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Verte vallée

Une jeune fille, charmante, mignonne, intelligente, se tord les mains; « tu comprends, moi je veux pas abdiquer, je veux pas rester avec un gars juste parce qu’il m’aime. Lui, il s’en va et je ne suis pas déchirée. Il me faut de la passion ».

Rings a bell, doesn’t it? En tout cas, moi j’entendais Jean Gabin; « je sais, je sais ».
C’est cette jeune fille là mais ça pourrait être toutes mes amies à une certaine époque de leur vie. Ça pourrait être certaines de mes amies encore maintenant. Ça pourrait être moi. Ma soeur. Ma fille. Ça pourrait être vous.

Voyons voir ce que dit le Robert. « Passion, du latin passio qui veut dire souffrir ».

It definitely rings a bell.

Qu’est-ce qu’on peut aimer souffrir quand même. C’est très utile toute cette souffrance, ça fait diversion. Pendant qu’on souffre, on se rend rarement compte qu’on souffre pour quelqu’un qui nous convient autant qu’un sweat shirt en polyester de chez Wal Marde avec un coyote qui hurle à la lune dessus.

Mais on ne peut pas le dire.

Ni aux jeunes filles ni aux vieilles jeunes filles, ni aux fans éperdues et déchirées par le départ de princes ténébreux, inconsolables, à la tour abolie. Je le sais, j’ai déjà été cette jeune fille qui ne voulait rien écouter d’autre que le maudit disque rayé du « oui mais je l’aiiiiiime ».

Oh, shut up!

Irréductible tabou que de décourager la passion. Mais la passion, c’est comme la mafia. C’est romantique au cinéma. Dans la vie, ça vous met à genoux et ça vous tire une balle dans la nuque, « execution style ».

Bof.

Je ne peux pas dire à cette jeune fille là que de l’autre côté de la passion, il y a une vallée verte et tendre où la femme n’est pas déchirée chaque fois que le mec passe la porte pour aller chercher de la bière. Que le look femme en loques, c’est tout à fait has been. Qu’on s’habitue très vite à ne pas être paralysée par la peur d’être abandonnée. Que construire, c’est tout sauf se résigner. Qu’on est prêt à aimer le jour où on est prêt à dissiper l’illusion romantique, à vivre la lumière allumée, les rideaux grands ouverts.
Que savoir qu’on rend un mec heureux, c’est tout à fait tripatif comme dirait Languirand.

J’aime Languirand. J’ai apprivoisé la solitude de bien des dimanches grâce à lui. Sa voix dans mon oreille, mon chien roulé en boule derrière mes genoux, j’aimais alors être toute seule. Sans témoin.
Mais la solitude a ceci de bien particulier qu’elle vous mord encore, même apprivoisée. Alors un jour on sort d’hibernation, on regarde les garçons avec indulgence et gentillesse et avant de se garrocher on down shift, histoire de bien observer le paysage qu’on a devant soi… Et on prend bien son temps, parce que franchement, y’a pas le feu.

Oh, on craque bien quelques allumettes, juste pour vérifier qu’on est encore capables mais on ne s’attarde pas. En toute amabilité. On se détend la séduction, on slaque la poulie du charme à tous vents et on rencontre quelqu’un qu’on ne pensait jamais rencontrer, soi.
C’est là, enfin qu’on tasse le « c’est pas mon genre de gars » pour un « why not » . Qu’on s’ouvre à l’esprit d’aventure et qu’on risque une soirée à vraiment être attentive à quelqu’un, qu’on l’écoute, lui, au lieu d’essayer de placer notre boniment. On passe de « fuck, d’un coup que je lui plais pas » à « voyons voir qui est ce garçon ».

On revient chez soi, toute seule. On dit à notre meilleure amie, celle qui appelle à six heures du matin parce qu’elle sait qu’on est debout à cette heure là; « Tiens, j’ai rencontré un garçon, on ne sortira jamais ensemble mais je pense que je me suis fait un ami ».

Trois ans plus tard, l’ami a déménagé son aquarium chez vous et vous faites des crèpes pour sa fille le samedi matin. Et vous faites enfin les trucs que vous vouliez faire depuis toujours, comme passer à un autre appel professionnellement, comme braver le ridicule et oser ce truc dont vous rêviez depuis l’enfance. Comme vous lever le matin et ne pas penser à la tête que vous avez parce que c’est ça qui est ça and fuck the rest.
Ah, et vous faites l’amour aussi. Vraiment pas comme avant. Il manque un truc, cette chose là qui vous bouffe tellement que ça fait un grand vide quand elle disparait, ah oui, l’angoisse… cette salope qui vous force au triolisme et empêche toute forme d’intimité.

Ouais. Vous faites l’amour et après vous faites des nouilles. Et il va au dep’ chercher du beurre parce qu’il en manque pour les nouilles et vous savez quoi?

