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Ce n’est qu’un début, continuons le débat!

Y’a pas de débat. Mais c’est pas grave, puisqu’on y est, restons y.

Donc, à cette clinique du Morbihan, il y a après l’accouchement. Sept jours de joie et de bonheur. Vous avez bien lu, sept.  Et ça traite les « américaines » de douillettes!

Deux heures après l’accouchement, déjà, vous petit-déjeunez…  Avec du vrai café, des tartines beurrées et du miel dans un vrai pot.

Ensuite, masseur. Vous avez bien lu, masseur.

C’est la France. Avant de vous extasier, sachez qu’ils paient des sommes phénoménales en impôts de toutes sortes. En échange, vous recevez des allocations pour vous limer les ongles. J’exagère à peine.

Mais revenons au masseur. Qui débarque avec sa crème et ses mains magiques pour vous « replacer les organes ». Ben cou’ donc. Replace mon homme, replace, après le dix-huit roues qui m’est passé sur le corps, ce sera toujours ça de pris!

Ensuite débarque une infirmière « préposée à l’allaitement ». Qui se fait du soucis. Je fais de l’anémie. Normal, pendant la grossesse, j’ai fait une poussée de croissance. Deux pouces de plus. Ça arrive chez les très jeunes mères.

J’ai grandi,  mais je suis maigre comme un coucou et pour le lait, c’est que dalle.

Note qui n’a rien à voir – au début, je croyais qu’ils disaient « queue » dalle. Et j’ai aussi cru que ça avait rapport avec Béatrice Dalle et l’organe de Jean-Hugues Anglade dans 37.2. – Aucun rapport. C’est juste « que dalle » et ça veut dire « rien du tout ».

Mon infirmière « es lactation » se gratte le crâne. Elle me trouve maigre malgré des nibards hallucinants (voyez comme ça revient tout ce vocabulaire franchouillard? Je suis trop mûre pour une virée à Paris, moi).

Pas de lait. Que faire?

Nous essayons la feuille de chou (je vous l’avais dit qu’on était en France, et « en province » encore). Rien. Le désert de Gobi.

Ce ne sont plus des seins, ce sont des ogives nucléaires prêtes à anéantir les Talibans (avoir su)…

L’aide soignante a une idée. Elle revient avec trois bières. Vous avez bien lu, trois bières. C’est la France, bon dieu! Enfin, quoi.

De la bière bien brune. Du « pain liquide ». Que je bois, et glou et glou. Paf! Je suis paf!

Bébé phoque attend, patient. S’agite un peu. Réclamer? Il se tâte. Oui, ce serait chouette boire un coup. D’un autre côté, pleurer demande un certain effort. Bébé phoque, né sous le signe du Verseau un 14 février, n’aime pas les efforts. Par contre, il aime que toute la maternité se conduise comme des guignols devant lui.

Le « petit » docteur Le Goff vient me porter une boîte de chocolats fins. On n’accouche pas une Québécoise tous les jours, il a neigé sur Vannes pour la première fois depuis que les allemands sont partis et lui aussi veut me remplumer.

Il me trouve dans un état très gai. J’ai bu toute une bière brune et je chante « Lola Rastaquouère » avec entrain. C’est l’époque où Gainsbourg brûle des billets de cent francs à la télé. Qu’est-ce qu’on s’amuse! Le « petit » docteur me chante une chanson du service militaire.

C’est d’une crudité absolue. « En descendant la rue grosse couille, j’ai rencontré Marie Suzon, la belle aux seins ronds, qui s’en allait dire à sa mère, Maman les paras sont partis, moi je pars aussi », voyez le genre? La suite est infâme. Tout le monde rigole.

Le party est pogné dans la place. Même parfaitement détendue par le houblon et le rire,  toujours pas de lait.

Les chocolats disparaissent à une vitesse folle. Le seul qui n’a pas droit à une substance euphorisante, c’est le bébé phoque. Tout le monde étant syndiqué, la résistance s’organise.

