Je suis arrivée en France par bateau. C’était un 22 décembre et il pleuvait. Nous arrivions de Portmouth. Traversée houleuse sur la Manche déchaînée. Des vagues immenses. Des passagers blêmes. J’étais avec un homme de passeport, un de ceux qui vous emporte loin de votre vie, un échappatoire, un homme fuite. Celui-là m’emmenait loin de ma mère vampire, loin de ma violente campagne, de mon enfance en ruine et de la Belle Province qui me serrait comme un habit trop petit.
J’avais 18 ans.
J’étais amoureuse. Pas de l’homme que j’allais épouser mais de son pays, la France. Déjà, sur la mer grise, toute seule sur le pont, épargnée par la nausée collective, je guettais l’horizon. J’avais réussi mon évasion.
Et puis, tout à coup, à travers la brume, il y a eu Cherbourg, ses navires marchands, son port industriel, sa laideur, son quai de Normandie. C’était la plus belle ville du monde et elle m’attendait.
La France a accueillie la jeune fille solitaire que j’étais. Elle m’a prêté ses livres, ses écrivains, ses pavés, son humidité et ses macarons roses. Chez elle, je pouvais lire en public sans avoir peur d’être raillée. Chez elle, j’ai découvert la musique baroque dans la rue, les enfants qui disent « bancale » pour une table incertaine, le biscuit apéritif, les foyers de jeunes travailleurs de Belleville, les putes qui m’offrent des cigarettes et me caressent les cheveux, le métier de serveuse, la dinde aux marrons, les obstétriciens qui offrent des chocolats à leurs jeunes patientes en l’honneur du « petit québécois » né un soir de neige en Bretagne, les noms juifs francisés et les caves stockées de marchandises sèches jusqu’au plafond « au cas où ».
Toujours, je me souviendrai de cet avant-midi froid où j’ai chanté la Marseillaise devant une photo de François Mitterand, enceinte et nouvelle citoyenne officielle de la République. J’étais la seule blanche. Après la cérémonie, un vin d’honneur a été servi. Nous avons porté un toast à notre terre d’accueil. Plusieurs pleuraient.
Pendant les trois années qui ont suivies, j’ai tout aimé de la France. J’ai découvert Pierre Desproges, Bedos, Bretecher, Reiser et Coluche. J’ai ri en lisant « les Ritals » et pleuré en lisant les « Ruskofs » de Cavanna, j’ai enfin pris mon temps avec Marcel Proust, comme il se doit, en mangeant des Madeleine sur la Côte Sauvage, tout près de Quiberon, avec l’horizon pour seul compagnon. Je me suis mariée à St-Pair sur Mer en me cassant la gueule dans l’escalier. C’était tout près d’Avranche où j’adorais aller parce que je n’avais qu’à dire que j’étais canadienne pour qu’on m’offre le calva. Le cimetière d’Avranche est constellé des croix blanches des tombes des soldats québécois morts pour libérer la France.
J’ai découvert les marchés publics, les poulets encore couverts de plumes et d’entrailles. Les méchouis de mes voisins de HLM des zones industrielles. Je me suis évanouie en pleine rue de Rivoli, malaise des premiers mois de grossesse, pour me réveiller dans l’antichambre d’une antiquaire russe qui ne vendait rien en bas du million et qui m’a servie un thé sucré en me disant; « vous nous faites un beau petit, allez ». J’ai cherché la proverbiale mauvaise humeur des parisiens, je ne l’ai pas trouvée. Je leur ai fait un beau petit, que j’ai appelé Julien, officiellement pour Stendhal. La vérité, c’est que pendant que j’accouchais, l’infirmière du poste de garde écoutait le dernier Julien Clerc en boucle; « Ma préférence à mouâââ âââ ».
J’ai crié pour Platini, j’ai pleuré quand le PS est entré alors que je ne connaissais rien de leur programme. J’ai lu Françoise Giroud dans le Nouvel Obs, religieusement. J’ai suivi l’affaire « Grégory » et le fameux « sublime » de Duras. J’ai aussi vu une France imparfaite, parfois raciste, hiérarchique, misogyne, méprisante des algériens et encore plus des pieds noirs. Mais je l’aimais.
