C’est un des plus grand silence qui soit. Particulièrement au Québec où « la masse » déteste viscéralement ce qui dépasse, ce qui ne se normalise pas, ce qui ne sait pas entrer dans le moule.
J’ai lu Martin Comeau, comme je le lis régulièrement.
La grande douleur de l’enfant persécuté par les autres suintait à travers l’écran de mon Mac. Des mots qui font mal, encore et encore, des années plus tard. Une colère perceptible et tout à fait justifiée face aux adultes qui ne sont pas intervenu.
Qu’est-ce qu’il disait déjà Einstein? Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les ont laissé faire.
Foglia disait ce matin que l’école se meurt de son incapacité à sanctionner. C’est vrai.
Dans mon quartier, il y a une école « de la dernière chance ». Une école secondaire que je ne nommerai pas et qui, en principe, doit aider des élèves à terminer leur secondaire.
Mais les profs tolèrent que des garçons de douze ans interpellent les filles à grands coups de « yo, cunt ». Qu’ils jettent leur détritus par terre. Qu’ils fument. Qu’ils se battent. Qu’ils affichent les emblèmes de la haine et du racisme.
L’autre jour, un kid a traité une des profs de « grosse truie ».
Le tutoiement est évidemment de rigueur: « toi, tu, vas chier grosse truie ».
Il y a des jours où je me demande si l’unique raison du succès scolaire de l’école privée ne vient pas uniquement du fait qu’ils imposent le vouvoiement?
« Allez chiez, grosse truie » ça se dit nettement moins bien.
Le texte de Martin dérange parce qu’il touche à l’enfant bête à qui on a tout permis, l’enfant méchant qui jouit de la souffrance qu’il inflige, l’enfant débile élevé par des parents tout aussi débiles. Il ne faut pas le dire. Il ne faut pas…
L’école est un lieu d’amour qui doit inclure tout le monde dans un cercle d’harmonie et de joie et où celui qui se fait blâmer est celui qui ose dire « toi, dehors ».
Ah, ça ne va pas plaire au milieu de l’éducation le texte de Martin! Ça ne va pas plaire à madame la ministre qui tient mordicus à ce que l’école soit un lieu d’amour.
Un lieu d’amour, l’école?
Parfois, la maison est un lieu d’amour. Dans le meilleur des cas. Parfois. Mais pas toujours. Oh non.
Alors si la maison n’y arrive pas, imaginez donc l’école…
Je suis allée à l’école à la campagne. Une polyvalente spécialisée dans la « mécanique-boucherie ». Un revival du film « délivrance ». La violence, l’intimidation, des flos attachés sur la track de chemin de fer avec la menace de le laisser là jusqu’à ce que le train arrive. La cravache que le père des « frères Richard » utilisait sur eux et dont ils se servaient à leur tour sur les plus petits. Les roches tirées au sling shot, les cahiers déchirés, les menaces.
Et les profs qui disent rien. Et la direction qui regarde ailleurs tant que les cases ne sont pas incendiées. Et les parents, persuadés que « non, pas mon fils, il ne ferait jamais ça ».
Un lieu d’amour, l’école… Sure.
Mais aussi l’autre violence, la menace permanente de l’exclusion totale et absolue si tu ne te conformais pas au groupe. L’impossibilité d’être « bon à l’école » sans que ce soit une invitation à l’ostracisme. Tu pouvais te faire prendre complètement frosté à l’acide, mais jamais avec un livre.
Jamais avec un livre…
J’ai supplié ma mère de m’envoyer dans un collège privé. Au nom du dogme ouvrier, elle a refusé. Le collège, c’était pour les « snobs » qui se prennent pour d’autres. Dans sa méfiance de l’élite, le Québec a pioché à grands coups de masse sur tous les Ovide Plouffe de la terre. C’est à eux qu’on a dit « dehors »!
Dans ma polyvalente, il avait Jean-Yves. Probablement gay. Il n’a pas eu le temps de s’en rendre compte tout seul, on le lui a garroché en pleine face. Tous les jour: « hey, le fif ».
Le fif a essayé de disparaitre dans « surtout ne pas se faire remarquer, surtout se fondre dans les murs, surtout ne pas chercher l’attention ».
Il a tenu un an.
En secondaire II, après un exposé oral sur les poissons rouges – il y a quelque chose de plus neutre que des poissons rouges? – Jean-Yves s’est pendu dans le garage de la maison familiale. Pour être sûr de ne pas se rater, il avait aussi laissé tourner le moteur de la voiture de son père.
Ses tortionnaires sont venus à l’enterrement, avec le reste de l’école. Personne n’a rien dit.
D’un point de vue académique, je suis sortie de cette polyvalente complètement ignare.
Sur la nature humaine par contre…












Comments 52
La première journée que je suis allé à l’école, je me suis fait battre par 4 gamins qui me trouvaient fif. Ça a duré jusqu’en 5e année ou j’ai fesser quelqu’un pour la première fois et que j’ai forgé ma carapace de gars viril afin de cacher le plus profondément possible que mon cerveau me disait constament que j’étais une femme. Ça a pris 46 ans avant que mes défenses ne tombent…
Posted 24 fév 2009 at 12:12 ¶Ça ressemble au film Ben X ce scénario de Jean-Yves. Désolant. Et ça laisse des marques à vie. Quand on reste en vie. Moi aussi la polyvalente publique (pour d’autres raisons) et j’étais une loner, me suis extraite du groupe très vite. C’est pas eux qui me rejetaient, c’est moi. J’ai détesté la meute et les chiens. Et les maîtres.
Posted 24 fév 2009 at 12:30 ¶Je déprime ou ce monde est navrant de bêtise?
Belle blonde, des A sur le terrain et des Z à l’école … comme trop de mes merveilleux amis qui ont, comme tu le disait si bien, un bolide à la place du cerveau.
Posted 24 fév 2009 at 12:35 ¶Rentrer dans le moule à tout prix …Tristesse.
Joblo@ ah, comme je déteste la meute aussi… Des Jean-Yves, il y en a tellement, encore!
Michelle@ 46 ans… cibole.