Qu’on amène le biberon de monsieur!  Bébé Phoque a donc droit à de la formule française dans un vrai biberon de verre. C’est comme le cristal taillé pour le champagne. Quand on boit, on y met la forme dans le contenant aussi.

J’ai un peu allaité…  trois semaines. En dilettante. Et Bébé Phoque prenait le sein distraitement. En touriste.

Ça tombait bien, parce que pendant que j’avais droit à mes six semaines de massages post-nataux et à la rééducation de mes abdominaux, c’est la fiancée du masseur qui lui donnait son bib’ avant de pratiquer ses massages sur lui…

Ils paient beaucoup beaucoup d’impôts, les français. Mais pour l’art de vivre, putain, ils sont imbattables.

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Comments 20

  1. Nath wrote:

    Ah bien merde me suis trompée de pays… Avoir su… 7 jours, un masseur, la bière… Y a pas à dire ils savent y faire les Français.

    Posted 17 oct 2008 at 22:20
  2. Denis T. wrote:

    Phoque! c’est le meilleur billet que j’ai jamais lu de ma vie de matelot!

    Le Manitoba ne réponds plus, je l’sais et je peux bien aller me rhabiller, ça n’y changera rien à rien.

    Vive la France, torvis…

    Posted 17 oct 2008 at 23:22
  3. anita wrote:

    Voueye, ben ça a changé.
    Maintenant c’est trois jours et retour de la clinique au plein coeur du baby blues. ( qui est une manifestation d’abord physiologique avant de prendre une expression psychologique inconstante)
    Les raisons sont multiples, je ne vais pas détailler ici.
    Oui, c’était bien, cette période où certaines maternités se sont mis à faire attention aux bébés et aux mères en même temps. (Encore que la bière à 2 jours, euh. Mais bon c’était la Bretagne!)
    C’est pour ça que j’ai fait partie de ceux qui ont protesté contre la diminution de 3% de leur imposition. Sisi!

    Posted 18 oct 2008 at 5:56
  4. Garamond wrote:

    Une histoire inventée ? un scénario de film refusé ? Peux pas croire qu’on donne de la bière pour faire monter le lait…Du lait, passe encore mais de la bière ! et française, donc pas buvable ! Que d’imagination à un si jeune âge !
    Je reste sceptique…

    Posted 18 oct 2008 at 8:02
  5. Chroniques blondes wrote:

    Anita@ oueille, comme vous dites! C’était une autre époque, Mitterrand venait d’arriver, les pétales de roses étaient encore fraîches sur les pavés… Et dans certaines fermes, on mettait encore mouillait encore les lèvres des bébés au Calvados, alors la bière (anglaise) à la maternité, ça ne les choquait pas du tout…

    N’empêche. Vous avez encore trois jours? C’est trois fois plus qu’ici!

    Nath@ six semaines de massages et de rééducation abdominale. Remboursé par la « Sécu ». Et… ça marche! Les « relevailles » sont beaucoup plus faciles.

    Posted 18 oct 2008 at 8:49
  6. Otter wrote:

    500, des billets de 500 francs qu’il brûlait, le regretté Serge… :)

    Posted 18 oct 2008 at 11:53
  7. Une femme libre wrote:

    Ce texte donne envie d’accoucher maintenant, tout de suite, mais pas ici, hein, là-bas, avec le masseur, le chocolat et la bière et un bébé en prime. Délicieux tout ça et si remarquablement bien écrit. On en redemanderait et d’ailleurs, on en redemande!

    Posted 18 oct 2008 at 12:20
  8. Chroniques blondes wrote:

    Otter@ 500!!! Je le regrette encore plus! Imaginez aujourd’hui, la portée que ça aurait!

    Une femme libre@ Anita de « là bas » me dit que ce n’est plus comme ça… D’un autre côté, j’ai googlé mon « joli » docteur, et il pratique toujours! He he!