Vous n’êtes pas déchirée.

Grange.JPG

Comme disait Susan Sarandon; « the true test in a relationship is how productive you are in the relationship ».

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Comments 26

  1. Joblo wrote:

    merci chère blonde,

    J’ai l’impression que ma grande soeur me parle…
    On voit que vous êtes de l’école Languirand, qui dit que la vie de couple est l’une des « voies » (de garage?).

    Posted 22 sept 2006 at 15:37
  2. Capt'n Crunch wrote:

    Wow… génial comme article. À faire lire à mesdames…

    Ça réduit un peu le cynisme.

    La passion déchirante, j’ai donné et je n’en veux plus. Ce que je recherche, c’est une complice.

    Je troque volontier les regards qui dévorent par un regard qui comprend. Et qui rit. Et qui ne se prends pas au sérieux.

    Je sais pas… ça doit être la trentaine qui approche.

    Posted 22 sept 2006 at 15:46
  3. Spatate wrote:

    Que c’est bien dit!!

    Bravo… et un ton tout a fait juste…

    Que fait-on quand la dite personne reviens au pattern du… « Oui mais il manque la passion »?

    Posted 22 sept 2006 at 15:57
  4. Faole wrote:

    Wow, merci.
    Je suis dans la période de solitude présentement, et crois moi, même quand on la choisit, elle est encore et toujours commes des talons hauts; attirante sur les autres, elle est par contre bien inconfortable quand on est dedans.
    Et j’essaie, vraiment très fort, de troquer la passion brûlante contre la découverte de soi-même et des autres, sans attentes.
    Easier said than done…
    Merci

    Posted 22 sept 2006 at 15:58
  5. Chroniques blondes wrote:

    Notes à vous, amis lecteurs. Ça m’a quand même pris une petite vingtaine d’années avant d’allumer… On est blonde ou on l’est pas.

    Joblo, définitivement une des voies, Monsieur Languirand est notre maître à tous. Il veut du sucre à la crème peut-être?! Un petit sablé aux pommes?

    Capt’n?! Quoi? Pas encore trente ans? Mais je vous donnais au moins 102 ans. Et puis, vlan dans les dents, vous fréquentez trop des filles de votre âge. Voir ci haut Joblo. Qu’attendez vous pour l’inviter à déguster le lychee au fond du martini?!

    Spat. Vraiment simple. Tu lui dis; « fuck la passion bébé, tu m’as, moi ». Et tu lui demande pas son avis avant de l’embrasser. Solide.

    Faole. J’aime bien l’image des talons hauts. Easier said than done, comme tu dis. L’idée c’est de penser à Claude Ryan (!!!) qui disait que pour bien agir, il faut avoir bien vu!
    Déjà, penser à Ryan, ça te rafraîchit la passion brûlante d’aplomb.

    Posted 22 sept 2006 at 16:23
  6. Anonyme wrote:

    Wow beau texte Chroniques.

    Tu m’as déjà dit que ma blonde était chanceuse, je te rend la pareille.

    En passant, t’aurais pas des textes de chansons qui traînent par hasard…?

    = ; o )

    Posted 22 sept 2006 at 16:34
  7. Geneviève wrote:

    Chroniques, tu m’épates… Paf, kin toé, juste au milieu! Aouch!

    Ben moi j’y suis presque, à cet amour qui se laisse construire doucement, dans le calme relatif du long fleuve tranquille… Disons que je suis enfin capable de l’imaginer. (enfin oui, enfin certain, il était temps! Ce doit être la quarantaine… ;-)

    Le rêver c’est déjà un peu le vivre, non? Un chouïa de lâcher prise supplémentaire et j’y suis.

    Posted 22 sept 2006 at 17:42
  8. Benoît wrote:

    L’ironie dans tout ça, c’est que « patience » a la même racine que « passion ».

    M’enfin, tout ça pour dire qu’on y goûte, quel que soit le côté où l’on se trouve.

    À croire que la passion est une hypermétropie.

    Posted 22 sept 2006 at 18:16
  9. Joblo wrote:

    En plus, elle joue les entremetteuses!
    Mieux qu’une grande soeur, une vraie soeur.
    Je vais boire mon deuxième lycheetini à votre santé.

    Posted 22 sept 2006 at 18:39
  10. Cap'n Crunch wrote:

    102 ans?

    Je ne suis pas encore à l’étape de fabuler sur mes plans de tomates et de faire des lasagnes pour la semaine le dimanche après-midi (dieu merci!).

