Un grand coup de 2 x 4 dans le front

Vous savez, ces moments où “innocemment” vous allez voir un film, une pièce, vous ouvrez un livre ou vous vous retrouvez devant une photo et BAM! c’est comme si la scène, la phrase, l’image vous parlait directement à vous, à ce moment précis de votre vie?

Un exemple. Daniel, amoureux à crever d’une femme qui n’est pas sienne et qui ne sait absolument pas quoi faire, entre au Beaubien (presque) par hasard devant “Parle avec elle” d’Almodovar…

Ou une autre fille, à la mère despotique et envahissante, qui se retrouve, traînée de force par une amie actrice au one woman show de Pol Pelletier “Joie” et qui s’emmerde royalement jusqu’à la phrase suivante: “une fille est enfin libre de vivre sa vie que le jour où sa mère meurt”.

Ces moments charnières où la jonction de l’oeuvre de quelqu’un d’autre est en conjoncture parfaite avec notre vie et que ce coup de 2 x 4 dans le front nous illumine sur la marche à suivre?!
Voyez?

Je me souviens du choc devant le somptueux “Kamouraska”, adoré en film et adoré en livre, quand Elizabeth va rejoindre Nelson, enceinte de lui et qu’elle fait exprès de l’enlacer devant la fenêtre éclairée pour que tout Tracy puisse la voir avec son amant.

J’avais 14 ans et la force que supposait ce finger magistral m’avait jetée sur le cul et m’avait enfin fait voir qu’il y avait d’autres possibilités que de baisser les yeux. “Fuck you” pouvait être une réponse extrêmement satisfaisante.
Et vous?

Comments 13

  1. marie-lorraine wrote:

    Mon 2X4: “Affreux, sales et méchants”, mon premier film “d’adulte” au cinoche. Qu’on puisse être à ce point retors et en même temps drôle à mourir m’a développé le cynisme d’un coup sec.

    Posted 02 nov 2006 at 11:56
  2. CHRIS wrote:

    moi, j’ai un un coup de 2×4 la semaine passé, en regardant le film “la rage de l’ange”. pas qu’il y ait un quelconque lien avec ma vie, mais c’est un film à ne pas recommander aux moumounes sous peine qu’ils se pendent avant la fin du film tellement ça nous dérange dans notre petit confort. c’est pas mêlant, à la fin, j’avais envie de crier comme dans les films quand l’ami/blonde/frère/mère d’un personnage meurt: “nooooooooooooooooooooooon!”.

    Posted 02 nov 2006 at 12:12
  3. Mamathilde wrote:

    Pour ma part, c’est le film “Dead poet society” Dans son ensemble. J’avais 15 ans quand il est sorti sur les écrans et je ne sais plus combien de fois je l’ai vu, mais j’ai compris deux choses importantes : premièrement, j’avais le droit de rêver à écrire, ce n’était pas sot. Et ensuite, malgré tout, j’avais le droit d’avoir mes opinions et mes croyances. J’avais le droit de me politiser et de donner mon avis.

    J’avais 15 ans, le monde adulte s’ouvrait devant moi, je réalisais ce que signifiait se tenir droit. Et j’avais sous les yeux, un film qui me parlait de moi.

    Posted 02 nov 2006 at 12:57
  4. Anne wrote:

    L’Avalée des avalés de Ducharme lu à 17 ans, à La Malbaie. Quel choc! «Tout m’avale. C’est par mon ventre que je suis avalée.» Ou quelque chose du genre. Je sais, c’est déprimant. Mais c’était ça et il fallait que je me pousse de ma famille pour ne pas être avalée à mon tour.

    Posted 02 nov 2006 at 13:18
  5. Benoît wrote:

    Très récemment, en lisant La condition humaine :

    ” - Je crois (…) que le recours à l’esprit tente de compenser ceci : la connaissance d’un être est un sentiment négatif : le sentiment positif, la réalité, c’est l’angoisse d’être toujours étranger à ce qu’on aime.

    - Aime-t-on jamais?