Posted 24 fév 2009 at 12:36 ¶Je me souviens de Martin, que son père battait jusqu’à lui casser les membres et à le couvrir de bleus. Et qui se faisait ramasser à l’école par une bande de bums. Je me souviens de Edith, abusée sexuellement par son père, qui se faisait traiter de salope dans la cour d’école. Je me souviens de Nathalie, plus petite, plus timide, qui se faisait systématiquement garochée dans les flaques d’eau au printemps. Je me souviens de Nicolas, si doux, si beau, qui se retrouvait souvent avec des excréments dans son sac d’école. Et tant d’autres…
Jamais je n’ai vu un adulte intervenir. JAMAIS.
Mon fils va dans un collège privé (que sincèrement, je n’ai pas vraiment les moyens de payer mais je m’arrange), en grande partie en raison de ces souvenirs que je garde. Rien n’est parfait, mais la tolérance zéro face au harcèlement me rassure un brin. Car ils agissent, suspendent et expulsent au besoin. Ça ne règle pas la question de fond -le pourquoi, le rôle des parents, etc.- mais au moins, mon fils peut aller à l’école dans un environnement sain.
Posted 24 fév 2009 at 12:46 ¶On parle des garçons qui se tapent dessus, mais chez les filles, c’est plus insidieux. On s’ignore, on se parle dans le dos, on se dit des méchancetés gratuites… Ça fait mal, ça aussi.
Posted 24 fév 2009 at 12:48 ¶Moi j’aurai toujours des broches, des lunettes fonds de bouteilles, des boutons et des petits seins dans ma tête (bon, peut-être pas que dans ma tête, pour les petits seins! lol)… Changer l’image que j’avais de moi-même a impliqué un changement de milieu. Une cassure.
Rien à voir avec le Jean-Yves de ton école ni avec ce que Michelle ou Martin ont vécu, mais j’ai parfois l’impression, encore aujourd’hui, d’être en réaction face au regard de ces copains (et surtout copines!) de classe qui me regardaient de haut et m’ont carrément mise en quarantaine à une certaine époque…
C’est un billet qui en dit beaucoup, tout plein. Il y a pas mal de monde dans ces histoires de violence. Tout plein de niveau de culpabilité aussi, autant qu’il en faut pour permettre de collectivement tenir le coup sans trop pouvoir pointer qui que ce soit du doigt.
Merci du billet…
Posted 24 fév 2009 at 12:49 ¶Ça ressemble à beaucoup trop de vies, tout cela. Beaucoup trop.
Il est triste qu’il nous faille des suicides pour voir toutes les morts que ça cause: des vivants qui ne vivent plus, des adultes qui resteront à jamais des enfants battus.
Pour moi comme pour bien d’autres, l’enfance devrait être le paradis perdu, pas un enfer.
Posted 24 fév 2009 at 12:51 ¶C’est toujours intense, la détresse d’un jeune.
Vous devriez nommer l’école secondaire de votre quartier! Cette tolérance de la part des enseignants et de la direction est inconcevable. Je suis enseignante au secondaire et je croyais avoir souvent vu des directions ne pas mettre leurs culottes devant des jeunes ou des parents, mais là, c’est ahurissant. Et c’est là que certains ont leur « dernière chance » !!!
L’école, un lieu d’amour? Est-ce que c’est un nouveau slogan avancé par des parents débordés qui veulent qu’on « s’occupe » de ça aussi parce qu’ils n’ont pas le temps après le travail? Que l’école reste un lieu d’apprentissage et d’éducation, d’accord. Mais un lieu d’amour… là, je décroche!
La peur, la détresse, la souffrance d’un jeune intimidé auraient souvent pu être évitées si les adultes qui l’entourent agissaient comme si c’était leur enfant qui était intimidé. Mais ça demande une conscience, un effort et du temps…
C’est plus facile d’envoyer 20$ à Amnistie internationale.
Posted 24 fév 2009 at 13:04 ¶Le respect, c’est à la maison que ça s’apprend. Il ne faut pas tout mettre sur le dos de l’école tout de même. A mon avis plusieurs parents ont « démisionné » avec leurs ados. Manque de temps et de volonté de leur part ? Les parents ne sont pas là pour être « les amis » de leurs enfants, mais pour leur montrer le cadre dans lequel évoluer, tâche plus ardue.
Posted 24 fév 2009 at 13:06 ¶la comptable@ raison de plus que l’école ne tolère plus ces comportements-là!
Posted 24 fév 2009 at 13:16 ¶Martin@ franchement? De rien…
Posted 24 fév 2009 at 13:17 ¶oui, l’École comme lieu de violence drabe… j’ai « sorti » ma fille de la poly publique où elle allait pour la mettre au privé, moi, la socialiste, pour les raisons évoquées ici : le climat malsain, la non-valorisation du savoir, etc. Elle ne s’est pas faite intimider, mais elle y était malheureuse comme les pierres.
Tout de même, il me semble que l’école n’est pas le seul problème. Les valeurs, ça s’inculque dès le plus jeune âge, me semble. Certes, elle est un relais important, puisqu’on y passe pas mal d’années. Mais ce sont nos valeurs collectives qui sont en cause, ici, non?
Et CB, à l’école privée où ma fille va, le tutoiement est en usage – ce qui n’empêche pas qu’on y enseigne les valeurs, dont le respect. À mon sens, le respect ne se trouve pas dans le « vous », pas plus que le « tu » ne l’empêche.
mais tout ça, c’est d’un triste.
Posted 24 fév 2009 at 13:22 ¶Nataly@ c’est exactement pour la même raison que mon fils est allé au privé. Que ma fille aussi maintenant… À cause de mes souvenirs. Ça ne règle pas la question de fond, mais ça a le mérite d’établir clairement les balises du respect.
Marie-Julie@ oh que oui, les filles! Et encore, j’en ai vues qui frappaient, ou qui démolissent des réputations… et qui grandissent en conservant les mêmes façons de faire! On les veut pas comme amies!
Daniel@ trop de vies…
Posted 24 fév 2009 at 13:23 ¶Il me fait réfléchir ce billet. J’ai aussi fréquenté une polyvalente, « parce que la vraie vie est faite de toute sorte de monde ».