    Pour ce qui est de Joblo, je crois qu’elle a déjà de la compagnie pour déguster ce fameux lychee :D

    De toute façon, j’ai bien peur d’être déjà le boy toy d’une autre demoiselle. ;)

    Cette autre personne est d’ailleurs une fidèle lectrice de Joblo…

    Posted 22 sept 2006 at 18:53
  11. Chroniques blondes wrote:

    Capt’n Crunch! Mais je parlais de votre sagesse voyons! Pas de votre goût pour le plant de tomates! Et qui parle de boy toy ici?! Certainement pas moi! Et qui vous dit de croire les « on dit que »?! Hein?

    Anonyme musicien. Des tonnes de chansons, des fleuves, des z’amours éperdues et des sanglots longs à gogo, le tout mixé de jello trois couleurs. Toujours intéressé?!

    Benoit mon ami, vous voici de retour avec votre sagesse. Procédons à un encan lychee. Qui dit mieux?

    Geneviève, accroche toi ou plutôt continue le lâcher prise. Une fois qu’on y a goûté, c’est encore mieux que l’héro.

    Joblo, un deuxième?! C’est du propre! Mais ouais, rencontrez vous que diable! D’abord que vous me racontez, je n’en demande pas plus.

    Ça y est, je me meurs d’ouvrir un courrier du coeur.

    Je vous embrasse tous autant que vous êtes.

    Posted 22 sept 2006 at 20:04
  12. Sylvaina wrote:

    … d’un autre côté… j’entends, partout autour de moi, des gens qui se séparent en disant:

    - la passion n’y était plus… (ben oui !)

    - c’était rendu davantage ma mère que ma maîtresse…

    - même sa façon de se brosser les dents me rendait folle…

    - elle faisait de moins en moins ce que j’aime et de plus en plus ce qu’elle aime – on était plus jamais ensemble…

    - on était rendu à prendre nos vacances chacun de son côté… c’est pas ça une relation… c’est pas ainsi que je vais passer le reste de ma vie…

    Je crois que c’est « Piton » Ruel qui avait raison…

    Posted 22 sept 2006 at 20:51
  13. Sophie wrote:

    Elle me fait mal ta chronique. Parce que je les connais, les prairies verdoyantes, mais j’ai encore le goût de l’enfer brûlant de la passion dévorante. J’y ai renoncé, mais je regarde parfois en arrière, avec un petit pincement. Parce qu’il me manque un p’tit 5 ans de maturité encore… pour être vraiment écoeurée de souffrir ?

    Puis je ne suis pas certaine non plus, que j’aurais envie de dire aux jeunes passionnaras « touchez pas, vous allez vous brûler ». Car moi-même, je n’arrive pas à regretter un seul petit instant…

    Posted 22 sept 2006 at 21:01
  14. P. wrote:

    Chère blonde… chroniqueuse du coeur… et on le reconnait comment cet homme, ami, complice ??? Comment ne pas passer à côté??? Comment LE trouver sans effectivement se contenter de moins???

    Beau texte… que de questions…

    Posted 22 sept 2006 at 21:06
  15. Chroniques blondes wrote:

    Sylvaina, ce que vous décrivez n’est pas, je répète, n’est pas la verte vallée mais un espèce de purgatoire, morne plaine, confort et indifférence. Dans la verte vallée, on aime. Le mot clé étant « aimer ».

    Sophie. Vois-tu, je ne le vois pas comme un renoncement mais comme un déplacement de la passion. Au lieu d’être brûlée par elle, c’est moi qui décide de quand je flambe.
    Pour ce qui est des regrets? Ils ne servent qu’à nous pourrir la vie de toutes façons! Qu’ils mangent de m… les regrets!

    P. Sais pas comment on le reconnait. Il faut le « pratiquer » un peu pour voir. Donner une chance au coureur, au moins une… mais pas dix.
    On fait ce qu’on aime, on voit comment ça va avec l’autre, si lui aussi fait ce qu’il aime et on accepte gracieusement, comme Osgood dans « Some like it hot » que « nobody’s perfect ».

    Posted 23 sept 2006 at 7:09
  16. Mère indigne wrote:

    Ah, les petites saucettes en enfer! Rien de tel pour se donner l’impression d’exister à 100 milles à l’heure!

    Quand on découvre qu’on se joue des pièces de théâtre dans notre tête et que le rôle de tête de Turc de la passion n’est approprié ni pour nous ni pour l’autre, on peut commencer à respirer. Et à aimer, peut-être?

    Posted 23 sept 2006 at 8:17
  17. REGOR wrote:

    Chère blonde,

    À partir du « Bof », pourrais-tu faire passer en boucle sur Times Squares, dans les canal de nouvelles, dans les cabinets de medecins, et pourquoi pas sur les affichage des garages.