    - Le temps fait disparaître parfois cette angoisse, le temps seul. On ne connaît jamais un être, mais on cesse parfois de sentir qu’on l’ignore (…). Connaître par l’intelligence, c’est la tentation vaine de se passer du temps…”

    J’ai pas bougé pendant quelques minutes… et j’ai lu et relu.

    Posted 02 nov 2006 at 13:26
  6. Chroniques blondes wrote:

    Marie-Lorraine, quel film génial! Je revois encore la scène du plat de nouilles empoisonnées. L’attente que le vieux crève… Faut que je le revois.
    Chris, j’en déduis (mais on le savait) que vous n’êtes pas moumoune.
    Mamathilde, “Captain ô my captain”. Et vous montez sur les bureaux aussi?
    Anne, je sais… je me souviens de toutes vos interventions ici… Vous êtes partie aussi.
    Benoit, décidément, il faut que vous invitiez Josée B. à diner. Vous nous raconterez!

    Posted 02 nov 2006 at 13:32
  7. Andréanne wrote:

    Les cerfs-volants de Romain Gary, ou la découverte de l’amour absolu, l’abnégation, gros questionnements sur ma faculté à aimer en général - et sur l’amour que je portais à mon chum en particulier… j’avais 17 ans, j’ai laissé le chum assez rapidement, et je relis les cerfs-volants régulièrement!

    Posted 02 nov 2006 at 13:45
  8. Isabelle wrote:

    Certains livres sont des coups de poings du début à la fin. Prenez “l’enfant migrateur”, de Aude. Elle explique ainsi pourquoi le héro du roman n’ose pas trop s’approcher de sa soeur aînée:

    “le gouffre en elle était si profond qu’il avait peur d’y tomber”.

    Avouez que quand on se demande pourquoi personne ne nous aime… aouche!

    Posted 02 nov 2006 at 17:24
  9. Madame Une Telle wrote:

    C’est ridicule, mais je l’ai vécu ce matin.

    Alors que j’étais coïncée dans le trafic de l’heure de pointe.

    J’entends (parce que je ne l’écoute franchement plus) la serveuse automate de Starmania. Puis, au moment même où je me dis que vivre dans mon char n’a pas de sens, j’entends “ma vie ne me ressemble pas”. Les larmes me sont montées aux yeux!

    La coïncidence était frappante. C’est de moi qu’elle parlait!

    Posted 02 nov 2006 at 19:31
  10. REGOR wrote:

    Mon coup de 2 X4 j’étais chez un copain qui mets le film ” Champs de rêve ” avec Kevin Costner… rien à dire jusque vers la fin quand il découvre le “catcher”.
    Son père avec qui il n’avait jamais réglé son passé, et à la fin ils se lancent la balle…. je me suis revu enfant quand je désirais impressionner mon père en lancant la balle très fort “Wow tu lance fort ” que je voulais entendre.
    Mon père lui me disputait pour que je lance précis….cruelle mésentente.
    Imaginez mon copain quand son Chum de 35 ans se mets à pleurnicher sans avertissement !!!! Méchant coup !!!

    Posted 02 nov 2006 at 20:50
  11. Berusisstible wrote:

    … moi, c’est une chanson. « Dancing Nancies » de Dave Matthews. À chaque fois que je l’entends, je me dis que cette toune là a été écrite pour des gnes comme moi.

    Posted 03 nov 2006 at 2:09
  12. Elle Aime wrote:

    J’ai probablement beaucoup à apprendre parce que j’ai reçu beaucoup de coup de 2X4 dans ma vie…tenez encore ce matin en lisant votre chronique….sur les relations mères-filles ” Une fille est enfin libre de vivre sa vie que le jour où sa mère meurt ”
    Ca me rappelle 2 choses, une bonne et une moins bonne, la bonne, ma maman est toujours ici bas et la moins bonne, moi je suis toujours prisonnière !….

    Posted 03 nov 2006 at 11:04
  13. Mamathilde wrote:

    Non, mais pour construire mes opinions politiques, à l’époque, j’ai été a des assemblées de tous les partis qui m’étaient accessibles.

    C’était peut-être ma façon toute personnelle de grimper sur un bureau.

    Posted 03 nov 2006 at 14:56

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