    Posted 18 oct 2008 at 12:24
  9. Matante Catoo wrote:

    Et les croissants ? Lollll !!! Ouep … on est loin des neons frettes de l’hopital Ste-Mary’s !

    Posted 18 oct 2008 at 18:30
  10. marie-lo wrote:

    Yup, la bière pour la montée de lait. Mon gynéco, un vieux de la vieille, m’a dit à ma sortie de l’hôpital, de prendre une bière en arrivant à la maison. Tsé, on se fait culpabiliser pendant toute la grossesse pour la moindre gorgée de vin, et là, mon gynéco génial me conseillait une bière? Ben ça fonctionne: j’ai même appelé au CLSC, en larmes, parce que je ne hurlait pas de douleur, alors qu’on m’avait dit que la montée laiteuse serait pire que l’accouchement… Pendant ce temps, merveilleuse merveille se gavait et repue, s’endormait sur mon énorme sein… Par contre, me suis replacée l’organe interne autrement qu’avec un masseur payé par l’état…

    Posted 18 oct 2008 at 19:51
  11. Caroline wrote:

    Pour continuer..ou clore le débat.

    J’ai accouché dans une chambre proprette d’hôpital, avec pas de bain relaxant et un moniteur pour toute surveillance. C’était mon choix. J’avais également choisi le combo médical « épidural-à-tout-prix » et ‘niaisez-moi-pas-trop-longtemps-s’il-faut-une césarienne ». Non, mais. Il n’y rien de trop médical pour sa mère. Les sages femmes me paraissaient justement trop sages. Et je préférais la seringue à leur chapelet. L’ironie de la vie, signalons-le au passage, a fait que j’ai accouché « naturellement » (à frette) et pratiquement sans surveillance (sauf le moniteur, of course).

    Le personnel médical, y compris la médecin, a été compétent, a manifesté de l’empathie, s’est fendu en quatre pour détendre l’atmosphère lors d’un bref, très bref, moment critique, etc. Rien à redire en ce qui concerne le « pendant l’accouchement ». C’est après, i.e lorsqu’on nous largue dehors deux jours plus tard, avec nos bleus, nos blues, bébé qui ne prend pas le sein et pour seul récompense une visite de 15 minutes, trois semaines plus tard, qu’on se surprend à prier pour qu’on s’en sorte…. Et qu’on regrette un peu la possible main tendue et la parole de la sage femme.

    Vos tranches de vie l’illustrent à merveille, je trouve: ce qui fait cruellement défaut aujourd’hui c’est du personnel compétent (pas juste notre mère avec ses méthodes de grand-mère) et une ambiance HOSPTALIÈRE, i.e également sensible aux besoins de la MAMAN. Même s’il arrive que les méthodes de grand-mère soient le meilleur remède: la bière (ou le p’tit fort) pour les montée de lait, c’est génial disait ma belle-mère. Et elle avait raison.

    Posted 19 oct 2008 at 0:58
  12. Caroline wrote:

    Oups. J’ai oublié trois mots: ce qui fait cruellement défaut aujourd’hui c’est du personnel compétent APRÈS L’ACCOUCHEMENT (pas juste notre mère avec ses méthodes de grand-mère) et une ambiance HOSPTALIÈRE

    Posted 19 oct 2008 at 1:02
  13. camionneuse wrote:

    Pis c’est toute vrai ton histoire! Tu vas en faire un scénario dis?

    Miel dans le pot, croissants, p’tite bière, chocolats fins, chansons grivoises, en se faisant masser!

    Ça fait de bonnes idées de sorties…

    Tu vois, la vie n’a pas changé tellement pour toi!

    Posted 19 oct 2008 at 14:06
  14. Chroniques blondes wrote:

    Camionneuse@ Toute vraie! J’invente juste la semaine!

    Anyway, la vie a beaucoup (beaucoup) plus d’imagination que nous!

