Avertissement aux mamans qui ont de jeunes enfants et encore quelques illusions. Post perturbant, ne lisez pas plus loin si vous voulez conserver les dites illusions ou à tout le moins le minimum d’espoir pour continuer “jour après jour” (pensez Renée Martel). Je serai probablement de mauvaise foi, tenez vous le pour dit.
J’ai été une jeune mère… OK. Une très jeune mère. Mon fils a été plus grand que moi bien avant ma première ride. On m’a prise pour sa gardienne, sa soeur, sa blonde, rarement sa mère. Juste pour que les choses soient claires, il a été désiré, voulu, attendu. Dans l’inconscience la plus absolue mais désiré. Et aimé, en toute lucidité cette fois.
J’ai aussi été monoparentale. Pas “monoparentale tout le monde en parle” avec pension, maison, jardin, papa présent et un beau brushing tout frais. Non. Monoparentale pas de break, pas d’aide, pas de pension, pas de beau linge, pas le temps d’aller chez le coiffeur, le Fort Boyard de la parentalité.
Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Si c’est vrai, je suis Hulk, Tarzan, King Kong.
J’ai aussi eu un fils “adoptif”. Que j’ai aimé comme le mien. Je n’ai pas été Belle Mère avec lui comme je suis Belle Mère avec Belle Fille. Son père et moi n’avions rien d’autre en commun qu’une garderie extraordinaire, le bien être de nos fils et une course perpétuelle à l’organisation. On s’est aidés. Je m’occupais de son flo en même temps que du mien pendant qu’il faisait sa médecine. L’été, il louait des chalets et emmenait les garçons me permettant ainsi de souffler un peu. Qui a un médecin de famille aujourd’hui alors que tout le monde en cherche? Ben oui, des fois c’est payant la solidarité. Et les deux garçons sont toujours le meilleur ami de l’autre… 21 ans d’amitié indéfectible en 23 ans de vie, c’est ma meilleure histoire de garderie. Le docteur Chicoine? Ne me partez pas sur le docteur Chicoine, il me rend bête et méchante.
C’est ici que les filles qui ont des bébés et ou des illusions arrêtent de lire.
Je ne sais pas comment j’ai fait.
Je le sais tellement pas que j’ai l’impression qu’il s’agit de quelqu’un d’autre. Gagner ma vie, survivre, élever un enfant, payer le loyer, les légumes verts, les bottes d’hiver, les livres d’école, les sorties, la mite de baseball, c’est sans fin. Tu passes en dernier. Tu trouves ça normal. T’as un enfant, t’assumes. Ça n’enlève rien à l’amour même quand tu pognes les nerfs d’épuisement et d’exaspération parce qu’il sait plus où il a oublié-perdu ses runnings pour la troisième fois en un mois. Il m’est arrivé de sangloter sur une chaîne de trottoir devant ses yeux inquiets parce que je ne savais pas comment j’allais faire pour lui en racheter d’autres. C’est là que l’instinct maternel est encore plus fort que l’amour. Tu te démerdes.
J’ai des regrets que pas une photo de “bébé tellement cuuuuuute” ne saurait apaiser. Je suis passée à côté d’un paquet d’affaires juste parce que j’étais trop fatiguée. La réalisation est passée juste sous mon nez à un certain moment. J’avais l’âge, le profil, l’opportunité de le faire. Mais je ne voyais pas comment je pourrais arriver à concilier quinze heures sur un plateau et un enfant au primaire. Pire, à force de répéter les gestes du ménage, de la cuisine, de l’organisation quotidienne, mon cerveau était tatoué de la certitude que je ne méritais pas autre chose. Que je ne saurais pas faire autre chose. Qu’une femme qui abandonne son enfant pour aller faire quelque chose qu’elle aime est une salope. J’ai regardé des garçons de mon âge se lancer dans l’aventure avec la même absence de questionnement que moi quand je faisais les courses après la garderie. Je les ai vus se lancer à l’eau avec panache. Certains se sont noyés, d’autres nagent toujours. Je les enviais pour mourir. J’aurais donné n’importe quoi pour avoir des couilles et sauter avec eux, sans soutien-gorge.
