Ce soir, il y a neige.
Abondante, généreuse, joufflue.
De mon entrée à la ruelle, il y a soixante pieds à déneiger. Six heures de ce merveilleux combo cardio/poids qui aspire la Haagen Dazs de la hanche de la femme plus vite que vous pouvez prononcer « Desperate Housewives ».
Dans la ruelle, un honnête travailleur de la neige s’active sur sa charrue. L’honnête travailleur arbore une moustache. Grosse. Fournie. Fascinante.
Bon.
Dans la vie ma fille, il y a des circonstances où il faut pas faire la difficile. Surtout quand le moustachu arbore une pelle montée sur chenilles. Du genre que conduisait Sigourney dans « Alien »… Du genre qui déneigerait mes soixante pieds en une minute, treize secondes. Je suis déjà raide dingue de lui. Même sa moustache, je l’aime.
Emmitouflée dans mon Kanuk, un béret de vieille fille sur le crâne et un reste de Yulbiz étampé dans la face, mettons que Hélène de Troie, it ain’t me, Babe.
J’ai déjà été mieux amanchée pour négocier, mettons.
En même temps, je sais calculer quand ça compte; six heures de dur labeur versus une minute, treize secondes de mécanique pure.
J’y vais, armée de ce que nous – la Femme Québécoise – avons de plus redoutable en hiver, notre sourire Colgate toujours assorti à la tempête du jour. Les filles, tenez-vous le pour dit, quand on n’a rien à montrer, il faut sortir les dents.
- Monsieur, monsieur! Vous me chargez combien pour déneiger mon entrée?
- Ah ben, chais pas. Il y a une place pour mettre la neige?
- Au fond!
(sourire pure féminité, pure sincérité, flash, flash, flash).
Il me fait signe que c’est bon et il embraye.
Merde. On n’a pas négocié. Shit. Il va me charger la peau du cul. Et moi qui vient de laisser une de mes douze milles jobs, la seule qui payait steady.
- Monsieur! Monsieur!
Trop tard, il entend rien, bien au chaud dans sa cabine. Il fonce, il déneige, bang, bang, c’est fini.
Même pas une minute. Wow.
Il ouvre sa porte. C’est le moment de vérité.
- Et alors, vous me chargez combien?
Sourire mâle et moustachu, flash, flash, flash.
- Bah! Cadeau de St-Valentin!
Et le v’la parti sur sa machine à combattre les aliens, me laissant toute seule sur mon banc de neige, ma pelle désormais en lock-out (ou en grève, aujourd’hui tout le monde est bi).
Bref, qui a dit que la chevalerie était dead?!?
*This chronique is dedicated to B.A. Il se reconnaitra.












Comments 23
La neige joufflue! J’aime. Beaucoup.
Posted 28 jan 2009 at 22:34 ¶Merci Panthère… Elle vous fait la bise, la joufflue!
Posted 28 jan 2009 at 22:40 ¶Quelqu’un a remarqué que dans l’histoire de la mâlitude québécoise, la galanterie était disparue en même temps que la moustache?
Posted 28 jan 2009 at 23:53 ¶Il y a une étude à faire, là.
Cardio-poids et ÉTIREMENTS à votre insue oui … Heureusement qu’il y a encore de preux chevaliers, qu’importe la monture !
http://megotzille.blogspot.com/2009/01/si-javais-les-ailes-dun-ange.html
Je me sens comme Yvonne ces jours-ci …
Posted 29 jan 2009 at 0:51 ¶Haggen Dazs ou Häagen Dazs? Là est la question… Pas facile. Comme on se l’est posée la fin de semaine dernière, il me fait plaisir de vous faire remarquer que le deuxième choix l’emporte. C’est si clair lorsque nous l’avons sous les yeux.
L’important c’est que c’est si bon pardi!
Posted 29 jan 2009 at 4:20 ¶Hum… Plus sympa qu’un col bleu qui débraye ce mec! Ceci dit, ton sourire ferait fondre n’importe qui. Dommage que ce ne soit pas n’importe quoi!
) Bonne fin d’hiver xx
Posted 29 jan 2009 at 7:14 ¶Ah ben oui Sara, c’est vrai ça! Merci!
Posted 29 jan 2009 at 7:47 ¶PL@ ah oui, plus sympa qu’un col bleu!
Matante Catoo, vous avez ajouté les étirements vous? Donc, Pilates c’est mort?
Daniel! Two great minds think alike! Je me disais justement que la moustache faisait vachement « socio-bazzo » comme analyse du mâle québécois!
