Les enfants de nos vies
Intellex a écrit un billet là là… Comme dirait Avard, “parce que c’est aussi ça la vie”.
J’étais belle mère à dix-huit ans. D’un petit Frédéric de six ans, tendre, fragile et anxieux. Je débarquais en Bretagne, il m’a fait connaitre les bateaux dont il connaissait tout, les glaces Miko, les tables bancales, le stress du CP1 et les joies de prendre soin d’un plus petit que soi. Un petit français en pull marin. Quand j’ai quitté son père, je n’ai eu qu’un regret, Frédéric.
J’ai refais ma vie à Montréal, lui a continué la sienne sur les rives du golf du Morbihan.
Et puis, l’été de ses dix-sept ans, il est venu voir de quoi il en retournait en terre d’Amérique. Il a passé l’été chez nous, nous avons repris la conversation là où nous l’avions laissée.
Il est devenu notaire maritime, il s’est marié, il a un fils.
Et j’ai compris un truc; on n’est pas “un rôle”, ni mère, ni belle-mère, ni blonde de, ni quoi que ce soit.
On est là, avec cet être là, ou on n’y est pas.
L’amour est conditionnel aux affinités, comme avec les grands.
*** Add: il arrive que je fasse mal les mises en lien, pardonnez-moi.
Chocolyane wrote:
Je suis devenue belle-mère à 17 ans… On croit savoir, mais on ne sait pas. On ne sait pas dans quoi on s’embarque.
Si je le regrette? Jamais. C’est l’expérience la plus difficile que j’ai eu à vivre de ma (jeune) vie… Mais la plus belle aussi.
Posted 06 mai 2008 at 8:25 ¶
Pierre-Yves wrote:
Le lien ne fonctionne pas (!) Oui, c’est parce que j’aurais bien voulu le suivre.
Posted 06 mai 2008 at 8:45 ¶
Sara au Niger wrote:
Je n’ai été la belle-mère de personne, mais la belle-fille de deux personnes avec qui j’ai tissé des liens complexes et complets et sans qui je ne serais pas celle que je suis.
Les ‘grands’ dans la vie d’un enfant ont toujours le potentiel d’avoir un impact important, en bien ou en mal. L’affinité des personnalités y est pour beaucoup. La place qu’on leur laisse prendre dans l’entourage de l’enfant aussi.
Posted 06 mai 2008 at 9:29 ¶
Intellex wrote:
http://www.intellexuelle.com/ces-enfants-quon-doit-quitter/
Et je me surprends à rêver, alors. Avec tous les petits cailloux que je laisse derrière moi pour être certaine qu’elle puisse retrouver la chaumière, au besoin.
Peut-être un jour, la petite débarquera-t-elle chez moi, le coeur ouvert comme dans cet avant.
Je lui offrirai le même sourire.
On reprendra là où on a été obligé de laisser, toutes deux.
Parce qu’on est là, avec cet être là. Dit de même, ce n’est plus une phrase, c’est un phare.
Posted 06 mai 2008 at 10:14 ¶
Krazy Kitty wrote:
C’était une petite sœur (de 12-13 ans) que j’ai eu le plus de mal à quitter… on a gardé le contact, elle et moi, mais ce n’est plus pareil. Belle-sœur, c’est vraiment pas ce que j’étais, sœur non plus, mais pas exactement amie… c’était un lien, qui s’est transformé depuis, mais a-t-on vraiment besoin de lui coller une étiquette pour qu’il existe ?
Posted 06 mai 2008 at 12:07 ¶
Mandy wrote:
J’ai été belle-mère de 20 à 23 ans. Le père avait 30 (à 33) ans, et le fils 11 (à 14) ans.
J’y pense encore. De temps en temps, je fais des recherches sur internet pour voir si j’arriverai à retrouver sa trace. Il doit être un jeune homme maintenant. Je me rappelle lui faire faire des dictées, lui faire réciter ses cours d’histoire et l’entendre quelques jours plus tard me donner des nouvelles de ses notes. Je me rappelle lui acheter des gougounes et un maillot de bain pour partir en vacances. Je me rappelle jouer aux jeux vidéos avec lui, rire et l’écouter parler de ses copains et de ses petites-copines. Je me rappelle lorsque nos regards se croisaient quand son père parlait en mal de sa mère, lui qui était gêné, moi qui changeait de conversation.
On se demande ce qu’ils deviennent, et on se demande quelle trace on a laissé dans leurs mémoires, dans leur vie.
Posted 06 mai 2008 at 12:10 ¶
Chroniques blondes wrote:
Choco@ tu sais que t’es douce, toi? Une vraie soie.
Pierre-Yves@ c’est mieux, là?
Sarah au Niger@ du côté des enfants aussi il y a des affinités… ou pas. “la place qu’on leur laisse prendre”… est très juste. Vous touchez à quelque chose de fondamental dont on ne parle jamais.
Intellex@ si on part du principe qu’on a fait de notre mieux, j’espère que c’est assez… J’aime bien vos cailloux blancs. Ça laisse la porte ouverte.
Crazy K@ en effet, pas d’étiquette! Sus aux étiquettes! Ça gâche tout!
Mandy@ merci… eux aussi changent nos vies. Pas toujours comme on voudrait d’ailleurs.
Posted 06 mai 2008 at 12:44 ¶
Chocolyane wrote:
@ Chroniques : Essaie de faire avaler ça à Menou Chéri…
Posted 06 mai 2008 at 1:37 ¶
Djo wrote:
Il avait 7 ans. Il habitait Rome et écrivait des scénarios. Il adorait Tarantino.
Quand j’ai quitté son père, 12 ans plus tard, il habitait Paris et j’avais tissé avec cet enfant des toiles faites de toutes sortes de matières. Et de rubans.
Il écrit encore des scénarios, adore encore Tarantino et en plus, il est gérant d’un club vidéo!
Et on s’aime encore.
Posted 06 mai 2008 at 7:02 ¶
Isabelle wrote:
Pour ma part, j’ai tellement eu de belles-mères qu’on a demandé à mon père de leur mettre des “name tags” pour nous y retrouver. J’ai été détestée par une que je voulais vraiment aimer, au point que quand je l’ai croisée, à Barcelone, un siècle plus tard, elle m’a ignorée. Puis je me suis attachée aux enfants d’une autre qui est partie, elle aussi.
C’est très dur ces noyaux familiaux qui n’en finissent plus d’éclater…
Posted 07 mai 2008 at 3:37 ¶