Sauf mon fils.
Je ne voyais pas ça si clairement bien sûr… Quand t’es dedans, tu le fais sans te poser de question, ton enfant passe en premier, c’est un réflexe limbique. Je me dis aussi, avec mélancolie, que si Léonard avait été une femme, nous n’aurions jamais vu la Joconde.
Loin de moi l’idée de brandir le drapeau de la revendication. Je ne juge pas, je constate. Dur constat. Je sais, ça ne vous fait pas plaisir. À moi non plus.
C’est aujourd’hui alors que mon fils vient de partir de la maison pour aller vivre avec sa blonde que je mesure la portée des deuils que j’ai eu à faire. Ça me fait vraiment chier de l’admettre mais il y en a. On ne peut pas tout avoir, tout le temps. Et je trouve énervant au plus haut point ceux qui comparent “les beaux moments privilégiés avec ton enfant” à (prononcer à voix haute avec une pointe de dédain) “une carrière”. Hey, c’est pas le même département! Ça ne se compare pas. Pis tant qu’à y être, faut arrêter de dire que les filles de carrière le font pour “la grosse cabane, les deux chars dans le driveway, le chalet, la piscine, la course folle à la consommation”. Aussi subversif que ça puisse sembler, y’a du monde qui travaille par passion. Duh!
Avec l’arrivée de Belle Fille dans ma vie que je mesure à quel point j’ai donné tout ce que j’avais à donner dans le rayon enfant. À quel point il serait facile de disparaitre à nouveau. À quel point je ne veux plus disparaitre.
***
6 heures du matin. La maison dort encore. Mes meilleures heures de travail. Des petits pas dans l’escalier. Shitt, elle est debout. Dix ans mais avec ce qu’elle a vécu, l’autonomie d’une enfant de quatre ans. Elle a toujours besoin de quelqu’un à côté d’elle. Je ferme la porte du bureau, le seul endroit sacré de la maison, dans l’espoir de finir ma séquence. Un grattement de l’autre côté de la porte. Qui insiste. Elle s’en sacre du sacré. J’ouvre.
Qu’est-ce que tu fais?BELLE MÈRE
Je travaille.
BELLE FILLE
À cette heure-là ?
Hochement de tête et yeux levés au ciel. À ses yeux, je fais dur.
C’est quoi?BELLE MÈRE
Un truc politique.
BELLE FILLE
C’est plate.
BELLE MÈRE
Oui. Probablement. Tu veux un bol de céréales?
BELLE FILLE
Oui. On joue à Scategories en déjeunant?
BELLE MÈRE
Non.
***
Juste non. Pas d’explication, pas de justification.
Comments 32
J’ai eu ma fille à 40 ans. Avant, j’avais une carrière. Passionnante. Au coeur des décisions. J’ai voyagé. J’ai influencé. J’ai décidé. J’ai sacré. J’ai travaillé 80 heures /semaine.
Posted 29 juin 2006 at 10:11 ¶Depuis, j’essaie de concilier travail/famille en faisant mon 37.5 heures/semaine (en fait, c’est ce qui est inscrit sur mon talon de paie, mais j’en crois rien). Et j’admire, sincèrement, les monoparentales qui gèrent tout. Moi, j’ai un mammouth qui a hérité, par la force des choses, du rôle de “maman”.
Des regrets? Parfois, furtivement, l’envie d’aller prendre une bière sans me soucier des horaires de train. L’envie de prendre le premier avion pour Tombouctou. Ça dure jamais. Ma merveilleuse merveille me fait son sourire en coin, l’air de dire “J’t'ai eue, hein, maman!” et je fonds…
J’ai eu ma fille à 40 ans. Avant, j’avais une carrière. Passionnante. Au coeur des décisions. J’ai voyagé. J’ai influencé. J’ai décidé. J’ai sacré. J’ai travaillé 80 heures /semaine.
