Katia Gagnon, la seule fille qui me fasse régulièrement pleurer alors que je ne l’ai jamais rencontrée, nous donne des nouvelles de Simon, ce petit garçon qui a trouvé, temporairement, refuge à L’Escargot.
Devenir « famille d’accueil » ou « famille adoptive » demande beaucoup d’humilité. Vous êtes examinés sous toutes vos coutures, psychologiques, conjugales, financières et physiques. On vous pose des questions sur votre vie sexuelle, votre consommation d’alcool, votre parcours professionnel. On vient chez vous voir si votre maison est apte à recevoir un enfant … ( merde, y’a plein de moutons de poussière en dessous des pieds de la T.S.)!
Le processus est long, rigoureux, exigeant.
Avec raison. Ces enfants là sortent justement de l’héritage souvent épouvantable de leurs « parents » biologiques.
Pourtant, c’est drôle, dans tous le discours sur la maternité et la paternité, dans l’annuel hommage sirupeux de l’incontournable « fête des mères » – la fête des pères est toujours moins glucosée, allez savoir pourquoi – il n’y a pas souvent d’histoires de « parents de la deuxième chance »…
Vous me le rappellerez, voulez-vous?











Comments 14
Touchant.
Posted 07 jan 2009 at 11:49 ¶Ça me rappelle cette histoire entendue à « This American Life », l’excellente émission de la radio publique américaine. Un couple adopte un enfant ayant passé les premières années de sa vie dans un orphelinat roumain, sans aucun contact affectif.
Ça a été plus que rock’n'roll mais ils ont continué. Des sains. Des vrais sains.
On peut écouter l’émission ici:
http://thisamericanlife.org/Radio_Episode.aspx?episode=317
Carl, merci pour le lien!
Posted 07 jan 2009 at 12:25 ¶A bien CB, je vois que je suis la deuxième à te suggerer cet épisode de This American Life. Too Bad!
Posted 07 jan 2009 at 15:21 ¶Je parierais que la majorité de nos familles ordinaires ne passeraient pas le test requis pour les familles d’accueil….
Posted 07 jan 2009 at 15:29 ¶@Garamond : Ce n’est pas impossible. Je suis chanceux en maudit dans la vie. En tant qu’enfant adopté, je dois dire que je trouve ça bien que mes parents adoptifs devaient avoir à remplir des conditions de bases (plus que de base en fait).
J’ai surtout été chanceux d’avoir été adopté par des Québecois plutôt que d’avoir grandi à l’orphelinat.
Posted 08 jan 2009 at 14:18 ¶Ce gros guignol ferme les fenêtres : http://www.vinvin.org/ – Il trie les commentaires, manque d’humour, pas sport.
Posted 08 jan 2009 at 18:57 ¶Je suis une enfant élevée en famille d’accueil à l’âge oû personne ne veut de nous: entre 13 et 21 ans!
J’ai eu la chance de « tomber » sur la famille idéale, aimante, droite, avec de bonnes valeurs, solide.
Je ne cesse de leur dire merci encore aujourd’hui. Ils m’ont élevée dans la pire période de l’adolescence. Ils n’ont jamais baissé les bras malgré ma révolte, mes crises d’angoisse et mes manques de confiance en moi.
Je suis devenue une adulte équilibrée en grande partie grâce à eux. Je pourrais écrire un livre pour expliquer mon histoire.
ce n’est pas vrai que tous les enfants en foyers d’accueil sont mal traités et qu’ils sont de gros problèmes qu’on est mieux de laisser à la DPJ.
J,ai connu l’amour inconditionnel par de purs étrangers et leurs deux familles (nombreuses) respectives.
Voilà. C’était mon témoignage.
Posted 08 jan 2009 at 23:53 ¶http://voldemots.blogspot.com/ http://www.petassecapitaliste.fr/ et femme libre comme si de rien n était ;D & http://kanya.over-blog.com/ et…
Posted 09 jan 2009 at 6:11 ¶http://plagiat.ec-lille.fr/
J’aimes beaucoup ce texte, vous avez absolument raison parce que dans ma famille immédiate ,depuis 8 ans , le couple cherche le moyen d’adopté,dabord chez les russes au début des années deux mille mais a la dernière minute il ferme l’adoption pour cause de trafiques d’organes incroyable! Chez les Chinois c’est long, et comme vous dites très catégorique, voir ridicul les critères , Le couple a payé 80 milles chez Ovo ou je sait plus ,la clinique de fertilisation près de Blue Bonnet ,tout ça avec plusieurs ovulation , des trucs de mère porteuse , etc etc 5 ans de suivit ! terrible .Le pire dissent -ils, c’est la loie du Québec qui donne le recourt légal aux parrents naturel de reprendre leur enfant après 2 ans d’adoption ,c’est très difficile.
