Secrets d’une grève réussie

Et bien, tout est dans le fond de solidarité. Par exemple, vous sortez avec deux autres mères dont le stade d’indignité frôle parfois l’absolue perfection. Du coup, déjà, ça va beaucoup mieux. L’une  d’elle, compatissante, vous saoule généreusement à grands coups de vin espagnol réconfortant au possible.
Heaven, you’re in heaven. Elles vous disent “les vraies affaires” et laissez moi vous dire que ce ne sont pas des “vraies affaires” de politiciens.  Ça hésite entre les scènes de boucherie sanglante de Hieronymus Bosch, le “Cri” de Munch et une annonce de Familiprix dans laquelle le lard salé serait en vedette (don’t ask).  C’est laid, ça morve, ça coule, et c’est plein de fausses notes et de sentiments inavouables avoués drette-là grâce à la magie du vin espagnol. C’est la vie, quoi.
Vous pleurez encore, mais c’est de rire cette fois.

Vous pouvez enfin raconter que vous n’avez pas fait le souper, ni les courses depuis une semaine sans vous sentir coupable.

Vous vous permettez de dire, entre un tartare et une crevette au pastis des phrases délicates du style “lui arracher la tête et lui c… dans le corps”, en parlant du percepteur des impôts bien sûr.
C’est malpoli? Vulgaire? Madame B. va nous pondre une chronique sur la déchéance du pays dans le trou noir de l’humour gras?

Probablement. So?!  Comme m’a déjà dit un vrai bon qui savait de quoi il parlait; “laisse faire bien écrire, écrit quelque chose de vrai”.
Vous rentrez le coeur décidément plus léger. J’irais jusqu’à “guilleret”. En jurant de ne pas vous perdre en chemin. Tant pis pour le ménage, le guide alimentaire canadien et la patience en phentex.
Le lendemain, vous les remerciez à profusion. Publiquement. Les filles, merci. À profusion.

Comments 12

  1. Bridges wrote:

    Je sais bien que ce n’est pas toi qui l’écrit, ni ce que tu en penses, mais….”La galère” à Radio-Can, ça fait du bien par où ça passe. Et puis, tu es bien plaçée pour le confirmer, chère blonde-en-rémission-de-tes-péchés maternels “par la bande”; la réalité, c’est pas mal plus rock n’roll que n’importe quelle fiction. Y’a pas UN mec qui peut vraiment SAVOIR de quoi on parle. Même si on les aime ben pareil, merde, font chier. D’aplomb.

    Et toc. N’oublies pas les Advil pour le mal de bloc de lendemain de veille. :)

    Posted 21 fév 2007 at 14:09
  2. thibaudenis wrote:

    Chroniquesblondes

    Vous êtes trop exigeante envers vous-même. J’l’sens. Trop c’est trop. En plus, vous l’avez dit, il y a votre ulcère là… et c’est sans compter le reste …

    Maudite culpabilité. Maudite maladie de fille (ceci dit au sens sociologique!)

    Posted 21 fév 2007 at 14:31
  3. Anne wrote:

    Déconner avec les copines pompettes, je ne connais pas mieux pour remettre les idées en place, mais plus tard, pas mal plus tard en fait. Le plaisir que ça procure de rigoler à en avoir mal aux joues est inestimable. Oui, dame Blonde, saoule, mais digne (ou si peu, mais on s’en fout si la satanique pression est tombée). À boire aubergiste!

    Posted 21 fév 2007 at 19:58
  4. Benton wrote:

    @Bridges: Tu as raison, je ne sais pas de quoi vous parlez. On peut pas vous aidez pour le mal de bloc, certe, mais il n’y a pas meilleur que nous pour la constipation…. :-)

    Posted 21 fév 2007 at 22:23
  5. Celle qui va wrote:

    Tout à fait d’accord, une soirée de filles avec du vin à profusion et voilà que le coeur dégonfle et que les épaules s’allègent !!!
    Qu’on est donc mal emmanché nous autres les femmes. Pas facile de se libérer de cette maudite culpabilité. Mais c’est comme le reste, ça s’apprend
    @Bridges. OUI à l’émission “La galère” je nous reconnais.