Posted 29 juin 2006 at 10:11 ¶Depuis, j’essaie de concilier travail/famille en faisant mon 37.5 heures/semaine (en fait, c’est ce qui est inscrit sur mon talon de paie, mais j’en crois rien). Et j’admire, sincèrement, les monoparentales qui gèrent tout. Moi, j’ai un mammouth qui a hérité, par la force des choses, du rôle de “maman”.
Des regrets? Parfois, furtivement, l’envie d’aller prendre une bière sans me soucier des horaires de train. L’envie de prendre le premier avion pour Tombouctou. Ça dure jamais. Ma merveilleuse merveille me fait son sourire en coin, l’air de dire “J’t'ai eue, hein, maman!” et je fonds…
Avant de faire un deuxième enfant, il a fallu que j’oublie combien le premier nous était rentré dedans. Et j’avais un mari que j’aimais (le même que j’aime encore!), suffisamment de moyens pour racheter sans trop y penser les objets perdus et un enfant que tout le monde, même nous, qualifiions de “facile”. Parfois, je pense aux mères monoparentales qui vivent ce que tu as vécu et je me dis “mais comment elles font?”. En tout cas, tu as TOUTE mon admiration.
Et Scategories au déjeuner, ça devrait être interdit par la loi!
Posted 29 juin 2006 at 10:11 ¶Quand on est capable de dire NON , et qu on en ressent aucun remords,
Posted 29 juin 2006 at 10:17 ¶on viens de passer a une autre phase. Et c est bien, tres bien.
Marie-Lorraine, Mère Indigne, Pierre, I hear you loud and clear. Beaucoup de questions, peu de certitudes. Vu d’ici, un Mammouth me semble une solution délicieuse. Mère Indigne, tu m’as beaucoup réconciliée avec la maternité. Surtout le côté guimauve qui englue plus qu’il n’aide. Spicy mamas like you are much needed!
Pierre, je suis contente que tu te joignes à la conversation. On les fait ensemble, travaillons ensemble.
Pendant que je vous lisais, mon fils a téléphoné. Il n’appelle pas souvent, il est heureux. Je n’appelle pas souvent, je suis heureuse qu’il soit heureux.
Il voulait m’inviter à diner: “je paye”.
Inimaginable il y a à peine six mois.
How nice is that?!
Posted 29 juin 2006 at 12:16 ¶J’vais me faire traiter de folle, nous planifions un bébé bientôt. Parce que ma vie à moi ne serait pas complète sans un enfant. Parce que je veux tellement donner tout ce que je n’ai pas eu.
Chacun ses choix, chacun sa vie.
Je t’admire. Franchement. Je sais pas si je serais capable de faire autant de sacrifices que tu as fait, même pour un bout’chou.
Bravo ma belle!
Posted 29 juin 2006 at 12:32 ¶Choco, mais non je te traiterai pas de folle! Un enfant “Pour donner ce que j’ai pas eu”… Je sais très bien de quoi tu parles, c’est pour ça que je l’ai fait.
Et en lui donnant ce que j’avais pas eu, j’ai un peu perdu de vue qu’il n’était pas moi et qu’il avait peut-être d’autres besoins que les miens… Je dis ça comme ça hein. Mais je suis très très vieille.
Posted 29 juin 2006 at 12:44 ¶Tu devrais peut-être écrire de la Science-Fiction… Tu as grandement besoin d’un clone… et de vacances!
Posted 29 juin 2006 at 13:11 ¶Je t’admire beaucoup car meme si tout le monde dit qu’un enfant c’est la plus belle chose au monde, ca epuise et demande beaucoup de la part de ses parents. Bien sur, il y a beaucoup de bon coté, mais quand on est seul on a plus de difficulté a se reveler des moins beau coté. Mais c’est un temps.. ensuite ils grandisse et c’est une autre histoire.