Posted 09 jan 2009 at 19:06 ¶J’ai été aussi très émue par l’histoire de Simon et j’aurais aimé faire partie des familles évaluées mais un des critères était de ne pas avoir d’autres enfants, surtout de l’âge de Simon. Et pour Simon et pour l’enfant de la famille j’imagine. Alors j’espère aussi que Simon trouvera une famille aimante, pour ma part, je continue d’aimer les miens sans condition, c’est le mieux que je puisse donner ; en faire des adultes bons et aimants qui feront à leur tour de bons parents.
Posted 10 jan 2009 at 7:29 ¶Les parents de la deuxième chance ont rarement la chance de raconter leur histoire car l’enfant placé a droit à la confidentialité. Dans le cas d’un enfant placé en banque-mixte, les risques sont grands de publiciser l’histoire. Si les parents biologiques se reconnaissaient ou reconnaissaient leur enfant, les parents banque mixte courraient le risque de perdre l’enfant. Donc on reste discret, très discret. Je n’aime pas que ces articles laissent croire que la famille aimante est la solution pour des enfants en trouble grave de l’attachement. C’est rarement le cas. Au contraire même. En famille, les parents s’attachent à l’enfant et s’attendent, même sans le dire et le démontrer ouvertement, à ce que l’enfant s’attache à eux. Or, c’est justement le problème des enfants en trouble de l’attachement, ils ne peuvent plus s’attacher! Ces demandes affectives constantes les mettent jour après jour en situation d’échec et de malaise et ils réagissent en se défendant. Les couples qui acccueillent ces enfants se séparent, deviennent fous, vivent dans l’angoisse, la culpabilité et la dépression. Quand vraiment ils n’en peuvent plus, c’est brisés qu’ils retournent l’enfant avec une immense culpabilité et l’opproble social qui vient avec.
Les enfants en trouble grave de l’attachement manquent de contrôle interne, c’est une des caractéristiques de ce mal. Un cadre strict, rigoureux, fixe les apaise et les sécurise. L’espoir, c’est qu’avec des années d’encadrement, ils en viennent à intégrer un comportement adéquat pour fonctionner en société. Plusieurs enfants en trouble grave de l’attachement deviennent des adultes avec des troubles de la personnalité, les fameuses personnalité borderline ou autre. Pas tous, heureusement.
La solution? Intervenir précocement. Dénoncer votre voisin qui maltraite ou ne s’occupe pas de son bébé. C’est dans les dix-huit premiers mois de la vie qu’il faut intervenir. Ensuite, on fait du patchage du mieux qu’on peut. Mais les dommages sont permanents.
Posted 13 jan 2009 at 13:16 ¶Drôle de hasard, plus jeune mes parents ont acceuillis sur notre ferme 3 jeunes, ca fait plus de 30 ans déjà….hier un d’eux nous a retrouvé via Facebook.
Posted 17 jan 2009 at 17:07 ¶À cette époque à peu près n’importe qui pouvait héberger des jeunes en « famille d’acceuil ».
Plusieurs jeunes ont eu a subir presque pire parfois que ce qu’il vivait dans leur famille biologique.
Bonjour Mme Chroniques Blondes.
Posted 20 jan 2009 at 10:28 ¶Merci beaucoup pour ce post. J’ai mis tout mon coeur dans ce texte là.
On est à égalité: je vous fais pleurer, vous me faites rire à mourir avec votre Chez Jules. Surtout, continuez, ces capsules sont pour moi un petit moment bien personnel de gros fun dans une vie méga-remplie.
Katia Gagnon
Hey, Katia Gagnon qui me fait pleurer, bonjour!
Ben, je voudrais pas vous annoncer un scoop, mais ça parait que vous mettez tout votre coeur. Ça sort du papier (ou de l’écran)…
On va finir par partir un duo de stand-up « venez rire, venez pleurer »!
Posted 20 jan 2009 at 17:58 ¶