    Peut-être qu’elles liraient et y penserait juste un peu, juste pour entrouvrir une brèche.
    Une brèche dans leur certitude que le seul et unique chemin c’est l’enfer de la souffrance de l’autre parti.
    Une brèche dans leur dégout et leur lassitude d’aller voir de l’autre côté du mirroir.
    Une brèche dans leur attente du Prince Charmant qui viendra sur son destrier les sortir de leur marasme.
    Une brèche pour leur permettre de laisser une chance à l’autre celui du « why not » , celui d’à côté.

    Posted 23 sept 2006 at 9:28
  18. Nathalie wrote:

    Tu sais le plus beau de tout ça c’est quand tu es installée dans cet amour et que tout à coup tu sens la passion qui passe et tu n’as même plus le goût parce que cet amour goûte infiniment meilleur, moins épicé, mais plus relevé.

    Posted 23 sept 2006 at 9:51
  19. Anonyme wrote:

    Certainement que je suis intéressé,

    Jello Trois couleurs’ and Marmalade Skys.

    Wow Joan Lennon!

    = ; o )

    Posted 23 sept 2006 at 10:20
  20. Chroniques blondes wrote:

    Mère Indigne, que de sagesse sous votre indignité. Je pense vous organiser un blind date avec Languirand pour une co animation du dimanche soir.

    Cher Regor, vous avez une ouverture pour Time Square? Ce serait chouette! On pourrait tous y aller et boire des leechy martini en célébrant!

    Quelque chose me dit qu’une miss why not futée vous a trouvé et qu’elle ne vous lâchera plus. Et j’avoue qu’il est fort heureux de certains garçons soient aussi du côté du « why not »? Thank God!

    Nathalie! Oh oui! Tout à fait. C’est « plus long en bouche » comme disent les oenologues (qui valent bien d’autres logues)!

    Anonyme. C’est la plus belle proposition que j’ai eue depuis… que Guy Blanchette m’a demandé s’il pouvait me fiancer pour mes cinq ans.

    Posted 23 sept 2006 at 11:06
  21. Martine wrote:

    Amen.
    Amen, amen, amen.

    La quiétude, je pensais que c’était pour les mous, les plattes, les vieux peureux, les pas artistiques, les rois du compromis et du drabe. Je ne me suis pourtant jamais sentie plus libre dans mon imagination et ma créativité que depuis que j’ai arrêté de me demander « y m’aime-tu?, « est-ce que je l’aime? ». Ah, le bonheur d’être enfin passée à autre chose…

    Quand je pense à tout ça, un vieux standard de jazz me revient toujours en tête (particulièrement la version de Dinah Washington):

    This can’t be love because I feel so well
    No sob. No sorrow. No sigh.
    This can’t be love, I get no dizzy spells
    My head is not in the skies
    My heart does not stand still
    just hear it beat
    this is too sweet to be love
    This can’t be love because I feel so well
    Still I love to look in your eyes…

    Si je me remarie (ce qui n’est pas nécessaire mais pourrait faire un beau party), c’est la toune que je vais faire jouer.

    Posted 23 sept 2006 at 13:13
  22. Tassili wrote:

    «Trois ans plus tard, l’ami a déménagé son aquarium chez vous et vous faites des crêpes pour sa fille le samedi matin.»
    Finalement, ma chère Chroniques, c’est ta version de «Ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants»?
    Héhé, j’aime bien, c’est moins compliqué et on peut imaginer la suite. On voit très bien aussi le genre du Prince Charmant descendu de son cheval. Mmm. J’en veux un! Et je veux une belle-fille aussi, siouplait. Ou un petit garçon qui trouve des oeufs de coccinelle dans la cour et organise la garde partagée avec son meilleur copain.

    Posted 23 sept 2006 at 19:35
  23. La patachou wrote:

    Fais du bien de lire ça en ce lundi matin! Je suis rendue là dans ma vie… mais peut-être que j’ai pas encore clliqué! Quand même, ça fait que je suis pas toute seule

    Posted 25 sept 2006 at 9:56
  24. Isabelle wrote:

    Tellement, tellement vrai… On pourrait toutes avoir écrit ce texte (si nous avions votre talent pour les mots!)

    Comme je me le répète, dans mes moments de doute: l’amour, ce n’est pas un feu d’artifice, c’est un feu de bois.

    ça « pète » moins, mais c’est plus réconfortant.

    Posted 25 sept 2006 at 10:25
  25. Regor wrote:

    Times Square …jamais allé, mais ca doit être trippant
    Leechy Martini….connais pas, mais ca doit être bon
    Y aller tous célébrer….n’importe quand
    Dites moi quand !!!

    Posted 26 sept 2006 at 3:41
  26. Louise Mercier wrote:

    Que vous êtes tous trippants !!! et réconfortants…vous lire me rappelle combien je suis heureuse d’avoir laissé l’ami prendre plus de place pour découvrir cet amour, le doux, le simple, le confortable….sans mourrir d’ennuie…(ma plus grande hantise)

    Posted 26 sept 2006 at 8:46