Mais je pense tout de meme que malgré les difficulté et les sacrifice, la famille reste la chose la plus belle au monde. C’est peut-etre simplet, mais moi mon reve de ma vie n’est pas d’avoir une grosse maison, cariere, bateau chalet.. mais d’avoir une famille nombreuse.. simplement heureuse. Donner mon temps pour jouer avec eux et leur faire partager les joie de la vie. simplement. Le coté humain pour moi passe avant le coté matériel, et c’est une valeur importaqnte d’apres moi… ce qui n’empeche pas d’avoir tout de meme besoin d’un minimum pour vivre…
Posted 29 juin 2006 at 13:31 ¶Je ne sais pas ce que c’est que d’avoir des enfants. J’arrête pas de me dire que j’en suis parfois encore une (j’ai l’âge de ton fils). Je ne sais pas ce que c’est que d’élever un enfant. Seule de surcroit.
Ton texte me démontre le courage, la patience et la persévérance, malgré toutes les obstacles que tu as dû tranverser.
J’admire de ce coup mes parents. 4 enfants très rapprochés en âge et si peu d’argent.
Bravo à tous les parents qui se démerdent pour leurs enfants. Vous avez tous mon admiration.
Posted 29 juin 2006 at 14:12 ¶Ã‡a fait un bout que je fouine ici sans jamais me manifester…
Ce post m’a fait du bien. J’étais en pleine remise en question “Non, mais qu’est-ce que je suis en train de faire est-ce que je veux vraiment un ENFANT maintenant?!”, ça m’arrive souvent (une semaine par mois)… et parfois ça me fait peur. Seulement, en lisant ces lignes je m’apperçois que je suis lucide plutôt qu’ambivalente.
Oui je veux un enfant, là tout de suite maintenant, MAIS, parce qu’il y un mais, je suis consciente des risques, de l’enjeu… Je connais les probabilités de me retrouver jeune-maman monoparentale (quoi que j’aurais au moins la chance d’être une “tout le monde en parle”), je sais qu’à partir de ce moment, si je ne fais pas attention, ma vie de femme risque d’en prendre un coup, alors qu’elle vient à peine de commencer, je sais que de moi dépendra une vie qui ne l’a pas demandé… Je sais tout ça, seulement je vais le faire quand même. Pourquoi, parce que je me dis qu’il n’y a rien de plus beau que de donner une vie, de faire du mieux qu’on peut, même si ce n’est pas toujours facile…
Ce que je retiens de ce post, ce n’est pas ce qu’il “n’y a pas eu”, non, ce qui frappe c’est un beau grand jeune homme de 23 ans autonome et une mère qui a retrouvé sa liberté après de beaux accomplissements. Ça en vaut la peine, j’ose y croire.
Posted 29 juin 2006 at 14:29 ¶Mynai bienvenue et merci de t’être manifestée. Tout ça est un beau melting pot de toutes sortes d’affaires qui ne sont ni noires ni blanches.
Reviens quand tu veux.
Posted 29 juin 2006 at 15:29 ¶Rarement lu un texte aussi clair, poignant, précis, fort. Très fort. Un texte qui décoiffe. Un préambule si bien mené que la dernière phrase du dialogue n’a en effet nul besoin d’explications. Un petit “non” qui pèse 3 tonnes de nuances bien senties.
Après quelques phrases j’avais oublié qui j’étais. Après coup, ça m’a pris quelques minutes pour émerger.
Magnifique! Cette écriture sent le plaisir dans la plus complète maitrise de l’art.
On dirait une pianiste aussi virtuose qu’anonyme qui, après des années à faire des gammes et des commandes obligées, vient ici enfin libérer quelques sonates enflammées qui se ruent à la sortie de ses doigts et qui emportent les auditeurs avec elle. Et on entend presque la symphonie qui s’en vient…
Ici ce n’était que quelques paragraphes. Imagine jusqu’où tu pourrais nous amener en 200, 300, 600 pages…!
Tu as parlé de ta vie de mère. J’espère maintenant que tu vas enfanter de ce roman que tu dois porter en toi depuis bien plus longtemps que 9 mois… et je ne serais pas étonné, à entrevoir l’abondance de tes idées et de ton talent à les développer, qu’il pourrait s’agir de jumeaux, triplets, quintuplets…!
(Je sens poindre un “Ah non! Pas un autre qui me parle d’écrire un roman!” Eh bien oui!)
