Lorsque le vent se lève, qu’il y a tumulte en la demeure, désordre de la vie sociale, chaos dans l’agenda, surchauffement du cerveau droit et interruptions incessantes de la quiétude de la sauvageonne, il est bon de se réfugier dans l’essentiel, la fuite…
Il y a évidemment l’alcool et les autres drogues pour le plaisir du lendemain de brosse neuro-végétatif. Si le meilleur de l’amour est dans l’anticipation et la montée de l’escalier, le meilleur de la brosse est dans le post partum et la descente au divan.
Mais avec une enfant à la maison, le coma post éthylique est dur à gérer. La fuite aussi d’ailleurs…
Le répondeur et l’afficheur sont les mamelles de la sainte crisse de paix. Oui, on a le droit de ne pas répondre. Voir même de ne pas retourner certains appels. Le droit aussi de se faire porter pâle aux réunions familiales dont l’invitation est déjà une tentative de culpabilisation “vous venez, là hein? Hey, la fête de ton frère-père-mère, t’as pas le droit de pas être là”.
Et bien oui!
Ce qu’il y a de formidable d’être enfin sorti de l’enfance, c’est qu’on n’est plus obligé de se taper la famille. On peut maintenant la choisir. Et apprendre à résister au chantage honteusement émotif de la mama. Ça m’écoeure de le constater mais c’est toujours les mères qui insistent, qui te rentrent leur fourchette à roasbeef , leur “fameux” roastbeef, dans le coeur et qui beurrent épais la tartine du devoir familial.
Appel aux mères de ce monde. Foutez la paix à vos enfants devenus adultes. Ils viendront bien assez vite quand leur laveuse tombera en panne ou qu’ils auront besoin d’une gardienne impromptue. Mothers of the world, get a life!
Ensuite, se vautrer dans des lectures hautement intellectuelles, j’ai nommé Paris Match, Vanity Fair, Vogue, People. Du drame, de la haute couture, du crime et des enfants illégitimes. Évasion garantie.
Les revues locales ne font pas la job. C’est encore trop près de la réalité. Et puis, franchement, qui a envie de fuir en lisant un dossier de fond sur la conciliation travail famille (on le sait déjà que c’est de l’utopie), le spécial “rentrée” des revues de matantes (pas le temps de le lire, j’ai des livres d’école à acheter) et sur les mille et une façons d’apprêter le tofu pour votre “petite” famille (peu importe comment il est apprêté, le tofu est mauvais pour l’humeur)?!
Les revues d’ici me tapent avec leur manie de mettre du “petit” partout. “Petits bonheurs”, “petits plaisirs”, “petits soins”.
Fuck that!
Quand je veux fuir, je veux du glam, de la paillette, du jet privé, des Baléares et des vahinés. Je veux de la folie, de la démesure, du pété, du fou raide, du plus grand que nature.
Non mais! Déjà qu’on se tape la modestie dans le compte de banque! Et en plus il faudrait vivre “petit”?!!
Ceci est un appel, une supplique, un cri dans la nuit, aux revues d’ici. J’en peux plus des girl next door, des phrases toutes faites “malgré son succès, elle a su rester simple” , de la fausse modestie, des millionnaires qui s’habillent en wabos pour pas avoir l’air de se “prendre pour un autre” et de l’amoindrissement des facultés pour ne pas intimider le lecteur.
Éblouissons calvaire!
***
Une exception. Le “Elle Québec” d’octobre. Marc Labrèche rédacteur en chef. Marc André Grondin qui assume ses choix, ses goûts, ses opinions. Steve Proulx sur les pères. Des beaux mecs, interressants, intelligents, imparfaits et allumés from cover to cover, le plus beau des feux d’artifice de l’été.
L’éditorial de Marc Labrèche “la femme, son ventre et moi” est à mettre entre toutes les mains. Son entrevue sur un divan aussi. Tout comme la lettre envoyée d’Écosse par son grand fils. Un numéro qui fait du bien. Non les hommes ne sont pas condamnés au modèle “invincible à centre mou”. Il y en a qui font d’autres choix, virils, tendres, impliqués, victorieux, certains de se tromper mais allant de l’avant pareil, absolument inébranlables devant le statut de “victimes”. Pas pour eux le doigt hargneux tendu vers la méchante féministe, source de tous leurs malheurs.
