Dans son livre « On directing film » (Penguin books) le dramaturge, scénariste, cinéaste et prof à Columbia, David Mamet me rappelle régulièrement que « faire simple » a bien meilleur goût. Il a intitulé sa règle « the k.i.s.s. rule » – il ne fait pas référence aux quatre rockeurs déguisés en Catwoman mais aux initiales du « Keep It Simple Stupid ».
Pour lui, faire un film se résume à trois questions simples. Enfin, simples quand on connait son sujet, vous seriez étonnés du nombre de gens qui font des films sans savoir ce qu’ils tournent, but I disgress… Donc, trois questions;
1) Where do I put the camera?
2) What do I tell the actors?
3) What’s the scene about?
Ça a l’air niaiseux. Ça sonne niaiseux. C’est tout sauf niaiseux. David rules (qu’on aime ou pas ce qu’il fait n’a aucune espèce d’importance). David is the guiding light et sa « kiss rule » aide tout le temps, c’est le couteau suisse du créateur, que ce soit pour un film, un article, un scénario, un livre ou une chanson.
Sur quoi je met l’emphase? Comment je veux que ça sorte? De quoi ça parle?
En ce beau lundi, je vais donc commencer par une question simple; « Comment allez vous »?











Comments 6
Ah ! Mamet ! Vraiment, nous avons, toi et moi, des parallèlismes qui me fascinent tout le temps. Mamet est mon Dieu de la pratique depuis que j’ai vu Sexual Perversity in Chicago en 1974. Un instant fulgurant, une révélation. Dès ce jour, j’ai rêvé d’être Mamet et pas seulement parce que j’aurais bien aimé être marié à Rebecca Pidgeon…
Il a su être l’un des plus grands dramaturges de son époque avant de faire une transition étonnante à la scénarisation. Qui ne se souvient pas de la trame hallucinante de The Verdict… et puis, lorsqu’il s’est laissé porter vers la réalisation, il a réinventé la forme. The Winslow Boy et Spartan restent parmi mes films préférés.
Mon amie Élyzabeth, comédienne, qui a tourné avec lui dans The Heist, à Montréal, m’a dit qu’elle n’avait jamais vu quelqu’un d’aussi «groundé» quand il dirige. Il ne cherche jamais de trucs ou d’échappatoires, il regarde avec objectivité, privilégie l’histoire et la manière qu’à l’interprète de l’incarner.
Comme toi, je m’inspire de ses méthodes. Ces jours-ci, alors que je remonte sur scène en créant un conte de femme pirate en prologue à la reprise d’un des spectacles de ma fille, avant de me lancer dans l’impro, je me demande: qu’est-ce que je raconte?… pourquoi je le raconte?… à qui je le raconte?… Je ferme les yeux, je mets ma casquette de shanachie irlandais et je plonge… et ça marche. Merci monsieur Mamet. Merci chroniqueuse de me rappeler à son bon souvenir.
Posted 22 mai 2007 at 13:05 ¶Ah oui, Mamet. Un de mes coups de coeur côté scénario, à part Amadeus, c’était pour House of Games. Renversants retournements. Depuis, pas vu grand-chose, mais est-ce qu’il n’écrit pas beaucoup (et surtout) pour le théâtre?
Posted 22 mai 2007 at 14:57 ¶Chère Blonde, tu me donnes le droit de te citer, et de citer David Mamet, dans ma prochaine chronique techno de l’émission Premières vues? Un peu de bon sens ne fait jamais de tord à toute technologie…
Posted 23 mai 2007 at 17:38 ¶Salut à toi. La règle du KISS est tout aussi appliqué en théâtre. Je suis metteur en scène et un jour oû je n’arrivais pas à trouver une façon de placer une certaine scène, mon mentor est venu me voir et m’as dit ‘kiss’. Bien sûr je ne comprenais pas et l’explication s’en ai suivit. Depuis ce jour, je ne jure que par ce baiser.
Posted 23 mai 2007 at 18:17 ¶Chroniques blondes vous êtes un être très inspirant qui contribue à élever nos esprits (du moins le mien) vers des horizons culturels insoupçonnés (enfin…dans mon cas!).
C’est toujours une joie de vous lire!
Posted 23 mai 2007 at 22:22 ¶Pour cela, grâce à vous, je vais bien mieux!
En photo, il y a aussi cette règle. Surtout en photos de studio, en fait. C’est la règle qui dit qu’à chaque fois qu’on ajoute un flash sur un sujet, on crée un nouveau problème (comme des ombres doubles, par exemples, ou une réflection indésirée, etc.)
À l’école, KISS nous forçait à réfléchir sur la position de la lumière principale, celle du « fill in », etc. Ça nous forçait à vraiment bâtir un éclairage, plutôt que de faire n’importe quoi et espérer que ça fasse beau..
Posted 11 oct 2007 at 23:42 ¶