Je trinque donc à ce prochain accouchement, en souhaitant qu’il soit désiré et planifié! Sans douleurs et sans épidurale. Si si, ça se peut. Bon ok, peut-être un peu de douleurs, je me doute qu’écrire si bien ne peut se faire sans petites crampes de temps à autres. Mais au bout du compte ça te ferait du bien, oui oui!
(T’étais-tu déjà faite dire “Fais-moi un enfant” par un inconnu? Là c’est tout comme. Et c’est parfaitement égoiste de ma part.)
En attendant cet heureux événement, je me délecte ici sur ton blogue, le temps que ça va durer.
Oh, et MERCI pour ce premier mois!
Posted 29 juin 2006 at 19:06 ¶Ah, là , là … Depuis que j’ai accouché, il y a maintenant 4 ans, les mono parents sont mes idoles. Et je suis tout à fait sincère. Je n’arrive tout simplement pas à croire qu’ils et elles assument seul-e-s leur quotidien avec un ou des enfants. Pourtant, j’ai eu pleins d’exemples de mamans et papas monoparentaux qui faisaient tellement une bonne job avec leur flos!!
Wow.
Posted 29 juin 2006 at 20:07 ¶Wow.. Tu réussis à exprimer ce que je n’avais pas réussi à faire. J’ai 23 ans, pas de copain et aucun plan d’enfant en vue (l’absence de copain n’aidant pas). Une amie me disait (en prenant la peine de spécifier, sur un ton condescendant, que ce n’était pas un reproche) l’autre jour que moi j’étais plus le genre de fille à privilégier la carrière, tandis qu’elle, ses “valeurs” sont plus familiales. Comme si j’étais la méchante avec des valeurs capitalistes au détriment des valeurs familiales. Alors que c’est seuelement que je ne suis pas rendue là dans ma vie. Je trouve que le passage suivant touche vraiment dans le mille :
“Et je trouve énervant au plus haut point ceux qui comparent “les beaux moments privilégiés avec ton enfant” à (prononcer à voix haute avec une pointe de dédain) “une carrière”. Hey, c’est pas le même département! Ça ne se compare pas.”
Posted 29 juin 2006 at 21:05 ¶Je viens de temps à autre lire tes chroniques et je dois dire que celle-ci m’a complètement subjugée.. Quelle justesse!!
Je suis aussi une monoparentale d’une Mini qui approche 2 ans (dans quelques semaines…) Monoparentale sans rien du tout comme toi, à part ma fille, mon trésor… Pour rien au monde, je ne changerais ma vie mais tu as tellement raison quand tu dis qu’on donne sans compter sans penser à nous. La coiffeuse.. connait pas… Les nouveaux souliers pour moi, connait pas non plus.. Les nouveaux souliers de Mini, ses sandales, son new look d’été.. ça par exemple je connais… Je suis aux études en même temps et je sais à quel point la vie de monoparentale peut être exigeante et tu as toute mon admiration.
Je m’accorde toutefois, à l’occasion (très rare) des petits moments… Rien de bien méchant mais bon. Une activité qui me fait penser à rien. Prendre une bière avec des amis par exemple. Ça me fait décrocher un peu parce que si j’avais pas ça je pense bien que je pèterais les plombs.
Et, soit dit en passant, j’adore ton expression “Le Fort Boyard de la parentalité” c’est tellement trop vrai!!
Posted 29 juin 2006 at 23:37 ¶Tu es tellement dans le vrai! J’ai également eu ma fille jeune et l’ai élevé en monoparentale. Elle a maintenant 14 ans et je ne suis pas peu fière du résultat.
Posted 30 juin 2006 at 7:06 ¶Comment j’ai pu décider de faire un autre enfant 14 ans plus tard? La mémoire est une facultée qui oublie. Par contre, je puis maintenant me permettre de vivre tout ce que je n’ai pas vécu avec ma fille et suis plus en mesure d’apprécier le temps qui passe avec mon fils.
Oh les filles, Pistive, Jonquièroise, Simone, enchantée de vous faire votre connaissance. C’est vraiment l’fun de vous lire!
