Pour mon travail, je me dois de garder l’esprit ouvert et de lire avec le troisième oeil, celui du scénariste en quête d’information. Je lis donc beaucoup de revues. Pour leur contenu mais aussi pour « saisir » leur public cible. Je suis particulière attentive au courrier des lecteurs. C’est toujours extrêmement révélateur. Dans mes descriptions de personnages, je mentionne toujours ce qu’ils lisent… Un personnage qui lit Coup de Pouce n’est pas le même que celui qui lit Atlantic Monthly.
Au fil de mes explorations, j’ai rencontré des « plumes ». Quelques fois elles sont en parfaites cohérence avec la ligne éditoriale. Parfois, on sent un décalage entre l’envergure du journaliste et le pouvoir absorbant du lectorat. Il m’arrive de lire une revue pour la seule signature d’une journaliste égarée entre un dossier de fond sur le renouvellement du contenu de la boîte à lunch des enfants et ce qu’il y aura au menu en octobre.
Apparté. Désolée pour les fans du guide alimentaire canadien, les gastronomes, gourmands et autres épicuriens mais cette obsession de vouloir absolument maintenir les femmes dans leur rôle de nourrices familiales me tue. Autant j’adore cuisiner toute la journée pour des occasions spéciales, autant la cuisine du quotidien me répugne. C’est de l’esclavage. Quand je lirai autant d’articles sur le contenu des boîtes à lunch dans « Esquire », « Playboy », « Maxim » et autres « Sports Illustrated » on s’en reparlera ok?
Je lis donc, dans le désordre, Creative Screenwriting, Tin House, Utne, Paris Match, Voici, Hello, Geo, American scientific, National Geographic, les Affaires, Les grands dossiers du Monde, mon cher Nouvel Obs, Fluide Glacial, Interview, la Semaine (oui, oui), le Elle France, Québec, USA, Oprah (le magazine grand tirage qui fait le plus de place à la littérature contemporaine américaine et ses auteurs) et même Martha et de Reader’s Digest. Et je suis ouverte aux suggestions, faut pas vous gêner.
Celle que je préfère entre toutes, c’est Vanity Fair.
www.vanityfair.com
Nulle part ailleurs je ne retrouve ce mélange explosif et parfaitement harmonieux entre le glamour, la politique, l’entrevue de fond avec la starlette du jour ET avec Al Gore, les photos spectaculaires, un carnet mondain, le questionnaire de Proust et une denrée de plus en plus rare dans le monde du mensuel, le journalisme d’enquête. S’il y a autant de pub dans Vanity Fair, c’est qu’envoyer Christopher Hutchens sur le terrain pendant des mois coûte cher. J’aime que ça coûte cher. Ça dure plus longtemps. Les enquêtes de Hitchens sont souvent plus passionnantes que n’importe quel roman policier.
J’ouvre chaque nouveau numéro de Vanity Fair avec l’excitation de retrouver un amant mensuel qui m’étonnera chaque fois. J’y retrouve les signatures de David Margolick, Dominick Dunne, Annie Leibowitz, Graydon Carter, Robert Kennedy Jr.
Leur numéro « vert » avec Julia Roberts et Georges Clooney était fantastique. Margolick a écrit une « letter from Palestine » brillante et bouleversante. Je leur pardonne tout, même de mettre Kate Moss en couverture deux fois dans l’année.












Comments 10
Il est vrai que le Vanity Fair est excellent. Bon équilibre, articles de fond comme de surface.
Posted 03 sept 2006 at 15:09 ¶Et l’horoscope! Bon, ça prend parfois un doc en philo pour comprendre mais c’est ça qui est bon!
Posted 03 sept 2006 at 16:44 ¶Heh heh, on doit être les deux seules abonnées à Creative Screenwriting au Québec!