Je voulais aussi l’école publique pour mes enfants, pour le même principe un peu à gauche. L’an prochain à cette date, je vais avoir choisi l’école secondaire de ma fille. Après toutes ses histoires, je ne serai peut-être pas aussi fermée au privé.
Posted 24 fév 2009 at 13:27 ¶Mais est-ce que l’école privée est la solution? Je ne crois pas. Je pense qu’il y a des bullies partout, de ces mômes qui ont tout, tout cuit dans le bec et qui exige aux autres de leur ressembler. Il y a des bullies partout, de ces mômes différents, qui se font varger dessus à coup de bâton en famille et qui se vengent à leur tour sur plus faible qu’eux. Les cours d’école ne sont à mon avis pas plus roses quand on y injecte de l’argent.
Posted 24 fév 2009 at 13:29 ¶Patrick@ au privé, les bullies ne sont pas tolérés. C’est drôle quand tu te fais mettre dehors « juste » parce que tu as été insolent avec un prof, ça a tendance à calmer les ardeurs tyranniques ailleurs aussi.
Ça règle pas le cas « en dehors » de la cour d’école par contre…
Posted 24 fév 2009 at 13:34 ¶Après toutes « ces » histoires. Désolée.
Posted 24 fév 2009 at 13:35 ¶Madame Unetelle@ je pense que ça dépend de l’école, du quartier, beaucoup beaucoup. La mienne, de polyvalente, était un pur désastre. Au moment où Fils devait entrer au secondaire, on a visité l’école publique de notre quartier, une horreur aussi. Mettons que ça été une décision viscérale…
Mais c’est pas partout pareil. Il y a des coins où les écoles publiques sont super chouettes.
Posted 24 fév 2009 at 13:37 ¶Samie@ ce qui est affreux, c’est de se dire que notre école publique n’arrive pas à valoriser le savoir, ni à faire respecter les plus fragiles. Je disais chez Martin que si l’école publique assumait de mettre des élèves dehors plus vite, s’ils avaient le droit d’être plus strict sur le respect oral et physique, ce serait plus facile. Un élève qui se fait mettre dehors devient à son tour le « rejet »… Des fois, y’a rien comme de vivre quelques jours à la place du « rejeté » pour allumer sur une couple d’affaires…
Posted 24 fév 2009 at 13:41 ¶Pour moi, ça s’est relativement bien passé. J’étais «ordinaire», mais surtout, j’étais «clown», alors je m’en suis tirée.
Posted 24 fév 2009 at 14:07 ¶J’ai des amies, par contre… ohlàlà. Et une soeur. Petite. Qui ne parlait pas. Qui subissait. Que je défendais comme je pouvais.
*
Fiston, au primaire… un amérindien qui ressemble à un Ilnu jusqu’au bout des ongles. Avec des broches. Et une voix qui avait tout d’une colorature. Terrible pour tenir la route. Ça a été infernal pour lui jusqu’à ce qu’on s’en mêle vraiment. En faisant de vraies actions. En rencontrant les parents; la direction; en mettant sur pieds des projets contre l’intimidation quand – il y a presque 20 ans de ça- ce n’était pas la norme.
Il est devenu champion de Tae-Kwon-Do. Un classique.
Il est parti au privé dès l’entrée au secondaire. Depuis, rien, niet, nada. La sainte paix.
Évidemment que mon benjamin est aussi au privé depuis l’entrée au secondaire. Parce que juste à voir, on voit bin.
*
Ce sont maintenant deux garçons charmants. Le premier a parfois des petits bouts de passé qui lui coincent dans la gorge. Le second ignore. Une grâce. Et moi? Moi, je sais. Et je continue de forcer, de mettre en place des trucs, des moyens, des activités, des comités, de soumettre des idées pour que «plus jamais». Je rends l’utopique acceptable, à ma manière. Tenez, justement, j’ai un projet en collaboration avec «le» Martin, sur la table. Ça s’en vient, d’ailleurs.
*
Je souhaite que tous ces témoignages aient l’avantage d’éveiller la conscience à long terme, plutôt que d’émouvoir simplement.
Martyne@ Merci pour l’éveil plutôt que juste émouvoir. Les faits ne sont pas équitables, ils ne sont pas « de gauche » – mais comme tu dis « rien qu’à voir, on voit ben ».
Parlant de bien voir, vois-je un nouveau site à l’horizon?!
Posted 24 fév 2009 at 14:24 ¶J’ai l’immense plaisir de siéger au comité des communications d’un excellent organisme, Equitas, dont la mission est l’avancement de l’égalité, la justice sociale et le respect de la dignité humaine, par ses programmes d’éducation aux droits humains.
Equitas travaille, entre autres, avec les jeunes Canadiens. Je vous encouragerais à prendre connaissance de ce programme, de l’appuyer et de l’implanter dans vos communautés:
http://www.equitas.org/francais/programmes/canada.php
Le but de l’initiative est de développer auprès des jeunes « des attitudes et des valeurs qui renforcent l’égalité, l’inclusion, la participation et le respect pour les droits humains. »
En ce 41e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, faisons notre possible pour que nos enfants grandissent dans une société équitable et juste.
Posted 24 fév 2009 at 15:16 ¶Ce qui me trouble, quand les histoires de bullying se mettent à pleuvoir, c’est à quel point nous sommes nombreux à les avoir vécues! Les adultes d’hier étaient-ils plus présents, plus à l’écoute que ceux d’aujourd’hui? Pas sûre.
Et n’idéalisons pas l’école privée, que j’ai fréquentée toute ma vie, pour me faire écoeurer absolument sans arrêt. J’ai fini par faire renvoyer la méchante qui m’étanpait dans les cases, celle qui utilisait la violence, parce que les autres utilisaient autre choses… Elle m’a attendu devant l’autobus jaune pendant des semaines. C’est par chance que je l’ai vue avant qu’elle ne me voit que je commence à rentrer à pied. Uniquement par chance.
Posted 24 fév 2009 at 17:22 ¶Ce qui manque à l’école publique ? LA DISCIPLINE ! Mettez un soldat comme responsable et vous allez voir que les «bullies» vont filer doux après avoir passé une journée à courir dans la cour, sans pause. Il faut «casser» ces têtes fortes, il n’y a pas d’autres moyens; et svp parlez-moi pas d’amour…..
