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Bob…

Robert Altman. Cette armoire à glace qui mettait des glaçons dans son vin blanc et qui, dans ses temps libres, réalisait McCabe and Ms Miller, Mash, Nashville, OC and Stiggs, The Player…

J’ai eu de la chance. Je l’ai vu travailler tous les jours pendant deux mois. Je ne me souviens pas de l’avoir entendu crier. Concentré, oui. Mais pas le « cirque » du « je dois faire la démonstration de mon pouvoir ». Jamais le cirque. Il se servait au talent de tous comme un un gros mangeur dans un « all you can eat », avec délectation. Il ne croyait pas à « la direction d’acteurs », il disait que c’était condescendant, que 99% du travail se fait au moment du casting et qu’ensuite, il s’agissait de s’enlever du chemin. Pendant les prises, il était confiant et attentif, présent mais pas intrusif. Il a obtenu de ses acteurs des moments inoubliables. Il disait aussi que vous pouviez engager un acteur brillant pour jouer un personnage stupide mais jamais l’inverse…

Tous les jours, il disait; « hi » à tout le monde, les grands et les petits. À John Travolta et aux assistants dans le noir, aux chauffeurs, à la projectionniste, à moi. Je bredouillais toujours un « hi » encombré par la timidité. Un jour, il s’arrête, revient sur ses pas; « you don’t say much, do you »?

- It’s. because. You. Impress. Me. Soooooo. Much.

Il me regarde, de ses yeux bleus pâles, me pose son immense main sur l’épaule.

- You’ll get over it, kid.

***

Well. I never quite got over you. You still impress me sooooo much.

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Comments 7

  1. nine wrote:

    Oh oui… je suis bien triste aussi.

    Posted 21 nov 2006 at 19:48
  2. mammouth hot lips wrote:

    Énorme perte pour le cinéma. Énorme. Au moins, applaudissons au fait qu’il fut enfin recompensé pour l’ensemble de son oeuvre lors des derniers Academy Awards. Mais en même temps, quelle tristesse que des films comme « Come Back to the 5 and Dime, Jimmy Dean, Jimmy Dean » n’aient pas obtenu d’Oscar.

    Posted 21 nov 2006 at 20:31
  3. Krazy Kitty wrote:

    J’apprends la nouvelle ici et je me sens toute triste…

    Posted 21 nov 2006 at 21:34
  4. Epicure wrote:

    «I’m Impress. Soooooo. Much.»
    Vous êtes vraiment très privilégiée d’avoir pu le côtoyer.

    Comme on le souligne ci-dessus, au moins on a eu la décence de le récompenser ultimement avant son départ… J’ai eu un pincement en apprenant cette triste nouvelle aujourd’hui.

    Posted 21 nov 2006 at 22:15
  5. Martin Dufresne wrote:

    J’ai montré le féérique « Brewster McCloud » à une amie qui avait adoré « Harold and Maude » et… elle n’a pas accroché.

    Posted 21 nov 2006 at 23:35
  6. Chroniques blondes wrote:

    Martin, c’est dans celui-là qu’il y a Leonard Cohen? À moins que ce soit dans Mc Cabe? Zut, je ne me souviens pas.

    Epicure. Trèèèès privilégiée. Moi aussi j’ai eu un pincement au coeur, « fuck, ah non, pas déjà ».

    Il y a du monde, on aime juste ça savoir qu’ils sont là.

    Posted 22 nov 2006 at 11:26
  7. Martin Dufresne wrote:

    « Brewster McCloud », c’est l’initiation de Bud Cort au monde des oiseaux par la capiteuse Sally Kellerman, ultimement trahie comme le sont tous les anges qui tentent d’ouvrir les ailes aux hommes.
    A voir — ne serait-ce que pour le ‘cameo’ de Shelley Duvall – avant que ne se désintègre la seule copie au Québec, seulement en VHS à La Boîte Noire.

    Posted 24 nov 2006 at 0:12