Posted 29 jan 2009 at 8:35 ¶Bravo ! Moi aussi, je réussis parfois à obtenir des petites faveurs des cols bleus de ma petite municipalité, sans montrer mon décolleté (chu un gars) et sans trop déranger l’horaire du gentil fonctionnaire…
Posted 29 jan 2009 at 9:54 ¶Mais, si tout le monde faisait ça, hein ? ils seraient encore à déblayer la tempête du 25 novembre !
Pas juste …….
Garamond@ c’était pas un col bleu, cette portion de la ruelle est privée… C’était le gars embauché par le building d’en arrière. Et je peux vous assurer qu’il n’y avait aucun décolleté en vue (rires)!
Ça aurait été le fun un col bleu. Ça aurait rehaussé leur image (en tout cas en ville, ils en ont bien besoin)!
Posted 29 jan 2009 at 10:21 ¶J’aurais aimé avoir un voisin aussi sympathique ce matin… Pendant les trente minutes où je déneigeais mon auto du banc de neige créée par la déneigeuse (ironique comme nom à mon avis…), mon charmant voisin était accoté sur sa pelle, faisant des paris avec son fils à savoir si j’allais réussir toute seule…
J’ai réussi, mais qu’il ne compte pas sur moi s’il a besoin d’une tasse de sucre
Une chance qu’elle est belle la neige joufflue!
Posted 29 jan 2009 at 11:42 ¶En passant, félicitation pour la job steady. Vous avez fait le bon choix. Je vous en admire davantage que c’est un choix déchirant quand on (se fait ch…) est à contrat.
Big up.
Posted 29 jan 2009 at 11:56 ¶Jess… me semble que la neige en dit beaucoup sur nos voisins…
Isabelle… Your « big up » means the world to me!
Posted 29 jan 2009 at 12:24 ¶La neige a surement amené q.q. chose dans l’air. Ce matin avec ma grosse pelle traineau, je me pamais devant le monticule infini qui tronait du derrière de l’auto jusqu’à la rue, agrémenté des soupirs de mon ado qui voulait pas arrivé en retard à l’école. J’entends au loin le son si mélodieux en ce matin d’un gros tracteur armé de sa souffleuse. Je dis à mon ado: ‘Ce serait l’fun que le monsieur dise…un petit coup de souffleuse madame’…… C’est ce qui est arrivé….je me pouvais plus de smiler.
Posted 29 jan 2009 at 15:06 ¶Non?!? Ah ça alors, c’est chaud comme histoire, Martine! Il y a quelqu’un qui a mis du truc euphorisant dans la neige ce coup-ci!
Posted 29 jan 2009 at 15:18 ¶Que j’te comprends. J’me souviens encore de cette fois l’an dernier avec ma voiture pris dans un banc de neige. Zigonne vers l’avant puis vers l’arrière et ainsi de suite. Puis, pour la première fois quelqu’un s’écriat « madame, madame, voulez-vous que je pousse? » Et moi toute énervée de répondre un méchant gros MOUIIIIIIIIIIIII…. Ça a fait mon mois
Posted 29 jan 2009 at 18:00 ¶Michelle, et t’as dit « ouiiii, j’ai bezoin », comme Emma!
Posted 29 jan 2009 at 21:53 ¶…et la Haagen Dazs sur la hanche ?
Posted 30 jan 2009 at 14:34 ¶Oui, sur la hanche. C’est très scientifique, la Haagen Dazs s’incruste directement sur la hanche. Et un peu sur la fesse aussi!
Posted 30 jan 2009 at 17:02 ¶« Les filles, tenez-vous le pour dit, quand on n’a rien à montrer, il faut sortir les dents. »
Posted 30 jan 2009 at 19:40 ¶Blondissime, tu transpires la sagesse… cette phrase n’en est qu’un pâle exemple. Le sourire est une arme de conviction massive irrésistible et encore sous-estimé.
- La fille qui, même en camisole-bretelle, n’aurait pas de quoi se faire siffler par un gars de la construction.
Ça marche le sourire Colgate. J’étais rendue à ma 5ième heure de pelletage de ma grande cour de mi-banlieusarde mi-campagnarde, , engoncée dans mon Kanuk et mon chapeau de castor quand l’immense charrue vint y déposer un deux pieds de neige sale et bien pesante.
Mon doigt d’honneur a bien failli se dresser, mais animée par l’instinct de survie, j’ai montré mes dents, en guise de remerciements.
Il est revenu. Il a repris ce qu’il avait déposé et en prime, il a repoussé le gros banc de neige d’un mètre.
Posted 31 jan 2009 at 10:30 ¶Fabulous Fab, arme de conviction massive! Oh que oui!
Michele@ ahhhh, que j’aimerais voir la photo de ce sourire-là!
Posted 31 jan 2009 at 11:24 ¶Sous la froidure, il y a des complicités qui réchauffent le coeur de la citadine
Posted 01 fév 2009 at 23:23 ¶