Chez nous, il y a mon ex mari et sa femme, encore une petite semaine. Il y a aussi mon futur mari et sa fille jusqu’à la fin des temps (euh, c’est à dire que le plan est qu’éventuellement elle quitte la maison pour faire sa vie et qu’à ce moment son père et moi on se mette à faire des galipettes en plein jour dans toutes les pièces de la maison. Ah bon? Tous les parents n’ont pas ce fantasme? Moi, oui).
Ce n’est pas tous les ex qui se recycle aussi aisément. Il y a le syndrôme « mais où donc avais-je la tête (manifestement dans le cul ma chérie) pour être restée si longtemps avec cet être étrange qui me va aussi bien au teint qu’une jaquette d’hôpital?
Il y a encore des mystères de la vie que je n’ai pas résolu. Dont certaines de mes fréquentations passées. Mais c’est un autre dossier, il n’est pas très net et je préfère que vous conserviez quelques illusions à mon sujet, ne serait-ce que pour pouvoir aller au prochain Yulblog.
Mon ex-mari donc. Un cas. Un beau cas. Son ex-femme, moi. Un cas. Beau? Heu, ça dépend de l’éclairage.
On a fait deux trucs très bien ensemble. Écrire et cuisiner. Ce n’est pas rien. Et ça vaut largement le travail de fond qu’on a fait après notre séparation pour ne pas brûler le pont qui nous unissait.
L’harmonie. La complémentarité. L’abandon total face à la créativité de l’autre.
- Je t’ai mis le rêve à la fin, ça ne peut pas finir autrement.
- Évidemment tu as raison. Je me demande pourquoi je n’y ai pas pensé avant? Bye the way, je t’ai ajouté le jus d’une limette dans ton potage, goûte.
- Ça change tout! Pourquoi je n’y ai pas pensé avant?
Voilà. C’est pas parce qu’on n’a pas été de bons amoureux qu’il faut tout balancer. Un jumeau d’écriture et de cuisine, ça ne se jette pas par dessus bord comme un trognon de pomme. Ça s’entretient. Quand on s’est rencontrés, qu’on était jeunes et fous (surtout moi), il me disait; « tu es mon alter ego ». Je trouvais ça très théâtral et je me foutais de sa gueule. Je me fout encore de sa gueule mais aujourd’hui, je le crois. C’est mon alter ego et la preuve que l’équité créative entre un homme et une femme, dans toute la splendeur de leur différence, est possible.
Comment nos « présents » prennent ça? Ma foi, ils ne font à manger ni l’un ni l’autre, ils sont ravis! Et forts de la certitude de nous combler, ils font preuve d’une maturité exemplaire. Heureusement, parce que moi, du côté de la maturité, c’est pas encore ça!
Aujourd’hui, on a écrit ensemble, un truc compliqué à structurer, des embûches narratives, du bon gros défi bien juteux.
Ça coulait. Facile. Fluide. Et on a travaillé comme ça, portés par la même joie partagée de collaborer dans une course à l’extraordinaire.












Comments 12
Un ex comme ça, faut l’entretenir jusqu’à la mort. C’est mieux qu’un frère, mieux qu’un mari même. C’est le complice idéal, celui qui sait tout de nous et ne s’en plaint plus. Et puis, ça peut toujours servir de témoin le jour des noces
Posted 04 avr 2007 at 21:47 ¶Ce soir, en revenant du boulot, j’avais Ferland qui chantait dans mes oreilles « t’es folle »… spontanément, c’est à toi que j’ai pensé…. À ta folie créatrice, mais aussi à ce côté de toi qui fait qu’on ne peut que se sentir bien, là. Alors j’imagine qu’être ton ex et vouloir couper tous les ponts, c’est impossible…:-)
Posted 04 avr 2007 at 22:07 ¶J’ai aussi un ex avec qui j’ai eu deux enfants. Ça vous ligote à la vie à la mort et même après 4 ans de séparation je trouve douloureux cette brisure qui m’a enlevé une partie de ma vie, un témoin privilégié de ces merveilleuses années.
Posted 05 avr 2007 at 6:44 ¶Mais il me voulait amoureuse de lui ou exit de sa vie, j’ai du respecter ce choix. Mais une partie de lui me manquera toujours. Je vous envie.