Posted 24 fév 2009 at 17:40 ¶J’aurais tellement de choses à dire… Mais tellement rien de comparable à ces histoires d’horreur. Pourtant j’ai été insultée et violentée à l’école. J’ai envie de dire « comme tout le monde ». C’est tragique de penser ça.
Posted 24 fév 2009 at 18:03 ¶Pourtant, je vais aller à contre courant de la plupart des gens qui écrivent ici en bonnes âmes que nous sommes : Si j’ai été vicitime, j’ai aussi été bourreau. Je dois me l’avouer. Je me rappelle qu’au Collège (secondaire québécois), il y avait un garçon un peu bizarre, tête de classe, mal fagotté, très solitaire et très intelligent. Ce pauvre môme était allergique au coton. Alors il portait des bas de nylon. Tout le temps. Tout le monde le voyait, tout le monde savait, tout le monde se foutait de lui, dont moi. Par vengeance peut être (et par bêtise, ça c’est sûr), non pas contre lui mais contre les autres, ceux qui m’avaient aussi humiliés.
Ce n’est qu’une histoire de dominos à la con : on m’a fait mal alors je vais faire pareil quand je trouverai plus faible que moi.
Je m’en veux aujourd’hui. Qu’est-ce qu’on est con quand on est ado.
Finalement, j’en ai dit des choses.
Encore une fois, excellente réflexion.
Posted 24 fév 2009 at 18:07 ¶Je vous fais grâce de mes histoires de cours d’école, mais ce qui me dépasse là-dedans, c’est qu’on répète à tort et à travers aux jeunes victimes de « parler » aux adultes, à leurs profs débordés, à leur parents absents. Revenez en arrière, à 12-15 ans, et tentez de vous rappeler comment les adultes sont effrayants, pressés et souvenez vous comme ils ont l’air à coté de la plaque en ce qui concerne les problèmes des jeunes. Surtout quand, ni à la maison, ni à l’école, personne ne se penche pour aider dans les devoirs ou savoir si la journée a été bonne. Et ça va dans tous les sens ça, le « bully » ou le « bullied » est affreusement seul du moment ou il n’a personne de confiance à qui parler. C’est ça, selon moi, qui est le pire la-dedans, qu’on laisse des jeunes seuls à eux-même, et qu’on se concerte entre nous, adultes, pour dire que « c’est innacceptable ». L’école un lieu d’amour? Sûrement pas! C’est plutôt là que la plupart d’entre nous se sont construits un carapace tenace, dont ils ne savent plus se défaire une fois adulte. Et quand ils ne savent (ou ne peuvent) pas se protéger (et qu’il n’y a personne pour le faire), c’est là que ça devient dangereux…
De la nuance avant toute chose. C’est toujours triste de lire la réalité des écoles mais la nuance avant toute chose est importante. Saviez-vous que des enseignants sont intimidés? Saviez-vous que des enseignants sont agressés? Saviez-vous que des enseignants font vandaliser leur voiture ? Par qui me diriez-vous? Par des parents, des étudiants qui connaissent très bien leurs droits mais pas leurs responsabilités. Nous ferons de l’école un lieu de vie lorsque tous et j’entends par là autant les parents que les étudiants que les administrateurs que nos gouvernements décideront que l’école n’est pas un lieu de violence mais d’apprentissage. Quand je lis que les enseignants ne font rien ce commentaire manque de nuance et m’attriste. Que peut faire un enseignant lorsque dans son groupe de 20, 10 étudiants ont un plan d’intervention et ce, de la maternelle au secondaire. Que peut faire un enseignant qui ne peut même pas donner un crayon à un enfant car elle ou il sait qu’il va s’en servir pour blesser les autres (cas vécu à la maternelle).Aujourd’hui être parent d’un jeune enfant, je serais très inquiète… J’aurais l’air de quoi si je refusais d’intégrer mon enfant dans un tel groupe? Je me ferais répondre que mon enfant fait des expériences de la vie! Le problème est complexe et la solution n’est pas simple. C’est certain que comme parents nos enfants sont beaux, fins, intelligents et qu’ils doivent être intégrés à tout prix mais à quel prix? Peut-on penser à des classes spéciales sans vivre du rejet? Sans vivre de discrimination? Et comme parent que fait-on? Nous pouvons nous impliquer dans les différents comités qui soit dit en passant manque de ressources humaines. Que font les parents lorsque leur enfant arrive avec des souliers, des crayons et des vêtements qui ne sont pas les siens? Que font les parents lors de la remise des bulletins scolaires (où très peu se présentent) ? Je le répète… la solution n’appartient pas qu’aux intervenants de l’éducation mais bien à la société qui permet que ces gestes se produisent. À nous de réfléchir au monde qu’on veut laisser à notre génération future.
Posted 24 fév 2009 at 18:55 ¶L’école, c’est la loi de la jungle. C’est triste, mais c’est ainsi. Si on voulait changer les choses, ce n’est pas en faisant des campagnes de publicité à mon avis, mais en changeant l’école elle-même, à commencer par la rendre moins populeuse!
Posted 24 fév 2009 at 22:40 ¶France@ c’est pas tant les enseignants que le système qui ne leur permet pas d’agir. Un prof qui ose s’interposer, il le paiera probablement…
Posted 24 fév 2009 at 22:50 ¶La non-valorisation du savoir, c’est la phrase-clé. On va à l’école pour apprendre et la savoir n’est plus valorisé. La « bolle » de la classe c’est le plus grand rejet. C’est tellement plus cool être cancre! L’ignorance comme mode de vie, c’est tellement plus facile. Je me souviens que mon plus grand soulagement au Cegep c’était de sentir que c’était finalement un peu cool d’avoir des bonnes notes et d’avoir les portes des universités grandes ouvertes.
Navrant que comme société le succès, la réussite et l’ambition ne provoquent pas l’admiration et le respect mais bien l’envie et la jalousie. Restons ignorants et haïssons ceux qui réussissent.
Posted 24 fév 2009 at 23:14 ¶C’est, exactement, de ça dont j’avais peur en 6e année. C’est pour ça que je n’étais pas malheureuse d’être déracinée, parce que j’allais pouvoir aller à l’école privée, dans ma nouvelle vie.
