Semis de culture

C’est le printemps. Semons.

Ă€ la Tohu, une exposition magnifique et lumineuse dans un lieu magnifique et lumineux.

LivrĂ© par le facteur ce matin “The gang that wouldn’t write straight” - l’histoire de quelques illuminĂ©s allumĂ©s - et des fois carrĂ©ment dopĂ©s - qui ont changĂ© le journalisme en AmĂ©rique; Wolfe, Thompson, Didion, Capote, Mailer…

Et “Swimming in a sea of death” - de David Rieff sur la mort de sa mère, un monstre, une femme, une essayiste formidablement douĂ©e, Susan Sontag. Je dois ma dĂ©couverte de Sontag Ă  Paule Baillargeon, que je ne remercierai jamais assez.

Add. Et une autre vision de Sontag, chez Assouline.

Comments 1

  1. Marc Desjardins wrote:

    Lire Susan Sontag c’est essentiel pour n’importe quel individu un tant soit peu intelligent vivant au QuĂ©bec… c’est surtout la preuve lumineuse du fait que les États-Unis sont une terre aussi fertile que l’Europe pour une pensĂ©e intellectuelle cohĂ©rente. Encore aujourd’hui, j’ai beaucoup d’amis qui snobent la culture amĂ©ricaine comme uniquement une culture populaire prĂ©fabriquĂ©e et qui ne jurent que par les esprits français comme Bernard Henri-LĂ©vy qui est passĂ© de philosophe remarquable Ă  mondain insupportable.

    J’ai toujours trouvĂ© chez Faulkner, McCullers, DosPassos, Updike, etc. une bien plus grande filiation littĂ©raire qu’avec les Robbe-Grillet, Duras ou Yourcenar et je continue Ă  lire plus en anglais qu’en français, en rĂ©action peut-ĂŞtre… Par contre, autour de moi, on se moque doucement de moi en invoquant les structuralistes et les disciples de Barthes…

    C’est dans la pensĂ©e Ă  la fois rebelle et hautement construite des Sontag, Trilling, Chomski, Marcuse ou de mon amie Naomi Wolf que j’ai mĂ»ri ma rĂ©flexion et ma vision du monde. Quand j’ai dĂ©couvert Nègres Blancs d’AmĂ©rique au collège, j’ai senti toute mon amĂ©ricanitude.

    Je dois ma propre vraie dĂ©couverte de Sontag au merveilleux Robert Lalonde qui, du mĂŞme coup, m’a sauvĂ© la vie… En 1985, je revenais au QuĂ©bec après des mois d’un exil riche oĂą j’avais pu crĂ©er tout ce que je voulais. Je retrouvais ici une pensĂ©e Ă©triquĂ©e sans modernisme qui me donnait envie de disparaĂ®tre. Un après-midi, au bar de l’Express, un de ces prĂ©cieux hasards me faisait m’asseoir Ă  cĂ´tĂ© de Robert, un ami, qui avait fait partie de mes ateliers d’impro. Il arrivait de New York, d’une convention d’Ă©crivains. Il avait les yeux brillants de sa rencontre avec Susan Sontag… Il a passĂ© deux heures Ă  me parler Ă  la fois d’elle, de l’envie de vivre et de crĂ©er et du courage de changer les choses… Je sortais de lĂ  ragaillardi et je courus acheter tout Sontag… Merci Susan, merci Robert!

    Pour ce qui est du livre de David Rieff, Ă  l’occasion de la FĂŞte des Mères, c’est un des rares ouvrages aussi lumineusement rĂ©vĂ©lateur de la filiation entre les mères et les fils… Rare et prĂ©cieux, sobre et sans mĂ©lodrame… Merci, blondissime d’en parler ici… et de rester branchĂ©e sur les mouvances culturelles.

    En passant, il y a un nouveau Mamet d’arrivĂ©! J’ai hâte! Toi?

    Posted 09 mai 2008 at 8:19

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