Excellent papier de Nathalie Petrowski dans la Presse d’aujourd’hui. “Il faut qu’on parle de M…”
En référence au fascinant roman américain “Il faut qu’on parle de Kevin” et à Marc Lépine, sujet qu’on évite soigneusement, comme si parler de lui enlevait quelque chose aux victimes.
***
Ce soir là, il neigeait comme aujourd’hui et j’avais donné rendez-vous à ma petite soeur au Café Cherrier pour célébrer. C’était le 6 décembre 1989. C’était le jour de ses vingt ans.
C’est elle qui m’a appris la nouvelle. On est restée assises, bêtement. Trop sonnées pour réagir. On a bu, sans savoir quoi faire d’autre.
Vingt ans. Le plus bel âge de la vie qu’ils disent. Tu parles.
Comments 5
J’avais aussi 20 ans lorsque c’est arrivé. Je connaissais d’ailleurs une des victimes.
Et je me rappelle surtout, au lendemain de la tragédie, ne pas comprendre pourquoi la Terre continuait de tourner.
Posted 06 déc 2006 at 18:14 ¶J’étais aussi dans un bar, attendant mon amoureux. A son regard, quand il est enfin arrivé, j’ai compris que quelque chose de grave venait d’arriver. J’ai compris dans ma chair qu’être femme de tête pouvait être dangeureux. Et j’ai prié silencieusement pour ne pas avoir peur de tous les hommes qui croiseraient dorénavant ma route.
Posted 06 déc 2006 at 19:07 ¶Et j’ai prié pour que les hommes et les femmes ne deviennent pas des ennemis.
Aujourd’hui j’ai une fille. Tous les horizons lui sont ouverts. Mais j’aurai toujours peur.
j’avais treize ans et … j’ai pas vraiment saisie sur le coup ce que ça pouvait impliquer.
Aujourd’hui ? oui pis ça fait peur…
Posted 06 déc 2006 at 20:47 ¶Je crois que nous avons tous notre souvenir de ce moment tragique.
Posted 06 déc 2006 at 23:41 ¶Une petite télé noir et blanc placée sur le vieux frigidaire peint métallique et, dans ce petit écran, Gilles Vignault qui dit en parlant du geste de Lépine «quel incroyable manque de vocabulaire» ou quelque chose du genre, mais une phrase concise et magnifique qui m’a fait réfléchir longuement depuis.
Je viens de terminer “Il faut qu’on parle de Kevin”. J’ai rarement été aussi remuée, aussi remise en question par un livre. Au-delà du JEUDI qui en forme la trame, c’est la complicité, surtout son absence, qui me marque et me fait réfléchir.
C’est toujours un plaisir de vous lire Mme Blonde!
Posted 06 déc 2006 at 23:53 ¶Post a Comment