Samedi matin, j’étais dans la salle moche et poussiéreuse d’un centre communautaire pour assister à une assemblée d’investiture.
Masochisme? Non. Devoir de chroniqueuse. J’ai d’ailleurs bien fait, j’étais l’unique représentante d’un média, tous médias confondus. Pas de photographes, pas de micro, pas de spots. Juste des électeurs du quartier, des bénévoles, un président de l’âge d’or et quelques attachés politiques et autres organisateurs. C’était convivial et simple. Ça jasait du temps (il mouillait à la belge), d’une soirée dansante qui approchait à grands pas et, un peu, des élections. Mais pas trop. Juste assez.
C’était l’investiture du député du Parti Québécois dans Bourget, Maka Kotto, que je connais d’une vie antérieure. Ses collègues Martin Lemay, Bernard Drainville et Bernard Landry étaient venus. Juste pour « être là », parce que c’est sympa de le faire. Le candidat va bien, il n’avait pas besoin d’être particulièrement « appuyé ».
Monsieur le député a eu le temps de jaser en masse avec le monde de sa circonscription. Sa grosse voix de baryton basse mettait un peu d’Afrique dans la place. C’était cute à voir avec les vieux. Il y en a beaucoup dans Bourget et ils étaient là, avec leur coquelicot de l’armistice à la boutonnière, leurs parapluies et leurs bonnets crochetés. Ils lui prenaient la main, lui jasaient ça au creux de l’oreille. J’ai vu une dame à bouclettes blanches lui replacer la cravate. Un geste familier comme celui d’une mère… Vieux comme ça, t’as plus le temps d’être raciste. C’est l’image la plus réconfortante que j’ai vue ici depuis longtemps.
Bernard Landry était accessible, souriant, y’avait qu’à tendre la main et à se présenter. Pas de file, pas de body guard, pas d’attachés de presse nerveux.
Personne ne s’est tapé sur la gueule, il n’y a pas eu de sang, ni de grandes déclarations incendiaires.
Oh, y’a bien Maka qui a cité Sénèque « ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas; c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles ».
Mais fouillez-moi pour quoi, y’a pas eu d’émeutes.
All was well on the estern front.
Il m’arrive de regretter que ce qui va bien ne fasse pas plus souvent la « une »…
MàJ: Une autre facette de cette chronique se retrouvera évidemment demain dans le Journal de Montréal.











Comments 4
Tiens… je comprends certains de tes twitts de ce weekend. Entre la folie des guerres intestines et de la démagogie des sapins de Noël. Ton billet garde la flamme de l’espoir allumée.
Posted 10 nov 2008 at 14:39 ¶Tu soulignes dans ce billet (avec brio) ce qui fait défaut dans la plupart des médias traditionnels: la couverture locale (ou même hyperlocale). Le Web permet cette extension plus facilement.
Posted 10 nov 2008 at 14:45 ¶Patricia… au milieu des montagnes de déchets, il y a parfois des moments!
Sébastien@ c’était de l’hyper local… international!
Posted 10 nov 2008 at 16:35 ¶Quel beau compte-rendu ! Moi, je pense que Maka Kotto ferait un très bon remplaçant si Pauline Marois décidait de rentrer dans son château…
Posted 11 nov 2008 at 9:09 ¶On aurait notre Obama bien à nous !