Du haut de ma jeunesse intransigeante, j’ai renié le Québec, de toutes mes forces. Avec une révulsion qui ne vient que de ce qui vous a fait souffrir au sang. J’ai mis du temps à me réconcilier avec lui, il m’a fallu Montréal et la merveille de quelques rencontres…
Au fond, c’est simple, on aime les lieux où on a été aimé.
Il me reste une vulnérabilité de ce Québec qui me fait encore souffrir chaque fois que je le vois méfiant du beau, du grand, du raffiné, du plus grand que soi. Celui qui me dit que Nagano, c’est pour l’élite. Que l’hymne à la joie, c’est pour les prétentieux. Ce Québec de beau-frère qui trouve « cher » de dépenser pour l’éducation d’un enfant mais pas pour l’achat d’un ski doo, d’un chalet, d’une troisième auto. Ce Québec dans lequel pour être invité à une heure de grande écoute, il vaut mieux avoir volé dans un grand magasin que d’avoir écrit un livre.
Ici, chez moi, dans une société d’intégration des cultures, il y en a une que nous continuons de mépriser, celle de l’esprit.
Ce Québec-là me poignarde en plein coeur. Et pourtant, je ne cesse d’attendre de lui le meilleur.












Comments 27
Lorsque l’émotion est au rendez-vous, le rationnel
Posted 09 sept 2006 at 19:59 ¶n’a plus sa place. Pourtant, je tiens à vous dire que je retrouve à Montréal des chose grandes et merveilleuses. J’aime la culture, les grandes réalisations et Monsieur Nagano! Ce cher Nagano qui a reçu un très bon accueil. Le Québec comme bien d’autres lieux ne peut se résumer en quelques lignes ou émotions. J’adore la France mais j’aime aussi Montréal et les montréalais
Laisse-lui le temps de grandir, il arrive de loin notre pays. Laisse-lui le temps de s’approprier sa propre culture et de l’aimer. Quand il y sera parvenu, tu verras, ce jour là, il n’aura plus peur ni du beau, ni du grand. Un jour viendra, j’en suis certaine.
Posted 09 sept 2006 at 20:42 ¶Un autre texte splendide chère Blonde.
Bien dit Chroniques Blondes.
Québec que j’aime mais où ça fait 40 ans que je suis gêné de dire que je suis né et que j’ai grandi à Outremont. Je me sens toujours obligé d’ajouter que- je n’habitais pas le « haut » Outremont et que mon père était un simple ouvrier issu du bas de la ville- avant que quelqu’un me fasse une remarque du genre « me sembait aussi que… »
J’ai même fait une tournée pendant 1 an 1/2 au Québec avec un chanteur qui présentait ses musiciens en demandant à chacun d’où on venait. Eh bien de Fermont à Paspébiac, la réaction était unanyme et instantanée, on me huait vertement et avec coeur. Évidemment je ne le prenais pas perso et on tournait ça à la blague, mais ça me faisait réfléchir sérieusement sur les questions que tu évoques à la fin de ton texte.
Tout le Québec aurait avantage à lire la réplique du film Coach Carter qui t’a valu d’être citée dans l’article du 8 janvier de Josée Blanchette dans le Devoir en passant.
Encore un très beau texte ce « Jour de pluie ».
Merci!
= ; o )
Posted 09 sept 2006 at 23:00 ¶Tiens si ça peut t’être utile, le lien pour l’article que je mentionnais plus tôt.
http://www.ledevoir.com/2006/09/08/117617.html
Je ne sais pas s’il faut être abonné pour pouvoir le lire.
= ; o )
Posted 09 sept 2006 at 23:05 ¶Je crois qu’il n’y a pas une France, mais des Frances. Tout le monde m’a dit que la France de la fin des années 70 était différente, plus douce et ouverte, plus dynamique. Celle d’aujourd’hui est déprimante, maussade et apatique. À l’Immigration, on m’a carrément dit à chacune de mes visites : »Mais que faites-vous donc en France alors que tous les Français rêvent de partir au Québec? Moi, je partirais bien ».
Pourtant, si j’aime encore le Québec, quand je lis les blogues de Canoe (qui sont plutôt des forums), je ne comprends pas vraiment l’attrait qu’il exerce sur les Français. J’ai honte devant tant d’ignorance et de niaiserie.