C’est beau un gars qui s’assume.
www.ellequebec.com![]()
Comments 20
J’acquiesce totalement à ton propos. Voilà déjà quelques années que je me rebute envers les “obligations”. À part quelques incontournables, j’écoute mes “envies” et je ne me sens même pas coupable de devoir utiliser des petits mensonges quand “j’ai pas envie de”.
C’est une question de respect envers soi-même!
Pour les magazines d’ici, t’as raison, c’est “drable”! Mais lorsque j’ai entendu à la radio que Marc Labrèche était dans l’édition du Elle Québec, je me suis réjouis car j’adore cet homme-là. Son humour est incomparable. J’irai l’acheté cet après-midi et je suis certaine de passer une belle soirée.
En passant “lâchez pas vot’ beau travail, on vous aime bin gros à’ maison”.
Posted 02 sept 2006 at 9:50 ¶Super post! C’est vrai que les revues d’ici… bof! En Europe les revues sembles tellement plus “glamour”. On décroche de notre “p’tit quotidien”.
Posted 02 sept 2006 at 11:14 ¶Mais… je vais devoir me procurer cette revue du mois d’octobre pour le simple plaisir de lire Marc Labrèche.
J’ai eu ma période Marc Labrèche. J’adorais Yolande. J’adorais son humour échevelé.
Posted 02 sept 2006 at 11:21 ¶là, j’ai comme une overdose de Marc Labrèche. J’ai vu le Elle Québec à l’épicerie, j’ai lu la lettre d’Orian. J’ai reposé la revue dans le présentoire.
Mais qui sait?
Lynne, première fois que je te lis! Enchantée!
Marc Labrèche, vaste sujet… Mais je suis éperdue d’amour pour n’importe quel gars capable de se commettre par écrit. Ce qu’il fait ma foi, très bien! L’humour sans le côté parfois “trop” de la télé.
Posted 02 sept 2006 at 14:29 ¶Et dans la mer de “beige” des revues qui tiennent absolument à ce que j’apprenne à faire à souper en vingt minutes, ça détonne.
Moi aussi, comme Lynne, j’ai assumé mes envies… de ne pas être obligée d’aller voir la famille. Ce fut un bien total !!! Une confrontation endiablée au niveau familial, mais après réflexions, ceux-ci en sont venus à faire pareil ! Et nous vivons le tout très bien. Et je dois avouer que lorsque nous nous retrouvons vraiment pour un souper, c’est encore plus joyeux, plus enlevant,… des retrouvailles, quoi !
Posted 02 sept 2006 at 14:30 ¶J’ai encore bien du travail à faire côté “obligations familiales” - Qu’il est dur de décevoir une maman!
Posted 02 sept 2006 at 17:14 ¶Hé!
Car il est encore plus dur pour moi d’assumer les plaintes et les reporches que la demie journée à passer dans son monde (un brin écroulé, faut l’avouer… Pas drôle de vieillir!) J’assume. C’est difficile!!!
Quand l’amour ressemble à des obligations, j’avoue, je me mange les dents et je ronge mes gencives!
Cela dit, Oui! Évadons-nous là où c’est plus grand que nature, cibole!!!
Pourquoi mes soupers sont toujours des fancs succès? Pacre que je reçois toujours ceux que j’aime comme si c’était la dernière scène, comme si on avait toutes les raisons du monde de faire les plus grands toasts à la vie!
XXX
” Mais je suis éperdue d’amour pour n’importe quel gars capable de se commettre par écrit. ”
C’est cette phrase de ton commentaire que je retiens. Un homme capable de se commettre par écrit, ça nous atteint, ça nous fait chavirer, ça nous coule pour mieux nous voir émerger ensuite.
Je n’achète jamais le Elle Québec ni sa suite d’ailleurs. Je vais acheter l’édition d’octobre. Faut croire que je n’en ai pas assez que de lire un certain qui se commet par écrit. Il m’en faut plus…
Posted 02 sept 2006 at 23:29 ¶Pour ne pas que je meure idiote, Mammouth est revenu hier avec le ELLE d’octobre. Ou donc a-t-il puisé son inspiration, on se le demande!
