L’autre Desjardins

Il y a deux semaines, dans une belle indifférence, sortait le DVD des “Plouffe”.
En lisant David Desjardins, tout à l’heure, je pensais à Ovide, étriqué dans son costume, sa famille, son pays… la main sur la hanche d’une Rita Toulouse qui aimerait bien qu’il soit un peu plus “comme tout le monde”, et à l’ampleur de sa révolte parce qu’il “n’y a pas de place pour les Ovide Plouffe du monde”.

C’est un texte qui fait mal parce qu’il est juste.

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Comments 10

  1. Jesse wrote:

    Salut,

    Je ne crois pas le texte juste pour deux raisons. Premièrement, Desjardins se place au dessus du peuple et en est quelque peu méprisant. Sans offense, mais je crois que c’est exactement pour cette raison que le monde suivent pas les artistes, parce que la majorité d’entre eux passe leur temps a se dissocier d’eux a moins bien sur qu’ils est besoin d’eux (promotions / subventions etc…) L’artiste est trop occupé a célébré sa différence face au peuple pour réussir a connecté avec lui.

    Deuxièmement, les Jack Layton, Duceppe et autres avant d’être des politiciens sont des humains! Je sais que c’est un fait bizarre, mais tout n’est pas nécessairement syndrômes de récupération politique. Parce que Gilles Duceppe décide que la culture est un sujet qui lui tient a coeur et qu’il veut défendre ne fait pas de lui une rapace politique. Les gens n’en parlait pas avant alors pourquoi les politiciens auraient du eux en parlé?

    Je trouve que c’est un texte méprisant qui sans savoir retire d’emblé toute possibilité de bonne foie, bonne action etc.

    Voilà.

    Posted 28 sept 2008 at 14:03
  2. Marc Desjardins wrote:

    Je doute fort que les artistes, à part les richissimes qui ne demandent pas de subventions, se distancient du public. Au contraire, la plupart d’entre eux créent d’abord et avant tout pour que le public les entendent. Il n’y a pas que la culture d’élite dans ce portrait. Il y a aussi toute la culture populaire qui n’en est pas moins menacée et ça inclut les émissions de TQS et les concerts de Céline Dion puisque, quelque part, tout succès est d’abord parti d’une recherche plus abstraite qu’il faut nourrir et soutenir.

    Le grand problème ne tient pas dans les simples coupures conservatrices récentes mais dans toute l’attitude générale de ce Gouvernement face à ce qui a trait à la culture et surtout à l’expression sans censure de la conscience d’un peuple au travers ses bardes. Ça a commencé par la nomination de deux parfaites nouilles coup sur coup, Bev Oda et Josée Verner. La culture ne nait pas du vide, elle est enfantée par le peuple d’où proviennent les créateurs. De plus, il ne faut jamais oublier que les artistes sont les plus petits subventionnés de notre société. Les agricultures pro-Harper de l’Alberta le sont bien plus et les pétrolières (qui ne paient que 17% d’impôt) le sont encore plus.

    Ce qui me fait penser à cette déclaration du candidat libéral dans Outremont, Sébastien Dhavernas sur le sujet:«Stephen Harper dit aux artistes que si leurs oeuvres sont valables, elles trouveront leur public. Allez donc dire aux fermiers subventionnés que si leurs tomates sont bonnes, elles trouveront leurs assiettes…»

    Toute cette suspicion face à ce qui est un peu plus pensé, un peu plus littéraire ou réfléchi (pensez aussi à Sarah Palin) est très bien évoquée par Alain Dubuc dans sa chronique d’aujourd’hui, sous le nom du syndrome Forrest Gump à lire à http://www.cyberpresse.ca/opinions/chroniqueurs/alain-dubuc/200809/28/01-24284-palin-et-le-syndrome-forrest-gump.php.

    On tremble un peu.

    Posted 28 sept 2008 at 16:23
  3. Chroniques blondes wrote:

    Salut Jesse! Je n’ai pas lu le papier de Desjardins comme un papier de mépris. Du tout. Plutôt comme l’expression d’une certaine souffrance… Etre différent, c’est difficile. Il y a des périodes de nos vies où tout ce qu’on aimerait, c’est être comme les autres! L’adolescence par exemple. Et quand on n’est pas “comme les autres” très souvent, on est seuls. C’est souffrant. Alors pour mieux vivre avec cette solitude difficile, on se fait une carapace.

    Je pense qu’elle vient de là, la distance dont vous parlez. Pas du mépris, mais de la blessure toujours ouverte de ne pas avoir été accepté par “le groupe”. Les normaux, ceux qui fonctionnent bien, qui vont bien, qui s’harmonisent.

    C’est sûrement pour ça que les artistes la célèbrent, cette différence. Parce qu’ils en ont beaucoup souffert aussi.