Posted 24 fév 2009 at 23:44 ¶Hey,Ho !!
Posted 25 fév 2009 at 1:38 ¶Je sais que des écoles publiques ont , et sont encore probablement débile, mais il y a aussi des travers dans les écoles privés aussi.
Mes filles vont dans une super école publique à Sherbrooke Montcalm, merde allez y voir , vous verrez qu’il ya des écoles qui font de nos enfants des exemples encouragant.
Dans ces écoles ou ca vas bien, les parents sont présent.
Ca commence avec les parents qui sont là avec leur jeune le soir, qui sont là pour faire des « lifts » questions de connaitre leur amis, d’être là quand il y a un match de handball le samedi matin à 8:00 hrs, d’intervenir quand il sortent un « S’t'un hostie d’épas… », d’aller voir la prof de francais qui commence à trouver son métier difficile, lors de remise de bulletin.
On a déjà fait des démarches pour changer une de nos filles d’école avec les inconvénients que ca apportait, comme tous parents on voulait qu’elle aie un milieu favorable ou s’épanouir.
J’ai un préjugé favorables envers les écoles publiques, j’ai un préjugé défavorable envers l »Élitisme » des écoles privés; sélection basé sur l’argent.
J’ai toujours encouragé le dépassement de soi, la performance scolaire, le sport, la musique mais pas l’Élitisme .. pas capable, probablement un réflexe de « looser » .
J’avais envie de m’exprimer sur cette histoire depuis qu’elle est sortie et n’ayant plus vraiment de blog, je vais le faire ici.
De ce harcèlement dont on parle, j’ai été victime et bourreau, probablement plus bourreau qu’autre chose. C’est une des grandes hontes de ma vie, mais une grande leçon aussi qui fait de moi ce que je suis aujourd’hui.
First, on va arrêter de se dire des niaiseries, les profs, les adultes, … ils peuvent pas grand-chose. Pas grand-chose dans le sens de sweet fuck all. C’est grand longtemps tous les couloirs et le terrain d’une polyvalente et c’est long longtemps, une heure de midi. Et on ne parle pas d’un cours d’éducation physique où se pratique n’importe quel sport d’équipe.
J’ai goûté à pratiquement tout ce que le système scolaire québécois a pu inventer. École alternative, école concentration musique (petits chanteurs du MtRoyal), école privée primaire, collège privé secondaire, polyvalente secondaire. Je suis allé à 7 écoles entre ma 1ere année et mon secondaire 5.
Et des rejets, il y en a eu dans chaque type d’école que j’ai fréquenté, et ce… depuis la 3e année du primaire.
Non, ce n’est pas vrai que c’était ceux qui s’exprimaient mieux, qui avaient une grande culture générale ou de bonnes notes qui étaient les rejets. Il y a toujours eu des rejets tronches et des rejets cancres. Mr Foglia avait pas mal mis le doigt dessus en disant: les rejets, c’est ceux qui sont trop, qui essaient trop fort.
Bref, ceux qui manquent un peu d’habiletés sociales, d’intelligence émotionnelle ou qui ne la développe pas en même temps que les autres.
On s’en fout de si tu joues aux échecs. Mais si t’es un nul, on va rire du fait que tu joues aux échecs. On va rire de tout ce qui fait que tu es toi.
À quelques moments, j’ai été rejet. Pas parce que j’étais celui qui en savait le plus, mais plutôt parce que j’étais si fier d’être celui qui en savait le plus. Ou parce que j’essayais trop d’être cool justement.
Et puis il y a la méchanceté intrinsèque des enfants qui apprennent les rouages des relations interpersonnelles. Ce n’est que plus tard, quand on a compris un peu mieux ce qu’implique et ce que permet de vivre dans une société libre et démocratique, qu’on se met à apprécier et respecter ceux qui sont différents, et ça c’est si on le comprend. Mais jeune, on a l’instinct de survie d’un animal social qui a besoin des autres. Je lisais récemment qu’une étude a observé que l’ostracisme fait allumer la même région du cerveau que la douleur physique.
Et n’allez pas croire que c’est mieux au privé. J’ai fait secondaire 1, 2 et 3 dans un collège privé à Sherbrooke. Là, bas, ce système était élevé au rang de hiérarchie. On pouvait assez facilement numéroter tous les élèves d’un niveau de 1 à 155 et peu importe où tu te trouvais dans cette échelle, tu pouvais écoeurer tous ceux qui se trouvaient en dessous de toi. Tous ne se prévalaient pas nécessairement de ce droit, mais c’était comme ça. Évidemment, cette « hiérarchie » changeait au rythme des amitiés, alliances et allégeances, mais elle était là, bien tangible.
Et puis à la fin du secondaire 3, je n’ai pas été réadmis. Principalement pour tout ce que j’avais fait baver aux autres. J’avais goûté tout autant par moment, mais Dieu sait que j’en ai fait baver. Jamais physiquement. je n’ai jamais frappé, menacé qui que ce soit. Bousculé peut-être, mais personne n’a jamais craint que je puisse lui faire du mal. Mais ce que je faisais était pire, parce qu’à la limite, tu peux répliquer aux poings. Moi et mes potes, on t’humiliait, on s’acharnait, nos exposés oraux n’étaient qu’un prétexte pour passer des insides sur ton cas devant toute la classe, on était d’une créativité sans fin.
Il y en a beaucoup que j’ai revu plus tard. Et ils ont tous eu l’immense classe de ne pas m’en tenir rigueur. Peut-être que la honte se lisait dans mes yeux. Jeune, j’aurais sérieusement mérité de me faire casser la gueule, mais ce n’est jamais arrivé. J’ai appris, juste plus lentement.
Puis en secondaire 4, je suis arrivé à la polyvalente du quartier. À Sherbrooke, 5 polyvalentes se distribuent les élèves selon le quartier et selon la concentration. À Montcalm, il y avait tous les étudiants du quartier nord et tous les étudiants en Musique et en arts de la ville. Et là je suis arrivé dans un univers complètement différent.