Posted 03 sept 2006 at 7:04 ¶Ceci étant, ça m’a presque réconciliée avec Marc. Mais ciel que la pub m’énerve. Je ne serai jamais tendance, faut croire… M’enfin… Mammouth m’aide rétro!
Mariposa, quel soulagement de savoir qu’on se voit par envie et non par devoir…
Joss. T’as déjà pensé à inviter ta maman à un de tes soupers XXL?! Si un jour, tu le fais, invite moi aussi! Je veux voir ça! Amitiés…
L’Or. C’est courageux un homme qui écrit (pas une entrevue, là, un vrai texte) dans une revue de filles! Ça prend un certain guts. J’aime le guts chez l’homme. D’où mon achat du Elle Québec…
Posted 03 sept 2006 at 7:25 ¶Te lire est toujours un plaisir, je ne me lasserai jamais je cré ben!
Je suis d’accord avec toi, les “petits” c’est cute juste quand ça s’adresse aux enfants. De ce pas je change mon vocabulaire, j’écrirai désormais sur mes gros ou grand plaisirs
Le Elle-Québec devait m’appeler très très fortement pour je ne sais qu’elle raison puisque je l’ai acheté moi aussi, je vais me trouver un envie pressante pour aller lui tâter les pages à la salle de bain loll
Merci d’écrire, tu es mon “grand” plaisir de la journée
Posted 03 sept 2006 at 9:41 ¶Je suis parfaitement de ton avis Miss Chronique. Un homme qui se livre, ça demande du courage. Un homme qui se livre dans un magasine féminin, c’est un truc à ne pas rater.
Posted 03 sept 2006 at 15:04 ¶To do cette semaine: s’acheter le magazine en question.
Le monde de la revue au Qc est inquiètante mais en même temps, y’a rien de très différent ce qu’on peut rencontrer ailleurs dans le monde. J’avoue, j’ai été une abonnée du Châtelaine, magazine très ” feummes … ”
… et j’ai hâte qu’il y aille un renouvellement dans la façon de faire ce magazine féminin. J’aime bien y lire les billets de Josée Blanchette et Anne-Marie Lecompte mais me faire dire qu’il ne faut surtout pas que j’aille de complexe, qu’il faut que je m’assssssssu-me dans mon rôle de femme, dans mon corps de femme bla-bla-bla ” … ben j’y crois pas quand on me fait lire et voir ,surtout, les pages modes: des filles qui sont donc ben chanceuses d’entrer dans un pantalon taille 1. Le ti-cheveux au vent, teint parfait et pas très loin, un superbe mâle genre métro-sexuelle qui se tient après une clôture en perche…
Ça fite pas un métro-sexuelle dans un décor de campagne anglaise, cr!@#!$ !
… pardon, Madame Chroniques Blondes, j’ai eu un écart de language.
Bref, c’est bon de vous lire en ce dimanche de pluie dans ma campagne charlevoisienne avec du Marc Déry en musique de fond.( album à l’avenir… ) Ici aussi, y’a de bonnes façon d’avoir la paix.
au plaisir !
Posted 03 sept 2006 at 15:59 ¶Béru. Le métro sexuel sur sa clôture de perche?! Ahhh, trop drôle! Châtelaine est le magazine qui décroche la médaille d’or de la schizophrenie. Mais comme toi, je lis Lecompte, Blanchette et G.St-Germain. Le reste est vraiment trop bobonne pour moi. Cette opinion n’engage que moi!
Marc Déry d’un album à venir? Vous avez des plogues intéressantes mame Béru…
Posted 03 sept 2006 at 16:50 ¶non, c’est le titre de l’album, parrut en 2003 ou 2004 je crois… très expéri-mentale…
Posted 03 sept 2006 at 19:17 ¶Au lancement de TVA, mardi dernier, une jeune journaliste d’un zine m’a demandé si j’étais le traiteur! Et j’avais rien dans les mains. Rien! J’ai pas vraiment compris sa question. Y a eu un silence. J’ai voulu combler alors j’ai répondu: « La traite des fourrures surtout, mais c’est pas la saison.» Elle m’a pas trouvé drôle. Pourtant c’était bien partie nous deux! Ça m’a scié, je me suis poussé. À la sortie, des paparazzi cheapo se bousculait pour cliper une star locale. Une vraie. J’écrirais son nom, personne me croirait. Sans travail depuis dix-huit mois. La dèche. J’ai pensé aussi à la traite de blanches, c’était d’adon.
