Ben quoi? J’ai pas la gueule de Malraux mais d’un autre côté, je n’ai pas besoin de me raser le matin non plus.
Donc, transgenre, disions nous. Exactement. Les politiques dansent le ska chez Jean-René, les uber rockeurs sauvent l’Afrique, les top modèles ayant couché avec des rock star post boom, pré papy deviennent chanteuses puis accessoire mode de président, en vérité je vous le dis, c’est Alain Gravel qui risque de très mal dormir cette année.
L’autre jour, au bureau de poste, un ancien patron à moi me dit, consterné; « comme ça, tu es devenue journaliste ».
« Beh non ex-boss. Chroniqueuse. Et encore, chroniquetteuse. C’est plus joli, ça fait croquette de poisson pané ».
« Tu sais que normalement, je ne lis que le Devoir ».
« Je m’en doutais, ex boss. Au fait, comment t’as fait, ex boss, pour savoir que j’écrivais dans un tabloïd que tu ne lis jamais »?
« C’est à cause du restaurant où je déjeune le matin. Il était là, par hasard, qui trainait. Je me demande même comment il s’est retrouvé ouvert devant mes yeux ».
C’est ça oui. Et moi j’achète le Playboy pour les photos.
Je me suis énervée et j’ai crié, en plein bureau de poste: « Transgenre! Transgenre! »
Où va le monde, je vous le demande?
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Et j’ai bu beaucoup trop de margaritas avec Mère Indigne et me roulant la tranche de jambon de rire. Vous irez la lire sur son off, ça m’évitera de vous le raconter avec la gueule de bois.
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Comments 3
Yes!!!!!!!!! Ça veut dire que même du haut de mon moi-même sophistiquée, je vais enfin pouvoir sortir du placard et lire mon 7 jours en public??? Yes!!!! Je vais enfin pouvoir assumer mon côté kétaine et continuer à écouter les reprises de l’Or du temps, sans prétendre que c’est sociologiquement intéressant pour le voyage en terre des années 80, toupet-plein-de-spaynet inclu? Yes!!! Je peux être transgenre sans culpabiliser!!!! Merci Blondissime!
Posted 07 jan 2008 at 22:51 ¶Chère Blonde,
Posted 07 jan 2008 at 23:29 ¶On ne boit jamais trop de margaritas. Quand on n’aime, on ne compte pas.
Feliz Año nuevo, et tiens, demain j’en boirai une – ou plusieurs – à votre santé et à celle de MI, sur la plage, sous les palmiers, au coucher du soleil…
Puisse l’année 2008 être transgenre ET festive!
Ah… toi… J’ai parfois l’impression qu’on a des bouts d’hémisphères cérébraux communs tant on concorde sur des tas de trucs… Et puis, comme tu sais évoquer les âmes rares que la culture québécoise néglige…
Hier Joyce… aujourd’hui Wesker… Faut dire qu’à cause de Lévy, Joyce, est à la mode dans l’intelligentsia québécoise par les temps qui courent… mais tu sais comme moi «qu’à la mode», ça ne signifie pas qu’ils l’aient lu, les «branchés»… Ils en parlent mais ils n’ont pas le temps de se taper ces briques. Normal, ils ont tant de choses à voir, tant de poutines au foie gras à manger et de 5 à 7 à fréquenter… Alors, je suis convaincu que la brique de Lévy et toutes celles de James, ils les ont humées, soupesées avec force de battements des cils pour pouvoir en parler… mais des oeuvres de ce calibre, elles sont souvent orphelines de lecteurs faute de persévérance dans la société du ici et maintenant.
Pour la brique verte de Lévy (à cause de notre passé je n’arrive jamais à l’appeler par les 3 lettres), je me suis poussé au défi en l’empruntant dans la section nouveautés d’une de mes biblios… 3 semaines pas renouvelables! Ben, j’ai réussi et j’ai été soufflé… Mais tu le sais, je tiens Lévy à peu près pour le plus grand écrivain vivant du Québec… alors… Tu connais aussi mon amour de la chose celtique… j’ai donc voyagé comme un farfadet dans ses truculences, folles et métissées… tout le monde devrait le lire, même si ça se transporte mal dans la malette à portable.
Pour Joyce… ben j’ai décidé de me retaper Finnegan’s Wake 20 ans plus tard, parce que ça déconstipe et ça purifie comme une quête initiatique. Mais ça ne se lit qu’en anglais parce qu’il a réinventé la langue… Je te tiens au courant de ce que j’y redécouvre…
Et puis Wesker! Ah Wesker! L’autre découverte de mes 17 ans dans la bibliothèque de l’École Nationale… Il faut être anglais pour être à la fois si intense et si retenu. Je suis curieux… qu’est-ce que tu traduis? Groupie? Longitude? Une vieille pièce…? Parce qu’il est prolifique en titi… il a bien dû en écrire 40 ou 50 depuis la fin des années 50. Je rêve de monter son musical The Kitchen que j’ai vu sur DVD dans la production japonaise… aussi brillant que Rent et mieux écrit… J’ai eu la chance inouïe de faire la connaissance de son fils Lindsay au Midem alors qu’il était DJ sur l’ex radio pirate Kiss FM et consultant pour A&M… Il venait de se réconcilier avec son père après une longue chicane à cause de ses infidélités… Ça m’a valu une visite à la maison familiale de Ashley Road où le clan Wesker (4 enfants aussi intenses que le paternel) tenaient salon avant que Wesker ne se retire au Pays de Galles. J’en avais tiré ma première signature (la seule en fait) dans Vanity Fair.
Wesker fait partie de ces gens (tu en fais aussi partie) qui me donnent envie de continuer à créer et à faire ce que je peux pour changer le monde.
Petite parenthèse irlandaise en passant. Le merveilleux Roddy Doyle, un peu la voix ironique de sa nation, qui avait signé The Commitments entre autres, vient de publier une petite merveille qui raconte avec truculence les changements que l’Irlande a connus au cours des 20 dernières années. Ça s’appelle The Deportees, c’est un recueil de nouvelles sur ce pays qui est passé de pauvre, alcoolique et nationaliste à prospère, branché et multiculturel. The Deportees, c’est le nom du groupe que Jimmy Rabbitte forme comme il avait formé The Commitments… mais cette fois, au lieu de prendre des gamins de la rue et des pubs, il n’engage que des… déportés… des immigrants. En ces jours de débats d’accomodements raisonnables, c’est à lire absolument!
Et puis bonne année, Blonde merveille, à toi et à tous tes lecteurs et lectrices…
Posted 08 jan 2008 at 9:53 ¶