Posted 03 sept 2006 at 21:22 ¶Martine, tu crois? Tiens, tu viens d’allumer ma curiosité, je vais demander à la maison de la presse pour voir…
Posted 04 sept 2006 at 5:53 ¶Moi aussi j’adore Vanity Fair. Après les cent pages de publicité, il y a des photos de soirées mondaines, avec des momies, issues de familles américaines riches, riches, mais qui décourage à vie des face lifts. Et je vous recommande Giant Robots, même si je en sais toujours pas de quoi ça parle.
Posted 04 sept 2006 at 11:12 ¶Je n’ai pas l’excuse d’avoir un travail qui me demande d’être en perpétuelle quête d’information, mais je suis tout de même accro aux mags. Ceux avec des articles longs longs longs qui vont au fond des chose. Et des photos belles belles belles. Tu as aussi mon vote pour Vanity Fair et Utne. J’ajoute au palmarès mon préféré: Outside Magazine. Pas juste pour les gosseux de canots; il y a de la prose là-dedans mes amis. Et dans une mention en forme de question: Rolling Stone? J’y ai été abonné longtemps, du vivant de Hunter S. Thompson, mais il y a un bail que je ne l’ai pas lu…
Posted 05 sept 2006 at 9:30 ¶Hugo, Rolling Stone! Que de glorieux souvenirs. L’ai lu à la chandelle en fumant des pétards et en écoutant Janis. J’ai adoré « Almost Famous » juste parce que j’avais été fan de « Rolling Stone » où j’ai d’ailleurs découvert Thompson.
Mais comme toi, je l’ai pas ouvert depuis… La mort de Kurt K. je pense.
Merci pour « Outside magazine ». Je vais y jetter un coup d’oeil promis.
Posted 05 sept 2006 at 9:40 ¶Tous ceux-là, et au risque de passer pour une nerd, il y a aussi Wired, j’adore.
Posted 05 sept 2006 at 13:07 ¶Quand j’y pense, lire Vanity Fair ET Oprah ET Châtelaine ET Wired ET ELLE, ça fait pas de moi une bibitte étrange?
Côté télé: je viens de découvrir une série réjouissante de délire: Weeds (à voir sur Showcase, mercredi soir, 22h). Je me suis loué toute la 1re saison, le scénario est proprement hallucinant! Jugez-en par les prémisses: une jeune femme très Desperate Housewives se retrouve veuve et se met à vendre du pot pour faire vivre sa famille.
Dépendance assurée!
Tassili, bibitte étrange?! Si. C’est joli les bibittes étranges.
Weeds, il faut que je le vois. Déjà je salive. Il y a Mary Louise Parker que j’adore.
Et je vais lire Wired, que je ne connais pas!
Posted 05 sept 2006 at 13:37 ¶Une couple de mois plus tard, synchronicité oblige, je reviens dans tes boules à mites…
Posted 03 nov 2006 at 17:17 ¶http://lvspc.blogspot.com/2006/11/shooting-guns-with-gonzo.html
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[...] En une soirée, j’ai réussi à préciser le concept, à définir la structure et à élaborer six des douze personnages principaux d’une série télé qu’un ami scénariste et moi avons décidé d’écrire. Après deux films-kleenex, après avoir ignoré trois coups de fil sans trop savoir pourquoi, après avoir résolu de ne pas aller danser comme j’ai l’habitude de le faire le vendredi soir, j’ai passé ma fièvre dans l’écriture. Tout s’est mis en place à partir de quelques simples motifs conjugués : une vieille femme qui monopolise l’un et l’autre client d’une épicerie en leur racontant l’histoire pathétique de sa vie, des interlocuteurs qui l’ignorent ou qui prétextent n’importe quoi pour ne pas l’écouter, quatre enfants adultes ingrats, quatre chats qu’elle aime par-dessus tout. Et je dois ici remercier Chroniques blondes qui a révélé que, lorsqu’elle construit ses personnages, elle leur attribue aussi un magazine pour définir leur caractère. Ça m’a aidée. La vieille de mon histoire lit Allô Police en marmonnant des “p’tite pute” à chaque scandale. Me voilà déjà avec 24 minutes bien remplies. Wouah, j’ai hâte de parler au co-scénariste ! [...]