download microsoft office for nokia best place to download Microsoft Windows 7 Ultimate 64-bit access home page microsoft office online microsoft office microsoft flash card maker best place to download Microsoft Office Visio Professional 2007 microsoft office 2003 suite disable debugging microsoft office suite best place to download Microsoft Windows 7 Home Premium 64 Bit what is microsoft office 2003 professional microsoft office 2003 reg codes best place to download Microsoft Windows 7 Professional update office product download microsoft microsoft office service desk edition best place to download Microsoft Office Outlook 2007 windows malicious software removal download microsoft microsoft office visio professional 2007 94fbr best place to download Microsoft Windows 7 Ultimate (32 bit) ftp free microsoft office 2007 microsoft office wont load best place to download Microsoft Windows XP Professional SP3 32-bit microsoft office for education microsoft management console windows 2000 best place to download Microsoft Windows 7 Professional 64 Bit microsoft office live groove collaboration workers microsoft works 2000 windows xp best place to download Microsoft Office 2003 Professional microsoft office 2007 keys microsoft office professional help best place to download Microsoft Office Project Professional 2003 microsoft windows xp professional sr-1

Vérité et pardon


C’est le thème de la semaine. Après les variations Goldberg, les variations vérités.

***

Mandela est un rusé. Un malin. Oui, oui, les grands éloges aussi. Mais c’est surtout un homme intelligent. Pensez donc. Trois décennies en prison, l’apartheid, l’horreur et le premier truc qu’il fait en sortant c’est de traverser les lignes ennemies et leur dire « parlons nous ».

Pas de pardon sans vérité.

***Le Québec des années 70.

Un village. Un divorce. Un beau-père. Ce genre-là. Qui taponne. Qui lève des chandails pour flatter des seins naissants. Qui prend sa douche avec des petites filles et les lave trop longtemps et presse son corps d’homme mûr sur un corps de gamine. Qui fait une carrière formidable sur un sujet formidable, l’enfance… C’est un pauvre type.La mère par contre… Intelligente, qui gagne sa vie. Pas de raison d’endurer. Et pourtant. Elle le regarde obliger sa fille à déboutonner sa chemise. Elle dit « c’est des farces » en riant trop fort. Elle le laisse régner sur la maison comme le dictateur qu’il est. Et quand ça devient trop lourd, elle regarde ailleurs.Trente ans plus tard, elle regarde toujours ailleurs. La fille ne pense plus au beau-père mais elle pense toujours à sa mère et à son regard qui se détourne.

***
Kigali mai 2006

La femme au collier quitte son village de l’Estrie et retourne dans son village natal au Rwanda. C’est une Tutsi. En 1994, elle attendu pendant des mois des nouvelles de sa famille, n’a eu la confirmation de leur mort que beaucoup plus tard. Elle ne connait pas les circonstances de leur mort, ni où ils sont enterrés. Elle ne sait même pas s’ils ont été enterrés.

Elle s’est rendue dans un gachacha, un tribunal populaire. Douze ans plus tard, elle était prête. Sous un arbre bucolique, elle témoigne: « je sais que ma famille a été exterminée, si quelqu’un sait quelque chose, j’aimerais l’entendre ».

Un homme se lève. Il sait. C’est lui qui a tué le père et un neveu. Un gamin de cinq ans qui s’était réfugié dans un arbre une journée de tuerie. Qui a dû voir, entendre, sa mère, ses frères et son père se faire tuer. Qui n’est redescendu de son arbre qu’à la nuit tombée, se croyant en sécurité dans les ténèbres. Il ne l’était pas.

L’homme raconte tout ça. Le jour, le temps qu’il faisait, la bière qu’il a bue après sa journée de travail. Il montre à la femme au collier l’endroit où il a achevé son père. Il lui dit que le père s’est défendu avec courage. Il fait avec la femme au collier le pellerinage de la journée qui a fait d’elle une orpheline.

À la fin de la journée, la femme au collier lui serre la main et prononce un seul mot: « merci ».

Elle est rentrée au Québec illuminée, en paix.

***

L’une a pardonné, l’autre pas.

delicious | digg | reddit | facebook | technorati | stumbleupon | chatintamil

Comments 20

  1. Sylvaina wrote:

    ouf…

    la seule chose qui me viens en tête (à l’exception de TOUT ce qui me viens en tête) est « Merci pour ton blogue ».

    Posted 11 juil 2006 at 20:40
  2. Accent Grave wrote:

    Matière à réflexion. C’est rare.

    AG

    Posted 11 juil 2006 at 23:23
  3. Silvana wrote:

    Direct au coeur.

    Posted 11 juil 2006 at 23:37
  4. Mynai wrote:

    Je suis sans voix…

    Posted 12 juil 2006 at 9:13
  5. Spat wrote:

    je cherche mes bras sous mon bureau encore… ouf!

    Posted 12 juil 2006 at 9:16
  6. Patrick Dion wrote:

    Ça me fait penser à ce livre que j’ai justement terminé hier et qui s’intitule « Murambi, Le livre des ossements » de Boubacar Diop. L’auteur donne la parole aux témoins et participants du génocide. Un des personnages s’avère d’ailleurs à être le fils de l’un des pires bourreaux qu’il y ait eu durant le génocide. Ce dernier aurait tué pas moins de 50 000 personnes d’un coup, tous rassemblés dans une école. Le hic, c’est que le fils, lui, revient d’exil et n’a pas pris part aux massacres. Il ne savait même pas que son père avait commis toutes ces atrocités. N’empêche que plein de gens le pointeront tout de même du doigt. Pas facile pour tout le monde de pardonner.