Un univers peace and love où pratiquement tous s’acceptaient. Deux des plus belles années de ma vie.
Même à Montcalm, il y avait des rejets, des gens qui ne l’avaient vraiment, mais vraiment pas. Mais des rejets qu’on laissait généralement beaucoup plus tranquilles.
Et puis au cégep, je m’étais inscrit dans le programme fou furieux de Sciences, Lettres et Arts ; et des cools, il n’y en avait pas. Ce n’est vraiment qu’à partir de ce moment que j’ai appris à apprécier ce qu’il y avait de bien dans chaque personne et que ceux qui n’ont visiblement pas la moindre habilité sociale peuvent néanmoins se révéler être des personnes extraordinaires dont au contact enrichissant.
Ouais mais Phil, tu proposes quoi ?
Je ne pense pas qu’il y ait quoi que ce soit à faire. J’essais, avec les jeunes à qui j’enseigne de briser cette mentalité, mais ce n’est pas quelque chose que j’ai si souvent la chance de faire. (je ne suis pas prof, je fais du tutorat après l’école).
Aux parents, je dis : si votre enfant vous demande de changer d’école, essayer de voir si c’est possible. Des fois, après 2 ou 3 ans, on a compris des choses, mais les stigmates de ce qu’on était vont quand même rester.
Posted 25 fév 2009 at 1:47 ¶La solution n’est certainement pas de déserter l’école publique! Si tout le monde quitte, si tout le monde qui a de l’allure se tire de l’école publique, qu’arrivera t-il? Il faut l’investir, il faut y entrer, devenir parent-participant, rencontrer les profs, la direction, S’IMPLIQUER! Le problème (et j’en sais quelque chose, j’enseigne dans ces écoles désertées par les « bons » parents) c’est que ceux-ci ne prennent plus le temps de participer à la vie de l’école, chargent à gros prix le privé du boulot, ils n’ont plus le temps.
Posted 25 fév 2009 at 7:49 ¶Je suis issue de l’école publique, je viens d’une grosse polyvalente en « zone grise » montréalaise, tout n’était pas parfait, mais qu’est-ce qu’on peut faire lorsqu’on n’arrive pas du tout à payer pour le privé? Vous êtes des privilégiés, vous avez le choix. Je souhaite simplement que ceux et celles qui ne l’ont pas se battent pour changer les choses plutôt que de baisser les bras. Je souhaite également que ceux et celles qui le sont, privilégiés, envoient leurs enfants à l’école publique et tissent un réseau fort d’entraide et de surveillance.
J’en ai marre d’entendre et de lire la démission de tous ceux qui ont une tribune. La belle élite que vous êtes en train de former! Les belles disparités que vous êtes en train de creuser!
De lire tous ces commentaires m’interpelle. En gros, nous avons tous été a)Victimes b)Témoins c)Bourreaux… et qui garde le pire souvenir ? L’ensemble de ces réponses. On culpabilise d’avoir été bourreau ou témoin muet et on réalise qu’en ayant été victime, notre vie en a été profondément transformée. Quant au système scolaire ? Comment arriver à donner assez de paires d’yeux et d’oreilles au personnel des écoles afin de contrer ce fléau, malheureusement présent depuis 10, 20, 50, 100, voire même 1000 ans ?! Comme dans une meute de chiens, il y aura toujours un plus fort pour écraser le plus faible…et c’est souvent le cas une fois adulte, sur le marché du travail, au gym, dans votre cercle d’amis ou chez votre voisin. Cela dit, je crois que de commencer par en parler dans les écoles est la clé !
Ça me ramène au primaire et au secondaire. Mes sœurs et moi avons longtemps été les « grosses » du village. Alors que ma sœur cadette et moi nous laissions régulièrement marcher sur les pieds, l’aînée « sacrait des volées », tant et si bien qu’elle cassait le nez des garçons qui l’insultaient !
Mais il y avait pire…Nicholas, un jeune homme qui m’a suivie, sans être mon ami, tout au long de ma vie. Je me rappelle clairement l’avoir vu, le pauvre, persécuté au point de lancer de toutes ses forces les pupitres à travers la classe. Horrible spectacle qui me hantera toute ma vie. J’ai rencontré la maman de Nicholas l’an dernier et je lui ai demandé ce que son fils devenait. Au fond de moi, je me demandais pratiquement s’il avait survécu à autant de méchanceté et d’acharnement. Et bien Nico est aujourd’hui commis d’épicerie et il survit ! Il a su garder la tête haute et se débattre du mieux possible et de le savoir un adulte normal m’a probablement apaisée…est-ce le bon mot ? La victime aurait-elle culpabilisé en pensant qu’elle aurait sans doute pu changer le cours des choses ? Nul ne le saura jamais. Chose certaine, des cas comme Nicholas, il y en a tant ! Là est tout le problème…
Nous pourrions en parler tellement longtemps, faire des tables rondes et chercher des solutions, mais comment arriver à stopper la nature humaine dans sa pire expression ?
Posted 25 fév 2009 at 14:04 ¶Karine@ « mais comment arriver à stopper la nature humaine dans sa pire expression ? »
On y arrivera pas. Elle est comme elle est, la nature humaine.
Par contre, je crois qu’on y gagnerait tous beaucoup à la regarder en face et en cessant de « sanctifier » l’enfance. On surprotège nos enfants, y compris dans ce qu’ils ont de pire (ben oui, même les nôtres)!
On ne leur rend pas service.
Posted 25 fév 2009 at 14:26 ¶Blogueuse cornue@ ah, vous m’avez touchée droit au coeur…
Posted 25 fév 2009 at 14:27 ¶Regor, Phil.A@ Tiens, deux qui parlent en très bien de Montcalm! Ben oui, c’est sûr qu’il y a des écoles privées tout croches et des publiques formidables… Ça dépend où!
Dans mon coin, la publique était une honte. Et le collège privé, une chouette école. J’ai eu la pire… J’en suis sortie bête comme un âne, sauf pour l’art de foxer tout en survivant dans une jungle où le médiocre était roi.
C’est une bonne expérience la survie en terrain médiocre… Mettons que j’aurais aimé apprendre autre chose en plus.