Posted 05 sept 2006 at 10:31 ¶Amis lecteurs, je vous invite à lire attentivement le commentaire de OVW. Nous n’avons pas affaire ici à un twit mais à un homme culturellement solide. Du largement au dessus de 140 de Q.I. Du gentil en plus, le genre triple soie.
Je sais maintenant pourquoi je suis une sauvage qui fuit les lancements comme la peste… C’est vraiment trop déprimant.
Posted 05 sept 2006 at 11:05 ¶Oui, oui, je l’ai lu et j’ai beaucoup apprécié et sa réplique et son parallèle. Quel milieu! Ouach! S’cusez.
Posted 05 sept 2006 at 12:34 ¶Ça me rappelle une occasion où je jouais “live” pour un défilé de mode organisé pour une bonne cause dans une grande église de Montréal .
Pendant le test de son je pianottais une toune que j’avais composée quelques années plus tôt. J’étais seul dans la salle et c’était un bon feeling de jouer ma toune avec la belle réverbération que lui donnait l’église jusqu’à ce que j’entende une petite voix hystérique crier “Ô mon dieu” suivi d’un clack et d’un boom biens réverbérés eux aussi.
Je me suis immédiatement retourné tout en continuant à jouer- expérience de bar oblige on arrête jamais de jouer quoi qu’il arrive- pour apercevoir une fille, superbe d’ailleurs, qui enjambait tous les bancs qui nous séparaient comme une Perdita Felicien en talons aiguilles.
Je me suis dit (eh oui nous les musiciens on peut tres bien jouer de la musique et penser à complètement autre chose, ça vous déçoit peut-être mais c’est la plupart du temps ce que nous faisons), “mais qu’est-ce qui peut bien l’énerver à ce point celle-là pour qu’il ne lui passe même pas par la tête de passer par l’allée centrale au lieu de se taper 50 bancs d’églises en mini-jupe”?!? Certainement pas moi..? À moins que … = ; o p
Finalement arrivée à côté de moi, toute essouflée, elle me crie: “C’est ma chanson préférée de tous les temps toutes catégories, est-ce qu’il va être là”!?! Je fais l’innocent,j’avais reconnu la fille, elle couvrait les questions de mode à Musique Plus à l’époque et elle était vraiment superbe…
Qui ça “il” que je lui demande sachant très bien qu’elle parlait du chanteur pour qui j’avais écrit la chanson. Elle “le” nomme, je lui dit que non “il” ne serait pas du programme et que je jouais simplement la chanson parce que j’en étais l’auteur et que j’aimais bien la jouer dans cette acoustique.
Pendant un court moment, avec toute la scène digne d’un film qui venait de se jouer devant moi, j’ai cru que Dieu était scénariste hollywoodiens à ses heures pour des films bonbons avec Julia Roberts et qu’il venait de décider, là, vu qu’on était chez lui après tout, d’en écrire un pour moi et avec moi dedans et que j’en avais déjà tout écrit la musique avant même que le film soit fait et ce sans même avoir à dealer avec un producteur. Le rêêêve!!!!
Mais non, aussitôt entendu que “il” ne venait pas ce soir là, Miss Monde Musique Plus s’était déjà éclipsée sans dire bye, partie à la recherche de quelqu’un de vraiment intéressant pour son prochain topo…
Excuse-moi de squatter ton espace blogue Chroniques Blondes, mais le texte de OVW m’a interpellé
= ; o )
Posted 05 sept 2006 at 14:51 ¶Amis lecteurs, voyez la tendance qui se dessine ici. Une internationale? Une amicale de l’underdog sous-estimé?
Si je vous disais que “live” sur un plateau de tournage, une animatrice à micro jaune a répondu, DEVANT MOI, à l’attachée de presse qui me proposait en entrevue; “ah non, l’auteur c’est pas intéressant”.
Avouez, il faut en rire. L’idée de l’Internationale Underdog fait son chemin…
Posted 05 sept 2006 at 17:48 ¶Console-toi BelleChroniqueuse, la seule chose que Flash a conservé dans son nouveau “format” est : *tadam* : Le micro jaune…
Ahhhh les classiques…
Posted 06 sept 2006 at 10:32 ¶Post a Comment