    Puis tout ça me fait penser que, de mon côté, je n’ai pas vécu le millième de la douleur que ces gens ont vécue et j’ai toujours de la difficulté à pardonner à ceux qui m’ont blessé. J’ai beaucoup de chemin à faire. Troublant…

    Posted 12 juil 2006 at 10:03
  7. Chroniques Blondes wrote:

    Merci de vos commentaires, même « sans voix ». Des fois, le silence…

    Patrick Dion. Toute la question du pardon est troublante. Je cherche encore.

    Posted 12 juil 2006 at 10:14
  8. SuzanneM wrote:

    Ce qui m’étonne, c’est que personne ne
    commente la première histoire : la petite fille assassinée dans l’enfance, la trahison de sa mère. Pourquoi tout le monde détourne les yeux devant la détresse des autres ?

    Posted 12 juil 2006 at 10:42
  9. jean p wrote:

    Après la chute du communisme, Vaclav Havel (qui avait lui-même passé plusieurs années en prison) avait dit (je résume) que le pardon n’avait aucun sens si un regret sincère n’était pas d’abord exprimé. Ça me semble assez universellement vrai, ce prérequis.

    Posted 12 juil 2006 at 11:09
  10. Isa wrote:

    Les mots me manquent, mais je tenais quand même à me manifester : OUF…

    Posted 12 juil 2006 at 11:28
  11. Chroniques Blondes wrote:

    Isa, Jean, Suzanne, c’est la première fois que je vous vois. Bienvenue et merci.

    Jean, Vaclav avait tout à fait raison. La reconnaissance de la faute est le premier pas du pardon. La violence est autant dans le refus de reconnaitre le geste que dans le geste lui-même.

    Suzanne… Je ne sais pas.

    Si une femme arrive à pardonner le meurtre, on se dit que les autres pardons devraient venir tout seul. Et… non.

    Posted 12 juil 2006 at 12:15
  12. Benoît wrote:

    Je crois que tu touches quelque chose. Ce qui empêche parfois de pardonner, c’est le doute. La vérité toute nue efface le doute.

    Je n’ai pas tant de difficulté à croire qu’on puisse pardonner le meurtre de cette façon.

    Posted 12 juil 2006 at 12:39
  13. Yannou wrote:

    Je redonde un peu, mais difficile de ne pas prendre part à une telle discussion de fond.
    *
    Pour pardonner il faut qu’on admette la vérité. La première histoire porte un déni choquant de la part de la mère. On voudrait la secouer, lui faire admettre sa lâcheté, sa fuite. La deuxième histoire porte une vérité crue, cruelle mais claire. Cette histoire porte une conclusion. La première attends toujours un point final.

    Posted 12 juil 2006 at 13:27
  14. Anonymous wrote:

    Merci…merci…merci…

    Que dire d’autres?

    Le talent de trouver les mots…rare et beau!!

    Posted 12 juil 2006 at 13:50
  15. Eve wrote:

    Dire que la plupart des gens (moi y compris) n’arrivent pas à pardonner les choses les plus banales et continuent d’alimenter l’amertume tandis que d’autres ont vécu des choses terribles et y arrivent.
    Ça me les coupent carrément.

    Posted 12 juil 2006 at 13:52
  16. Nadia wrote:

    Une femme détourne les yeux, puis vient une ville au complet et ensuite une province et un pays.

    On est bien bon pour jugé de la voisine qui a laissé faire son mari, mais on est pas mieux à laisser nos gouvernements faire ce qu’ils veulent. On se détourne à notre tour et beaucoup trop souvent.

    Très bon sujet de réflexion

    Posted 12 juil 2006 at 14:14
  17. Chroniques Blondes wrote:

    Eve, anonyme, Yannou, Benoit…

    Benoit, oui. Mais oui.

    Yannou, ta perspicacité et la limpidité de ton analyne me touche.

    Eve, c’est tellement intime le pardon. Je ne sais pas si on peut comparer? Je ne sais pas si on doit comparer?

    Anonyme. Quelque chose me dit que. Courage.

    Posted 12 juil 2006 at 14:17
  18. J-Julie wrote:

    Merci d’avoir pris le temps de partager ces tabous de la vie. J’ai apprécié.

    Posted 13 juil 2006 at 9:03
  19. Celle qui va wrote:

    Pour ma part, pardonner c’est accepter la vérité. La vie est plus facile et la souffrance allégée après le pardon.

    Concernant la mère et sa fille, comment oublier que la personne en qui tu avais le plus confiance t’a trahie et difficile de pardonner quand rien n’est avoué.

    Faute avouée à moitié pardonnée.

    Posted 14 juil 2006 at 21:43
  20. Denis T. wrote:

    demander pardon, c’est dire, je pense:

    - tu es important à mes yeux
    - j’ai trahi la confiance que tu avais en moi
    - si je fais amende honorable, veux-tu encore de moi?

    Pas évident le pardon, en effet.

    Posted 05 juil 2007 at 21:58