    Voilà…

    Hein Marc?…

    Posted 28 sept 2008 at 16:47
  4. Marc Desjardins wrote:

    …tout à fait, Geneviève…

    Posted 28 sept 2008 at 17:15
  5. Jesse wrote:

    Considérant que je suis moi même un artiste et moi même faisant partie intégrante du domaine je suis contre les coupures bien sur. Ce n’est pas sur le fond mais sur la forme de l’article que je ne suis pas d’accord.

    La façon de peu être pas méprisé, mais du moins de ne pas s’inclure soit même.

    Je suis pas contre supporté je suis contre le fait de détourné le débat sur le peuple parce que une incompétente (la on s’accorde) fait des promesses a une partie de la population.

    Je sais ce que veux dire être différent et je peux comprendre que certains artistes soient blessé par sa… Par contre je pense que sa n’a pas sa place dans le débat actuel peu être après…. mais maintenant?

    Posted 28 sept 2008 at 23:50
  6. Garamond wrote:

    Jesse dit : «sa (sic) n’a pas sa place dans le débat actuel peu (sic) être après…. mais maintenant?»
    Eh ben oui, mon Jesse ! Vois-tu, on est à deux semaines des élections où un gouvernement de droite, moralisateur, méprisant pour la culture, les intellos et les artistes, risque d’être élu.
    Vite ! alertons tous ceux et celles qui veulent éviter une telle catastrophe !
    Allons voter contre ce parti conservateur, qui a laissé tomber le mot «progressiste» de son nom !

    Posted 29 sept 2008 at 7:26
  7. samie coton wrote:

    L’anti-intellectualisme (et l’anti-artistique) est la réponse populaire à l’élitisme et à la pédanterie, à la prétention à la supériorité (aussi bien lorsqu’elle s’exprime sous la forme de la prétention à la Différence, de la singularité singulière), prétention qu’a longtemps cultivée une certaine élite artistique et intellectuelle, justement.
    Nous sommes tous différents, les artistes pas plus que les autres… ils n’ont pas d’aura particulière. Certes, leur métier est différent, singulier, leur participation à la vie citoyenne spécifique, essentielle selon moi, mais de la même façon qu’est spécifique et tout aussi essentielle la participation de chacun-e à la vie citoyenne. Travaillons plutôt à abolir ces clivages “intellectuels et artistes” vs “peuple”: les intellectuels et les artistes font partie du peuple. Ils sont des gens comme les autres: ils votent, pensent, et doivent travailler pour vivre, acheter du beurre; ils font la fête, l’amour…
    C’est l’idée longtemps cultivée de la singularité singulière (je me répète), relayée par l’idée d’une aura romantique, qui a gâché la sauce. Le métier des artistes est de signifier le monde; ce n’est ni mieux ni pire, mais tout aussi essentiel, que celui de réparer des moteurs, des dents, vendre des tomates…
    Je suis peut-être hors sujet, mais, justement, c’est un sujet qui me tient à coeur. On a tout à gagner à déjouer aussi bien l’anti-intellectualisme, l’artiste-bashing, que la pédanterie élitiste.

    Posted 29 sept 2008 at 9:27
  8. David wrote:

    À mon avis, si l’on considère arrogant de la part des artistes de s’approprier l’intellectualisme, il est tout autant navrant qu’une autre moitié de la société s’approprie la notion de “peuple”.

    Le peuple, c’est tout le monde, les riches et les pauvres, les artistes et les employés salariés. Ça m’enrage d’entendre certaines voix clamer haut et fort que les artistes ne contribuent pas à la richesse commune. Une société moderne sans idées, sans design, sans divertissement ? Vive les artistes, au contraire !

    Et pendant qu’on tirer la corde chacun de notre bord, on reste une société qui évolue en traînant les pieds.

    Posted 29 sept 2008 at 22:24
  9. Chroniques blondes wrote:

    Samie@ ce qu’il y a de bien dans vos propos, c’est qu’au fond, c’est les préjugés des deux bords qui font mal.

    Pour la différence aussi c’est vrai qu’on l’est tous.

    Mais je sais un truc vrai de vrai. Si tous les “différents” ne deviennent pas des artistes, tous les artistes - pas forcément des vedettes - viennent d’une sorte d’exclusion par rapport à “la norme”.

    Comme dirait Jerry Seinfeld, “we never got to be the guy who got the cheerleader”.

    Posted 30 sept 2008 at 2:24
  10. Adeline wrote:

    Bonjour,

    Je vous prie de m’excuser. Je n’ai malheureusement pas trouvé comment vous contacter autrement que par commentaire.

    Je souhaitais vous faire découvrir le service Paperblog, http://www.paperblog.fr dont la mission consiste à identifier et valoriser les meilleurs articles issus des blogs. Vos articles sembleraient pertinents pour certaines rubriques de Paperblog.

    En espérant que le concept de Paperblog vous titille, n’hésitez pas à me contacter pour toutes questions ou renseignements…

    Adeline
    Responsable communication

    Posted 30 sept 2008 at 8:53

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