Jonquières, c’est vrai, prendre une bière avec les amis avant de péter les plombs, c’est une excellente idée. Essaie le martini de Simone Z. aussi. Ça te relaxe le stress, direct dans le kisser. Très efficace.
Pistive. Un roman? Pas de sujet… Si un jour le sujet se présente, je montre ton commentaire à mon éditeur!
Posted 30 juin 2006 at 7:20 ¶Salut,
Posted 30 juin 2006 at 8:48 ¶Je viens lire te lire souvent et ce matin en voyant ton avertissement j’ai du me poser la question : ai-je assez d’énergie ce matin pour supporter une autre désillusion? Mais au fond ton post a été positif pour moi, simplement pcq que tu affirmes qu’il est possible de tirer plus d’expérience de vie de la maternité que ce que la société veut bien laisser paraître.
Ca fait du bien de le lire de temps en temps. Merci.
Vive le long week-end pour profiter de mes 3 jeunes enfants sans oublier qu’un jour je devrai les laisser voler de leurs propres ailes.
Vous n’avez passez à côté de rien, au contraire, ne le voyez-vous pas? Toute chose étant relative, monoparentale, ça peut être dur mais vous aviez une raison de vivre, de vous battre. C’est pas tout le monde qui a cette chance.
Ces dernières années on tente de nous faire croire que ” voyager, influencer et décider” surclasse tout, quelle blague!. Se divertir et “s’épanouir” ne fait aucun sens si cela ne couronne pas de vrais labeurs.
Vous avez eu une très belle vie jusqu’ici, et en plus, vous avez la chance d’être une passionnée, d’apprécier le résultat après l’effort et même d’aimer l’effort. Vous êtes devenue une battante.
La belle-fille qui n’a rien connu de cela ignore ce qu’est un sacrifice tout comme vous ne savez pas ce que c’est que d’avoir 16 enfants dont deux sont handicapés et de vivre dans une cabane au carré de 16′ par 16′, comme vos ancêtres le faisaient.
Tout ça c’est de la chance, rien à voir avec le malheur. Vous pouvez vous en réjouir. Imaginez, vous auriez pu hériter d’une fortune et ne pas savoir quoi faire de vos dix doigts. Comptez-vous chanceuse!
J’adore vous lire…
AG
Posted 30 juin 2006 at 9:40 ¶Bonjour à ceux que je n’avais pas rencontré avant, Accent grave, j-jolie.
Jolie! Trois! Oui, profites en de tes petits. Et t’en fais pas quand ils quittent la maison, on est ben contents! Parce que notre job est faite et que s’ils partent, c’est parce que tu as au moins fait quelque chose de bien.
Accent grave. Si. Je suis passée à côté de certaines choses qui m’attiraient beaucoup. Il serait stupide de ne pas le reconnaitre. Par contre, j’ai eu AUTRE chose. Je ne dis pas qu’une chose est meilleure que l’autre. Je le constate, c’est tout.
Posted 30 juin 2006 at 11:30 ¶Je comprends Chroniques Blondes, et vous avez raison. Je soulignais votre capacité à reconnaître l’essentiel du superficiel. Vous démontrez cela dans votre texte et j’admire la chose.
Bon congé du… déménagement!
AG
Posted 30 juin 2006 at 21:45 ¶Quand je regarde ce qu’est devenue ma mère, ça me fait capoté… Jeune, elle était superbe, intelligente, brillante, pinpante et déterminée… Aujourd,hui, à 67 ans, elle n’est pas complètement déphasée, mais elle nage fort pour rattrapper le courant… Elle a tout donné à ses fils. Elle m,a tout donné. Y compris ses angoisses, ses peurs, et l’insoutenable sentiment de culpabilité qui fait que si je l,appelle, ou vais la voir, c’est souvent plus par devoir que par envie profonde… Elle qui m,adore… Et que j’aime aussi… Mais tellement peu comparé à son amour à elle…
Posted 03 juil 2006 at 10:53 ¶C’est pour ça que je crie, je griffe et que je tente d,expliquer maladroitement quand j,entends une fille dire qu,elle “veut un bébé” et que je sens que ce désir est relié à un besoin de combler un vide ou encore pour réparer une union boiteuse… Je suis le fruit d’une femme avec un grand vide… Qui m’a tout donné… Mais qui aurait tellement dû s’occupper d,elle, de sa vie au lieux de tout sacrifier… Le sacrifice est dur à porter, égoïstement parlant!