Posted 10 sept 2006 at 4:24 ¶La France est un fabuleux pays où il fait bon vivre… Je ne suis pas si sûr qu’on traite mal telle ou telle communauté….
Posted 10 sept 2006 at 5:34 ¶J’ai aimé la France pour les mêmes raisons… un brummel m’a subjugué, mais c’est la France qui m’a complètement soufflée. Je pouvais lire de la « Littérature » sans me faire étiquetter, je pouvais allée au musée sans passer pour une snob finie. Mais quelque part mon coeur était ailleurs… dans l’asphalte de Montréal, dans la cambrousse de l’Abitibi, dans le soleil et la mer de la Gaspésie. Je ne suis pas réconciliée complètement, le Québec me fait encore chier souvent, mais c’est ça l’amour aussi.
Posted 10 sept 2006 at 9:24 ¶Merci Chroniques Blondes pour ce petit mot sur la France et sur Paris, que j’ai bien du mal à défendre, parfois!
Posted 10 sept 2006 at 9:54 ¶Et pourtant, une fois qu’on est tombé amoureux de cette ville, on n’en démord pas…
Bonjour la blonde,
Que ce pays, ou plutôt ces « Habitants » t’ont fait souffrir …comme plusieurs qui sortaient du rang. Ce rang qu’on entretenait si fermement pour le bien de notre société. La différence entre les 2 pays ….(une des différences) a mon avis tiens de notre jeunesse, immaturité, isolement passé, des trop longue soirée d’hiver dans une société fermée centrée sur une forme de survie.
Posted 10 sept 2006 at 10:28 ¶On a le coeur à la bonne place ici au Québec, il nous manque justement ces grandes personnes ..comme toi… qui s’élèvent pour donner l’élan. Certains se sont élevé sans renier leurs origines, ceux qui par souffrance et ressentiment l’ont renié n’ont fait que retarder l’élan.
Oui, on est un peu rustre, mais ca change, je le crois, enfin je l’espère. On en exporte même nos artistes qui font un malheur en France, et on récupère parfois de nos beaux cerveaux expatriés, pour notre plus grande joie.
Élevons nos enfants……vers le haut !!!!
C’est avec un vif intérêt que j’ai lu votre billet. Félicitations pour tant de mots authentiques et pour cette nudité osée!
« … je pouvais lire en public sans avoir peur d’être raillée. » Malheureusement encore pertinente cette phrase.
Néanmoins, je perçois une blessure mal guérie lorsque vous vous référer à la France, ex mère patrie qui a vendu l’Amérique aux Anglais et dont l’élite s’est enfuie au lendemain de la vente – débarras. J’aime aussi la France, mais c’est un autre pays, un pays qui vit une autre réalité.
Nous n’avons plus de mère patrie, ni de maîtres conquérants et on refuse de se prendre en main. Voilà qui est troublant. On dirait qu’on se cherche un acheteur, un Nogano qui nous dira que nous sommes beaux, que nous sommes bons, car si personne nous le dit, on dormira mal.
Nogano aura droit à mon admiration s’il se montre à la hauteur et relève le défi. Le réel trésor c’est l’exceptionnelle qualité de notre orchestre. Il faut dénicher un chef digne de l’ensemble, pas le contraire.
Si les musiciens de l’orchestre me disent: « nous avons trouvé un chef de grande qualité », là je serai heureux. C’est ainsi que je vois la chose.
Nous aimons ceux qui nous aiment, on recherche l’approbation des autres. Cela me déprime. Il faut savoir s’auto-critiquer sans s’auto-mépriser, il faut faire fi des commentaires de ceux qui jugent les gens en fonction de leur lieu d’origine (ce qui est universel). Il faut se montrer fier quand c’est le temps et parfois se foutre de ce que peuvent dire les autres
C’est compliqué tout ça, ambigu, assez déroutant.
Accent Grave
Posted 10 sept 2006 at 10:37 ¶Je me suis pris ton texte en plein coeur, moi qui ai fait le chemin inverse, et me suis retrouvée ici pour avoir craqué pour un beau Québécois – j’ai presque eu l’impression que ce texte m’était destiné.
Ça tombe pile et ça fait mal parce que… ça me rappelle pourquoi la France me manque.
