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Ian et les autres…

29 septembre, son anniversaire. Si vous n’avez pas vu « Deadwood » c’est qu’il vous reste des heures de plaisir devant vous. Uniquement à cause de lui et de son juron préféré « cocksucker »…

Ian McShane ou l’art d’habiter un écran en ne faisant absolument rien. Minimaliste. Avec une gueule comme la sienne, il faut dire « qu’en faire » serait probablement un pléonasme.

La photo a été prise sur le plateau de « Death Race 2000″ – tourné à Montréal, dans Pointe St-Charles. Une production Universal.

Dans le volet politique, une production américaine, c’est de l’argent « frais » qui reste au Québec. Hôtels, services, restaurants, techniciens, artisans, acteurs, créateurs… Sans compter les matériaux nécessaires aux décors généralement démesurés, les costumes, les traiteurs, les maisons de service cinématographique et la bière.

C’est aussi une occasion en or pour nos meilleurs créateurs et techniciens de travailler avec de gros budgets, donc de s’améliorer et d’apprendre. Qui dit « gros budget » dit aussi « plus de moyens » pour travailler. Ce qui profite ensuite aux plus petites productions du Québec. Un technicien au meilleur de sa job est un technicien qui a plus d’outils entre les mains pour travailler mieux. Aussi simple que ça.

Dans les grandes années, celles de « Aviator » de Scorcese, celle de « The Mummy », celle de « 300″, c’est jusqu’à 200 $ millions dépensés par les studios américains qui restent ici. Par année.

Cet été, il n’y a eu aucun tournage américain en sol québécois. Pour toutes sortes de raisons extérieures. Mais aussi pour des raisons intérieures. C’est absolument faux de dire que les productions américaines font grimper les salaires des techniciens québécois. Ils gagnent mieux leur vie sur les productions américaines, c’est une évidence. Ce qui leur permet ensuite de faire des productions québécoises à moindre salaire. Ce que tous ceux que je connais font. Ils font très bien la différence entre une méga production et une production locale. Évidemment, quand « ça tourne en ville » les meilleurs sont moins disponibles et donc, moins négociables à rabais…

Si les américains doivent impérativement monopoliser nos écrans, ce qu’ils feront de toutes façons à moins qu’on ne se décide enfin à se bagarrer pour nos écrans et à imposer une taxe spécifique sur le billet d’entrée pour mieux financer nos productions, autant que les grands studios laissent l’argent de leurs productions ici. Et que tout le monde en bénéficie.

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Comments 5

  1. Marc Desjardins wrote:

    Le seul truc un peu déprimant, et là-dessus, je le tiens de Jacques, mon meilleur ami et collègue de ton ingénieux. Selon lui, on est condamnés à faire des panouilles alimentaires et sans grande envergure, amenées par nos politiques d’assistance. Il paraît qu’en général les executive producers et autres pseudos du milieu servant ces «Direct to DVD» sont chiants au possible. Idem du côté des réalisateurs. Les fois où il a eu à travailler avec un réalisateur intelligent et intéressant ou une équipe particulièrement allumée, il n’a pas tari d’éloges… Mais c’est rare.

    Mais la logique est là: les productions qui iront exploser à Sundance et seront citées par tous n’ont pas les moyens de se payer un lot de pétards ou un décor géant à l’extérieur des studios Mel’s. Dommage… imaginons le trésor d’apprentissage que vivraient nos techniciens s’ils pouvaient travailler avec les frères Coen ou un DP comme Oliver Stapleton… Miam…

    Posted 01 sept 2008 at 21:37
  2. Chroniques blondes wrote:

    Marc@oui, souvent, mais pas toujours. Par exemple « 300″ – on aime ou pas le look Frank Miller, mais c’est très réussit. Les petits films à la Sundance, on en fait déjà ici, avec les mêmes (!!!) moyens de production. Je ne parle pas de contenu mais de genre de tournages… Et bon, un « petit » film, c’est pas une garantie de qualité non plus! Je pense que, comme en toutes choses, il faut un équilibre.

    Posted 02 sept 2008 at 6:57
  3. Garamond wrote:

    Une des causes qui éloignent les productions américaines serait les syndicats…
    Il y a aussi Vancouver et Toronto qui veulent leur part du gateau et qui luttent très fort pour l’obtenir.
    Les Américains viennent à Mtl surtout quand ils recherchent un décor «européen» et de bons techniciens pas chers…

    Posted 02 sept 2008 at 7:12
  4. djipi wrote:

    J’aime beaucoup cette claque derrière la tête au Seigneur Roger Frappier, ce matin. Merci.

    Posted 02 sept 2008 at 8:01
  5. Chroniques blondes wrote:

    Garamond@ il y a plusieurs facteurs… pas forcément les syndicats. Bien sûr, il y a eu cette division entre IATSE et AQTIS, c’est réglé. Il y a, encore, ce vote de la SAG (les acteurs américains) qui, lui, n’est pas réglé. Mais il y a aussi qu’on pourrait faire les choses autrement.

    C’est économique. Pas culturel.

    Posted 02 sept 2008 at 8:53