Joblo! Exactement! Il n’a plus le droit de se plaindre! Femme de mauvaise foi, ça m’empêche pas deux minutes de lui parler dans le casque (avec affection tout de même) quand il faut!
Marie-Lo. Folle? Possible… Surtout avant, j’ai fait des provisions. Maintenant, c’est dans les textes que j’explore la folie!
Posted 05 avr 2007 at 9:14 ¶Bibco, pas évident de faire la paix avec ça. Il y a des cas où ça vaut vraiment la peine. J’en ai vu beaucoup des ex qui prennent « the high road ». Pas juste ceux qui ont eu des enfants. Je vous le souhaite en tout cas.
Les 3 principes de l’écologie: réduire, réutiliser, recycler.
Posted 05 avr 2007 at 9:48 ¶Ouep, vous avez bien le coeur écolo.
J’ai toujours un peu de difficulté à comprendre les couples, surtout ceux qui ont eu des enfants ensemble, qui ne réussissent pas leur séparation. Il me semble que c’est avoir le sens de l’histoire et de la réalité que de trouver la terre commune. Je m’en voudrais de ne pas être resté proche de la mère de ma fille… assez pour l’avoir hébergé toute une année lorsqu’elle est venue faire sa scolarité de maîtrise à Montréal… assez pour qu’elle et son chum (adorable) soient venus nous aider à déménager ma blonde et moi il y a un mois…
De toute manière, l’essentiel de mon message est pour te rappeler qu’aujourd’hui c’est l’anniversaire de naissance de Gregory Peck… Il aurait eu 91 ans…
Posted 05 avr 2007 at 9:51 ¶Marc, vous êtes un amour! Atticus! Atticus!
Tassili. Pour réduire, il est trop tard (!) pour réutiliser, toujours. Pour recycler, le plus possible!
Posted 05 avr 2007 at 9:55 ¶J’ai moi aussi un ex avec qui j’ai beaucoup plus de fun aujourd’hui que lorsque je vivais avec ! et lorsque je regarde mes filles, de qui il est le père, et que je vois dans ma grande les mêmes mimiques que lui, je ne peux m’empêcher de la trouver sympatique….
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Posted 05 avr 2007 at 11:57 ¶Nous; ca na pas marché, j’étais pas bien avec lui mais reste que c’est quelqu’un avec qui je partage un trésor….mes enfants….je ne peux quand même pas cracher là dessus….alors nous partageons les enfants, des petits bouts de vie, ses parents que j’aime beaucoup, les miens qu’il aime bien et sa blonde et mon chum….juste le chat qui n’est qu’à moi…Il ne les aime pas….je crois que c’est ca son problème
Intéressant ce rapprochement entre la couleur hôpital et nos anciennes relations amoureuses. C’est probablement ça, la «maladie d’amour» ou lorsqu’on le «manque de» comble un besoin que l’autre vient «contenter», enfin… jamais parfaitement, le temps de faire la paix avec soi-même et les autres. L’enjeu, sortir de l’économie du besoin, au plus sacrant et se retrouver, enfin, nus, vulnérables, simples et quelquefois béats (!), dans la splendeur du don réciproque et inespéré.
Posted 05 avr 2007 at 12:12 ¶N’envoyez rien à Développement et Paix, Chroniqueset son ex, votre contribution dépasse largement tout ce qu’on pourrait humainement espérer.
Posted 05 avr 2007 at 13:26 ¶(Et merci pour l’idée du jus de lime…)
Votre dernier paragraphe m’interpelle particulièrement Blonde, puisque je suis en plein deuil de ma relation professionnelle avec mon homme. Quinze années à créer ensemble dans une vision commune et, dernièrement, il a dû quitter son poste et, depuis, j’ai l’impression qu’on m’a coupé un bras. Nous étions parfaitement complémentaires dans le travail, nous connaissions et respections les forces de chacun. C’est rare ce genre d’amour, car ça en prend de l’amour pour créer à deux et ça demande beaucoup de respect aussi. Mettons que je me console en me trouvant chanceuse de l’avoir vécu.
Posted 05 avr 2007 at 17:46 ¶Bravo pour votre recyclage d’amour dame Blonde. Voilà un texte très touchant encore une fois.
Anne, comme toujours vous me touchez droit au coeur. Quand vous dites « mon homme »?…
Sinon, je ne sais pas pourquoi, on ne parle jamais assez des relations professionnelles fructueuses…
Posted 05 avr 2007 at 17:55 ¶