Mais je pense que les fils sont toujours égoïstes quand ils parlent de leur mère…
Je ne veut pas d,enfants. J,aurais trop peur de trop l,aimer…
Merci pour ton mot. Tout juste!
Et t,en fait pas, je suis pas toujours grave comme ça!
xxx
Joss! Ça me fait vraiment plaisir de lire un fils! C’est vrai que le sacrifice est lourd à porter pour un enfant. Je suis contente que tu sois venu dire ce que tu avais à dire. Ça va faire de toi un meilleur père si un jour…
Ce blogue est une taverne à l’envers. Bienvenue aux hommes!
Posted 03 juil 2006 at 11:04 ¶En te lisant, j’ai compris beaucoup de choses.
Posted 05 juil 2006 at 19:28 ¶Qu’on se le dise, nous devons laisser de côté (partiellement, totalement, temporairement, innocemment) des passions et des grands rêves pour élever notre marmaille!
Actuellement, je concilie (le mot est fort étant donné l’utopie du concept) travail et famille. J’ai donc choisi un emploi “parfait” pour la conciliation. Ça doit être temporaire… mais comme on le sait ce qui est temporaire dure parfois trop longtemps!
C’est bien la famille, mais je crois que c’est essentiel de sentir qu’on évolue et qu’on réalise une partie de son potentiel.
À quand le travail à temps partiel, partagé, le télétravail, etc.?
suis une wallflower qui s’affirme, j’ai trouvé ton blogue dans un un blogue mais je m’abîme pas.
Posted 05 juil 2006 at 22:14 ¶ce post est limpide et direct et ce que j’avais besoin de lire.
dans ma 42e année, j’ai mené ma barque seule itou avec Gab, adolescente en ce moment.
Me sent mal de faire mes trucs et créer, tes mots font du bien. V
Anonyme petite fleur bonjour! Prend soin de ta Gabrielle ado…mais juste assez! Partage ta création avec elle, ce que tu veux faire, comment tu veux le faire. Elle se sentira responsable de ton “bébé” comme tu t’es sentie responsable d’elle. Tu vas voir, c’est chouette quand ton ado devient ton fan numéro un.
Posted 06 juil 2006 at 8:27 ¶J’ai lu ton billet et une foule de souvenirs me sont revenus, des souvenirs de 22 ans passées. à cet époque, une petite fille de 2 ans et demie et une adolescente de 15 ans. Une vie de monoparentale avec toutes les joies et les problèmes que tu énumères, surtout des problèmes financiers. Malgré tout cela, j’ai réussi à faire de mes filles de belles femmes qui aiment et apprécient la vie. J’en suis fière comme tu es fière de ton grand fils. Je suis là pour elles et elles sont là pour moi.
Posted 14 juil 2006 at 22:13 ¶Vendredi. Un 29 juin plus tard, qui me ramène 30 ans plus tôt, à 22 ans avec un bébé fille. À un moment, 10 ans plus tard, il a fallu qu’elle parte chez son père et sa belle-mêre parce que j’avais trop voulu tout, elle et le métier. Et que j’étais tombée, ben comme faut, dans la Moskovskaya et la poudre. Il a fallu tout réparer, son coeur, le mien. On a réussi.
Posted 29 juin 2007 at 16:27 ¶J’ai une amie comme ça qui disait, lorsqu’elle était obligée dire non à ces adorables filles, vraiment adorables, mais quand même grandes dévoreuses de mère prête à tout donner, tout donner ça veut dire porter les mêmes bottes d’hiver 5 ans de suite, ça veut dire aller au cinéma une fois par année, ne pas sortir, boire de la bière et pas du vin, etc, etc, elle disait donc qu’elle mettait $0.25 dans le petit cochon. 25 sous pour le psy! pour quand, plus tard, ses filles seraient obligées d’aller consulter pour se libérer l’intérieur d’une mère si dure avec elles.