Posted 25 fév 2009 at 14:34 ¶J’aimerais dire une chose…Je vais la dire sur mon blog aussi. Y a pas juste à l’école qu’on laisse la violence prendre place. Ça existe partout. Dans les pays où il y a la guerre, là où on excise, là où on a faim, là où on tue sans crainte.
Posted 26 fév 2009 at 0:14 ¶L’école, un lieu, comme d’autres lieux, ne fait que reproduire ce qui se passe ailleurs où plusieurs humains se battent pour un territoire.
L’homme est capable du meilleur comme du pire.
Depuis toute cette médiation sur l’intimidation, dans mon école, le téléphone n’en finit plus de sonner. Les parents tout à coup n’acceptent plus que leur petite fille se fasse appeler la grosse ou que leur petit garçon se fasse pousser dans le rang. Et nous qui mettions des quinzes minutes après chaque récré pour régler les chicanes de filles dans les corridors nous voilà à faire attention qu’un parent ne débouche pas dans l’école pour secouer un enfant qui aurait intimider le sien. Nous sanctionnons, mais dès que l’on sanctionne le téléphone sonne et les parents nous menacent. Je n’ai pas de solution, mais je peux dire que tant que le monde adulte acceptera toutes les tueries et toutes les violences du monde, faut pas s’attendre à faire des miracles avec les jeunes. Imaginez, on est même pas capable de légiférer sur la violence au hockey…Avez-vous déjà vu des parents fous au hockey? Moi si, intimidation garantie.
La question que moi je me pose est celle-ci: En tant qu’espèce, pouvons vraiment éradiquer la violence? Qu’est ce que l’homme fait depuis que le monde est monde? Il use de la force pour survivre. Comment défaire tout ça? Mon chum dit toujours qu’il n’y a que la peur qui engendre le respect. Je me demande malgré toute ma bonne foi s’il n’a pas raison.
Faut lire aussi dans le forum des Cowboys Fringuants, le sujet “Intimider, taxer, exclure, harceler, écoeurer..” Ça dérappe parfois mais c’est très intéressant. Les tenants du NON dans “déNONcer l’intimidation” ont besoin de renforts…
Dans ce sujet, j’ai vu une théorie qui avance que ceux qui font de la corruption dans nos gouvernements et nos administrations municipales pourront continuer de sévir tant que le phénomène de l’intimidation à l’école ne serra pas complètement éradiqué. Voyez-vous une relation ?
Avec l’intimidation à l’école, les directions d’écoles voudraient surement faire disparaître les preuves… Ça nuit à leur réputation personnelle…
Posted 26 fév 2009 at 2:52 ¶Bibco@ c’est très éclairant de vous lire… En tant qu’espèce, c’est sûr qu’on éradiquera pas la violence. Ben oui, les parents fous au hockey, c’est hallucinant comme ils font peur!
Votre chum est un sage. La peur – juste assez – engendre certainement plus le respect que la soumission.
Posted 26 fév 2009 at 9:16 ¶On parle beaucoup ces dernier temps du harcèlement à l’école. À cause de la disparition d’un élève, comme si on venait de découvrir le phénomène mais bon
Posted 26 fév 2009 at 14:55 ¶Lorsque j’étais étudiant (il y a bien longtemps) j’étais un rejet, un persécuté. Oui les brutes me harcelaient mais eux je n’ai pas eu trop de problème à les supporter. Ce sont tous les autres, ces enfant de bonnes familles, qui venaient ajouter leurs petites piqures comme une nuée de moustiques venant se repaître sur les restes des gros prédateurs.
Tous ces enfants devenu des adultes qui présentement se scandalise à la lecture des textes sur les bully.
http://www.dailymotion.com/video/x86ryf_isabelle-adjani-la-journee-de-la-ju_shortfilms
Et les profs là dedans ?
Posted 26 fév 2009 at 15:14 ¶Me semble qu’ils en ont lourd sur les épaules des fois non ?
Y’a des tarlas partout mais bon, faut pas généraliser tout le temps non plus …
Matante Catoo@ règle générale, les profs sont des saints qui méritent qu’on se prosternent. C’est le fait qu’ils aient les mains liées qui est bête comme la lune… À l’école de la dernière chance à côté de chez moi, ils ont pas le droit de mettre les vauriens dehors. « L’école pour tous », même pour les brutes qui vandalisent, harcèlent et surtout, empêchent tout le monde d’apprendre. Fait chier, quoi.
Brack@ … ouais. On a la mémoire courte hein? Ou alors, on se découvre beaucoup plus sensible quand on a des enfants et qu’on se rappelle ce qu’on a subit (ou fait subir)… Ça change la perspective.
Posted 26 fév 2009 at 16:01 ¶Je pensais ça aussi au moment où tu l’écrivais.
Posted 26 fév 2009 at 16:06 ¶Je veux juste dire à Sue:
« La belle élite que vous êtes en train de former! » dites-vous.
Hé! ma fille sait qu’elle est privilégiée; tous les discours socialistes de sa mère – et de son père – l’accompagnent, et ils sont assez radicaux. Donc, je ne pense pas fabriquer une élite. Vous la verriez, vous le comprendriez: elle n’est PAS l’élite – et elle le sait. Et elle sait aussi que le risque, c’est qu’on fabrique l’élite dans les écoles privées.
elle. le. sait.
Et je veux bien m’impliquer et son père aussi – on l’a fait, on le fait. Mais quand on voit notre fille entrer en secondaire 1 et carrément piquer du nez parce que rien ne la stimule, et qu’elle déprime (elle perd sa Bonne Humeur, son entrain, toute sa personnalité grisonne) – on se dit: irais-je dans ce milieu-là? on répond non et on « la sort ».
Je ne méprise personne. J’ai lu Bourdieu sur la misère du monde, et je sais que c’est un esprit de système qui rend cela possible. Ailleurs, dans ma vie professionnelle, j’essaie de changer les choses. Mais je ne vois pas pourquoi ma fille aurait à souffrir de l’état actuel des choses.
Posted 26 fév 2009 at 20:39 ¶Et je connais plein de jeunes qui sont heureux au public – le public n’est pas une honte, ni un problème absolu: juste difficile pour quelques uns. Quand même: heureusement que pour eux, il y a le privé, non?