Sauf que.
Sauf que je me souviens quand même qu’en France, je m’empressais de dire très rapidement à toute nouvelle connaissance que j’étais à moitié Algérienne (parce que ça ne se voit pas), pour éviter qu’on tienne des propos racistes devant moi. Un tic qui j’ai peu à peu perdu ici, et qui ne me manque pas. La France, pays des libertés, des droits de l’Homme, où l’égalité comporte beaucoup de degrés et de nuances visibles à l’oeil nu.
Posted 10 sept 2006 at 11:34 ¶… c’est vrai que parfois, il faut aller loin, loin pour apprendre à apprécier son propre monde.
Je n’ai jamais vue la France, à mon grand regret. J’ai vue d’autres lieux mais de mon pays natal. Mais aller voir ailleurs si j’y étais m’a amené au-bout de moi-même.
À travers ce texte, ces lignes, je me suis reconnue moi aussi, plantée au milieu d’un monde campagnanrd, il y a 18 ans, lorsqu’au début de mon adolescence, je me sentais tellement différente de ces gens -là. Non pas à cause d’une orientation sexuelle ou d’un apparence physique qui fait changement. Simplement parce que j’avais envie de connaître autre chose que ces habitudes de vie qui sont communes: jouer aux cartes, lire du Danielle Steel ou faire du ski-doo. À 18 ans, secondaire terminée, je suis allé vers la grande ville pour enfin étudier ce qui m’attirait tant: la culture, la littérature et … finalement être déçue de ce monde. C’est pas grave, j’ai jamais aimé faire partie de ces gens là non plus.
Et je me retrouve ici, à trente ans, pognée encore à être différente d’eux mais avec un peu plus d’applomb et de « baveuseries ». C’est juste que maintenant, je les méprise moins …
Bravo madame Blondes !
Posted 10 sept 2006 at 12:03 ¶J’aurais pas crû que ça susciterait autant de réactions.
Bien sûr je ne parle pas de TOUT le Québec mais bien d’un certain Québec. Bien sûr je suis lucide sur la douce France. Comme dirait Kavanna; « le pays des droits et libertés… de l’homme blanc ».
Accent Grave, vous poser une question pertinente, comme critiquer sans mépriser? Comment enfin cesser de quêter l’approbation?
Anonyme musicien, elle est triste ton histoire… Fudge. Il aurait fallu que tu dises Hochelaga pour être cool?
Béru, encore une fois dans le mille, « partir pour aller au bout de soi-même ». Je sais pas si ça se fait avant de mourir mais faut tout de même essayer. Et t’en fais pas, j’idéalise pas le « monde culturel de Montréal » pan toute! C’est la quête d’appartenance à une tribu, si petite soit-elle, qui réconforte. On est jamais si différents qu’on croit mais on est souvent seuls.
Anne, il faut que ce jour vienne et il faut qu’il se grouille le c…! Je sais qu’on est jeunes, mais ça commence drôlement à ressembler à une excuse bidon. Savez, « mon chien a mangé mon devoir »?
Je vous embrasse bien et bon dimanche!
Posted 10 sept 2006 at 12:33 ¶Ton texte me fait penser à une phrase dont j’ai oublié la provenance.
« On aime mal ce qu’on connaît bien, on aime trop ce qu’on connaît mal »
J’ai toujours eu une pensée particulière sur les dangers de l’idéal. Je me rends compte en vieillissant que mes meilleurs souvenirs furent composés de moments où je rêvais à autres choses.
Je connais quelques personnes qui idéalisent la France et les Français. Ces mêmes personnes tendent à mépriser les Américains. Il faut toujours garder en mémoire qu’ils sont plus nombreux que nous. Avec le volume il y a plus d’opportunités pour qu’un imbécile prenne la place ou qu’une lumière scintille avec beaucoup plus d’éclat.
Le France, je ne la connais pas. J’ai été à paris pour une semaine et j’ai détesté. Je me suis beaucoup renseigné auprès des gens qui y ont habités (6 mois +) et je suis toujours incertain de ce que j’en pense.
Par contre, je suis convaincu que les mêmes traits qui traduisent ce qui te fait rager contre la société québécoise se retrouvent sous d’autres formes ailleurs… même en France.