C’était sa façon à elle de ne pas s’oublier et de ne pas se faire bouffer tout crue. C’est pas une personne qui juge, mais ce qui la choquait, c’était pas de se sentir mère poule à l’extrême, mais de réaliser que les hommes, le sien en tout cas, n’éprouvait jamais ce genre de soucis à l’égard des enfants, comme si elle passait son temps à s’inquiéter pour rien. Ils ne sont plus ensemble aussi…
Je me rappelle, on a eu nos enfants pas longtemps après, c’est elle qui me disait, j’avais peur de ne pas être un bon père, ne savais pas comment faire, c’est elle qui m’avait simplement dit: “Tu vas voir, c’est ben l’fun.” Elle n’avait rien ajouté de plus et son visage s’était illuminé d’un vrai sourire de Joconde. Le sourire de quelqu’un qui dit: Fais toi confiance, tu vas voir, ça va bien aller, tu vas apprendre, toi aussi.
Posted 05 juil 2007 at 21:23 ¶Il y a des après-midi, comme celui d’aujourd’hui, où franchement je suis incapable de travailler. Zéro concentration. Zzzzzzzz. Je vais donc lire des blogues, presque au complet, pour me distraire.
Et là je suis tombée sur ce post, qui date de deux ans et qui me laisse sans mot. Qui me donne juste une petite envie de brailler, de chigner. Cette souffrance là est tellement enfouie au plus profond de moi, jamais je n’en parle, jamais je ne la laisse transparaître à qui que ce soit.
J’ai eu moi-même ma fille seule, seule comme dans pas de père sur la déclaration de naissance. J’avais 19 ans, j’étais au CEGEP et le géniteur n’était pas mon chum…
Venue m’exiler en ville pour étudier, ma famille habitait à 8 heures de route de mon nouveau domicile… Et malgré l’aide financière que mes parents me donnaient, j’étais pauvre. Pauvre comme dans je compte les tranches de pain qu’il me reste avant mon prochain versement de bourse.
J’étais (et suis toujours) follement en amour avec ma fille. J’ai toujours eu à cœur son bien-être, bien plus que le mien et j’ai tout fait pour qu’elle ne manque de rien. Je n’aime pas le mot sacrifice, mais pendant toute la durée de mes études je n’existais que pour être sa maman. Je me suis tellement privée, de tout. Il y a le côté matériel de la souffrance, mais il y a également tout le côté psychologique et émotif… toutes les inquiétudes que tu as envers ton enfant et qui ne sont pas partagées. D’ailleurs j’ai été (et suis toujours) une mère extrêmement mémère, surprotectrice même.
Je ne regrette rien, JAMAIS, j’aime beaucoup trop ma fille, mais des fois je suis tellement fatiguée et épuisée de ne pouvoir reléguer à un autre (en l’occurrence le père) une parties de mes soucis. Car bien que tous les manques matériels soient maintenant loin derrière moi, toutes les autres responsabilités demeurent.
Ma fille a 11 ans maintenant et elle est très heureuse, mais elle n’aura jamais de père. Jamais. Et ça aussi ça me fait souffrir. Car bien que nous habitions avec quelqu’un de fantastique et aimant depuis plusieurs années il ne sera jamais son père, il l’accompagne, il l’aime, il veille sur elle, mais ce n’est pas son père. Ni pour elle, ni pour moi.
Posted 15 mai 2008 at 14:03 ¶Chère Julie… Je prend un moment pour vous répondre tranquillement. Trois jours plus tard tant votre commentaire m’a touchée. “Compter les tranches de pain” - je connais. Ce qui me touche particulièrement, c’est le besoin que nous avons de spécifier à quel point nous les aimons, comme si tous nos gestes pour eux n’étaient pas assez…
Merci beaucoup de m’avoir écrit.
Posted 16 mai 2008 at 9:52 ¶Post a Comment