Chronique publiée la semaine dernière dans le Journal de Montréal.
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Un récent sondage du Dominium Institute nous apprend que 83% des Canadiens qui ont entre 18 et 25 ans ont un profil sur Facebook. 81% d’entre eux ont un cellulaire, ce qui leur permet de rester en contact permanent avec leur réseau social, que ce soit Facebook, Twitter, My Space ou leur boîte de courriel.
En pleine campagne électorale, comment les partis politiques nationaux se servent-ils ces formidables outils de communication? Comme des pieds!
Malgré le fait qu’ils soient plus accessibles que jamais, moins de 3% de ce jeune électorat branché a été rejoint par les partis politiques via les nouveaux médias!
Pour un Denis Coderre qui alimente son Facebook – Denis a 3,852 « amis » - et fait des mises à jour quotidiennement, il y a tous les autres qui se servent de leurs pages comme d’un entrepôt à pancartes électorales. C’est statique, scolaire et surtout, à sens unique. Convaincus qu’il suffit de planter un programme, la vidéo d’une visite d’usine et un slogan en ligne pour entrer dans la modernité, nos chefs de parti vont serrer des « vraies » mains avec le sentiment du devoir accompli.
Et ils tournent le dos à la jeune génération.
Les « politiques » ne sont pas les seuls à passer à côté de l’esprit du Web. Dans beaucoup de sphères du pouvoir, on a tendance à jeter un œil condescendant aux nouveaux médias sociaux. Demandez à n’importe quel « baby boomer » dans un poste décisionnel ce qu’il pense de Facebook et vous obtiendrez une charge de mépris digne d’un aristocrate devant un tas de fumier. « Facebook ? Une niaiserie pour ceux qui ont du temps à perdre »!
Ce n’est manifestement pas l’opinion de Barack Obama qui s’est allié les services de Chris Hugues, un des fondateurs de Facebook, dès le début de la campagne d’investiture. En s’investissant avec simplicité dans cette arène qui démocratise le débat, Obama donne au « simple citoyen » le sentiment que lui aussi a été invité dans le cercle du pouvoir. Que sa voix compte. Que ses opinions sont lues et entendues par l’équipe à qui il pense donner son vote.
Cette présence active sur le Web s’est révélée extraordinairement payante pour le sénateur de l’Illinois. Essentiellement, Obama a compris une des règles de base d’une relation, qu’elle soit virtuelle ou « dans la vraie vie »; pour qu’il y ait un engagement, il faut qu’il y ait un échange.
Bien sûr, nos partis politiques ont une présence en ligne avec leurs sites officiels. Justement. C’est « officiel ». Et donc aussi convivial qu’une déclaration d’impôt. Pour être juste, le Bloc Québécois a fait un effort avec leur section « venez discuter ». Gilles Duceppe y écrit des billets et il semble avoir compris qu’il valait mieux privilégier de courts billets pertinents à de longues tartines indigestes. Michelle Blanc, consultante en marketing Internet et en stratégie Web, a souligné ce bon coup; « Je lui donne une très bonne note pour ça. On peut effectivement vérifier que sur leur blogue, la discussion s’engage vraiment ».
La vocation première des réseaux sociaux n’est pas l’information, mais le dialogue. Dialogue qui à défaut de pouvoir se pratiquer facilement « dans la vraie vie » a au moins le mérite d’ouvrir les canaux et les esprits. Voilà l’utilité d’un outil de communication comme Facebook dans un contexte de campagne électorale.
Avec les nouveaux médias sociaux, les partis politiques ont une Ferrari entre les mains… Mais faute de savoir la conduire, ils la laissent dans le garage et se contentent de prendre l’autobus.
Comments 9
J’adore la métaphore de la Ferrari. Oh, tellement, tellement vraie!
Posted 07 oct 2008 at 11:35 ¶Je ne dirai pas lequel, mais j’ai fait le site d’un des candidats… (plus exactement, je n’ai fait qu’appliquer ce qu’on me demandait en moins de temps qu’il faut pour dire Facebook),
Oh boy, qu’ils partent tous de loin! Déjà, leur faire admettre de mettre leurs trucs sur youtube est tout un exploit et ils crient au miracle! C’est pas compliqué: ces gens-là ont la culture Blackberrienne : ils ne pensent pas, il réagissent. La stratégie web est à peu près à 3 galaxies loin de chez eux!
Oh alors Tassili, vous êtes une héroïne!
Merci pour la Ferrari!
Posted 07 oct 2008 at 11:51 ¶Merci beaucoup pour la mention et pour l’artcile qui je l’espère, devrait allumer les lanternes de nos politiciens, au moins d’ici la prochaine campagne…
Posted 07 oct 2008 at 12:09 ¶Michelle… au provincial? J’ai très hâte de voir ça!
Posted 07 oct 2008 at 12:50 ¶Mine de rien,mon zamoureu economiste a eu un bel echange justement sur la page Fessebouque de Barrack avec les 2 economistes du dit Monsieur qui sont,by-the-way,toujours en ligne sur l’aplication “chatt” et qui se sont montrés completement entousiastes face à la reaction des dudes economistes du Quebec et à l’appui qu’ils sentent recevoir suite au lendemain de brosse monumental du bailout.
Posted 07 oct 2008 at 15:21 ¶“règles de base d’une relation, qu’elle soit virtuelle ou « dans la vraie vie »; pour qu’il y ait un engagement, il faut qu’il y ait un échange.” Tu pensais jamais si bien dire !
Matante Catoo! Wow, c’est donc ben hot!
Posted 07 oct 2008 at 16:20 ¶Avec la dernière phrase, c’est une excellente démonstration du pourquoi ils manquent le train, en tout cas…

Posted 07 oct 2008 at 16:57 ¶Oh Intellex! Très “fin”! Subtil!
Posted 07 oct 2008 at 17:01 ¶Chroniques Blonde, tu est formidable. Un super exposé sur l’utilisation de l’internet. Toi tu connais l’affaire…Est-ce que tu écoute aussi les Star Trek, Star Wars, etc!?
Posted 07 oct 2008 at 20:09 ¶Post a Comment