    Posted 22 fév 2007 at 0:33
  6. Blanche wrote:

    Alors c’est donc vrai, la minute où tu as un enfant, la culpabilité naît avec?
    Tout ce que les mères disent sur le fait que l’on ne s’arrête jamais de s’inquiéter/trimer, c’est la réalité?
    Eh bien tu as bien raison d’y échapper de temps en temps!:)

    Posted 22 fév 2007 at 3:59
  7. Denis Thibault wrote:

    @ Blanche, c’est pas vrai! Si, ça existe, on le voit. Mais ça ne devrait pas être ainsi.
    Ce que j’ai vu autour de moi et chez nous quand nous avons eu nos enfants, c’est que plus la femme-devenue-mère-par-l’opération-du-saint-esprit a été conditionnée à croire en l’instinct maternel, à croire qu’elle était «faite» pour avoir “et” prendre soin d’un enfant, à croire que les hommes sont nuls en la matière, à croire que son homme n’a aucune prédisposition à ressentir un “instinct” parental, bref toute cette confiture remplie de ficelles et de noeuds, plus donc, quand on ne satisfait pas à ces modèles préfabriqués et forcément écrasants, on se sent couplable.

    La vérité c’est que devant un petit qui vient de nous — oui! il sort de la femme! pis après? faut bien qu’il sorte de quelque part! — nous partons, elle et moi, à peu près de zéro. Mis à part le conditionnement inévitable. De toute façon… ça sert à rien de se battre contre des moulins à vent; l’élevage et l’éducation des enfants sont des lieux investis par la culture…

    Mon truc à moi, et là-dessus nous nous sommes mis d’accord férocement, a été de tous les envoyer promener, au sens métaphorique. En fait, je n’ai j-a-m-a-i-s accepté d’être déclassé par qui que ce soit à l’égard de ma compétence parentale. J’ai, nous, avons toujours estimé être les mieux placé pour s’occuper de nos enfants. Etc, etc. Et surtout, nous n’avons j-a-m-a-i-s cru qu’il existait une notion telle que celle des parents «parfaits». Nous n’avons jamais cherché la vérité du principe, en éducation, en alimentation, en stimulations de toutes sortes, mais plutôt la constance dans l’accompagnement. Et merde à tous les vertuistes.

    Ce qui nous a convaincu dès le départ dans cette conviction, une chance d’ailleurs parce qu’au début ça va vite en tabarnouche (!), a été la découverte d’un monde extraordinaire de plaisirs, de relations, de curiosités, d’accomplissements liés au fait d’avoir un enfant.

    L’autre affaire, pour moi surtout, c’est que je me suis toujours forcé à ne pas chercher dans le réconfort de cette relation tellement comblante un point d’appui pour mes propres besoins affectifs. En d’autres mots: ne rien attendre d’eux pour se décider à être heureux d’abord et avant tout. Les enfants n’apprennent rien de bon dans l’économie de la dette.

    Posted 22 fév 2007 at 10:18
  8. Blanche wrote:

    Vous me rassurez, là, Thibault!
    Je n’ai moi-même jamais cru en ‘l’instinct maternel’, mais je n’osais pas trop le dire car… je n’ai pas d’enfant.
    C’est réconfortant de lire que cette invention culturelle peut aussi être critiquée par un homme, et non pas utilisée pour ranger les femmes dans une seule case…

    Posted 22 fév 2007 at 17:37
  9. Chroniques blondes wrote:

    Blanche, rencontrez donc Denis, Denis, Blanche. J’adore ces rencontres au milieu d’un site. Ça fait chaud, on se tire une buche avec un verre et on jase (Blanche, ça va l’argot québécois)?

    Celle qui va. Comme ça, ça s’apprend?! Bonne nouvelle! Vous donnez des cours du soir?

    Posted 23 fév 2007 at 11:22
  10. Denis Thibault wrote:

    @Chroniques. C’est gentil pour la bûche! et on se «pique» une jase [c'est vrai pour l'argot! que ça peut être comique...]

    @Blanche. Osez ma chère, osez!! parce que si vous n’osez pas, surtout en ces matières où la culture a creusé ses sillons trrrrrès profondément dans nos petits coeurs altruistes, ‘y a personne qui va le faire pour à votre place.

    Du côté des hommes qui s’affranchissent de la culture sexiste… disons que ça va en s’améliorant, ici toujours bien. C’est beaucoup une question d’éducation des mentalités. Il faut foncer aussi, opérer des ruptures, dans sa tête d’abord, dans ses actions ensuite. Se chercher des modèles. Se dire: ben c’est mon enfant, pourquoi je me gênerais. Il a besoin de moi après tout. Le reste, c’est d’aller chercher les trucs auprès de ceux, surtout celles, qui savent. Accepter d’apprendre à être parent.

    Posted 23 fév 2007 at 13:15
  11. Celle qui va wrote:

    Malheureusement non, mais j’en ai reçu. Mais je ne vous dit pas que j’ai réussi.

    Posted 24 fév 2007 at 1:32
  12. Blanche wrote:

    En effet, chère Chroniques Blondes, c’est bien sympathique de rencontrer des gens sur un blog!
    Quant à l’argot québecois, je devine (plus que je ne comprends) le sens, mais ça devrait aller!:)

    Posted 25 fév 2007 at 5:41

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