    Posted 19 oct 2008 at 17:52
  15. Prof Malgré Tout wrote:

    La meilleure chose que vous racontez, c’est vous!

    Têteux, hein?

    Posted 19 oct 2008 at 18:59
  16. So' wrote:

    Mmmmmm j’aurais pas assez d’un commentaire indigné pour déplorer les conditions de suivi et d’accouchement de la femme en France. Quand on reprend les recommandations de l’OMS sur le sujet, la France ne suit quasiment aucune des recommandées, et viole quasiment tous les interdits.
    A part quelques chanceuses de super cliniques, le choix est soit :
    - accouche chez toi seule, sans péri, à la roots, et prends ton parti s’il y a un problème ou
    - rentre dans une système archisurmédicalisé ou tu n’as absolument pas ton mot à dire sur la façon dont tu as envie de mettre ton enfant au monde.

    En plus, moi j’ai pas vu la moitié de l’ombre de la queue d’un masseur.

    Et que, par contre, j’ai bu plein de bière sans alcool (à(pas fournie par la mater hein, par mon chéri!)
    et que ça a drôlement bien marché sur ma production lactqiue.

    Posted 20 oct 2008 at 7:28
  17. So' wrote:

    Prof > têteux, ça veut dire.. lèche bottes? (si oui je note l’expression, j’adore)

    Posted 20 oct 2008 at 11:09
  18. La Dame de Nage wrote:

    Sauf que la majorité des Françaises accouche à l’Hôpital pas à la clinique !
    J’ai eu le droit à un extra de l’aide-soignante : « Vous êtes seule ? Avez-vous de l’eau de Cologne ? Je vais vous frictionner le dos, ça vous fera du bien. » Ce qui rendit une copine jalouse. Je dus me battre pour rester plus que 5 jours [Car j'étais seule avec mes deux mousses]… et je n’eus pas de rééducation post-natale, ni par l’hôpital, ni par le médecin traitant. C’était, il y a 19 ans, 5 ans plus tôt j’étais restée 7 jours et j’avais eu des séances de kiné. Je vous rassure, les impôts n’ont guère baissé … Heureuse que certaines en profitent.
    Sinon, les femmes qui allaitaient avait un supplément laitier, de succulents flans faits maison pour Aîné, des trucs de supermarché pour Benjamin … sous prétexte de la sécurité alimentaire … et d’une vulgaire loi européenne !

    Posted 20 oct 2008 at 14:50
  19. Chroniques blondes wrote:

    Dame de Nage@ bienvenue ici!

    Une friction à l’eau de cologne! Ouaip. D’après vos dates, ça correspond tout à fait. Moi, c’était à l’époque de votre « 5 ans plus tôt ».

    C’était pas un hôpital, juste une petite maternité de province. Et les plateaux repas étaient délicieux.

    Posted 20 oct 2008 at 16:08
  20. So' wrote:

    ah oui, pour visualiser l’évolution de l’accouchement à la française… j’ai accouché il y a 3 ans!
    Et moi je suis partie au bout de 3 jours (en les suppliant), je n’en pouvais plus, je voulais rentrer chez moi !!!
    De 6h à 13h c’est la valse des médecins, aides soignants, puers etc etc, alors que tu rêves de dormir.
    Et l’après midi ce sont les visites où tu te retiens de hurler « barrez vous je veux dormir » à tes beaux parents, ou aux neveux des collègues etc (depuis 3 ans je ne vais JAMAIS voir une jeune accouchée à la mater).
    De quoi rendre fou n’importe qui, mais encore plus quelqu’un qui vient de prendre 2 bonnets de sous-tif en une nuit, de se faire allègrement découper puis recoudre le périnée, et qui après avoir douillé pendant 16h pour expulser un truc de la taille d’une pastèque n’a pas dormi plus de 3 heures d’affilée depuis. (et je parle même pas de la chute hormonale)

    Posted 21 oct 2008 at 5:25