Neige et livres

J’adore la neige la fin de semaine. Je change les draps, je retape les oreillers, je passe l’aspirateur. La chambre est propre, le thé fumant, j’ai une pile de livres tout neufs et un “do not disturb” piqué à l’hôtel Gabriel de Beyrouth. Le “lovefest” peut commencer.

Joan Didion, “the year of magical thinking”. Une écriture qui ne recule jamais devant ce qu’il faut dire, ce qui doit être dit, sans jamais se répandre. Joan Didion n’a pas (ou plus?) d’image à préserver et sa candeur est salvatrice. Particulièrement inspirant pour qui a connu le deuil. C’est une réponse fulgurante à tous ceux qui parlent sans savoir. Voici ce qu’elle écrit à propos de l’amour de sa vie, John Gregory Dunne, un auteur lui aussi.

“I did not always think he was right nor did he always think I was right but we were each the person the other trusted”.

Dans le Vogue, j’apprend que Vanessa Redgrave s’apprête à monter sur scène à Broadway, un “one woman show” inspiré par “the year of magical thinking”. Je me demande qui pourrait vouloir monter ça ici?… Des fois je m’ennuie de Pierre Bernard à la direction artistique d’un théâtre, n’importe lequel.

Je relis “On writing” the Stephen King dont les conseils se résument à peu près à ceci; “If you want to be a writer, read alot, write alot”. Les 275 autres pages sont une joie de tous les instants, particulièrement quand King défonce avec une euphorie non dissimulée tous les mythes créatifs. Il fonce dans le tas, tape comme un enfant rieur sur les cours de “creative writing”, s’amuse comme un petit fou et nous aussi. Très jouissif, très libérateur.

Et un grand roman sur le noeud gordien que représente la situation politique, sociale, anthropologique et culturelle entre Israël et la Palestine. “Exile” de Richard North Patterson. C’est un polar, un roman d’amour, une saga et un traité de géopolitique limpide sur une question complexe (doux euphémisme).

Comments 4

  1. M wrote:

    “Do not disturb”

    peu importe d’où ça vient,
    c’est nécessaire

    Posted 05 mar 2007 at 15:34
  2. Anne wrote:

    «Des fois je m’ennuie de Pierre Bernard…»
    Des fois? Moi c’est toujours, tellement, constamment… J’aimais tout de ce théâtre quand il y était. J’ai l’impression d’avoir perdu «mon» théâtre depuis qu’il l’a quitté.

    Posted 05 mar 2007 at 18:39
  3. Chroniques blondes wrote:

    Anne. Finalement, moi aussi c’est tout le temps.

    Posted 05 mar 2007 at 19:05
  4. Vio wrote:

    C’est le genre de billet qui me donne envie de vivre, mais de vivre!

    Posted 05 mar 2007 at 19:18

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