Posted 10 sept 2006 at 13:13 ¶Très beau texte, très bien écrit.
Par contre, pour les prochains textes, je pense que je vais juste avoir du mal a effacer l’image de Foglia en string qui écrit…
Posted 10 sept 2006 at 14:37 ¶Capt’n! Ben, désolée de défaire ta belle phrase mais c’est pas ça pan toute! C’est plus que c’est dur d’aimer quelque chose qui te fait du mal. Un lieu, c’est ce qu’on y vit. Et quand on y vit quelque chose de moche, ben… on ne peut plus le voir de la même façon.
Et tu sais, la France, j’y ai vécu et travaillé trois ans, dans des conditions de précarités constantes. Je peux pas dire que j’idéalise… C’est le spirit qui était beau.
Raoul mon ami, vous voilà de retour! Mais je suis perplexe, là. Il est où Foglia en string?! Je suis prête à payer très cher pour voir ça… Dites un peu?!
Posted 10 sept 2006 at 15:30 ¶Merci pour ce beau texte. Je dis merci pour rien, juste parce que c’est bien écrit, juste parce qu’il y a de l’amour entre les mots, juste parce que ce n’est pas si souvent que l’on dit du bien de la France et de ses habitants, qui sont bien souvent les premiers à s’auto-flageller, mais -c’est paradoxal- qui supportent si mal les critiques, fussent-elles juste. Surtout si elles sont justes…
Je trouve à la lecture de ce texte que la France et le Québec ne sont pas si différents -quelques degrés de températures (doux euphémisme), des mots pour le dire légéremet différents, mais ce que je viens de lire sur le Québec des beaux frères, l’élite et la prétention, bref, la fumisterie et la condescendance, tout cela peut s’appliquer à la France. Hélas.
Posted 10 sept 2006 at 17:44 ¶Touché. J’ai été au Québec il y a dix ans. J’en suis revenu ébloui, je suis retourné pour m’installer dix ans après au Canada, mais à Toronto. J’ai des mots très durs avec la France, mais je mesure aujourd’hui la profondeur de ce que ce pays m’a donné. La possibilité de le critiquer. Comme une éducation réussie.
Posted 10 sept 2006 at 18:02 ¶De la France, je me rappelle des premiers jours, où tout allait si vite et tout le monde criait… Je pensais ne jamais aimer, puis je me suis mise à l’aimer, à aimer ses rues encombrées et ses quartiers dans lesquels on pouvait marcher sans fin sans retrouver son chemin…
Posted 10 sept 2006 at 18:30 ¶Voyage trop court…
Cela dit, Montréal m’a aceuillie a bras ouvert, moi aussi venant de la campagne, et pour toujours je lui en serai reconnaissante.
Il ne nous manque que le récit de la campagnarde (d’Abitibi ???) qui rencontre un Français à 18 ans et qui n’hésite pas un instant à le suivre… Comment as t’elle fait pour le rencontrer ?? Il devait surement être son aîné de quelques années… c’est comme de la crème glacée, on en veut toujours plus…
Posted 10 sept 2006 at 20:14 ¶Pour répondre à blue : c’est marrant, je suis Français, mais plus je connais le Québec, et moins j’ai envie d’y aller. Même si effectivement je confirme qu’en ce moment, l’ambiance est effectivement assez maussade, et qu’il y a pas mal de Français qui seraient prêt à partir (ou qui l’ont déjà fait), et pour ceux-là le Québec, francophone et se ventant d’être une terre d’accueil, semble être, à priori, une destination privilégiée. D’ailleurs, je suis moi-même à l’étranger (ou presque, Bruxelles, c’est à 1h35 de train de Paris).
De toute façon, partir au Québec par facilité linguistique c’est lâche. Il y a d’autres difficultés à l’expatriation, et fuir l’une d’elle et ne pas passer aux autres, c’est aller dans le mur. A lire d’ailleurs : http://blog.argentine-news.com/?p=1940 Et j’arrête là avec le hors sujet.
Posted 10 sept 2006 at 21:49 ¶Eh beh !
: argggg la vie file !) j’adore mon coin de pays et je rêve qu’il se remue un peu de toute cette glue de médiocrité et de « facilement satisfait, né pour un petit pain » (l’école public, c’est ben correct, les routes, c’est à cause du climat, radio-can, c’est vraiment un bon téléjournal de qualité) …..Un peu de nerf, par pitié !