Et… je suis moi-même issue du public. Y ai vécu sans trop de malheur. Je suis, je le répète, pro-bublic. Dans le meilleur des mondes.
Merci pour ce billet et pour le lien. J’avoue ne pas avoir lu tous les commentaires, faute de temps. Je suis allé au privé, tout mon secondaire. Et je suis certain que c’était aussi pire qu’au public. Ça été la pire période de ma vie. (Faut être fait fort pour être ado !)
Posted 26 fév 2009 at 22:26 ¶Ah parles-moi de ça! Enfin quelqu’un qui perçoit la problématique su-delà de ce qui est véhiculé par le message social!
Effectivement, l’enfant est aujourd’hui le boss. Il a le droit de crier des bêtises à l’adulte qui lui, n’a pas le droit de répliquer. Et s’il le fait, il entendra l’enfant (ou l’ado) le menacer d’appeller la DPJ… C’est qui l’adulte, au juste?
Non, on ne doit pas violenter, abuser et négliger les enfants, mais une sanction n’a jamais tué personne!
Bravo, votre blog est très pertinent et surtout, très intéressant!
Je vous invite à voir le mien:
http://blogs-fx.com/sorcieremalaimee/
S.M.A
Posted 27 fév 2009 at 19:14 ¶Je suis une personne qui est d’un naturel doux et jovial, mais artificiellement je me suis forgé une carapace de virilité et surtout de violence contre les imbeciles que la société traite de membres a part entiere, tout ca a cause de la violence et des insultes dont je faisais les frais lors de mes années au secondaire.
Je n’etais pas le plus brillant de l’ecole, mais disons qu’avoir 100% dans un examen final de francais, ca aide pas a te faire accepter de la masse qui a peine a comprendre les subtilités de la langue qu’ils parlent pourtant quotidiennement.
Cela en était deprimant. Mon estime de soi en a pris pour un coup, mais j’ai eu la chance immense d’avoir des amis plus grands que moi, physiquement et mentalement, qui m’ont aidé a passer par dessus mes craintes. Peter la face d’un des « etudiants » qui me prenait pour son toutou a aussi aidé. Puis en repliquant, en double, a toute atteinte contre ma personne, physiquement et mentalement, j’ai fini par dorer ce blason dont je me suis servi pour qu’ils me lâchent.
Apres avoir pris connaissance de ce que je devais faire pour me faire respecter, les insultes ne se faisaient plus entendre aussi haut, et me toucher devenait un risque a prendre.
Mais pourquoi ai-je dû recourir a la violence physique pour pouvoir etudier en paix ? Parce que j’ai le malheur de vouloir reussir ? Parce que je ne voulais pas etre dernier de classe ?
Et le pire dans tout ca, c’est que si, aujourd’hui, avec la force physique que j’ai obtenu a travers les années (du moins plus que dans ces temps la), et avec les connaissances diverses du monde que j’ai aujourd’hui, si je rencontre un des cons qui s’amusait a me frapper, je salive seulement a l’idée de ce que je pourrais lui faire, et que je lui ferais avec un plaisir presque obscene.
Autant j’ai de la misere a comprendre pourquoi, autant j’accepte que la société, dans son souci de vouloir sauver tout le monde, même les cas qui sont perdus, inflige des blessures a des personnes qui en ont pas besoin, et qui se tournent vers des gestes violents pour echapper, ironiquement, a la violence.
Posted 28 fév 2009 at 11:17 ¶Merci R4M2K… votre commentaire me touche beaucoup.
Posted 28 fév 2009 at 11:27 ¶Il y a quelques jours, le sujet de l’intimidation à l’école a pris une ampleur jamais vue au Québec, dans les blogues, dans les forums, dans les sites de commentaires des médias. Je suis certain que ç’a contribué à changer la perception des gens en ce sens qu’on a pris conscience que c’est un problème plus grave qu’on pensait. On s’est sensibilisé à cette réalité odieuse qui ferait souffrir au moins 10% des étudiants Québecois. Le jeune David Fortin d’Alma aurait fugué parce qu’il en pouvait plus de subir intimidation, humiliation, harcèlement. De ses 14 ans aurait-il fugué pour déclencher une campagne médiatique de réflexion sur ce phénomène ? À la fin d’une entrevue donnée à Denis Lévesque, de LCN, le père de David évoquait cette possibilité. Si c’est le cas, il est temps qu’il rentre au bercail pour relancer cette campagne. Il est temps qu’il contacte Claude Poirier, Paul Arcand ou un autre journaliste bien connu. Qu’il donne des entrevues, qu’il écrive dans un forum, qu’il se manifeste publiquement. Par exemple, il y a présentement un sujet d’ouvert dans le forum des Cowboys Fringuants. « Intimider, taxer, exclure, harceler, écoeurer » que ça s’appelle. Le sujet s’essouffle présentement. Il pourrait le faire dans le présent site aussi. David pourrait y exprimer son écoeurement envers la société qui n’a pas été capable de le protéger. On est prêt à recevoir son message même si ça va faire mal à entendre. Si par contre, David Fortin ne veut plus rien savoir de cette société, on comprendrait qu’il rentre chez lui et qu’on lui fiche la paix. Si c’est son souhait, on devrait être des centaines à tout faire ce qu’on peut pour le protéger des vautours des médias. Par contre, nous devrions continuer de réclamer des députés et des commissaires d’école que davantage soit fait pour diminuer le plus possible cette triste réalité de l’intimidation à l’école.
Posted 02 mar 2009 at 7:42 ¶Trackbacks & Pingbacks 4
[...] à jour du 24 février 2009, midi: Geneviève, chez Chroniques Blondes, en parle merveilleusement bien aussi, avec une conclusion aussi déchirante que bien groundée. [...]
[...] de l’énorme tabou entourant la violence dans nos écoles. Foglia en a parlé ce matin et Chroniques Blondes aussi, Patrick Dion avec beaucoup de doigté. Alors j’embarque dans le bateau comme [...]
[...] sujet des derniers jours me rappellent de mauvais souvenirs de jeunesse. Lire ici, ici, là, encore là, et là-bas. Mais aussi ici (j’aime la dernière phrase tout [...]
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