009 at 17:10 ¶Revoir « Le comfort et l’indifférence » pour le grandissime (paix à ses cendres) Jean-Pierre Ronfard en Machiavel, expliquant le fait du Prince… Cré Arcand, va!
Posted 12 mar 2009 at 20:51 ¶Revoir « Le comfort et l’indifférence » de Denis Arcand (1982) pour l’immense Jean-Pierre Ronfard (paix à ses cendres) jouant Machiavel qui explique, très zen, le fait du Prince.
Posted 12 mar 2009 at 21:08 ¶Scotchant.
Cré Arcand, va!
Mais le Prince lui, tu crois qu’il aurait été sur Twitter, FB et les blogues? Moi je pense que oui et que si Machiavel était de notre temps, de ne regarder simplement n’aurait pas suffi à saisir toutes les nuances des médias sociaux. Il aurait dû expérimenter pour réellement savoir. On n’a pas besoin d’aller sur la lune pour être astrophysicien, mais si on ne dissèque pas et qu’on ne se met jamais de sang sur les mains, ça va être difficile d’être un chirurgien du Web 2.0
Posted 12 mar 2009 at 21:14 ¶Michelle@ c’est intéressant comme jeu! Est-ce que Laurent le Magnifique aurait été sur Twitter et FB? Hum… Demi Moore y est, mais est-ce que – par exemple – HP Rouleau y serait? Et si oui, comment?
Sans compter qu’il y a du monde qui ne veulent surtout pas « se mettre de sang sur les mains »!!! Ils engagent les meilleurs par contre….(smile, wink, smile).
Posted 13 mar 2009 at 9:01 ¶Les espions bientôt en charge de la cybersécurité ?
Le Directeur du Renseignement des Etats-Unis a défendu la semaine dernière l’idée de confier à la NSA (National Security Agency) la responsabilité de la cybersécurité. Lors de son discours devant le Comité sur le Renseignement de la Chambre des Représentants, Dennis Blair a déploré le manque de résultats du DHS (Department of Homeland Security), l’agence actuelle en charge de la cybersécurité en notant que la NSA possédait le plus gros réservoir de cyber-talents. Admettant la nécessité pour la NSA de regagner la confiance du peuple états-unien après les années Bush, M Blair a soutenu que les compétences de ses agents faisaient de la NSA l’agence la plus à même de remplir la mission de protection des Etats-Unis contre les cyber-attaques.
Posted 13 mar 2009 at 15:39 ¶Le savoir-faire de la NSA pour protéger ses réseaux de renseignement pourrait permettre d’étendre la sécurité des réseaux fédéraux et infrastructures critiques. En raison de sa mission offensive et de sa connaissance de différents types d’attaques, la NSA est en effet certainement la mieux placée pour organiser les cyber-défenses nécessaires, selon M Blair.
M Blair n’est pas le premier à suggérer de placer la NSA à la tête des efforts de défense en cyber-sécurité. Paul Kurtz, conseiller de l’équipe de transition de l’administration Obama a également recommandé que la NSA ait un rôle prépondérant pour la sécurisation du cyberespace lors d’une récente conférence sur la sécurité. La NSA a cependant un problème d’image à corriger suite à des présomptions de collecte illégitime de données et à la mise sur écoute de communications de citoyens états-uniens au nom de la lutte anti-terroriste.
M Blair a donc conclu que la NSA et le Congrès devraient travailler pour améliorer la réputation de l’agence en soulignant l’importance croissante de la cybersécurité.