Posted 10 sept 2006 at 21:53 ¶Enfin quelqu’un qui écrit tout haut ce que je pense tout bas…. (enfin, pas assez bas, justement, vu les foudres que je me suis payée…)
Bref, je suis victime du même syndrome. Revenue au Québec depuis 6 ans (pour mes sweet 20′
Foglia en string (ou au féminin), c’est toi.
J’espère que l’image te plait, bien qu’elle ne soit pas très sexy!
Bcp de monde le déteste ou déteste son style. Moi, il me tape parfois sur les nerfs, mais tous les 2, vous êtes extrêmement doués pour écrire les petits riens de tous les jours, faire passer les émotions a travers des petits riens de tous le jours.
Ya de ces petits chefs d’oeuvre minimalistes et simplistes.
J’en ai pondu un ce matin dont je suis assez fier (mais ca fait juste une ligne, j’ai pas le talent pour plus).
A un ami dont le père est mort du cancer (le crabe comme il l’appelle), il y a 3 ou 4 ans ce jour ci, je lui ai dit:
Le jour ou Desproges est mort, j’ai repris 2 fois du crabe.
Posted 10 sept 2006 at 23:19 ¶C’est vrai qu’il y a matière à vulnérabilité en suspens dans un Québec tel que tu en recenses certaines tares…. Nous méprisons l’intégration de l’esprit? Je ne crois pas. Comme tu le mentionnes dans ta réponse à Anne, il est minuit moins deux pour le Québec mais les aiguilles n’avancent plus aussi vite pour les tours à venir. Emprisonnés dans un carcan comme nous le sommes, le temps suspendu donc en attente de…, comment tout de même ne pas remarquer notre détermination à ne pas jouer le jeu de nos parents européens qui te démolissent le français sans raison apparente? Ils ne sont pourtant pas « encerclés » comme nous le sommes ces lointains parents! Alors il ne manque qu’une petite « pichenette » appliquée au bon endroit sur l’horloge du Québec et les aiguilles pourront reprendre leur rotation de façon normale. Et tu vois, un texte comme celui que tu as écrit ici, c’est un des doigts de la main nécessaire pour la réveiller cette horloge… Merci!
Posted 11 sept 2006 at 5:21 ¶C’est bien vrai que des fois le Québec ne veut pas être plus grand que lui! Il ne faut pas l’oublier, on est tellement un peuple jeune, on ne peut pas être aussi développé que l’Europe, et ce, sur tous les plans, ou presque. Moi aussi, je suis tellement découragé parfois d’entendre les gens! Il faut se concentrer sur ce qui est bon et ça prend des gens pour développer notre belle culture. Si les bonnes personnes s’en vont toutes en France ou ailleurs, on fait quoi nous?
Posted 11 sept 2006 at 9:24 ¶Chère CB, je découvre tes archives. L’universalité de ton propos est frappante, impossible de ne pas se sentir rejoint par tes magnifiques écrits. Merci !
Posted 12 jan 2007 at 19:07 ¶Je suis une amoureuse de Paris et de la France; j’aimerais y faire la « snowbird » mais, malgré la retraite, je n’en ai pas les moyens. Toutefois, quelques voyages (3) et l’amitié de quelques français et françaises gardent la flamme allumée. Malgré tout je suis extrêmement fière de mon Abitibi natale et de mon Québec, incluant la grande métropole où j’y ai fait des études universitaires. Je joue à l’artiste présentement et mes références sont toutes françaises, tant du Québec que de la « mère-patrie ». OUi, quelle culture mes amis! Mais cela n’empêche pas de lorgner du côté des États-Unis et d’en tirer le meilleur parti. Nous sommes de la planète terre, après tout! Mais, rien ne me fera renier la France et le Québec et mon Abitibi….
Posted 28 jan 2007 at 8:45 ¶Trackbacks & Pingbacks 1
« Ce Québec de beau-frère »…
Martine et Laurent sont conjointement et solidairement responsables d’une difficulté à aller au dodo ce soir. Par leur faute, je ne me sens pas capable d’aller mettre un point final à ma fin de semaine. Je ne sais pas o…